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IL PLEUT (George Bacovia)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2019



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IL PLEUT

Oui, il pleut comme jamais je n’ai vu…
Et cette lourde clarine assoupie,
Comme elle sonne en la grange pourrie !
Comme elle sonne en mon coeur qui s’est tu !

Oh ! les pleurs des clarines quand il pleut !

Et pour le cerveau quel agacement !
Jour primitif plein de boue et rigoles !
Une pauvre voisine, à demi folle,
Hurle contre la pluie en ricanant…

Oh ! les pleurs des clarines quand il pleut !

Oui, il pleut… Et cela sonne humblement
Comme tout ce qui est amour et haine…
Non loin un enfant, près d’une fontaine,
Joue à l’harmonica, très tristement.

Oh ! les pleurs des clarines quand il pleut !

Que de vains contes disent les clarines !
Quel monde vide de tout rêve ! Rien !
… Comment lors ne pas pleurer tel un chien,
Oui, comment ne pas mourir fou, pardine !

Oh ! les pleurs des clarines quand il pleut !

(George Bacovia)

 Illustration

 

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Frissons (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2017




    
Frissons

Pleurez avec mon coeur
Pleurez avec mon coeur, orchestre fantastique;
Que mon rêve évoqua,
Pâles harmonicas
Et clavecins voilés, orgues aux cris mystiques;

Pleurez avec mon coeur tristement éperdu;
Cortèges des voix grises,
Roseaux que le vent brise,
Voix en deuil des baisers à tout jamais perdus;
Pleurez avec mon coeur tristement éperdu.

O pleurez dans le soir, douloureuse musique,
Vous, lyre que fêla
Le temps, violons las,
Et tympanons fanés, et harpes squelettiques;
O pleurez dans le soir, douloureuse musique.

Pleurez avec mon coeur, voix s’exhalant des tombes.
– O quel orchestre las
Gémit sous les lilas
Où parmi les parfums sanglotent des colombes; –
Pleurez avec mon coeur, voix s’exhalant des tombes.

Pleurez avec mon coeur, voix des mortes d’amour
Qui suintez de la terre
Molle des cimetières,
Voix d’ombre et voix de cendre aux imprécis contours;
Pleurez avec mon coeur, voix des mortes d’amour.

(Marie Dauguet)

 

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L’automne (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 27 mai 2017


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L’automne au coin du bois
Joue de l’harmonica.

Quelle joie chez les feuilles!
Elles valsent au bras du vent qui les emporte.

On dit qu’elles sont mortes,
Mais personne n’y croit.

L’automne au coin du bois
Joue de l’harmonica.

(Maurice Carême)

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Le vent soulève la poussière (Jean-Vincent Verdonnet)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2017



Le vent soulève la poussière
d’or de silex et d’os
drainée par les glaciers

De l’aigre harmonica s’égrène
un chapelet de ritournelles

Une feuille ourle sa paupière
sur l’oeil trépidant du matin

Lèvre gourmande le soleil
approche à travers les buissons
la jambe nue de la rivière

Un saule a reconnu
dans l’eau son frisson de la veille

(Jean-Vincent Verdonnet)

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POÈME-PRÉFACE (Hakushû Kitahara)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2016


 


luciole

 

POÈME-PRÉFACE
« OMOIDE » JOSHI

Le souvenir est-il d’une luciole au cou marqué de rouge
Comme en plein après-midi l’incertain tâtonnement,
Auréolée d’un cotonnement bleu
Lueur invisible et qui pourtant luit?

Ou plutôt indécises fleurs de céréales?
Chansonnette à glaner les épis?
Blanc duvet nuageux des pigeons que l’on plume
Au soleil dans la tiédeur d’un entrepôt de saké?

Et s’il était son timbre de flûtes,
Soirs où le crapaud coasse
Et le désir des potions d’autrefois vous tenaille,
Harmonica respirant au coeur de la pénombre.

