Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘hanche’

Amour, que de chemins pour atteindre au baiser (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 29 octobre 2017



Amour, que de chemins pour atteindre au baiser,
l’errante solitude avant d’être avec toi !
Seuls les trains continuent, roulant avec la pluie.
A Taltal le printemps n’est pas levé encore.

Toi et moi, mon amour, nous sommes l’un à l’autre,
l’un à l’autre de nos vêtements aux racines,
l’un à l’autre d’automne et de hanches et d’eau,
jusqu’à n’être que toi et que moi l’un à l’autre.

Dire qu’il en coûta tant de pierres que roule
le fleuve, l’embouchure des eaux du Boroa,
dire que séparés par des trains, des nations,

toi et moi nous devions simplement nous aimer,
confondus avec tous, les hommes et les femmes
et la terre où l’oeillet s’enracine et grandit.

***

Amor, cuántos caminos hasta llegar a un beso,
qué soledad errante hasta tu compañía
Siguen los trenes solos rodando con la lluvia.
En Taltal no amanece aún la primavera.

Pero tú yyo, amor mío, estamos juntos,
juntos desde la ropa a las raíces,
juntos de otoño, de agua, de caderas,
hasta ser sólo tú, sólo yo juntos.

Pensar que costó tantas piedras que lleva el río,
la desembocadura del agua de Boroa,
pensar que separados por trenes y naciones

tú y yo teníamos que simplemente amarnos,
con todos confundidos, con hombres y mujeres,
con la tierra que implanta y educa los claveles.

(Pablo Neruda)

 

 

Publicités

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La rose épouse le silence (Gilles Baudry)

Posted by arbrealettres sur 10 octobre 2017




Illustration: ArbreaPhotos
    

La rose épouse le silence qui l’enclôt.
Le vent. Les îles.
La hanche tiède et odorante des collines.
Tant de couleurs
dans l’éblouissement du jour présent
qu’on en oublie
de lever haut la tête pour mieux évaluer
l’état du ciel.

(Gilles Baudry)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Embastillée d’argile (Imasango)

Posted by arbrealettres sur 9 octobre 2017



Illustration: John Singer Sargent
    
Embastillée d’argile

Touchée par la chaleur
Du silence de tes lèvres
Je congédie le monde

Je respire par tes mains
Je me couvre de tes veines
Je te bois
Je deviens
Soleils rouges

Ton corps est vagabond
Trouvant l’asile
D’une terre
Éclose
Devenue femme

Je retiens la course
À tes hanches
Habillées de baisers
Je recouvre mon âme

Tu es mon paysage mon tempo ma cadence
Mon naufrage et ma rime ma vague et mon volcan
Mon îlot de lumière ma bouteille à la mer
Mon homme argile

(Imasango)

 

Recueil: Quand on n’a que l’amour
Editions: Bruno Doucey

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Vieille chanson du jeune temps (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 7 octobre 2017



Illustration: Camille Pissarro
    
Vieille chanson du jeune temps

Je ne songeais pas à Rose ;
Rose au bois vint avec moi ;
Nous parlions de quelque chose,
Mais je ne sais plus de quoi.

J’étais froid comme les marbres ;
Je marchais à pas distraits ;
Je parlais des fleurs, des arbres
Son oeil semblait dire:  » Après ?  »

La rosée offrait ses perles,
Le taillis ses parasols ;
J’allais ; j’écoutais les merles,
Et Rose les rossignols.

Moi, seize ans, et l’air morose ;
Elle, vingt ; ses yeux brillaient.
Les rossignols chantaient Rose
Et les merles me sifflaient.

Rose, droite sur ses hanches,
Leva son beau bras tremblant
Pour prendre une mûre aux branches
Je ne vis pas son bras blanc.

Une eau courait, fraîche et creuse,
Sur les mousses de velours ;
Et la nature amoureuse
Dormait dans les grands bois sourds.

Rose défit sa chaussure,
Et mit, d’un air ingénu,
Son petit pied dans l’eau pure
Je ne vis pas son pied nu.

Je ne savais que lui dire ;
Je la suivais dans le bois,
La voyant parfois sourire
Et soupirer quelquefois.

Je ne vis qu’elle était belle
Qu’en sortant des grands bois sourds.
« Soit ; n’y pensons plus ! » dit-elle.
Depuis, j’y pense toujours.

(Victor Hugo)

 

Recueil: Quand on n’a que l’amour
Editions: Bruno Doucey

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le potier (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 3 octobre 2017



Le potier

Ton corps entier possède
la coupe ou la douceur qui me sont destinées.

Quand je lève la main
je trouve en chaque endroit une colombe
qui me cherchait, comme si, mon amour, d’argile on t’avait faite
pour mes mains de potier.

Tes genoux, tes seins
et tes hanches
me manquent comme au creux
d’une terre assoiffée
d’où l’on a détaché
une forme,
et ensemble
nous sommes un tout comme l’est un fleuve
ou comme le sable.

(Pablo Neruda)


Illustration: Anne-Marie Zilberman

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Conte d’amour (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 3 octobre 2017



 

Gabriel Bonmati _   71

Conte d’amour

Dans les jardins mouillés, parmi les vertes branches,
Scintille la splendeur des belles roses blanches.

La chenille striée et les noirs moucherons
Insultent vainement la neige de leurs fronts :
Car, lorsque vient la nuit traînant de larges voiles,
Que s’allument au ciel les premières étoiles,
Dans les berceaux fleuris, les larmes des lutins
Lavent toute souillure, et l’éclat des matins
Fait miroiter encor parmi les vertes branches
Le peplum virginal des belles roses blanches.

