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Poésie

Posts Tagged ‘halo’

Jardins (Francis Carco)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2019



Jardins

Il a plu. Le jardin, dans l’ombre, se recueille.
Les chrysanthèmes vont mourir sans qu’on les cueille.
Dans les sentiers mouillés, effeuillaisons de fleurs
Trop pâles ; sur le sable, où pas un bruit ne bouge,
Évanouissement des grands dahlias rouges.
Murmure indéfini de toutes ces douleurs
De choses écoutant agoniser les fleurs.
Et de blancs pigeonniers veillent le crépuscule…
Mon enfance, de moi, comme tu te recules,
Parmi ce soir qui tombe et ce jardin qui meurt !
Tu pars et tu ne reviendras jamais, peut-être :
Ton souvenir, déjà, n’est plus qu’une rumeur
Dans un halo, et qui, bientôt, va disparaître.
Et je reste à rêver, tout seul, à la fenêtre…

(Francis Carco)

Découvert ici: http://www.ipernity.com/blog/lara-alpha

Illustration: Caroline Duvivier

 

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TRISTE SOIR (George Bacovia)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2019



Kees van Dongen e [800x600]

TRISTE SOIR

La femme chantait comme une barbare
En le café vide tard dans la nuit,
Comme une barbare, à déchirer l’âme…
Et quelle révolte autour, quelle flamme !…
Les tympanons hurlaient et dans le bruit
La femme chantait comme une barbare.

La femme chantait comme une barbare…
Et nous fumions, noyés dans un halo,
Bande de fêtards infiniment tristes,
En rêvant d’un monde qui point n’existe.
Et dans de longs, sataniques échos,
La femme chantait comme une barbare.

La femme chantait comme une barbare,
Et quelle révolte, autour, quelle flamme !…
Plus personne alors chez soi n’est rentré,
Le front sur la table on a tous pleuré,
Tandis qu’en la salle, à déchirer l’âme,
La femme chantait comme une barbare…

(George Bacovia)

 Illustration: Kees van Dongen

 

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La Dame (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 19 janvier 2019



Mariejpg

Hommage aux anges
[28]

J’avais pensé à Gabriel,
au cycle de lune, à la coquille de lune,

au croissant de lune
et à la lune pleine :

j’avais pensé à Gabriel,
le régent de la lune, l’Ange,

et j’avais eu l’intention de le rappeler
dans la séquence de bougie et de feu

et dans la loi des sept :
je n’avais pas oublié

son attribut spécial
d’annonciateur ; j’avais pensé

à m’adresser à lui comme aux autres,
Uriel, Annaél ;

comment pouvais-je imaginer
que la Dame elle-même viendrait à sa place ?

[29]

Nous l’avons vue
dans le monde entier,

Notre Dame au Chardonneret,
Notre Dame au Candélabre,

Notre Dame à la Grenade,
Notre Dame à la Chaise ;

nous l’avons vue, une impératrice
magnifique dans sa pompe et sa grâce,

et nous l’avons vue
avec une seule fleur

ou un amas d’oeillets mignardise
dans un verre près d’elle ;

nous avons vu la résille
tirée sur ses cheveux,

ou son visage de profil
avec capuchon bleu et des étoiles ;

nous l’avons vue la tête courbée
sous le poids d’une couronne bombée,

ou nous l’avons vue, fillette menue
enchâssée dans un halo doré ;

nous l’avons vue avec une flèche, avec des colombes
et un coeur comme une valentine ;

nous l’avons vue dans la plus belle soie importée
des contrées du Levant,

et couvertes de perles venues
de la cité de Constantin ;

nous avons vu sa manche
dans toutes les couleurs imaginables

de damas et de brocart gaufré ;
c’est vrai,

les peintres se sont montrés généreux ;
c’est vrai, ils n’ont jamais raté une ligne

de la douce inclinaison de sa tête
ou de l’ombre subtile d’une paupière baissée

ou de paupières entrouvertes ; on la trouve
partout (enfin, on la trouvait),

cathédrale, musée, cloître,
ou palier de l’escalier du palais.

***

I had been thinking of Gabriel,
of the moon-cycle, of the moon-shell,

of the moon-crescent
and the moon at full :

I had been thinking of Gabriel,
the moon-regent, the Angel,

and I had intended to recall him
in the sequence of candle and fire

and the law of the seven;
I had not forgotten

his special attribute
of annunciator; I had thought

to address him as I had the others,
Uriel, Annael;

how could I imagine
the Lady herself would come instead?

