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Poésie

Posts Tagged ‘havre’

Cette inacceptable absence (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 8 juin 2018



« Si aucun lieu n’est le mien, quel serait mon lieu véritable?
Étant vivant, il faut bien que je sois, quelque part, présent? », disait un sage.
« Peut-être – lui répondit-on – le lieu véritable est-il dans l’absence de tout lieu?
« Le lieu, justement, de cette inacceptable absence? »
Et le sage dit : « Habitable infini. Pour ceux de ma race, havre de grâce. »

(Edmond Jabès)

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JE MÊLE MES SANGLOTS… (Yves Morel)

Posted by arbrealettres sur 27 mai 2018




JE MÊLE MES SANGLOTS…

Je mêle mes sanglots aux flots de la mer
Pour que ma douleur au quotidien
Ne soit plus qu’embruns
Balayant les rochers d’une pluie amère.
Mon coeur est un voilier en détresse,
L’âme toutes voiles déchirées dehors
Et, la proue, une sirène aveuglée de chagrin.
Accrochée au mât de grande hune,
Je cherche dans ma nuit sans lune
Un havre de paix et de sagesse
Où je pourrais m’échouer et trouver le réconfort.
Comme un phare, ton étoile soudain m’apparut
Pour guider à bon port mon bateau en déroute
À travers les écueils de la vie
Et m’aider à poursuivre seule ma route

Vers un rivage ami…

(Yves Morel)

Illustration: Odilon Redon

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Patience (Eugène Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 18 mai 2018




    
Patience.

Aucune vision
Ne sera le havre.

(Eugène Guillevic)

 

Recueil: Relier
Traduction:
Editions: Gallimard

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[LE PORT LE HAVRE…] (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2018



[LE PORT LE HAVRE…]

Le port le havre de Valparaiso
dans ses nippes de terre
me l’a conté : il ne sait pas
naviguer : il subit l’assaut,
l’ouragan,
le séisme, les vagues,
toutes les forces cognent sur
son nez cassé.

Valparaiso, chien de misère
qui aboie parmi les coteaux,
est battu par
les pieds de la terre,
les mains de la mer.
Havre, port qui ne peut partir
pour son destin ouvert au loin
et qui hurle
esseulé
comme un train en hiver
du côté de la solitude,
du côté de la mer inexorable.

(Pablo Neruda)


Illustration

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Face au joug du temps (Abbas Kiarostami)

Posted by arbrealettres sur 8 février 2018



face au joug du temps
le havre du poème
face à la tyrannie de l’amour
le havre du poème
face à la criante injustice
le havre du poème

(Abbas Kiarostami)

 
Illustration: ArbreaPhotos
 

 

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Enfant qui t’en allais rêvant (Paul-Alexis Robic)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2018



Enfant qui t’en allais rêvant
De navires appareillant
Voiles au clair, vers le grand large,

Enfant qui t’en allais chantant
Avec le vent gai des dimanches
Parmi les cordages les ancres,
Sur le port joyeux de partances
Au beau soleil de tes quinze ans,

Vois pourrir, mornes épaves
Rongées de sel, mangées d’algues,
Parmi les brumes et les pluies,
Les derniers bricks au fond des rades.

Fini, le merveilleux voyage
Aux archipels miraculeux.
Sur les poupes le nom s’efface,
Le vent grince dans les carcasses,
La souille s’ouvre, noire et froide,
Fini, tu peux fermer les yeux !

Ceux que jadis le vent chantant des grandes voiles
Emporta sur les mers,
Navigateurs aux mains de cuir, aux yeux de rêve,
Ils dorment maintenant près du clocher natal
Ou roulent à jamais dans la nuit sans étoiles.
Mais toi, l’enfant des villes,
Fils aimé de la solitude, pauvre enfant,
Garde-les dans ton coeur, ces noms
Chauds comme un soir des mers australes
Et plus doux que le vent des Iles
Dans la fraîcheur verte des palmes.

Belles routes de la mer
Toutes chantantes de neige
Sous le torride azur d’août,
C’est moi qui reviens vers vous
Par ces plages et ces grèves
Et ces sentiers de falaises
Où frissonnent le fenouil,
L’oeillet sauvage et la menthe,
Mais le reconnaîtrez-vous
Après tant de jours d’absence,
Belles du jardin des vagues,
O sirènes du grand large,
Ce vieux coeur lourd maintenant
D’un bruit d’ancres s’enfonçant
Dans les eaux du dernier havre ?

(Paul-Alexis Robic)

Illustration

 

 

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Par un cri d’hirondelle (Jean-Louis Chrétien)

Posted by arbrealettres sur 17 janvier 2018



Illustration
    
par un cri d’hirondelle abritées
douleur et douceur se fiancent

sans cesse tremblent les lèvres de la mer
ta peau seule est l’impossible aveu

sois le rêve des arbres qui dorment
sois le havre des vents qui vont

ce qu’une vie ne suffit pas à voir
laisse l’acide nudité du matin le franchir

(Jean-Louis Chrétien)

 

Recueil: Entre Flèche et Cri
Traduction:
Editions: Obsidiane

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La jeune fille chantait dans le choeur de l’église (Alexandre Blok)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2017



La jeune fille chantait dans le choeur de l’église
Pour tous les fatigués dans un lointain pays,
Pour tous les bateaux partis en mer,
Pour tous ceux qui ont oublié la joie.

Ainsi chantait sa voix, s’envolant vers les voûtes,
Ét un rayon de lumière sur son épaule dansait,
Et chacun la regardait émerger des ténèbres,
Ecoutait chanter sa robe blanche dans la nuit.

Et tous croyaient que la joie allait revenir,
Que les bateaux avaient un havre sûr atteint,
Qu’en pays étranger, les hommes las et seuls,
Une vie claire et sereine avaient enfin trouvée.

Et douce était la voix, brillant le rayon de lumière,
Et seul, là-haut, près de la Porte sacrée,
Pleurait l’enfant participant aux Mystères,
Pleurait parce que personne ne reviendrait jamais !

(Alexandre Blok)

 

 

 

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L’inerte chanson (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2017




    
L’inerte chanson

Combien de baisers en suspens
Au bord des lèvres affamées
Et parmi les palais absents
De princesses inanimées
Dormant à jamais embrumées
Sous l’or de leurs cheveux dolents.

Combien à l’ancre au fond du port,
Et malgré les voiles vermeilles,
Souplement arquant leur essor,
De bateaux captifs qui sommeillent
Et qui jamais n’appareillent
Que vers ce havre noir, la Mort.

Combien de lys n’ont point éclos
Dont l’aube dédaigna l’offrande;
Et, sur des îles de coraux
Où leurs bras vainement se tendent,
Combien d’exilés qui t’attendent,
O Mort, sous tes verts oripeaux!

(Marie Dauguet)

 

 

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Face au joug du temps (Abbas Kiarostami)

Posted by arbrealettres sur 16 juillet 2017



 

Mario Sanchez Nevado ,075,f [1280x768]

face au joug du temps
le havre du poème
face à la tyrannie de l’amour
le havre du poème
face à la criante injustice
le havre du poème

(Abbas Kiarostami)

Illustration: Mario Sanchez Nevado

 

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