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Poésie

Posts Tagged ‘(Hédi Kaddour)’

Le vin nouveau (Hédi Kaddour)

Posted by arbrealettres sur 9 avril 2018



Le vin nouveau

Le soleil allume en clair-obscur
L’ombre du frêne dans l’ombre d’or
Du petit bois; les vitraux
De l’église aux histoires mortes
Vibrent sous le rire des cloches,
Et l’ample robe d’une femme
En aventure fait au passage frémir
La saillie du chemin dans les herbes.
Je te quitte parce que tu n’es plus
Personne
, a-t-elle dit à son amant
Devant un carafon de vin nouveau
Dont la splendeur réchauffait la pièce.
Elle marche en souriant, laissant
Aussi glisser des larmes sur ses lèvres.

(Hédi Kaddour)

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Le mouvement (Hédi Kaddour)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2018



le mouvement

un groupe de piétons
très proches au feu rouge
fait rêver qu’on les garde
pour une scène de reconnaissance
dont pourraient faire partie
quelques bruits d’avertisseurs
puis ils enjambent le caniveau
et disparaissent
à la pointe de ce que l’on croyait savoir

(Hédi Kaddour)


Illustration

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Dans son silence (Hédi Kaddour)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2018



dans son silence

comme du temps mis de côté
deux gouttes d’eau
persistent sur la vitre
soutenant le regard d’un enfant
parti déjà très loin
dans son silence
vers un monde plus spacieux

(Hédi Kaddour)

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Mémoire (Hédi Kaddour)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2018



mémoire

nue une fois encore
dans la pénombre à meubles lourds
elle se souvient des voix de fête
et tandis que se saigne à blanc
la mémoire d’un corps réel
elle s’étend pour n’être plus
face au miroir ancien
que le défilement des heures
qui pourrait l’emporter

(Hédi Kaddour)


Illustration

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Jardin (Hédi Kaddour)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2018



jardin

nous rendrez-vous cet air du Luxembourg
que vous traverserez longtemps sous notre regard
ironique et doux marchant non vers un prince
des plaisirs défendus mais un but sans attraits
le travail imperceptible d’équarrissage contre vous
les ombres mortes qu’il vous fallait discriminer
avec leur poids d’aïeules et tandis que nous
n’en finissions pas de jouer à l’avant-monde
et d’applaudir entre les voitures et les affiches
nos allures de guerriers mourants et vainqueurs
vous n’étiez même pas sûre à votre jeu
de rencontrer à temps la chaleur de votre corps
et l’envie folle d’être attendue perce-t-elle
aujourd’hui sous cette légèreté d’inadvertance
qui vous a fait garder le bleu marine pour au moins
le tissu tendre de votre écharpe striée d’éclairs
brun et or l’abdomen des abeilles quand vous passez
près des ruchers modèles où se renoue le temps discret

(Hédi Kaddour)


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La flaque (Hédi Kaddour)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2018



la flaque

il monte de la rue
une odeur de beignets
tel qui frôla jusqu’au vertige
les acteurs de l’histoire
en achète deux ou trois
reliés par un fil végétal
puis prend pitié
des gestes qui nourrissent sa vie
en voyant dans l’eau l’immense de la flaque
avec le rêve de monde géométrique
se perdre les dates et le temps

(Hédi Kaddour)

Illustration

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Ombre simple (Hédi Kaddour)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2018



ombre simple

la fin de la parade
transforme le moi d’un passant
en tache blanche
il a du mal à reprendre sa marche
s’émeut d’une ombre simple
qui tient son rang près d’un arbre

(Hédi Kaddour)

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Nudité (Hédi Kaddour)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2018



nudité

dans la rue silencieuse
certains rassemblent leurs gestes intérieurs
d’autres les jettent dans le vide
près de la fenêtre
un livre lentement se démode
la nudité pour un instant
est devenue la manière extrême
des êtres et des choses

(Hédi Kaddour)


Illustration: Paul Delvaux

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Passer (Hédi Kaddour)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2018



passer

on trouve encore
dans le café de l’avenue
le bois et le cuivre
dont s’exalte un travail du moi
puis l’écart entre un homme
attablé derrière la vitre
et son regard
creusé par on ne sait quoi
fait oublier la durée belle

(Hédi Kaddour)


Illustration

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Le mur (Hédi Kaddour)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2018



le mur

loin de certains mélanges
d’aveu et de regards lointains
qui permettraient
de faire traîner le temps
le simple mur
réfracte la lumière
le monde est sûr tout se tient
l’espace l’air
et l’heure puisque rien ne se lasse

(Hédi Kaddour)

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