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Poésie

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Où sont tes peupliers hauts de quinze cents mètres (Hughes Fouras)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2019



Où sont tes peupliers hauts de quinze cents mètres,
Tes champs pleins de Sioux et de courges scalpées?
Charmant pays de mes vacances enfantines,
Tu m’apparais comme un village de poupées.

Tout s’est ratatiné: les peupliers des routes ?
A peine plumes d’oie pour poètes branlants,
Et l’oncle qui jadis m’étonnait par sa force,
Un petit vieux qui pleure en me reconnaissant.

(Hughes Fouras)

 

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Ces hirondelles (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2019



Illustration: Sonia Mandel
    
Ces hirondelles se meuvent comme un son meurt.
Si haut vole l’oiseau que le regard monte
s’élève
à la source des larmes.

(Paul Valéry)

 

Recueil: Poésie perdue
Traduction:
Editions: Gallimard

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Que j’avance ou n’avance pas (Jean Tortel)

Posted by arbrealettres sur 16 juillet 2019




Illustration: ArbreaPhotos     
Que j’avance ou n’avance pas
Ne change rien

À l’espace, à la rose jaune
Qui tremble un peu trop haut.

(Jean Tortel)

 

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Éros (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2019



Illustration: Edvard Munch
    
Éros

Comme une pierre trop lourde que je ne puis déplacer ;
comme une porte solide que j’ébranle à peine et ne puis ouvrir ;

comme une grappe trop haute que mes bonds ne font que porter mes mains à l’effleurer;
ainsi — ce qui peut donner et qui ne veut.

(Paul Valéry)

Recueil: Poésie perdue
Traduction:
Editions: Gallimard

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AU BONHEUR DU JOUR (Jean Sénac)

Posted by arbrealettres sur 5 juillet 2019




    
AU BONHEUR DU JOUR

Doyenne de gourmandise
je vous laissais parler
votre sourire était sucré

Mais votre arbre était si loin
si ténébreux sans entaille
qu’il déchaînait autour de nous
les marronniers bleus du désir

J’étais chaste en ce temps de grives
je mettais si haut l’amour
comment m’auriez-vous choisi
moi qui n’étais que plaie vive

Vous êtes partie
vous avez semé
des chardons épais

Et le soleil a jauni.

(Jean Sénac)

 

Recueil: Oeuvres poétiques
Traduction:
Editions: Actes Sud

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FOOTBALLEUR (Kazuko Shiraishi)

Posted by arbrealettres sur 19 juin 2019



Illustration: Tineke Storteboom
    
FOOTBALLEUR

Il est joueur de football
Tous les jours il donne des coups de pied dans un ballon
Un jour
Il a lancé l’amour haut dans le ciel
Et l’amour y est resté
Il n’est plus redescendu sur terre
Les gens pensaient, ce doit être le soleil
La lune ou une étoile nouvelle
Au fond de moi
Se trouve un ballon qui ne retombe jamais
Il reste là suspendu dans l’air
Vous pouvez voir comme il prend feu
Se mue en amour
En étoile.

***

FOOTBALL PLAYER

He’s a football player.
Kicks a ball, every day, he kicks a ball.
One day,
He kicked love up high into the sky.
It stayed there
And didn’t come down.
People thought it must be the sun,
The moon, or a new star.
Inside me,
A ball that never comes down,
Hangs suspended in the sky.
You can see it become fire,
Become love
Become a star.

***

FUßBALLSPIELER

Er ist ein Fußballspieler
Er tritt einen Ball, jeden Tag tritt er einen Ball
Eines Tages
Trat er die Liebe hoch in den Himmel
Und sie blieb dort
Sie kam nicht mehr herunter
Die Leute dachten, es sei die Sonne,
Der Mond oder ein neuer Stern
In mir
Gibt es einen Ball, der nie herunter kommt
Er bleibt hängen in der Luft
Du kannst sehen wie er entflammt
Liebe wird
Ein Stern wird

***

足球运动员

他是个足球运动员
踢一个球,每天他都踢一个球
有一天
他把爱踢上了天空
它留在那儿了
因为它没有落下来
人们认为它一定是太阳
是月亮或是一颗新星

我内心深处
永不落下的一颗球
悬挂在天空
你可以看到它变成火焰
变成爱情
正变成一颗星。

***

FUTBOLISTA

Es un jugador de fútbol
Patea una pelota, cada día patea una pelota
Un día
Pateó el amor hasta el cielo
Y se quedó allí
Sin descender hacia abajo
La gente pensó que debía ser el sol
La luna o una estrella nueva
Dentro de mí
Hay una pelota que nunca desciende
Está colgada, suspendida en el cielo
Puedes ver cómo se convierte en llamas
Se convierte en amor
Se convierte en estrella.

