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Poésie

Posts Tagged ‘hallucination’

Au retour de ces voyages (Henri Cazalis)

Posted by arbrealettres sur 19 juin 2018




    
Au retour de ces voyages
que certaines pensées font dans l’infini,
dans ces espaces habités seulement par l’Idée,
c’est pour elles une incompréhensible vision,
que celle de ce monde réel.

Les maladies du corps et de l’âme,
les laideurs, les monstruosités, les crimes, les prostitutions,
toutes les lâchetés et toutes les folies terrestres,
toutes ces tragédies terribles ou ces comédies ridicules,
qu’éclairent tranquillement tour à tour le soleil d’or ou la lune pâle,
tout ce spectacle enfin, cette danse macabre, cette comédie plus infernale que divine,

font qu’elles se demandent,
ne pouvant croire que tant d’horreurs soient vraies,
si elles ne sont pas sous l’empire d’une hallucination bizarre,
d’un rêve sans doute maladif,
qui les torture,
mais qui leur ment.

(Henri Cazalis)

 

Recueil: Le livre du Néant
Editions: Alphonse Lemerre

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Le poète sait que tout doit lui servir (Max Jacob)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2018



Illustration: Elisée Maclet  
    
Le poète sait que tout doit lui servir

L’hallucination, la candeur,
la fureur, la mémoire,

les vieilles histoires, l’actualité,
la table et l’encrier,

les paysages inconnus,
la nuit tournée, les souvenirs inopinés,

les prophéties de la passion,
les conflagrations d’idées, d’objets,

la nudité aveugle, la réalité crue,
le dérèglement de de la logique jusqu’à l’absurde,

l’usage de l’absurde
jusqu’à l’indomptable raison…

(Max Jacob)

 

Recueil: Conseils à un jeune poète
Traduction:
Editions: Gallimard

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Hallucination (Maurice Federman)

Posted by arbrealettres sur 17 juillet 2017



Hallucination

La forêt m’apporta les reflets
des images égarées et lointaines…
Son silence m’enveloppa
Comme le regard de tes yeux
Et je rêvais aux nuits chaudes et inquiètes…

Leurs images se confondent…
Etendant leurs ombres fragiles
Sur les montagnes et disparaissent…
Je ne vois plus que ton corps
qui m’étreint de sa chaleur…
Et des flèches de sang
tachent l’eau cristalline
de la rivière de ma jeunesse…

Un éclat de rire retentit
L’éclair bleuit tes dents blanches
Je vois sombrer l’espace…

(Maurice Federman)

Découvert ici chez Lecture/Ecriture

Illustration: Carolus-Duran

 

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UNIQUE (Carlos Drummond de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 8 mai 2017



Illustration
    
UNIQUE

L’unique affaire est Dieu
l’unique problème est Dieu
l’unique énigme est Dieu
l’unique possible est Dieu
l’unique impossible est Dieu
l’unique absurde est Dieu
l’unique coupable est Dieu
et tout le reste est hallucination.

(Carlos Drummond de Andrade)

 

Recueil: La machine du monde et autres poèmes
Traduction: Didier Lamaison et Claudia Poncioni
Editions: Gallimard

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Vous êtes le nuage du soir qui flotte dans le ciel de mes rêves (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 11 décembre 2016



Vous êtes le nuage du soir qui flotte dans le ciel de mes rêves.
Je vous façonne et vous crée selon les désirs de mon amour.
Vous êtes mienne, habitante de mes rêves infinis.
Vos pieds sont rosés de la gloire de mon désir, ô glaneuse de mes chants du soir.
Vos lèvres sont amères et douces du vin de ma douleur.
Vous êtes mienne, habitante de mes rêves solitaires.
C’est l’ombre de mes passions qui assombrit vos yeux. Vous êtes l’hallucination de mon regard.
Je vous ai saisie et enveloppée dans le filet de mes chants, ô mon amour.
Vous êtes mienne, habitante de mes rêves immortels.

(Rabindranath Tagore)

Illustration: Arthur Hughes

 

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L’ombre de mon âme (Federico Garcia Lorca)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2015



 

 

L’ombre de mon âme
s’enfuit dans un couchant d’alphabets,
Brouillard de livres
Et de paroles.

L’ombre de mon âme!
J’ai atteint la ligne où cesse
La nostalgie,
Où se fige la goutte des larmes,
Albâtre de l’esprit.

(L’ombre de mon âme!)

Le flocon de la peine
S’efface,
Mais en moi demeure, substance et motif,
Un ancien midi de lèvres,
Un ancien midi
De regards.

Un trouble labyrinthe
D’étoiles obscurcies
S’enlace à mes regrets
Presque fanés.

L’ombre de mon âme!

Une hallucination
Aspire mes regards.
Je vois le mot amour
Qui se délabre.

Rossignol!
Mon rossignol!
Chantes-tu toujours?

(Federico Garcia Lorca)

Illustration: Bogdan Prystrom

 

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