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Poésie

Posts Tagged ‘hauteur’

JARDIN SUSPENDU (Françoise Han)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2021




JARDIN SUSPENDU

Jardin suspendu
après nos jardins ensevelis

davantage pourtant
qu’un jardin d’ombres

nous n’avons pas introduit un printemps frelaté
subverti l’ordre des saisons

l’été a pris de la hauteur

entre tes lèvres et les miennes
il n’y a pas d’ortie

(Françoise Han)

Illustration: Gennady Privedentsev

 

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LE PRINTEMPS (Friedrich Hölderlin)

Posted by arbrealettres sur 29 décembre 2020




    
LE PRINTEMPS

Le soleil retourne à de nouvelles joies,
Le jour apparaît avec des rayons, comme la floraison,
L ‘ornement de la Nature se révèle à soi dans les coeurs,
Comme se sont élevés chant et mélodies.

Le monde nouveau vient du fond des vallées,
Et sereine est l’heure matinale au printemps,
Depuis les hauteurs brille le jour, la vie du soir
Est donnée aussi à la contemplation du sens intérieur.

***

DER FRÜHLING

Die Sonne kehrt zu neuen Freuden wieder, Der
Tag erscheint mit Strahlen, wie die Blüte, Die
Zierde der Natur erscheint sich dem Gemüte,
Als wie entstanden sind Gesang und Lieder.

Die neue Welt ist aus der Tale Grunde,
Und heiter ist des Frühlings Morgenstunde,
Aus Höhen glänzt der Tag, des Abends Leben
Ist der Betrachtung auch des innern Sinns gegeben.

(Friedrich Hölderlin)

 

Recueil: Derniers poèmes
Traduction: Jean-Pierre Burgart
Editions: William Blake and Co.

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LE PRINTEMPS (Friedrich Hölderlin)

Posted by arbrealettres sur 29 décembre 2020




    
LE PRINTEMPS

Il descend, le jour nouveau, de lointaines hauteurs,
Le matin qui s’est éveillé des crépuscules,
Il rit à l’humanité, paré et vif,
L’humanité est tendrement pénétrée de joie.

Une vie nouvelle veut à l’avenir se dévoiler,
On voit de bourgeons, signe de jours gais,
Se remplir la grande vallée, la terre,
Tandis que pour le printemps est chassée la plainte.

***

DER FRÜHLING

Es kommt der neue Tag aus fernen HOhn herunter,
Der Morgen, der erwacht ist aus den Dmmerungen,
Er lacht die Menschheit an, geschmückt und munter,
Von Freuden ist die Menschheit sanft durchdrungen.

Ein nues Leben will der Zukunft sich enthüllen,
Mit Blüten scheint, dem Zeichen froher Tage,
Das grolle Tal, die Erde sich zu füllen,
Entfernt dagegen ist zur Frühlingszeit die Klage.

(Friedrich Hölderlin)

 

Recueil: Derniers poèmes
Traduction: Jean-Pierre Burgart
Editions: William Blake and Co.

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EN VIE PROFONDE (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2020



 

Nicolas Rozier N41

EN VIE PROFONDE

(sur des portraits de Nicolas Rozier)

Tout parle tout s’anime
Mille souffles bruissent
C’est l’âme des énergies
Je la reconnais bien
Elle n’avance pas du bout des lèvres
Je la reconnais
Avec toutes ces lames bourdonnantes
Et ces pitiés confuses
Deuils du coeur
Grandes gifles du doute
Rosées inapaisables
Et cette perpétuelle mise au tombeau
Pour écouter au plus juste
Le coeur du monde
Tout ce qui cisèle la passion d’être

Et tout à coup le visage apparaît
Il apparaît vif et vivace
A la fois lustral et brouillé de nuit
Dans une volupté désolée

Il dit
Une façon de se donner sans réserve
Une manière de rompre les digues
De reprendre haleine
Au milieu des battues d’éclairs
Il dit
Une exigence hantée de corbeaux
Il dit
Descendre encore et toujours
Vers où ça vit encore plus
Descendre vers des hauteurs insoupçonnées

Lever sans fin le camp
Enfiévrer davantage

Alors l’air ondule
Il ondule en vie profonde
Et l’on mesure tout à coup
Son coeur somnambule au soleil

(Zéno Bianu)

Illustration: Nicolas Rozier

 

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Voici que le mont (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 22 novembre 2020




Illustration: ArbreaPhotos
    
Voici que le mont, de sa hauteur indomptée,
Livre toute sa façade au soleil de midi.
Alors que ses rochers nus s’enivrent d’éclats ;
Ses mousses, promesse de vie, gardent leur secret.

(François Cheng)

 

Recueil: Enfin le royaume
Traduction:
Editions: Gallimard

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SOUS CASSIOPEE (Mihai Beniuc)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2020




    
SOUS CASSIOPEE

Le cliquetis du fer, les bottes en cadence
Sur la poussière du chemin, sous Cassiopée.
Pour la troisième compagnie l’ordre est d’aller.
Dans les hauteurs du ciel les grues vont en silence.

Coquelicots en fleur dans la steppe, à foison.
Gerbes amoncelées dans la steppe en été.
L’âme, bien sûr, mais c’est l’affaire du curé.
La jument qui hennit de rage est l’horizon.

Des nuages gris-blanc pour l’automne qui vient
Et l’hiver qui ricane avec ses dents de neige.
Frère, qui va tomber? Qui pour demain? Où vais-je?
C’est pour quand le retour? Père, écris-nous au moins.

(Mihai Beniuc)

 

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REPIT (Mihai Beniuc)

Posted by arbrealettres sur 9 juin 2020




    
REPIT

Nombreuses et grandes
Sont mes tentatives —
Dans les profondeurs et dans les hauteurs,
Entre les ténèbres et la lumière,
De l’atome aux galaxies,
Du premier baiser sur les lèvres
Au dernier baiser sur les paupières,
De la fleur au serpent,
Du pain au poison,
De la caresse au poignard,
Du rugissement du lion
Au chant de l’alouette,
De moi,
Saisi par les vrilles du temps,
A toi,
Qui laisses s’enrouler distraitement le temps
Dans ton giron, comme une pelote.
Du rivage de mes heures,
Je contemple les bords de tes éternités.
Mon compas
Elargit son angle
Jusqu’à 180°.
Je regarde,
Et les lointains que j’aperçois
Sont poussière de voie lactée.
Mes ères
Frappent avec des poings d’enfant
A ta porte d’azur
Cloutée d’étoiles.
Que faire ?
Je n’ai pas de bateau qui puisse
Me mener par-delà les frontières de mon être,
Et lorsque je reviens en moi-même, je vois toujours
Des immensités et des ports qui ne sont que rêves.
Ma halte
Est celle du vent
Que l’air délogera
D’entre deux branches frémissantes

(Mihai Beniuc)

 

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DANS MON AME IL Y A… (Mihai Beniuc)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2020




    
DANS MON AME IL Y A…

Dans mon âme il y a des rires et des pleurs
Et des diables aussi, sans doute, et puis des anges.
Et si le paradis ne fut jamais qu’un songe,
Il est sûr que l’enfer est inscrit dans mon sang
Comme au fond de la terre attendent les volcans,
Eux que n’ont pas éteints les glaciers des années.
Bouillonnant de passion, la lave, en jaillissant,
De sa bouche de feu, mord les hauteurs du vent.

(Mihai Beniuc)

 

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Dieu (Sri Aurobindo)

Posted by arbrealettres sur 21 mars 2020




    
Dieu

Toi qui emplis tous les mondes ici-bas
sans quitter tes hauteurs suprêmes,
Maître de tous ceux qui oeuvrent, règnent et savent,
Serviteur de l’Amour !

Toi qui ne dédaignes pas d’être le ver
ou la motte de terre,
nous reconnaissons à cette humilité
que tu es Dieu.

(Sri Aurobindo)

 

Recueil: Poésie
Traduction: Français Cristof Alward-Pitoëff
Editions: Sri Aurobindo Ashram Trust

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VILLE (David Hofstein)

Posted by arbrealettres sur 7 janvier 2020



Illustration: Sylvie Bartczak
    
VILLE

Ville!
De très loin tu m’as appelé
Avec tes écheveaux de fer,
Je te voyais toujours du haut des monts,
De très loin tu m’as attiré
Avec l’aimant
Des clartés, des miroitements,
Tu m’as leurré
Et tu m’as capturé !
Tu as transpercé
La paix de ma maison champêtre
Avec le sifflement des trains,
Effrité, fracassé,
Avec le tremblement des rails,
Dans les hauteurs toujours se balançait
Toujours s’avançait
L’inquiétude de tes échos ensorcelés,
Ville!
Tu m’as capturé !

Sous mes yeux éblouis
Ton corps de pierre omnipotent
S’étend à présent
Au hasard des champs et des bois,
Avec ses tuyauteries enracinées dans les profondeurs
de la terre,
Les bras écartelés,
Étage sur étage, cour sur cour,
Caisse sur caisse, pièce sur pièce,
Noir par le bas et scintillant dans l’altitude,
Aiguisé par les toits, dentelé par les tours,
De rails reptiliens noué et ceinturé,
Tendu, enchevêtré,
De toiles d’araignées de fer,
Ville !
Tu m’as capturé!

(David Hofstein)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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