Ainsi, ma belle, bien qu’entre tes bras mutins
Je sente s’éveiller des désirs clandestins,
Bien que vienne parfois la sorcière hystérie
Me verser les poisons de sa bouche flétrie,
Quand j’ai lavé mes sens en tes yeux obsesseurs,
J’aime mieux de tes yeux les mystiques douceurs
Que l’irritant contour de tes fringantes hanches,
Et mon amour, absous de ses désirs pervers,
En moi s’épanouit comme les roses blanches
Qui s’ouvrent au matin parmi les arbres verts.

(Jean Moréas)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Nuit d’herbe (Jean Malrieu)

Posted by arbrealettres sur 27 septembre 2017



Illustration: Egon Schiele
    
Nuit d’herbe

Nuit d’herbe, nuit mise à nu,
nuit d’ignorance, nuit de refus,
Je gémis. La barque à l’ancre se soulève.
Le dernier flot de la marée accourt.
Ne crains rien des douleurs de l’amour.

Les oiseaux dorment.
Le vent ne sait où se poser.
Il se repose.
Et sans maître habité par la nuit,
je suis aussi ce bateau-fou.

Beau temps, n’est-ce pas, timonier ?
Beau temps de minuit,
beau temps de l’amour.
Les câbles et cabestans grincent.
C’est le désir.

Des vagues s’épousent.
Le port est au bout du monde,
tes hanches, tes seins, je ne sais.
Je gémis de toute plainte pour tous les hommes.
Je psalmodie, je crie,
je murmure, je me tais.
Je n’ai rien dit,
je n’ai rien fait.

Car tes cheveux comme les forêts brûlent
avec ton odeur de fruits lointains,
Car te répondent le sang lourd de ma race terrienne,
mes mains d’artisan, ma langue rude.

Farouche, depuis que je te connais, je fais l’amour.
Je connais toutes les heures de la nuit.
Le ciel s’incline.
Mourir n’est rien. Vivre n’est plus.
Je n’ai qu’une histoire. Une violente patience.

L’oubli s’assied sur la montagne
et nous avons le temps.
Beau temps, n’est-ce pas mégissier ?
Le temps d’attendre l’amour.
La barque soulevée, la marée se retire.
Le vent oublie qu’il est le Vent.

Tes lèvres sont le bout du monde.
Dans bien longtemps
Tu m’étouffais, tu m’as rejoint,
je te retrouve.
Homme et femme nous serons morts.
Mais les astres qui nous ressemblent
recommencent.

(Jean Malrieu)

 

Recueil: Préface à l’amour
Editions: Cahiers du Sud

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

Jusques aux pervers nonchaloirs (Paul Verlaine)

Posted by arbrealettres sur 27 août 2017



Jusques aux pervers nonchaloirs

Jusques aux pervers nonchaloirs
De ces yeux noirs,
Jusque, depuis ces flemmes blanches
De larges hanches
Et d’un ventre et de deux beaux seins
Aux fiers dessins,

Tout pervertit, tout convertit tous mes desseins,

Jusques à votre menterie,
Bouche fleurie,
Jusques aux pièges mal tendus
Tant attendus,
De tant d’appas, de tant de charmes,
De tant d’alarmes,

Tout pervertit, tout avertit mes tristes larmes,

Et, Chère, ah ! dis : Flûtes et zons
À mes chansons
Qui vont bramant, tels des cerfs prestes
Aux gestes lestes,
Ah ! dis donc, Chère : Flûte et zon !
À ma chanson,

Et si je fais l’âne, eh bien, donne-moi du son !

(Paul Verlaine)

Illustration: Fernand Toussaint

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le Miroir (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 20 août 2017



Illustration: Francoise de Felice
    
Le Miroir

Je t’admire, et ne suis que ton miroir fidèle
Car je m’abîme en toi pour t’aimer un peu mieux ;
Je rêve ta beauté, je me confonds en elle,
Et j’ai fait de mes yeux le miroir de tes yeux.

Je t’adore, et mon coeur est le profond miroir
Où ton humeur d’avril se reflète sans cesse.
Tout entier, il s’éclaire à tes moments d’espoir
Et se meurt lentement à ta moindre tristesse.

O toujours la plus douce, ô blonde entre les blondes,
Je t’adore, et mon corps est l’amoureux miroir
Où tu verras tes seins et tes hanches profondes,
Tes seins pâles qui font si lumineux le soir !

Penche-toi, tu verras ton miroir tour à tour
Pâlir ou te sourire avec tes mêmes lèvres
Où trembleront encor tes mêmes mots d’amour ;
Tu le verras frémir des mêmes longues fièvres.

Contemple ton miroir de chair tendre et nacrée
Car il s’est fait très pur afin de recevoir
Le reflet immortel de la Beauté sacrée…
Penche-toi longuement sur l’amoureux Miroir !

(Renée Vivien)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le Toucher (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 16 août 2017



Les arbres ont gardé du soleil dans leurs branches.
Voilé comme une femme, évoquant l’autrefois,
Le crépuscule passe en pleurant… Et mes doigts
Suivent en frémissant la ligne de tes hanches.

Mes doigts ingénieux s’attardent aux frissons
De ta chair sous la robe aux douceurs de pétale…
L’art du toucher, complexe et curieux, égale
Les rêves des parfums, le miracle des sons.

Je suis avec lenteur le contour de tes hanches,
Tes épaules, ton col, tes seins inapaisés.
Mon désir délicat se refuse aux baisers;
Il effleure et se pâme en des voluptés blanches.

(Renée Vivien)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :