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Posts Tagged ‘(Hannah Arendt)’

Consolation (Hannah Arendt)

Posted by arbrealettres sur 28 août 2018



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Consolation

Viennent les heures,
Là de vieilles blessures,
Depuis longtemps oubliées,
Menacent de déchirure.

Viennent les jours,
Là aucun risque
De la vie, des souffrances
Ne peut se décider.

Les heures s’enfuient,
Les jours passent,
Il en reste un fruit :
L’existence seule.

***

Trost

Es kommen die Stunden,
Da alte Wunden,
Die ingst vergessen,
Drohn zu zerfressen.

Es kommen die Tage,
Da keine Waage
Des Lebens, der Leiden
Sich kann entscheiden.

Die Stunden verrinnen,
Die Tage vergehen.
Es bleibt ein Gewinnen:
Das bloße Bestehen.

(Hannah Arendt)

 

 

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Pesante douceur (Hannah Arendt)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2018



Pascal Renoux

Pesante douceur

La douceur est
dans le creux de nos mains,
quand la paume
consent à la forme étrangère.

La douceur est
dans le ciel et sa voûte nocturne,
quand le lointain
à la terre s’accommode.

La douceur est
dans ta main et la mienne,
quand la proximité brusquement
nous enferme.

La mélancolie est
dans ton regard et le mien,
quand la pesanteur
nous accorde l’un à l’autre.

***

Schwere Sanftmut

Sanftmut ist
Im inneren unserer Hände,
wenn die Fläche sich
zur fremden Form bequemt.

Sanftmut ist
Im Nacht-gewölbten Himmel,
wenn die Ferne sich
der Erde anbequemt.

Sanftmut ist
In deiner Hand und meiner,
wenn die Nähe jäh
uns gefangen nimmt.

Schwermut ist
In Deinem Blick und meinem,
wenn die Schwere uns
ineinander stimmt.

(Hannah Arendt)

Illustration: Pascal Renoux

 

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Pourquoi me donnes-tu la main timidement (Hannah Arendt)

Posted by arbrealettres sur 5 février 2018



Pourquoi me donnes-tu la main
Timidement et comme en secret ?
Viens-tu d’un pays si lointain,
Que tu ne connais pas notre vin ?

Ne connais-tu pas notre plus beau brasier
— Serait-ce que tu vis si seul ? —
N’être qu’un en l’autre
Avec le coeur, avec le sang ?

Ne sais-tu pas, plaisirs du jour,
Marcher avec l’être le plus cher,
Ne sais-tu pas, la séparation du soir venue,
Marcher tout seul le coeur lourd ?

Viens avec moi et aime-moi,
Ne pense pas à tes effrois,
Ne peux-tu donc te confier à personne,
Viens, prends et donne.

Puis traversons les blés mûrs
– Coquelicot et trèfle de nature —
Plus tard dans le vaste monde,
Nous aurons bien de la peine,

Quand nous sentirons le souvenir
Flotter avec force dans le vent.
Quand dans le doux souffle du rêve
Notre âme sera prise de frissons.

***

Warum gibst Du mir die Hand
Scheu und wie geheim?
Kommst Du aus so fernem Land,
Kennst nicht unsern Wein?

Kennst nicht unsere schönste Glut
— Lebst Du so allein? —
Mit dem Herzen, mit dem Blut
Eins im andern sein?

Weißt Du nicht des Tages Freuden,
Mit dem Liebsten gehen ?
Weißt Du nicht des Abends Scheiden,
Ganz in Schwermut gehen?

Komm mit mir und hab mich lieb,
Denk nicht an Dein Graun,
Kannst Du Dich denn nicht vertraun,
Komm und nimm und gib.

Gehen dann durchs reife Feld
— Mohn und wilder Klee —
Später in der weiten Welt
Tut es uns wohl weh,

Wenn wir spüren, wie im Wind
Stark Erinnerung weht.
Wenn im Schauder traumhaft lind
Unsere Seele weht.

(Hannah Arendt)

Illustration

 

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Puis je courrai (Hannah Arendt)

Posted by arbrealettres sur 23 novembre 2016



Puis je courrai comme autrefois je courais,
À travers prés, champs et forêts ;
Puis tu t’arrêteras comme un jour tu t’es arrêté,
Le plus tendre salut de la terre.

Puis on comptera nos pas
À travers le lointain et la proximité ;
Puis l’on racontera cette vie
Comme ayant été le rêve à jamais.