We have seen her
the world over,

Our Lady of the Goldfinch,
Our Lady of the Candelabra,

Our Lady of the Pomegranate,
Our Lady of the Chair;

we have seen her, an empress,
magnificent in pomp and grace,

and we have seen her
with atingle flower

or a cluster of garden-pinks
in a glass beside her;

we have seen her snood
drawn over her hair,

or her face set in profile
with the blue hood and stars;

we have seen her head bowed down
with the weight of a domed crown,

or we have seen her, a wisp of a girl
trapped in a golden halo;

we have seen her with arrow, with doves
and a heart like a valentine ;

we have seen her in fine silks imported
from all over the Levant,

and hung with pearls brought
from the city of Constantine;

we have seen her sleeve
of every imaginable shade

of damask and figured brocade;
it is true,

the painters did very well by her;
it is true, they missed never a line

of the suave turn of the head
or subtle shade of lowered eye-lid

or eye-lids half-raised; you find
her everywhere (or did find),

in cathedral, museum, cloister,
at the turn of the palace stair.

(Hilda Doolittle)

 

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SOIR D’HIVER (Marie-Anne Bruch)

Posted by arbrealettres sur 23 décembre 2018



 

SOIR D’HIVER

Les immeubles, le soir, font danser leurs carreaux
Dans des liqueurs d’orange où flottent des pépites
D’or et d’argent fondus en sanglots minéraux
Et changent le ciel noir en flocons qui palpitent.

Les gens emmitouflés, délivrés des bureaux,
Soufflant des halos blancs de froid, se précipitent
Vers les reflux venteux des bouches de métro
Et leurs pas sur l’asphalte, en cascade, crépitent.

Riant au ciel, plusieurs guirlandes vermillon
Ordonnent d’être heureux ce soir de réveillon :
Noël revient, avec ses douceurs de châtaignes.

Personne ne m’attend : mes souvenirs épars
Bercent des bonheurs morts ; vers le fleuve je pars
Marcher, jusqu’à l’heure où les lumières s’éteignent.

(Marie-Anne Bruch)

Découvert ici: Lucarne Poétique

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Une douleur se plaint (Claude Pujade-Renaud)

Posted by arbrealettres sur 18 décembre 2018



    

Une douleur se plaint
de ne pouvoir se dire

Halo tremblant
autour du corps

Reptation lente
à ras sous la peau

Sans lieu
souffrant d’ errer

Si proche cependant
nodosité mouvante
étranglement d’être

Stase opaque
aux frontières
d’un lacis d’angoisses

Vacille ténue
reflue se retire
épuisée
de n’ avoir su désigner
la vérité qu’elle recelait

(Claude Pujade-Renaud)

 

Recueil: Instants incertitudes
Traduction:
Editions: Le Cherche Midi

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Lueurs, sans formes (Jacques Ancet)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2018



Lueurs, sans formes.
Les choses tombent,
comme aspirées
– table, lampe, fauteuil, lit -,
perdent leur nom.
Halo, vapeur.
Vallée sans bords.

(Jacques Ancet)


Illustration: Corrie White

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La poésie (Roger Munier)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2018



Illustration: Julia Perret
    
La poésie est oeuvre de mots,
de mots formant houle comme mots,
sans faire sens, ou faisant houle de sens
au moins halo.

(Roger Munier)

 

Recueil: Contre-jour
Traduction:
Editions: Atelier la Feugraie

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Ne crains (Bruno Mabille)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2018



Illustration: Alice de Miramon
    
Ne crains
ni le désert ni l’abîme

à défaut d’une étoile
ou d’un halo
seule nous protège
l’étreinte
qui mêle nos bouches
et scelle nos corps
l’un à l’autre.

(Bruno Mabille)

 

Recueil: A celle qui s’avance
Traduction:
Editions: Gallimard

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Le halo lumineux cristal de la lune (Joseph Guglielmi)

Posted by arbrealettres sur 7 juillet 2018



Le halo lumineux cristal
de la lune posée sur l’eau
est l’illusion d’une illusion,
le vide du vide de l’âme
achève la totalité

(Joseph Guglielmi)

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TERRAIN VAGUE (Anne Hébert)

Posted by arbrealettres sur 27 juin 2018



terrain vague enfants [800x600]

TERRAIN VAGUE

Les enfants hâves et mal peignés
Qu’on a relégués Hors de la planète
Au delà des nuages gris
Plus loin que les astres et les anges
Baignent dans les halos de lune morte
Blême mémoire et lieu d’origine
Terrain vague bosselé d’ordures.

(Anne Hébert)

Illustration

 

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