***

VOETBALLER

Hij is een voetballer
Hij schopt op een bal, iedere dag schopt hij op een bal
Op een dag
Schopte hij de liefde hoog in de lucht
En ze bleef er
Ze kwam niet meer naar beneden
De mensen dachten, het moet de zon zijn
De maan of een nieuwe ster
Binnen in mij
Is er een bal die nooit neerkomt
Hij blijft daar hangen in de lucht
Je kan zien hoe hij opvlamt
Liefde wordt
Ster wordt.

***

CALCIATORE

È un calciatore.
dà calci a un pallone, ogni giorno.
Una volta,
spedì con un calico l’amore su fino al cielo.
Rimasi lì
e non tornò più giù.
La gente pensava dovesse essere il sole,
la luna, o una nuova stella.
Dentro di me,
c’è una palla che non scende mai giù,
rimane lì, sopesa nel cielo.
puoi vederla diventare fuoco,
diventare amore
diventare una stella.

***

JOGADOR

Existe um jogador de futebol
Que a cada dia chuta uma bola
Um dia
Chutou o amor para o espaço
E ficou ali
Sem descer mais
As pessoas pensaram que deveria ser o sol a lua ou uma estrela nova

Dentro de mim
Existe uma bola que nunca desce
Está pendurada, suspensa no ar
Podes ver como se converte em chama
Convertida no amor
Convertida em estrela.

(Kazuko Shiraishi)

 

Recueil: ITHACA 587
Traduction: Français Germain Droogenbroodt – Elisabeth Gerlache / Anglais Stanley Barkan / Allemand Wolfgang Klinck / Chinois Zhou Dao Mo / Espagnol John Solt – Germain Droogenbroodt – Rafa Carcelén / Néerlandais Germain Droogenbroodt / Italien Germain Droogenbroodt – Stanley Barkan – Luca Benassi / Portugais José Eduardo Degrazia /Editions: POINTS

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Amour en même instant m’aiguillonne et m’arrête (Philippe Desportes)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2019



 

Karol Bak arachnoid

Amour en même instant m’aiguillonne et m’arrête,
M’assure et me fait peur, m’ard et me va glaçant,
Me pourchasse et me fuit, me rend faible et puissant,
Me fait victorieux et marche sur ma tête.

Ores bas, ores haut, jouet de la tempête,
Il va comme il lui plait mon navire élançant :
Je pense être échappé quand je suis périssant,
Et quand j’ai tout perdu, je chante ma conquête.

De ce qui plus me plait, je reçois déplaisir ;
Voulant trouver mon coeur, j’égare mon désir ;
J’adore une beauté qui m’est toute contraire ;

Je m’empêtre aux filets dont je me veux garder :
Et voyant en mon mal ce qui me peut aider,
Las! je l’approuve assez, mais je ne le puis faire.

(Philippe Desportes)

Illustration: Karol Bak

 

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Écrire un poème classieux (Josée Tripodi)

Posted by arbrealettres sur 8 mai 2019



Josée Tripodi… Emission France Culture
    
Écrire un poème
Classieux

Avec des mots bien en bouche
Crème et caviar
Des bulles de bon aloi
Qui ne crèvent pas

Des verbes hauts
Comme la tour d’Argent

Des articles de bon ton
Qu’on ne soldera pas

Écrire ou ne pas écrire

Encore une question
À la vie

À la mort

(Josée Tripodi)

Recueil: Le temps court plus vite que moi
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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Il était monté tout en haut de Notre-Dame (Jean-Paul Labaisse)

Posted by arbrealettres sur 16 avril 2019




    
Il était monté tout en haut de Notre-Dame,
Se tenant, essoufflé, près du lourd carillon.
L’infirme caressait le fabuleux bourdon
Et la vue de Paris émerveillait son âme…

Sous ses pieds s’étendaient la Seine et ses bateaux,
L’île de la Cité, ses places, ses venelles,
Les flèches et les tours, tranquilles sentinelles…
Plus loin, c’était Montmartre et ses charmants coteaux.

Quasimodo pencha la tête et regarda :
Sur le parvis dansait la belle Esmeralda,
Créoles, caraco doré, châle vermeil.

Et le bossu, parmi les gargouilles sévères,
Les griffons, les serpents, les guivres, les chimères,
Rêvait d’un peu d’amour et d’un rai de soleil…

(Jean-Paul Labaisse)

 

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Salut printemps (Joseph von Eichendorff)

Posted by arbrealettres sur 21 mars 2019




Illustration: ArbreaPhotos
    
Salut printemps

la montagne est en feu
le matin l’incendie
et le plus haut sommet
un sapin le couronne

et debout sur la cime
je regarde le monde
ô monde tout fleuri
sous les fleurs je te vois

***

Frühlingsgruß

Es steht ein Berg in Feuer,
In feurigem Morgenbrand,
Und auf des Berges Spitze
Ein Tannbaum überm Land.

Und auf dem höchsten Wipfel
steh ich und schau vom Baum,
O Welt, du schöne Welt, du,
Man sieht dich vor Blüten kaum !

(Joseph von Eichendorff)

 

Recueil: Poèmes de l’étrange départ
Traduction: Philippe Marty
Editions: Grèges

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