***

Dann werd’ ich laufen, wie ich einstens lid
Durch Gras und Wald und Feld;
Dann wirst Du stehen, wie Du einmal standst.
Der innigste Gruß von der Welt.

Dann werden die Schritte gezählt sein
Durch die Ferne und durch die Näh;
Dann wird dieses Leben erzählt sein
Als der Traum von eh und je.

(Hannah Arendt)

Illustration: Christophe Gilbert

 

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La blessure du bonheur (Hannah Arendt)

Posted by arbrealettres sur 23 novembre 2016



La blessure du bonheur
veut dire stigmate, et non cicatrice.
Seule en témoigne
la parole du poète.
La fable écrite par lui
est demeure et non refuge.

***

Des Glückes Wunde
heißt Stigma, nicht Narbe.
Hiervon gibt Kunde
nur Dichters Wort.
Gedichtete Sage
ist Stätte, nicht Hort.

(Hannah Arendt)

Illustration

 

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Hermétiquement le poème concentre (Hannah Arendt)

Posted by arbrealettres sur 23 novembre 2016



Hermétiquement le poème concentre,
Protège le coeur des sentiments adverses.
La coque, quand le noyau perce,
Montre au monde un intérieur condensé.

***

Dicht verdichtet das Gedicht,
schützt den Kern vor bösen Sinnen.
Schale, wenn der Kern durchbricht,
weis’ der Welt ein dichtes Innen.

(Hannah Arendt)

Illustration: Vladimir Kush

 

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Supporter la surabondance (Hannah Arendt)

Posted by arbrealettres sur 23 novembre 2016



Supporter la surabondance
quand vagues et vagues se brisent,
se refuser le faire-voir,
persister dans le silence —
Ô Dieu, tu ne nous entends pas.

De la surabondance la voix de Dieu
ne nous sauve pas.
Elle ne parle qu’aux nécessiteux,
aux assoiffés, aux impatients.
Ô Dieu, ne nous oublie pas.

***

Den Überfluss ertragen
wenn Well’ um Well’ sich bricht,
das Zeigen sich versagen,
im Schweigen zu verharren —
O Gott, Du hörst uns nicht.

Aus Überfluss errettet
uns Gottes Stimme nicht.
Sie spricht nur zu den Darbenden,
den Sehnsüchtigen, den Harrenden.
O Gott, vergiss uns nicht.

(Hannah Arendt)

 

 

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En parfaite confiance au non-familier (Hannah Arendt)

Posted by arbrealettres sur 23 novembre 2016



En parfaite confiance au non-familier,
Proche de l’étranger,
Là de l’éloigné,
Je pose mes mains dans les tiennes.

***

Ganz vertraut dem Unvertrauten,
Nah dem Fremden,
Da dem Fernen,
Leg’ ich meine Hände in die Deinen.

(Hannah Arendt)


Illustration

 

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Une fille et un garçon (Hannah Arendt)

Posted by arbrealettres sur 23 novembre 2016



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Une fille et un garçon
Au bord du ruisseau et dans la forêt,
D’abord ils sont jeunes ensemble,
Puis ensemble ils sont vieux.

Dehors les années s’étendent
Et ce qu’on nomme la vie,
L’être-ensemble habite dedans,
Qui ne connaît ni la vie ni les ans.

***

Ein Mädchen und ein Knabe
Am Bach und im Wald,
Erst sind sie jung zusammen,
Dann sind sie zusammen alt.

Draußen liegen die Jahre
Und das, was man Leben nennt,
Drinnen wohnt das Zusammen,
Das Leben und Jahre nicht kennt.

(Hannah Arendt)

 

 

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Ce que nous sommes et paraissons (Hannah Arendt)

Posted by arbrealettres sur 23 novembre 2016



Ce que nous sommes et paraissons,
Ah, qui cela regarde-t-il.
Ce que nous faisons et pensons,
Personne ne s’en offusque.

Le ciel est en flammes,
Clair le firmament
Au-dessus de l’être-ensemble
Qui ne connaît pas le chemin.

***

Was wir sind und scheinen,
Ach, wen geht es an.
Was wir tun und meinen,
Niemand stoß’ sich dran.
Himmel steht in Flammen,
Hell das Firmament
Über dem Beisammen,
Das den Weg nicht kennt.

(Hannah Arendt)

 

 

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