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Posts Tagged ‘halluciné’

Le boeuf (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 6 octobre 2018



 

boeuf-peinture

Le boeuf

Que voyait-il au fond du pré,
Ce bœuf qui restait là, figé,
A regarder, halluciné,
Un buisson d’églantiers ?
Il n’y avait pas un oiseau,
Pas l’ombre d’un nuage,
Pas de vent qui, sur le coteau,
Eût fait trembler un seul branchage.
Que voyait-il, que nul ici
Ne pouvait même deviner,
Pour demeurer halluciné
Devant ce buisson d’églantiers?

(Maurice Carême)

Illustration

 

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L’autre (Julio Cortázar)

Posted by arbrealettres sur 12 février 2018




    
L’autre

De quel lieu me vient ce regard
qui quelquefois monte à mes yeux
quand je les laisse sur un visage
se reposer de la distance ?

C’est comme cette eau de la citerne
qui se dégage de son mystère,
dans sa profondeur sans temps
un ténébreux souvenir tremble.

Métamorphose, rapt double
qui me dévoile un être distinct
derrière cette identité feinte
de mes pupilles hallucinées.

(Julio Cortázar)

 

Recueil: Crépuscule d’automne
Traduction: Silvia Baron Supervielle
Editions: José Corti

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Vois cet arbre sans nom (Georges-Emmanuel Clancier)

Posted by arbrealettres sur 19 janvier 2018




    
Vois cet arbre sans nom à présent dépouillé
noir et nu tel un épouvantail
il tremble dans l’orage et le vent,
trait dérisoire sur l’horizon d’hiver.

Ainsi devient cette lucide liberté
cette jeunesse dont nous disions l’avènement.
Ô lumière n’étions-nous au sortir des ténèbres
qu’une cohorte de naïfs hallucinés ?

(Georges-Emmanuel Clancier)

 

Recueil: Contre-Chants
Traduction:
Editions: Gallimard

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Mon malheureux ami (Georges Brassens)

Posted by arbrealettres sur 23 novembre 2017




    
Mon malheureux ami

Il n’y a pas de sons, pas de senteurs, pas de formes,
De saveurs et d’états, palpables, abornés.
Il n’y a que des illusions conformes
A la quinte des sens humains hallucinés.

Et l’on va s’incliner, les yeux criblés de larmes,
Sur l’atroce néant d’un être qu’on aimait.
Or, cet être néant qui cause nos alarmes
Ne peut pas n’être plus, puisqu’il ne fut jamais.

Naissance, vie et mort sont chimères d’optique,
Claires obscurités, silences phonétiques,
Glaciales chaleurs, raisons d’hurluberlus.

Le monde est impossible et l’homme seul insiste,
Parmi tous les vivants, à croire qu’il existe,
Qu’il existe, qu’un jour il n’existera plus.

(Georges Brassens)

 

Recueil: Les couleurs vagues
Editions: Le Cherche Midi

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Un jour certainement viendra (Henri Cazalis)

Posted by arbrealettres sur 23 août 2017



Illustration: Titien
    

Un jour certainement viendra
où l’homme ne voudra plus procréer son espèce.

A quoi bon?
Pour prolonger la durée de cette infernale comédie,
pour perpétuellement refaire ce travail de Sisyphe,
remuer toujours cette boue et ce néant?

Jadis on avait Dieu,
et l’espérance de la lumière,
de la vie lumineuse au delà de la mort.

Nous ne sommes plus, d’après la science moderne,
que des animaux parmi les animaux ;
nos passions ne sont que les passions de la brute,
parées de brillants mensonges;
nos éclairs de génie ne sont que des névroses ;
nos prophètes, des hallucinés, et nos religions,
des fantômes créés par nos tristes cerveaux.

L’antique voile est tombé :
pour fin de tout,
c’est la tombe ignoble, la mort sans phrases…

Et il est encore des gens
qui mangent, boivent, dorment,
et engendrent tranquillement !

