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Icare est chu ici, le jeune audacieux (Philippe Desportes)

Posted by arbrealettres sur 17 août 2018



 

Icare est chu ici, le jeune audacieux,
Qui pour voler au Ciel eut assez de courage :
Ici tomba son corps degarni de plumage,
Laissant tous braves coeurs de sa chute envieux.

Ô bienheureux travail d’un esprit glorieux,
Qui tire un si grand gain d’un si petit dommage !
Ô bienheureux malheur, plein de tant d’avantage
Qu’il rende le vaincu des ans victorieux !

Un chemin si nouveau n’étonna sa jeunesse,
Le pouvoir lui faillit, mais non la hardiesse ;
Il eut, pour le brûler, des astres le plus beau.

Il mourut poursuivant une haute aventure,
Le ciel fut son désir, la mer sa sépulture :
Est-il plus beau dessein, ou plus riche tombeau ?

(Philippe Desportes)

Illustration

 

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Exil (à Paul Delvaux) (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2016



Parmi les bijoux les palais des campagnes
Pour diminuer le ciel
De grandes femmes immobiles
Les jours résistants de l’été

Pleurer pour voir venir ces femmes
Régner sur la mort rêver sous la terre

Elles ni vides ni stériles
Mais sans hardiesse
Et leurs seins baignant leur miroir
Oeil nu dans la clairière de l’attente

Elles tranquilles et plus belles d’être semblables

Loin de l’odeur destructrice des fleurs
Loin de la forme explosive des fruits
Loin des gestes utiles les timides

Livrées à leur destin ne rien connaître qu’elles-mêmes.

(Paul Eluard)

Illustration: Paul Delvaux

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INTERRUPTION A UNE LECTURE DE PLATON (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2015



JB Huet_La_Laitière_rwk

INTERRUPTION A UNE LECTURE DE PLATON

Je lisais Platon. — J’ouvris
-La porte de ma retraite,
Et j’aperçus Lycoris,
C’est-à-dire Turlurette.

Je n’avais pas dit encor
Un seul mot à cette belle.
Sous un vague plafond d’or
Mes rêves battaient de l’aile.

La belle, en jupon gris-clair,
Montait l’escalier sonore ;
Ses frais yeux bleus avaient l’air
De revenir de l’aurore.

Elle chantait un couplet
D’une chanson de la rue
Qui dans sa bouche semblait
Une lumière apparue.

Son front éclipsa Platon.
O front céleste et frivole !
Un ruban sous son menton
Rattachait son auréole.

Elle avait l’accent qui plaît,
Un foulard pour cachemire,
Dans sa main son pot au lait,
Des flammes dans son sourire.

Et je lui dis (le Phédon
Donne tant de hardiesse !) :
— Mademoiselle, pardon,
Ne seriez-vous pas déesse ?

(Victor Hugo)

Illustration: Jean-Baptiste Huet

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