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Poésie

Posts Tagged ‘hâtif’

Le jour éclot (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2019



Le jour éclot
Sur la tige du matin
Pétales et heures
Secouent les cloches
De la rosée
En un joyeux carillon
De renouveau

Le soleil hâtif
D’un été pressé
Met l’émoi
Dans les plantations
Sur des ailes de chaleur
Cet été plane
Car le temps falsifie les saisons

Le jardin te joue
Une partition de parfums.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration: Vladimir Kush

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INNOCENCES (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 21 avril 2018




    
INNOCENCES

Dans une pauvre famille
apparaît parfois la beauté d’une épaule
un long travail y conditionne
les tressages de paniers oblongs
et le terrage de la vigne
les chevelures y gardent
de profonds reflets
même jusqu’après la mort
de celles
qui hâtives se peignent à l’aube.

(Jean Follain)

 

Recueil: Des Heures
Traduction:
Editions: Gallimard

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Heureuse prairie (Daniel Deleuze)

Posted by arbrealettres sur 13 mars 2018




    
Heureuse prairie
où se cueille l’Amour.
Me voilà penché
à faire une récolte hâtive.
Dois-je faucher ces joies drues
pour les lier ensuite
en sèches et routinières bottes ?

(Daniel Deleuze)

 

Recueil: Courtoises frimousses avec fleurs précédé de Troubadour de service
Traduction:
Editions: Tarabuste

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Entre nos voix la nuit viendra dormir enfin (Jean-Louis Chrétien)

Posted by arbrealettres sur 17 janvier 2018




    
entre nos voix
la nuit viendra dormir enfin
tes mains seront presque aussi claires
que des larmes
d’un pas tout juste un peu plus jeune
nous irons consoler les rues inconsolables
nous traduirons en gestes invisibles
l’adieu du vent
nous jetterons des fleurs depuis les ponts
dans l’eau hâtive

(Jean-Louis Chrétien)

 

Recueil: Entre Flèche et Cri
Traduction:
Editions: Obsidiane

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Sans recours donne la source (Jean-Louis Chrétien)

Posted by arbrealettres sur 17 janvier 2018



    

sans recours donne la source
nous buvons dans le rire de nos mains jointes
elle-même n’aura pu venir
effleurer nos lèvres au goût d’herbe
blessée à mort la lumière
de toute part aussitôt ressuscite
dans l’extase des arbres et la rude
toile des champs par l’été tendue
sous ses doigts neufs jaillissent les oiseaux
ce qui l’ouvrit fendant le fruit de l’ombre
nous ne le voyons jamais

ton corps pourra-t-il furtif
bénir ce qui sera resté
sur l’autre versant du cri
la réserve du coeur encore
en amont du pouls qui déferle
et si nous nous serrons pour essayer d’entendre
n’y a-t-il pas dans ce frisson brûlé
où vibrent nos gestes hâtifs
quelque retard déjà sur ce léger
glissement d’esquive
interstellaire

(Jean-Louis Chrétien)

 

Recueil: Entre Flèche et Cri
Traduction:
Editions: Obsidiane

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Empreintes (Alain Fabre-Catalan)

Posted by arbrealettres sur 23 septembre 2017



 

Empreintes

Sur le bûcher de l’instant,
chaque mot résonne de fin silence
et se profère libre dans l’air.

À ce pur jaillissement,
ta voix murmure son allégeance
comme à un feu de paille
que tu ne peux surprendre,
à moins que ton œil n’écoute
l’éclosion des signes sur la page.

À cette unique respiration s’aiguise le souffle.

Son éclat dure autant que l’oiseau rebelle
sur la branche qui ploie à l’heure de l’envol,
indéchiffrable sous l’écume des vents.

Parmi les vagues révolues,
la chimère a pris corps sur le rivage
comme un cœur qui bat ainsi qu’à la volée,
on sème les lettres hâtives du désir.