(Henri Cazalis)

 

Recueil: Le livre du Néant
Editions: Alphonse Lemerre

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Passion et poésie (Tahar Ben Jelloun)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2017



Illustration: Emma Nubel   
    
Passion et poésie aspirent à la notion énigmatique de beauté.
Elle n’est point définie.
À peine murmurée.
Rarement nommée, mise en évidence.

Ceux qui en parlent sont ceux qui ne la vivent pas
mais la voient sur le visage
ou dans le souffle des êtres pris de passion.

Vincent Van Gogh, Arthur Rimbaud, Antonin Artaud,
Francisco Goya ou même Francis Bacon ont été des témoins actifs, hallucinés;
ils ont transporté dans leur création la beauté brute,
cette poésie impossible dont l’une des portes donne sur l’enfer, la folie.

Né d’une turbulence, un torrent ou un éclair foudroyant,
le poème ne s’installe jamais tout à fait dans la vie.
Il est une vérité qui sommeille dans l’enfance.
L’enfance du monde, la douleur des hommes.

(Tahar Ben Jelloun)

 

Recueil: Que la Blessure se ferme
Editions: Gallimard

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Qu’importent (Jacques Rabemananjara)

Posted by arbrealettres sur 19 janvier 2017




Qu’importent le hululement des chouettes,
le vol rasant et bas
des hiboux apeurés sous le faîtage
de la maison incendiée ! oh, les renards,
qu’ils lèchent
leur sale peau puante du sang des poussins,
du sang auréolé des flamants roses !
Nous autres, les hallucinés de l’Azur,
nous scrutons éperdument tout l’infini bleu de la nue,
Madagascar !

(Jacques Rabemananjara)

Illustration

 

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CHANTEUSE D’OUBLI (Georges Rodenbach)

Posted by arbrealettres sur 30 mai 2016



CHANTEUSE D’OUBLI

Oublier ! ce n’est pas sa faute ni la mienne!
Car l’amour n’est vraiment qu’une bohémienne
Arrêtée un matin devant notre maison
Avec, dans ses yeux clairs, tout le vaste horizon
Du ciel bleu reflété comme au lit d’une source.
La voyageuse va recommencer sa course,
Mais, dans un frôlement, ses longs doigts cajoleurs
Papillonnent autour de sa guitare en fleurs
Dont le manche courbé ressemble au cou des cygnes.
Elle a vagabondé sous bois et dans les vignes
Et nous chante un moment la chanson d’oublier.
Coquette, elle nous tend son rouge tablier
Et demande en passant notre coeur pour aumône.
Et nous, hallucinés par ses yeux d’anémone
Et son costume clair enrichi de festons,
Nous ouvrons la fenêtre et nous le lui jetons.
Mais voici qu’aussitôt la belle se dérobe
Emportant notre coeur dans les plis de sa robe
Pour s’en aller plus loin chanter et mendier
Sous le soleil du soir qui va s’incendier!

(Georges Rodenbach)

Illustration: Yann Rivron

 

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Les Idées sont en route depuis longtemps (Charles Vildrac)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2016



Les Idées sont en route
Depuis longtemps,
Et vont coûte que coûte
Par tous les temps…

… Quelles embûches l’Ignorance,
A disposées sur leur chemin!
Et quels clous de souffrance
Bêtise planta dans leurs mains!

Mais elles s’en allaient, sublimes, résignées,
Elles laissaient pleurer leurs yeux hallucinés,
Leurs beaux yeux,
Et parlaient sourdement, la bouche bâillonnée,
Par les mauvaises routes,
Et sans qu’on les écoute…

(Charles Vildrac)

Illustration: Eugène Delacroix

 

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Tu seras de soleil (Georges-Emmanuel Clancier)

Posted by arbrealettres sur 17 août 2015



 

Tu seras de soleil.
Tu seras les milliers de regards
Humides au visage halluciné du cercle.
Mais voir
Il n’y a rien à voir.

Noeud de serpents, belle étoile marine
Tu rejailliras aux sources de ton coeur
Humblement.

(Georges-Emmanuel Clancier)

 

 

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