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Poésie

Posts Tagged ‘hanche’

POUR T’AVOIR, POUR DEVINER (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2018



Illustration: Ettore Tito
    
POUR T’AVOIR, POUR DEVINER

Pour t’avoir là dans la maison
Comme une étoffe toujours blanche
Et sans souci des lunaisons
Te caresser le long des hanches

Pour deviner ta jambe nue
Comme un soleil d’été qui traîne
Dans le ruisseau d’une avenue
Un matin de tristesse humaine

Pour ne savoir te désirer
A chaque instant dans chaque femme
Pour t’aimer comme un beau cheval
Dans la rue pleine de passants

Pour soulever dans ton sourire
Un ciel d’automne ses pommiers
Pour balayer d’une main large
Les flocons noirs du souvenir
J’ai retrouvé tout mon courage.

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Poésie la vie entière
Traduction:
Editions: Seghers

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Raison des larmes (Luis Cernuda)

Posted by arbrealettres sur 29 décembre 2017



Illustration: Caroline Duvivier
    

Raison des larmes

La nuit parce qu’elle est triste manque de frontières,
Son ombre, rebelle comme l’écume,
Brise les murs fragiles,
Honteux de leur blancheur ;
Nuit qui ne peut être rien d’autre que nuit.

Peut-être les amants poignardent-ils des astres,
Peut-être l’aventure apaisera-t-elle une tristesse.
Mais toi, nuit, portée par les désirs
Jusqu’à la pâleur de l’eau,
Tu attends toujours debout on ne sait quels rossignols.

Au-delà frémissent les abîmes
Que peuplent des serpents entre les plumes,
Chevet d’hommes malades
Qui ne fixent rien d’autre que la nuit
Tandis que leurs lèvres se referment sur l’air.

La nuit, la nuit éblouissante,
Qui, aux coins des rues, tortille des hanches
Et qui attend, qui sait,
Comme moi, comme tous.

***

Razón de las lagrimas

La noche por ser triste carece de fronteras.
Su sombra, en rebelión como la espuma,
Rompe los muros débiles
Avergonzados de blancura;
Noche que no puede ser otra cosa sino noche.

Acaso los amantes acuchillan estrellas,
Acaso la aventura apague una tristeza.
Mas tú, noche, impulsada por deseos
Hasta la palidez del agua,
Aguardas siempre en pie quién sabe a cuáles ruiseñores.

Más allá se estremecen los abismos
Poblados de serpientes entre pluma,
Cabecera de enfermos
No mirando otra cosa que la noche
Mientras cierran el aire entre los labios.

La noche, la noche deslumbrante,
Que junto a las esquinas retuerce sus caderas,
Aguardando, quién sabe,
Como yo, como todos.

(Luis Cernuda)

 

Recueil: Un fleuve, un amour
Traduction: Jacques Ancet
Editions: Fata Morgana

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T’oublier, revivre et rêver comme j’ai rêvé sur ta bouche? (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 22 décembre 2017



Comment oublier le pli lourd
De tes belles hanches sereines,
L’ivoire de la chair où court
Un frémissement bleu de veines?

N’as-tu pas senti qu’un moment,
Ivre de ses angoisses vaines,
Mon âme allait éperdument
Vers tes chères lèvres lointaines?

Et comment jamais retrouver
L’identique extase farouche,
T’oublier, revivre et rêver
Comme j’ai rêvé sur ta bouche?

(Renée Vivien)

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JE VOUDRAIS (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2017



 

Cesar Santos 1982 - Cuban-born American Figurative painter - Nude Portrait -   (9) [1280x768]

Je voudrais être très doux près de vous
présent comme absent
mes lèvres parfois sur votre visage
papillon voué à une seule fleur.

Et je n’irais aux grandes orgues de votre corps
qu’amoureusement invité
touchant vos cheveux et vos mains
vos genoux et vos lèvres
que de la main la plus légère
que je puisse obtenir de mon désir :
une ombre fraîche de mon sang.

O mes seins mes hanches mes cuisses
ô mon entière ma plénière
je ne serai vivant que vous contre moi.

(Alain Borne)

Illustration: Cesar Santos

 

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La forêt blonde (Remy de Gourmont)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2017



 

La forêt blonde

Je suis le corps tout plein d’amour d’une amoureuse,
Mes herbes sont des cils trempés de larmes claires
Et mes liserons blancs s’ouvrent comme des paupières.
Voici les bourraches bleues dont les yeux doux fleurissent
Pareils à des étoiles, à des désirs, à des sourires,
Je suis le corps tout plein d’amour d’une amoureuse.

Je suis le corps tout plein d’amour d’une amoureuse,
Mes lierres sont les lourds cheveux et mes viournes
Contournent leurs ourlets, ainsi que des oreilles.
Ô muguets, blanches dents ! églantines, narines !
Ô gentianes roses, plus roses que les lèvres !
Je suis le corps tout plein d’amour d’une amoureuse.

Je suis le corps tout plein d’amour d’une amoureuse,
Mes saules ont le profil des tombantes épaules,
Mes trembles sont des bras tremblants de convoitise,
Mes digitales sont les doigts frêles, et les oves
Des ongles sont moins fins que la fleur de mes mauves,
Je suis le corps tout plein d’amour d’une amoureuse.

Je suis le corps tout plein d’amour d’une amoureuse,
Mes sveltes peupliers ont des tailles flexibles,
Mes hêtres blancs et durs sont de fermes poitrines
Et mes larges platanes courbent comme des ventres
L’orgueilleux bouclier de leurs écorces fauves,
Je suis le corps tout plein d’amour d’une amoureuse.

