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Poésie

Posts Tagged ‘harpe’

La harpe (Kabîr)

Posted by arbrealettres sur 25 avril 2017



La harpe fait entendre une douce musique et la danse continue sans danseurs.
La musique est jouée sans doigts; elle est entendue sans oreilles; car Il est l’Oreille et Il écoute.
La porte est fermée, mais l’encens est à l’intérieur et le rendez-vous n’est vu de personne.
Le sage comprend ces paroles.

(Kabîr)

 

 

 

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N’as-tu pas entendu (Kabîr)

Posted by arbrealettres sur 25 avril 2017



N’as-tu pas entendu les accords de la mystérieuse musique ?
Au milieu de la chambre
la harpe de joie est gentiment et doucement jouée.
À quoi bon sortir pour l’entendre ?

Si tu n’as pas goûté le nectar de l’Unique Amour,
à quoi te servirait-il de t’être purifié de toute souillure ?

Le Kazi cherche le sens des versets du Coran et instruit les hommes;
mais si son coeur n’est pas plongé dans l’amour divin,
à quoi lui servira-t-il d’être un maître ?

Le Yogi teint de rouge ses vêtements ;
mais, s’il ne connaît pas la couleur de l’amour,
à quoi lui servira celle de ses vêtements ?

Kabîr dit : « Que je sois dans le temple ou sur le balcon de ma demeure,
dans un camp ou dans un jardin de fleurs, je vous dis en vérité
qu’à tout moment mon Seigneur prend ses délices en moi. »

(Kabîr)

 Illustration: Albena Vatcheva

 

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SOUVENIRS D’AVRIL (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 12 avril 2017



Anders Zorn La-Nymphe-Amour-1885-Anders-Zorn

SOUVENIRS D’AVRIL

Le rythme argentin de ta voix
Dans mes rêves gazouille et tinte.
Chant d’oiseau, bruit de source au bois,
Qui réveillent ma joie éteinte.

Mais les bois n’ont pas de frissons,
Ni les harpes éoliennes.
Qui soient si doux que tes chansons,
Que tes chansons tyroliennes.

*

Parfois le vent m’apporte encor
L’odeur de ta blonde crinière.
Et je revois tout le décor
D’une folle nuit, printanière ;

D’une des nuits, où tes baisers
S’entremêlaient d’historiettes,
Pendant que de tes doigts rosés
Tu te roulais des cigarettes ;

Où ton babil, tes mouvements
Prenaient l’étrange caractère
D’inquiétants miaulements,
De mordillements de panthère.

*

Puis tu livrais tes trésors blancs
Avec des poses languissantes…
Le frisson emperlait tes flancs
Émus des voluptés récentes.

*

Ainsi ton image me suit,
Réconfort aux heures glacées,
Sereine étoile de la nuit
Où dorment mes splendeurs passées.

Ainsi, dans les pays fictifs
Où mon âme erre vagabonde,
Les fonds noirs de cyprès et d’ifs,
S’égayent de ta beauté blonde.

*

Et, dans l’écrin du souvenir
Précieusement enfermée,
Perle que rien ne peut ternir,
Tu demeures la plus aimée.

(Charles Cros)

Illustration: Anders Zorn

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Libération (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 31 mars 2017



Libération

Le soleil dans les pommiers roses
Comme une harpe a tendu ses rayons,
Et voici que passe et se pose
Parmi les fils d’or l’essaim des guêpes en tourbillons.

L’herbe se tait sentimentale
Où point la véronique imperceptiblement,
Où l’ombre changeante s’étale
Se froisse et s’envole en de translucides déploiements

Mais c’est la nuit surtout, quand au pignon des fermes
Dorment les fleurs d’abricotiers
Et qu’étoilant la terre où palpitent des germes
S’ouvrent les boutons des fraisiers;

C’est la nuit quand l’eau sombre au bord des prés gargouille
Et que, monotone biniou,
S’élève indéfini le chant faux des grenouilles
Succédant au cri des coucous;

C’est la nuit quand survient dans sa verte tunique
La lune avec ses cheveux froids
Et que jase à mi-voix presque somnambulique
Le rossignol au fond des bois,

C’est la nuit qu’il est doux d’être un cœur qui délaisse
Sa chair comme un étroit tombeau,
Et fondu, mort d’amour, coule dans la caresse
Du vent aux blancheurs des sureaux.

(Marie Dauguet)

Illustration: Christian Schloe 

 

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Une invisible harpe (Breton ?? ou Péret ??)

Posted by arbrealettres sur 15 mars 2017



Une invisible harpe, au sein des longs roseaux
Soupirait dolemment des airs de crépuscule.

(Breton ?? ou Péret ??)

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Pourtant, bien que chacun se fuie (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 18 décembre 2016



 

Roland H. Heyder   (8)

Pourtant, bien que chacun se fuie
comme la prison qui le tient et le hait,
il est un grand miracle dans le monde :
Je sens que toute vie est quand même vécue.
Qui donc la vit ? Seraient-ce les choses qui,
comme une mélodie qu’on tait.,
sont dans le soir, comme dans une harpe, rangées ?
Seraient-ce les vents qui viennent des vastes eaux ?
Seraient-ce les branches qui se font des signaux ?
Seraient-ce les fleurs aux doux parfums tissés ?
Seraient-ce les longues et vieillissantes allées ?
Seraient-ce les bêtes chaudes que l’on voit marcher ?
Seraient-ce les oiseaux qui s’élèvent, étrangers ?
Qui donc la vit ? Est-ce Toi, Dieu, qui la vis ?

(Rainer Maria Rilke)

Illustration: Roland H. Heyder

 

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Dis-moi si tout ceci est vrai, bien-aimé (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 1 novembre 2016


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Une harpe (Paul-Jean Toulet)

Posted by arbrealettres sur 23 septembre 2016




Une harpe dessine dans l’air
Le contour secret du silence…

(Paul-Jean Toulet)

Illustration: Rafal Olbinski

 

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Mer jours (Gaston Miron)

Posted by arbrealettres sur 12 septembre 2016



Mer jours
et de harpes sans oiseaux

pour de secrètes marées disparues
dans l’anfractuosité des silences
tu retisses à rebours
les souffles à mon coeur capiteux

pour un mystère qui t’ensemence
dans le multiple dense des étreintes
tu auscultes toujours
d’une sonde à l’étoile
ta longue désespérance

(Gaston Miron)


Illustration: Timothy Martin

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Mortes maisons (Francis Blanche)

Posted by arbrealettres sur 6 août 2016




Mortes maisons

Mortes maisons et maisons mortes
visages blancs évaporés
vers Dieu sait quels corps ignorés
qui donc pleure ainsi dans vos portes

Marteaux-lions mains de bronze terne
quels frissons défunts éveillés
viendront soudain émerveillés
frémir aux bornes des poternes

Couloirs verts d’ombre et de lumière
qui donc osera profaner
quel pas vos lourds parquets fanés
par des milliers d’années-poussière

et quelle main de quelle antienne
voudra cette harpe effleurer
cette harpe où revient pleurer
au vent quelque douleur ancienne

(Francis Blanche)

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