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Les feuilles tournoyaient dans l’absente forêt (Ossip Mandelstam)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2018



Schubert sur l’eau, Mozart avec l’oiseau s’égosillant,
Et Goethe sifflant sur le sinueux sentier,
Hamlet, ses pas craintifs tenant lieu de pensée,
Avaient pris le pouls de la foule, à la foule s’étaient confiés —
Qui sait — avant les lèvres le murmure a pris naissance,
Les feuilles tournoyaient dans l’absente forêt,
Et ceux à qui nous dédions l’expérience
Avant l’expérience avaient acquis leurs traits.

(Ossip Mandelstam)


Illustration: Isabelle Aubry

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HAMLET (William Shakespeare)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2018



 

HAMLET

Être ou ne pas être, telle est la question.
Est-il plus noble pour l’esprit de souffrir
Les coups et les flèches d’une injurieuse fortune,
Ou de prendre les armes contre une mer de tourments,
Et, en les affrontant, y mettre fin? Mourir, dormir,
Rien de plus, et par un sommeil dire : nous mettons fin
Aux souffrances du coeur et aux mille chocs naturels
Dont hérite la chair; c’est une dissolution
Ardemment désirable.-Mourir, dormir,
Dormir, rêver peut-être, ah! C’est là l’écueil.
Car dans ce sommeil de la mort les rêves qui peuvent surgir,
Une fois dépouillée cette enveloppe mortelle,
Arrêtent notre élan. C’est là la pensée
Qui donne au malheur une si longue vie.
Car qui voudrait supporter les fouets et la morgue du temps,
Les outrages de l’oppresseur, la superbe de l’orgueilleux,
Les affres de l’amour dédaigné, la lenteur de la loi,
L’insolence du pouvoir, et les humiliations
Que le patient mérite endure des médiocres,
Quand il pourrait lui-même s’en rendre quitte
D’un coup de dague ? Qui voudrait porter ces fardeaux,
Pour grogner et suer sous une vie harassante,
Si la terreur de quelque chose après la mort,
Contrée inexplorée dont, la borne franchie,
Nul voyageur ne revient, ne déroutait la volonté
Et ne nous faisait supporter les maux que nous avons
Plutôt que fuir vers d’autres dont nous ne savons rien?

[…]

***

HAMLET

To be or not to be, that is the question:
Whether ’tis nobler in the mind to suffer
The slings and arrows of outrageous fortune,
Or to take arms against a sea of troubles,
And by opposing end them? To die: to sleep;
No more; and by a sleep to say we end
The heart-ache, and the thousand natural shocks
That flesh is heir to,’tis a consummation
Devoutly to be wished. To die, to sleep;
To sleep: perchance to dream; ay, there’s the rub;
For in that sleep of death what dreams may come,
When we have suffled off this mortal coil,
Must give us pause: there’s the respect
That makes calamity of so long, life,
For who would bear the whips and scorns of time,
The oppressor’s wrongs, the proud man’s contumely,
The pangs of despised love, the law’s delay
The insolence of office, and the spurns
That patient merit of the unworthy takes,
When he himself might his quietus make
With a bare bodkin? Who would fardels bear,
To grunt and sweat under a weary life,
But that the dread of something after death,
The undiscover’d country, from whose bourn
No traveller returns, puzzles the will,
And makes us rather bear those ills we have
Than fly to others that we know not of?

[…]

(William Shakespeare)

 

 

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