(Alain Fabre-Catalan)

 

 

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Rive d’une autre mort (Yves Bonnefoy)

Posted by arbrealettres sur 8 juillet 2016



Rive d’une autre mort

I

L’oiseau qui s’est dépris d’être
Phénix
Demeure seul dans l’arbre pour mourir.
Il s’est enveloppé de la nuit de blessure,
II ne sent pas l’épée qui pénètre son coeur.

Comme l’huile a vieilli et noirci dans les lampes.
Comme tant de chemins que nous étions, perdus,
Il fait un lent retour à la matière d’arbre.

Il sera bien un jour.

Il saura bien un jour être la bête morte,

L’absence au col tranché que dévore le sang.

Il tombera dans l’herbe, ayant trouvé

Dans l’herbe le profond de toute vérité.

Le goût du sang battra de vagues son rivage.

II

L’oiseau se défera par misère profonde.
Qu’était-il que la voix qui ne veut pas mentir,
Il sera par orgueil et native tendance
A n’être que néant, le chant des morts.

Il vieillira.
Pays aux formes nues et dures
Sera l’autre versant de cette voix.
Ainsi noircit au vent des sables de l’usure
La barque retirée où le flot ne va pas.

Il se taira.
La mort est moins grave.
Il fera
Dans l’inutilité d’être les quelques pas
De l’ombre dont le fer a déchiré les ailes.

Il saura bien mourir dans la grave lumière

El ce sera parler au nom d’une lumière

Plus heureuse, établie dans l’autre monde obscur

III

Le sable est au début comme il sera
L’horrible fin sous la poussée de ce vent froid.
Où est le bout, dis-tu, de tant d’étoiles,
Pourquoi avançons-nous dans ce lieu froid ?

Et pourquoi disons-nous d’aussi vaines paroles,
Allant et comme si la nuit n’existait pas ?
Mieux vaut marcher plus près de la ligne d’écume
Et nous aventurer au seuil d’un autre froid.

Nous venions de toujours.
De hâtives lumières
Portaient au loin pour nous la majesté du froid —
Peu à peu grandissait la côte longtemps vue
Et dite par des mots que nous ne savions pas.

(Yves Bonnefoy)

Illustration: Mathieu Triolet

 

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Il est des ruelles (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 12 août 2015



herbe dans paves  [800x600]

Il est des ruelles
qui vont à petits pas avec
des herbes clandestines entre les pavés
des fenêtres basses qui assument
leur captivité tranquille
une fatigue lente
faite d’effilochures et parfois
la lumière balbutiée de quelques roses
Le soir y accueille
des silhouettes hâtives
et la maison sans cesse
veille dans la maison
sous le sifflement continu des choses

(Georges Bonnet)

 

 

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FRISSON D’HIVER (Emile Nelligan)

Posted by arbrealettres sur 23 juin 2015



FRISSON D’HIVER

Les becs de gaz sont presque clos :
Chauffe mon coeur dont les sanglots
S’épanchent dans ton coeur par flots,
Gretchen !

Comme il te dit de mornes choses,
Ce clavecin de mes névroses,
Rythmant le deuil hâtif des roses,
Gretchen !

Prends-moi le front, prends-moi les mains,
Toi, mon trésor de rêves maints
Sur les juvéniles chemins,
Gretchen !

Quand le givre qui s’éternise
Hivernalement s’harmonise
Aux vieilles glaces de Venise,
Gretchen !

Et que nos deux gros chats persans
Montrent des yeux reconnaissants
Près de l’âtre aux feux bruissants,
Gretchen !

Et qu’au frisson de la veillée,
S’élance en tendresse affolée
Vers toi mon âme inconsolée,
Gretchen !

Chauffe mon coeur, dont les sanglots
S’épanchent dans ton coeur par flots.
Les becs de gaz sont presque clos…
Gretchen !

(Emile Nelligan)


Illustration: Delphin Enjolras

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