Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘hauteur’

La hauteur de la rose (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 3 juillet 2018



Illustration
    
La hauteur de la rose n’est pas la hauteur de la pierre,
mais parfois la rose la surpasse en son extase.
La hauteur de l’homme n’est pas la hauteur de la pluie,
mais son regard va plus loin que les nuages.
Et parfois la lumière l’emporte sur l’ombre,
bien que l’ombre ait toujours le dernier mot.
Les hiérarchies sont une distraction de l’infini
ou peut-être un accident.
Les hauteurs se supplantent comme tours qui dansent
mais tout tombe de la même hauteur.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Martine Broda pour Roberto Juarroz
Traduction: Martine Broda
Editions: José Corti
Publicités

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La montagne (Anise Koltz)

Posted by arbrealettres sur 21 juin 2018




    
La montagne
ne mène que vers ses hauteurs

Arrivés à sa cime
elle se transforme en précipice

(Anise Koltz)

 

Recueil: Somnambule du jour Poèmes choisis
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , | Leave a Comment »

Le sapin (Marie-Jeanne Durry)

Posted by arbrealettres sur 6 juin 2018



sapin

A la modeste peinture de toits et de feuilles
presque immobile dans la lumière, seul il donne de la hauteur.
Sa cime invisible, si je ne me penche à la fenêtre
je pourrais croire qu’elle se perd au ciel.

Arbre blessé où monte une sève inactive il incline lentement ses bras.
Pour qu’encore tu t’élances quand tu ne seras plus,
à l’angle du mur, dans l’ombre que font les touffes pendantes à tes branches,
j’ai planté le sapin qui deviendra ton double.

Pivot des vents, fixe aiguillon des étoiles,
et plus semblable à toi que nos fils à nous mêmes,
il survivra, veilleur noir et clair

(Marie-Jeanne Durry)

Illustration

 

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Faible est ma voix (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 1 juin 2018




    
Faible est ma voix, mais mon vouloir ne cède pas.
Et même, sans amour, je me sens plus légère.
Dans les hauteurs du ciel un vent souffle ample et pur
Et mes pensées ignorent la souillure.

La servante Insomnie a quitté mon chevet,
Je ne me morfonds plus près de la cendre grise,
Et sur la tour l’aiguille courbe de l’horloge
Ne me fait plus l’effet d’une aiguille qui tue.

Donc le passé sur moi perd son pouvoir.
La délivrance est proche. Je pardonne
En regardant la lumière qui joue
Sur le lierre mouillé par le printemps.

(Anna Akhmatova)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Un nom dans la montagne (Béatrice Douvre)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2018




    
Un nom dans la montagne

Et ton nom dans l’écho où paraît la montagne
Bleue
Crainte bleue des hauteurs et froide perception
Le vent seul, le vent
Obscur et vrai comme est le pain de vie

Avance
Parmi les hauts graviers de grège
Car on t’appelle d’un nom plus haut
Dans l’adage des morts, source grave
Étroite distinction

De toi parmi les morts, de toi parmi les roses
Et l’on ne sait si tu entends encore l’abondance
De ton corps descendu dans des milliers de graines

Pose les mains encore sur l’étendue
Car tous les chemins de fer se dissipent
Tous les tournants saignent sous l’arche

Éprends-toi d’un vieux reflet de la lumière
La main rie l’ami faible au loin te faisait signe.

(Béatrice Douvre)

 

Recueil: Oeuvre poétique
Traduction:
Editions: Voix d’Encre

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Là où pour toujours sommeille le mystèr (Sergueï Essénine)

Posted by arbrealettres sur 6 avril 2018



Illustration: David Caspar Friedrich
    
Là où pour toujours sommeille le mystère,
Il est des champs étrangers.
Je ne suis qu’un hôte de hasard sur tes
Montagnes, ô terre.

Vastes forêts et eaux,
Souple puissance des ailes.
Mais tes ans et tes siècles
Voilent la course des astres.

Je ne t’ai pas embrassée.
Mon sort ne t’est pas lié.
Du couchant à l’orient,
Pour moi s’ouvre un nouveau chemin.

Je suis destiné à
Voler dans les ténèbres muettes.
À l’heure de l’adieu
Je ne laisserai rien à personne.

Au-delà de ton monde, depuis les hauteurs
Étoilées, dans cette quiétude où dort l’orage,
J’allumerai au-dessus des gouffres deux lunes
Comme deux regards qui ne se coucheront pas.

***

(Sergueï Essénine)

 

Recueil: Poèmes 1910-1925
Traduction:
Editions: La Barque

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Allons baise, baise-moi (Sergueï Essénine)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2018



Illustration: Nicole Roggeman
    
Allons baise, baise-moi, mords
jusqu’au sang, jusqu’au cri.
Le ruissellement d’un coeur ardent
ne souffre pas de froideur.

La cruche répandue de joyeux drilles
ce n’est pas pour nous, car
comprends-tu, petite amie ?
sur terre nous n’avons qu’une vie !

Promène ton regard alentour,
et vois dans la nuit moite
la lune comme un corbeau jaune
qui tourne et plane là-haut.

Allons, baise-moi ! Je le veux.
Pourriture déjà me joue un petit air.
Celui qui plane dans les hauteurs
a flairé ma mort, c’est clair.

Ô forces déclinantes !
S’il nous faut mourir, mourons !
Mais que jusqu’à la fin
je baise ces lèvres aimées.

Qu’ainsi dans nos rêves bleus,
sans honte ni fard,
au doux frisson des merisiers
résonne toujours : « Je suis à toi. »

Que toujours sur la coupe pleine,
écume légère, danse la lumière ;
ores chante et bois, petite amie :
sur terre nous n’avons qu’une vie !

***

(Sergueï Essénine)

 

Recueil: Journal d’un poète
Traduction: Christiane Pighetti
Editions: De la Différence

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

MAISON À DEUX GENOUX (Jean-Pierre Faye)

Posted by arbrealettres sur 31 mars 2018



Illustration: Louise Bourgeois
    
MAISON À DEUX GENOUX

j’habite la maison à deux genoux
je hante sa hauteur et profondeur
et je monte âme et corps en tous sens
. mais je voudrais que profondeur soit haute
pour que je poursuive et habite l’air
respiré avec celle que je respire
. elle est demeure mouvante et célébrée
elle s’est ouverte à toute respiration
je la prends comme l’air et comme soif
. elle me donne soi et ce qui est
et pourtant n’est pas ce qui contente

(Jean-Pierre Faye)

 

Recueil: Eclat Rançon
Traduction:
Editions: De la Différence

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Je n’ai pas peur de la mort (Abbas Kiarostami)

Posted by arbrealettres sur 5 février 2018



J’ai peur de la hauteur
Je suis tombé d’en haut
J’ai peur du feu
Je me suis souvent brûlé
J’ai peur de la séparation
J’ai été souvent blessé
Je n’ai pas peur de la mort
Je ne suis jamais mort
Même pas une fois

(Abbas Kiarostami)


Illustration

Posted in humour, méditations | Tagué: , , , , , , , , , | 2 Comments »

Partout, en tous les firmaments tu trouves sa trace (Pär Lagerkvist)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2018



Partout, en tous les firmaments tu trouves sa trace,
tous espaces sont emplis de ses signes secrets,
toutes hauteurs, toutes profondeurs de son écriture
qu’il sait seul déchiffrer.

Ô puissant, pourquoi ne nous enseignes-tu à lire ton livre.
Pourquoi ne passes-tu le long des signes ton doigt
pour nous apprendre à épeler et comprendre
comme des enfants.

Non, tu ne le veux pas. Tu n’es pas un maître d’école.
Tu laisses les choses comme elles sont.
Incompréhensibles comme elles sont.

Mais un jour au soir des temps, vas -tu à nouveau
tout effacer,
pour que tout redevienne ténèbres, comme cela était
avant que tu ne te lèves de tes songes
et ne marches au loin les inscrire,
le charbon ardent dans ta main?

***

Överallt, i alla himlar finner du hans spår,
alla rymder är fyllda av hans hemliga tecken,
alla höjder, alla djup av hans skrift, som han bara själv
kan tyda.

O väldige, varför lär du oss inte läsa din bok.
Varför för du inte ditt finger utefter tecknen
och lär oss stava och förstå så som barn.

Nej, det gör du inte. Någon skolmästare är du inte.
Du låter det vara så som det är. Obegripligt så som det är.

Och engång i tidernas afton, skall du då stryka ut
alltsammans igen
och låta allting bli mörker, så som det var innan du reste
dig ur dina tankar
och vandrade bort för att uppteckna dem på din väg
med det glödande kolet i din hand ?

(Pär Lagerkvist)


Illustration: Michel Ange

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :