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Posts Tagged ‘hauteur’

DANS MON AME IL Y A… (Mihai Beniuc)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2020




    
DANS MON AME IL Y A…

Dans mon âme il y a des rires et des pleurs
Et des diables aussi, sans doute, et puis des anges.
Et si le paradis ne fut jamais qu’un songe,
Il est sûr que l’enfer est inscrit dans mon sang
Comme au fond de la terre attendent les volcans,
Eux que n’ont pas éteints les glaciers des années.
Bouillonnant de passion, la lave, en jaillissant,
De sa bouche de feu, mord les hauteurs du vent.

(Mihai Beniuc)

 

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Dieu (Sri Aurobindo)

Posted by arbrealettres sur 21 mars 2020




    
Dieu

Toi qui emplis tous les mondes ici-bas
sans quitter tes hauteurs suprêmes,
Maître de tous ceux qui oeuvrent, règnent et savent,
Serviteur de l’Amour !

Toi qui ne dédaignes pas d’être le ver
ou la motte de terre,
nous reconnaissons à cette humilité
que tu es Dieu.

(Sri Aurobindo)

 

Recueil: Poésie
Traduction: Français Cristof Alward-Pitoëff
Editions: Sri Aurobindo Ashram Trust

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VILLE (David Hofstein)

Posted by arbrealettres sur 7 janvier 2020



Illustration: Sylvie Bartczak
    
VILLE

Ville!
De très loin tu m’as appelé
Avec tes écheveaux de fer,
Je te voyais toujours du haut des monts,
De très loin tu m’as attiré
Avec l’aimant
Des clartés, des miroitements,
Tu m’as leurré
Et tu m’as capturé !
Tu as transpercé
La paix de ma maison champêtre
Avec le sifflement des trains,
Effrité, fracassé,
Avec le tremblement des rails,
Dans les hauteurs toujours se balançait
Toujours s’avançait
L’inquiétude de tes échos ensorcelés,
Ville!
Tu m’as capturé !

Sous mes yeux éblouis
Ton corps de pierre omnipotent
S’étend à présent
Au hasard des champs et des bois,
Avec ses tuyauteries enracinées dans les profondeurs
de la terre,
Les bras écartelés,
Étage sur étage, cour sur cour,
Caisse sur caisse, pièce sur pièce,
Noir par le bas et scintillant dans l’altitude,
Aiguisé par les toits, dentelé par les tours,
De rails reptiliens noué et ceinturé,
Tendu, enchevêtré,
De toiles d’araignées de fer,
Ville !
Tu m’as capturé!

(David Hofstein)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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FIXATION (Ron Padgett)

Posted by arbrealettres sur 4 septembre 2019




    
FIXATION

Il n’est pas si difficile de grimper
en haut d’une croix et d’avoir des clous plantés
dans les mains et les pieds.
Bien sûr que ça fait mal, mais
quand on a suffisamment de volonté
on ne le remarque même pas. Ce qu’on
remarque, c’est qu’on voit bien plus loin
de là-haut, et qu’il
y a même une brise
pour rafraîchir le sang qui coule.
Les collines d’oliveraies s’enroulent à
d’autres collines avec des routes et des masures,
des troupeaux de moutons sur une hauteur au loin.

(Ron Padgett)

 

Recueil: On ne sait jamais
Traduction: Claire Guillot
Editions: Joca Seria

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Le chant du merle (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 29 juillet 2019


 

Le chant du merle
Se souvient

De la hauteur
De la montagne,

De la lenteur
De la rivière,

Du fait
Qu’ils l’écoutent.

(Guillevic)

 

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Escaliers (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 5 mars 2019



Illustration: Maurits Cornelis Escher
    
Escaliers qui ne montent ni ne descendent,
qui ne mènent ni vers en haut ni vers en bas,
escaliers horizontaux
qui préservent simplement
leur nature d’être escaliers.

Leurs marches reflets
n’aident aucun pied
ni ne collaborent avec aucune hauteur.
Et même, elles n’existent qu’à la hauteur où elles sont.
Escaliers pour aller vers le centre.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Nouvelle Poésie Verticale
Traduction: Roger Munier
Editions: Lettres Vives

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INFINIMENT BEAU (Georges Themelis)

Posted by arbrealettres sur 2 janvier 2019



Júlia Fernández Sánchez 0731

INFINIMENT BEAU

Je ne laissais pas d’ombre sur ma vue,
Ténèbres sur mon visage.

Trace d’animal dans mon coeur.

Je voudrais être
Beau,
Infiniment beau.

De beauté éclatante
De beauté étonnante.

Cherchant à atteindre ma réalisation,
Cherchant à atteindre mon âme,
Mon âme inapprochable, dédaigneuse.

D’escalier en escalier
D’étendue en étendue.

Comme une plante fantastique ou un rêve
Dans sa réalisation inachevée.

De la semence à la floraison, à la moisson.

Pour être et pour exister
Et briller dans la nuit.

Etre à hauteur d’âme.

(Georges Themelis)

Illustration: Júlia Fernández Sánchez

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Notre stature touche au ciel (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 22 décembre 2018


michel-ange

Nous n’apprenons notre hauteur
Que lorsqu’on nous demande de nous lever
Et si nous sommes alors assez nous-mêmes
Notre stature touche au ciel –

L’Héroïsme que nous déclamons
Deviendrait courant
Si nous ne truquions pas nos Mesures
Par peur d’être Royaux –

***

We never know how high we are
Till we are asked to rise
And then if we are true to plan
Our stature touch the skies –

The Heroism we recite
Would be a normal thing
Did not ourselves the Cubits warp
For fear to be a King –

(Emily Dickinson)

Illustration: Michel-Ange

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LES FENÊTRES (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 26 novembre 2018



    

LES FENÊTRES

1
Il suffit que, sur un balcon
ou dans l’encadrement d’une fenêtre,
une femme hésite…, pour être
celle que nous perdons
en l’ayant vue apparaître.

Et si elle lève les bras tendre vase
pour nouer ses cheveux,
combien notre perte par là
gagne soudain d’emphase
et notre malheur d’éclat!

2
Tu me proposes, fenêtre étrange, d’attendre ;
déjà presque bouge ton rideau beige.
Devrais-je, ô fenêtre, à ton invite me rendre ?
Ou me défendre, fenêtre ? Qui attendrais-je ?

Ne suis-je intact, avec cette vie qui écoute,
avec ce coeur tout plein que la perte complète ?
Avec cette route qui passe devant, et le doute
que tu puisses donner ce trop dont le rêve m’arrête ?

3
N’es-tu pas notre géométrie,
fenêtre, très simple forme
qui sans effort circonscris
notre vie énorme ?

Celle qu’on aime n’est jamais plus belle
que lorsqu’on la voit apparaître
encadrée de toi; c’est, ô fenêtre,
que tu la rends presque éternelle.

Tous les hasards sont abolis. L’être
se tient au milieu de l’amour,
avec ce peu d’espace autour
dont on est maître.

4
Fenêtre, toi, ô mesure d’attente,
tant de fois remplie,
quand une vie se verse et s’impatiente
vers une autre vie.

Toi qui sépares et qui attires,
changeante comme la mer, —
glace, soudain, où notre figure se mire
mêlée à ce qu’on voit à travers;

échantillon d’une liberté compromise
par la présence du sort;
prise par laquelle parmi nous s’égalise
le grand trop du dehors.

5
Comme tu ajoutes à tout,
fenêtre, le sens de nos rites :
Quelqu’un qui ne serait que debout, .
dans ton cadre attend ou médite.

Tel distrait, tel paresseux,
c’est toi qui le mets en page :
il se ressemble un peu,
il devient son image.

Perdu dans un vague ennui,
l’enfant s’y appuie et reste;
il rêve… Ce n’est pas lui,
c’est le temps qui use sa veste.

Et les amantes, les y voit-on,
immobiles et frêles,
percées comme les papillons
pour la beauté de leurs ailes.

6
Du fond de la chambre, du lit, ce n’était que pâleur qui sépare,
la fenêtre stellaire cédant à la fenêtre avare
qui proclame le jour.
Mais la voici qui accourt, qui se penche, qui reste :
après l’abandon de la nuit, cette neuve jeunesse céleste
consent à son tour !

Rien dans le ciel matinal que la tendre amante contemple,
rien que lui-même, ce ciel, immense exemple :
profondeur et hauteur!

(Rainer Maria Rilke)

 

Recueil: Oeuvres 2 Poésie
Traduction: Jacques Legrand, Lorand Gaspar, Philippe Jaccottet, Armel Guerne, Maurice Betz
Editions: Seuil

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Lorsqu’est souveraine et haute la pensée (Fernando Pessoa)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2018




J’impose à mon esprit altier l’exigence assidue
De la hauteur, et au hasard je laisse,
Et, à ses lois, le vers;
Car, lorsqu’est souveraine et haute la pensée,
Soumise la phrase la cherche,
Et le rythme esclave la sert.

(Fernando Pessoa)

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