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Mon amour, avant de t’aimer je n’avais rien (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 6 juillet 2018



Mon amour, avant de t’aimer je n’avais rien :
j’hésitai à travers les choses et les rues :
rien ne parlait pour moi et rien n’avait de nom :
le monde appartenait à l’attente de l’air.

Je connus alors les salons couleur de cendre,
je connus des tunnels habités par la lune,
et les hangars cruels où l’on prenait congé,
et sur le sable l’insistance des questions.

Tout n’était plus que vide, et que mort et silence,
chute dans l’abandon et tout était déchu,
inaliénablement tout était aliéné,

tout appartenait aux autres et à personne,
jusqu’à ce que ta beauté et ta pauvreté
ne donnent cet automne empli de leurs cadeaux.

***

Antes de amarte, amor, nada era mío :
vacilé por las calles y las cosas :
nada contaba ni tenía nombre :
el mundo era del aire que esperaba.

Yo conocí salones cenicientos,
túneles habitados por la luna,
hangares crueles que se despedían,
preguntas que insistían en la arena.

Todo estaba vacío, muerte y mudo,
caído, abandonado y decaído,
todo era inalienablemente ajeno,

todo era de los otros y de nadie,
hasta que tu belleza y tu pobreza
llenaron el otoño de regalos.

(Pablo Neruda)

Illustration: Rafal Olbinski

 

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Les Maringouins (La Bolduc)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2017




    
Les Maringouins

J’suis allée me promener
À la campagne pour le thé
Je vous dis j’en ai arraché
Les maringouins m’ont tout mangé
Quand ils m’ont vue arriver
Ils m’ont fait une belle façon
Sont venus au devant d’moé
C’était comme une procession

Les maringouins c’est une bibitte
Faut se gratter quand ça nous pique
Je vous dis c’est bien souffrant
C’est cent fois pire que l’mal aux dents
J’ai les jambes pleines de piqûres
C’est comme un vrai morceau de forçure
J’ai la peau toute enlevée
C’est parce que j’me suis trop grattée

Mais partout où est-ce que j’allais
Les maringouins me suivaient

Je courais tellement fort
Que j’en avais des bosses dans l’corps
Quand j’allais voir la vieille Canard
Y couraillaient jusqu’au hangar
Ils étaient tellement enragés
Qu’ils m’ont presque dévorée

Le soir après j’étais couchée
Autour d’ma tête y venaient chanter
Voilà que j’allume la lampe
Pis j’commence à les courailler
Y n’a un avec sa lancette
Qui s’en vient sur ma jaquette
Mon mari à mes côtés
J’vous dis qu’il l’a pas manqué

Je vous dis deux mois après
J’étais contente de prendre le train
Mais pour m’en débarrasser
M’ont mis dans une boîte pis m’ont tchéquée
Quand un d’mes amis m’a vue
Il ne m’reconnaissait plus
J’avais l’nez presque mangé
Pis le visage tout boursouflé

(La Bolduc)

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Au fond de la cour (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2017



 

Au fond de la cour
le gris tremblé des tôles

La pénombre du hangar
fleurie d’oiseaux

Les herbes sous le vent
comme un premier langage

(Georges Bonnet)

 

 

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Il y avait sous un hangar (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 22 février 2017



brouette-800x600

 

Il y avait sous un hangar
une brouette grise que sa fonction lassait
sur un mur chaulé des outils mal connus
une hache désormais sans écho
le jour debout dans une porte ouverte
et posée contre un chevalet
une scie dont la lame
dentelait la lumière

(Georges Bonnet)

 Illustration

 

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APRÈS LA PLUIE (Boris Pasternak)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2017




APRÈS LA PLUIE

Cohue aux fenêtres : les feuilles sont là!
Le ciel, ce chablis, jonche encor le gazon.
Le calme revient. Mais vous auriez vu ça
D’abord ! A présent, c’est une autre chanson.

D’abord on l’a vu qui se rue, trublion,
Franchit les enclos et décoiffe les branches,
Piétine le parc, et de pluie en grêlons,
Et puis de hangar en terrasse de planches !

Goûtez à présent l’air épais et corsé !
Et le peuplier, si ses veines éclatent,
C’est l’air du jardin que, sodé, fait mousser
L’amer peuplier, tel du bicarbonate.

La vitre transpire et ruisselle, évoquant
La hanche et le dos frissonnants d’une ondine.
Le coin des fraisiers est glacé et brillant,
La grêle — égaillée en gros sel de cuisine.

D’un fil d’araignée tombe un rai de soleil
Qui semble un moment se tapir dans l’ortie,
Mais proche est l’instant qui verra l’escarbille
Flamber dans la haie et souffler l’arc-en-ciel.

(Boris Pasternak)

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RECLAME (Pierre Reverdy)

Posted by arbrealettres sur 20 juillet 2016



 

RECLAME

Hangar monté
la porte ouverte
Le ciel
En haut deux mains se sont offertes
Les yeux levés
Une voix monte
Les toits se sont mis à trembler
Le vent lance des feuilles mortes
Et les nuages retardés
Marchent vers l’autre bout du monde
Qui se serait mis à siffler
Dans le calme d’un soir d’été
Le chant
L’oiseau
Les étoiles
Et la lune pour t’écouter

(Pierre Reverdy)

Illustration: Ekaterina Panikanova

 

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Les hangars de la plaine (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2016


Des corbeaux attendent pâture
au-dessus de la plaine
ombres et reflets
sur les toits se défont.
Ici-même il y a des années
avec circonspection
deux mains prodiguaient l’amour
à l’homme noueux dont la vie a passé.
Les grands hangars
ne recueillent plus rien
que bois mort, poussière
parfois un oiseau sanglant
à plumage bleu.

(Jean Follain)

Illustration

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Eau printanière, pluie harmonieuse (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2015



Eau printanière, pluie harmonieuse

Eau printanière, pluie harmonieuse et douce
Autant qu’une rigole à travers le verger
Et plus que l’arrosoir balancé sur la mousse,
Comme tu prends mon coeur dans ton réseau léger !

A ma fenêtre, ou bien sous le hangar des routes
Où je cherche un abri, de quel bonheur secret
Viens-tu mêler ma peine, et dans tes belles gouttes
Quel est ce souvenir et cet ancien regret ?

(Jean Moréas)

Illustration: Jean-Michel Follon

 

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LES HANGARS DE LA PLAINE (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2015




LES HANGARS DE LA PLAINE

Des corbeaux attendent pâture
au-dessus de la plaine
ombres et reflets
sur les toits se défont.
Ici même il y a des années
avec circonspection
deux mains prodiguaient l’amour
à l’homme noueux dont la vie a passé.
Les grands hangars
ne recueillent plus rien
que bois mort, poussière,
parfois un oiseau sanglant
à plumage bleu.

(Jean Follain)

Illustration: Andrew Wyeth

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Retouche à la peur (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 25 août 2015


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dans son hangar à tous vents
une famille d’échelles
autour d’un escabeau nouveau-né

le ciel en tablier de vieille femme
tend son assiette vide

(Daniel Boulanger)

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