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Par toi j’aurai compris toutes les grandes choses (Georges Rodenbach)

Posted by arbrealettres sur 22 octobre 2018


 

Par toi j’aurai compris toutes les grandes choses :
Le charme des matins et la douceur des soirs
Ou l’horizon flambait comme un bûcher de roses !

La splendeur des grands vers, rangés en barreaux noirs
Comme si derrière eux des lions de pensée
Eussent rugi d’orgueil en de beaux désespoirs!

Mon âme auprès de toi s’est souvent balancée
Avec plus de mollesse au hamac d’un concert
Dans les mailles des sons où tu t’étais bercée !

Car, par les soirs tombants, teints de rose et de vert,
Par les tranquilles soirs d’été mélancoliques,
Sous tes regards aigus tout mon coeur s’est ouvert,

S’est ouvert sous tes yeux profonds et métalliques
Qui lui faisaient des trous avec leurs poignards d’or,
Et c’est par ces trous-là que les grandes musiques

— A cette heure adorable où le jour qui s’endort
A fauché les rayons du soir comme des seigles —
Que les musiques donc chantant, prenant l’essor,

Entraient, ouvrant leur aile, en moi comme des aigles !

(Georges Rodenbach)

Illustration

 

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Au bois joli (Bernard Lorraine)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2018



Au bois joli

L’arbre ne va pas à l’école
L’arbre ne va pas à la guerre
L’arbre se plaît là où il est
L’arbre ne fait pas de tourisme
L’arbre ne va pas au travail
L’arbre ne prend pas de vacances
Il accepte le temps qu’il fait
L’arbre prend le temps comme il vient
Et l’arbre ne se plaint de rien.

L’arbre monte à la lumière et creuse vers l’antipode.
Ni maître, ni disciple, ni patron, c’est l’arbre.
Arbre appelle oiseau, nid, hamac, écureuil.
L’automne le décoiffe, il se découvre même pour saluer
l’hiver.

On s’imagine qu’il a élu là sa racine de toute éternité.
On pense toujours qu’il ne passera pas l’hiver.
Mais il n’empêche, c’est lui qui nous enterre.
L’arbre, il lui faut un siècle pour se faire.
Au bipède déprédateur, il suffit d’une minute pour
l’assassiner, d’un déjeuner d’affaires, d’un conseil
d’administration pour organiser le massacre des arbres.
Si les hommes savaient comme il s’en moque, l’arbre !
Lui qui fera de l’ombre sur leurs marbres.

L’arbre ne fait pas le mal, l’arbre ne fait pas d’argent,
l’arbre ne fait pas d’histoire, l’arbre ignore la colère,
la fatigue, le sommeil.
Flammèches chlorophyliennes, éphéméride végétal,
confident du temps.
Philosophie de son mutisme, lui le télépathe du ciel, le
vigilant guetteur des vents.

Arbre mon ami, arbre au coeur secret, mon voisin discret,
il faut te couper pour savoir ton âge.
Arbre du cercueil, ta sève vaut notre sang.
L’arbre est innocent.
Même si l’animal vertical l’a destiné aux bois de justice,
aux croix, aux poteaux d’exécution, aux gibets, aux pals,
aux garrots, aux cages, aux clôtures, aux piloris, aux
crosses, aux échafauds, aux miradors, aux palissades,
aux bâtons, aux triques, aux baguettes de tambour, aux
matraques, aux carcans.

Ô la tristesse des feux de joie !
L’arbre est éponge, humus, poumon, calendrier, livre,
ombre et lyre.
L’arbre habille le globe de sa robe oxygène.
L’arbre c’est la paix, la fidélité, froufrou du silence, un
bloc de patience, la stabilité, le gnomon des jours.
L’arbre fait la vie.
Et l’arbre sait se taire.

L’arbre
libre.

(Bernard Lorraine)

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BRISE (Jean Grosjean)

Posted by arbrealettres sur 6 juillet 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
BRISE

Bercée par la brise
dodeline sur les arbres
dans le grand hamac du ciel
la sieste des nues.

Elles rêvent dans les branches
parmi des travaux d’insectes
et les balancements de l’air.

Tout est visible déjà,
personne nе le sait qu’après.

(Jean Grosjean)

 

Recueil: Nathanaël
Traduction:
Editions: Gallimard

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Bras doucement croisés (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 6 juin 2018



Illustration

    
Bras doucement croisés
comme un hamac.

(Edmond Jabès)

 

Recueil: Le Seuil Le Sable Poésies complètes 1943-1988
Traduction:
Editions: Gallimard

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Dans mon hamac (Georges Moustaki)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2018



Albert Gleizes  -lhomme-au-hamac-man-in-a-hammock-1913-1356589973_b

Dans mon hamacLe soleil s´est posé là-haut,
Léger comme un matin de Pâques.
Moi, je suis couché sur le dos,
Dans mon hamac.

Ça dure depuis des années,
C´est dans mon signe du Zodiaque.
Peut-être même que je suis né
Dans mon hamac.

Parfois je voudrais travailler,
Mais y a ma flemme qui contr´attaque
En me glissant un oreiller
Dans mon hamac. Oui, c´est ça, mon vieux.

D´ailleurs, à voir les autres faire,
Je sens bien que ça les détraque.
Moi, j´ai une santé de fer
Dans mon hamac.

Je n´ai pas froid, je n´ai pas chaud,
Je n´ai pas faim, je n´ai pas soif.
Le vent tendrement me décoiffe
Et vient me caresser la peau.

Oui, mais l´argent, faut pourtant l´ trouver,
Mais j´ai plus d´un tour dans mon sac:
Je m´fais payer pour le brevet
De mon hamac.

C´est un hamac étudié pour,
Suspendu comme une Cadillac,
Presque une maison, un nid d´amour
Que mon hamac.

Aussi lorsqu´il y a dans l´air
Un doux parfum aphrodisiaque,
On peut voir les feuilles à l´envers
Dans mon hamac.

Mais s´il y a de la place pour un,
Quand on est deux, ça change et crac.
Tout compte fait on est aussi bien
Sur l´herbe.

(Georges Moustaki)

Illustration: Albert Gleizes

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LE CHANT REDÉCOUVERT (Philippe Delaveau)

Posted by arbrealettres sur 1 mars 2018



 

Illustration: Georges Jeanclos
    
LE CHANT REDÉCOUVERT

Le chant dormait sans grand litige
Dans le hamac de ses mesures.
Tu le pressens, tu m’encourages :
Traverse à cet endroit la mer.

Je m’endormais dans tes mains, douce barque.
Je voguais dans tes mains.
J’étais le matelot de ton ardeur.
Le chant habite un rythme de la mer.
Nouveau Jason, j’allais le conquérir.
Dans les sources cachées, sur les toitures.
Jour est le nom du chant et nuit sa musique.

(Philippe Delaveau)

 

Recueil: Le Veilleur amoureux précédé d’Eucharis
Traduction:
Editions: Gallimard

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LES MOUSTIQUES (Pierre Coran)

Posted by arbrealettres sur 1 mars 2018



LES MOUSTIQUES

Piquent, piquent
Les gens qui
Pique-niquent.

Ils attaquent
En oblique
Les hamacs
Elastiques.

Et bivouaquent
Sans panique
Dans les sacs
En plastique.

Les moustiques
Font la nique
Aux gens qui
Pique-niquent

Et qu’ils piquent
Et repiquent
En musique
C’est comique.

(Pierre Coran)

 

 

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Allongé dans le hamac (Nahoko Okabe)

Posted by arbrealettres sur 6 août 2017



l_homme_au_hamac

Allongé dans le hamac,
l’impression d’être
sur la cuisse de Bouddha

(Nahoko Okabe)

Illustration

 

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L’heure verte (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 20 juillet 2017



L’heure verte

Comme bercée en un hamac
La pensée oscille et tournoie,
A cette heure où tout estomac
Dans un flot d’absinthe se noie.

Et l’absinthe pénètre l’air,
Car cette heure est toute émeraude.
L’appétit aiguise le flair
De plus d’un nez rose qui rôde.

Promenant le regard savant
De ses grands yeux d’aigues-marines,
Circé cherche d’où vient le vent
Qui lui caresse les narines.

Et, vers des dîners inconnus,
Elle court à travers l’opale
De la brume du soir. Vénus
S’allume dans le ciel vert-pâle.

(Charles Cros)

Illustration: Giovanni de Lutero

 

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Tu dors? (Jean Richepin)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2017



Tu dors? Ce n’est pas vrai, folle, tu fais semblant.
Tu sais bien que ton corps est plus rose et plus blanc
Quand il se laisse aller à cette nonchalance
Dans le hamac de soie où ma main te balance ;

Tu sais que la langueur tranquille du sommeil
Te rend la peau plus fraîche et le sang plus vermeil,
Et que tes deux tétins, tandis que tu reposes,
Sont deux bouquets de lis et deux boutons de roses ;

Tu sais que des frissons amoureux et troublants
Viennent ensoleiller la neige de tes flancs ;
Tu sais que tous ces fruits dont ta chair me régale,
Je ne puis les flairer sans avoir la fringale ;

Tu sais trop bien cela, friponne, et, doucement.
Sûre de me tenter, tu souris en dormant ;
Car tu sens mon désir dont le regard flamboie
Planer sur ton sommeil comme un oiseau de proie.

(Jean Richepin)

 Illustration: Maurice Barraud

 

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