Et s’il était senteur faste du velours,
Regard de la reine des cartes,
Fugitive impression de solitude
Sur le masque bouffon du pierrot.

Sans l’amertume des jours de débauche,
Sans même de la fièvre la radieuse douleur,
Mais tel un printemps sur sa fin si tendre
Souvenir ou de mon automne antique légende?

(Hakushû Kitahara)

 

 

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Histoire de mes sens (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 23 août 2016



Histoire de mes sens

Je parlais aussi bien
Qu’une coupe de fruits.

J’entendais chaque aurore
Comme un harmonica.

Je touchais des pelages
Avec des mains de soie.

Je voyais la rivière
Avec des yeux de truite.

Je humais les parfums
Des fleurs imaginaires.

Je déplaçais le Temps
Comme on déplace un livre.

Tout objet m’était grâce
Et tout oiseau mon vol.

Si je parle d’hier,
C’est par humilité.

Ces prestiges d’antan,
J’en garderai la trace.

Je traverse ma vie
Avec mon nom d’enfant.

L’harmonica, la truite,
Le pelage et le fruit,

La fleur et la rivière,
Il suffit qu’ils existent

Pour que je sois naissance
Interminablement.

(Robert Sabatier)

Illustration: Lia R.

 

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L’automne (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 14 juin 2016



L’automne

L’automne au coin du bois,
Joue de l’harmonica.
Quelle joie chez les feuilles !
Elles valsent au bras
Du vent qui les emporte.
On dit qu’elles sont mortes,
mais personne n’y croit.
L’automne au coin du bois,
Joue de l’harmonica.

(Maurice Carême)

Illustration: Sylvie Lemelin

 

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Clair de lune sentimental (Théophile Gautier)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2016



 

Clair de lune sentimental

A travers la folle risée
Que Saint-Marc renvoie au Lido,
Une gamme monte en fusée,
Comme au clair de lune un jet d’eau…

A l’air qui jase d’un ton bouffe
Et secoue au vent ses grelots,
Un regret, ramier qu’on étouffe,
Par instant mêle ses sanglots.

Au loin, dans la brume sonore,
Comme un rêve presque effacé,
J’ai revu, pâle et triste encore,
Mon vieil amour de l’an passé.

Mon âme en pleurs s’est souvenue
De l’avril, où, guettant au bois
La violette à sa venue,
Sous l’herbe nous mêlions nos doigts…

Cette note de chanterelle,
Vibrant comme l’harmonica,
C’est la voix enfantine et grêle,
Flèche d’argent qui me piqua.

Le son en est si faux, si tendre,
Si moqueur, si doux, si cruel,
Si froid, si brûlant, qu’à l’entendre
On ressent un plaisir mortel,

Et que mon coeur, comme la voûte
Dont l’eau pleure dans un bassin,
Laisse tomber goutte par goutte
Ses larmes rouges dans mon sein.

Jovial et mélancolique,
Ah ! vieux thème du carnaval,
Où le rire aux larmes réplique,
Que ton charme m’a fait de mal !

(Théophile Gautier)

Illustration: Roger Suraud

 

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Quand j’ai chaussé les bottes (Gilles Vigneault)

Posted by arbrealettres sur 6 octobre 2015



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Quand j’ai chaussé les bottes
Qui devaient m’amener à la ville
j’ai mis dans ma poche
Une vieille maison
Où j’avais fait entrer
Une jeune fille
Il y avait déjà ma mère dans la cuisine
En train de servir le saumon
Quatre pieds carrés de soleil
Sur le plancher lavé
Mon père était à travailler
Ma soeur à cueillir des framboises
Et le voisin d’en face et celui d’en arrière
Qui parlaient de beau temps
Sur la clôture à quatre lisses
Et de l’air propre autour de tout cela

Aussitôt arrivé en ville
j’ai sorti ma maison de ma poche
Et c’était un harmonica

(Gilles Vigneault)

Illustration

 

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