Je suis le corps tout plein d’amour d’une amoureuse,
Boutons rouges, boutons sanglants des pâquerettes,
Vous êtes les fleurons purs et vierges des mamelles.
Anémones, nombrils ! Pommeroles, aréoles !
Mûres, grains de beauté ! Jacinthes, azur des veines !
Je suis le corps tout plein d’amour d’une amoureuse.

Je suis le corps tout plein d’amour d’une amoureuse,
Mes ormes ont la grâce des reins creux et des hanches,
Mes jeunes chênes, la forme et le charme des jambes,
Le pied nu de mes aunes se cambre dans les sources
Et j’ai des mousses blondes, des mystères, des ombres,
Je suis le corps tout plein d’amour d’une amoureuse.

(Remy de Gourmont)

 

 

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Je suis l’amant des douces (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2017



C’est dans la rue, c’est dans le vivier de la rue que je choisis mes amoureuses.
Regardez-les, mes reines, mes sirènes, mes murènes,
leurs hanches horlogères tournant sur le pivot tiède de leur sexe,
heurter de leur front nacré les vitres, les vitrines étincelantes !
Toutes je les chéris, toutes je les honore !
Je suis l’amant des douces, l’amant des rousses ;
je suis de velours et mousse pour leurs pieds délicats ourlés de sang.

(Jean Rousselot)

Illustration: Zofia Rozwadowski

 

 

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Encore aujourd’hui (Bilhana)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2017



 

Alain Bonnefoit 153

Encore aujourd’hui
Il me souvient
De sa façon de feindre,
En secret, le sommeil,
A peine m’avait-elle aperçu à sa porte –
Lorsque je le touchais doucement,
Son corps mince frissonnait
Et ses joues s’épanouissaient.

Encore aujourd’hui
Il me souvient
Comme l’aurore rougissait le ciel,
De ma bien-aimée,
Le visage incliné,
En proie à la peine –
Lorsque je lui dis adieu,
Elle ne répondit pas,
Mais, me dévisageant avec intensité,
Elle soupira profondément.

Encore aujourd’hui
Il me souvient d’elle,
Timide à notre première rencontre –
Lorsque, avec douceur, j’avançai la main vers le vêtement
Drapant ses hanches,
D’une fleur de lotus fixée à son oreille,
Elle s’efforça d’étouffer la scintillante clarté
De la flamme vacillante.

Encore aujourd’hui
Il me souvient
Dans le temple de l’Amour
De mon étendard victorieux –
Etendue sur la couche de nos plaisirs,
Noyant mes lèvres dans sa bouche,
Enlaçant étroitement mon corps
De ses membres exténués d’amour.

Encore aujourd’hui
Mon coeur se souvient
De ses façons ensorcelantes,
Des tendres mots d’amour,
Des regards de côté,
De sa démarche ondoyante et lascive,
De ses lumineux sourires.

(Bilhana)

Illustration: Alain Bonnefoit

 

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2ème retouche au musée (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 29 novembre 2017




Illustration: ArbreaPhotos
    
2ème retouche au musée

le vrai chef-d’oeuvre est sa fenêtre

le ciel y marche entre les toits

le parquet craque
sous la lumière aux larges hanches
venue de l’ombre des rues simples

(Daniel Boulanger)

 

Recueil: De laine et soie
Editions: Gallimard

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Amour, que de chemins pour atteindre au baiser (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 29 octobre 2017



Amour, que de chemins pour atteindre au baiser,
l’errante solitude avant d’être avec toi !
Seuls les trains continuent, roulant avec la pluie.
A Taltal le printemps n’est pas levé encore.

Toi et moi, mon amour, nous sommes l’un à l’autre,
l’un à l’autre de nos vêtements aux racines,
l’un à l’autre d’automne et de hanches et d’eau,
jusqu’à n’être que toi et que moi l’un à l’autre.

Dire qu’il en coûta tant de pierres que roule
le fleuve, l’embouchure des eaux du Boroa,
dire que séparés par des trains, des nations,

toi et moi nous devions simplement nous aimer,
confondus avec tous, les hommes et les femmes
et la terre où l’oeillet s’enracine et grandit.

***

Amor, cuántos caminos hasta llegar a un beso,
qué soledad errante hasta tu compañía
Siguen los trenes solos rodando con la lluvia.
En Taltal no amanece aún la primavera.

Pero tú yyo, amor mío, estamos juntos,
juntos desde la ropa a las raíces,
juntos de otoño, de agua, de caderas,
hasta ser sólo tú, sólo yo juntos.

Pensar que costó tantas piedras que lleva el río,
la desembocadura del agua de Boroa,
pensar que separados por trenes y naciones

tú y yo teníamos que simplemente amarnos,
con todos confundidos, con hombres y mujeres,
con la tierra que implanta y educa los claveles.

(Pablo Neruda)

 

 

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La rose épouse le silence (Gilles Baudry)

Posted by arbrealettres sur 10 octobre 2017




Illustration: ArbreaPhotos
    

La rose épouse le silence qui l’enclôt.
Le vent. Les îles.
La hanche tiède et odorante des collines.
Tant de couleurs
dans l’éblouissement du jour présent
qu’on en oublie
de lever haut la tête pour mieux évaluer
l’état du ciel.

(Gilles Baudry)

 

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