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Posts Tagged ‘Hélène’

La belle Hélène (Anonyme)

Posted by arbrealettres sur 16 juillet 2018



Me promenant sur la fougère
L’ long d’un ruisseau,
J’ai entendu la belle Hélène
Dans ces ormeaux, Qui chantait une chansonnette,
Ses chants nouveaux Les oiseaux du bois la répètent
Rien d’aussi beau.
« Oh dis-moi donc, belle hirondelle,
En voyageant, M’apport’rais-tu bien des nouvelles
De mon amant? L’hirondelle a pris sa volée,
Elle a passé, Elle a traversé tout’s les mers
Sans se lasser.
Va se reposer sur les voiles
D’un bâtiment, Où il y avait les équipages
Du cher amant. « Oh dis-moi donc, amant fidèle,
Réponds-moi donc, Je suis ici d’la part d’Hélène,

« — Tu lui diras, belle hirondelle,
Qu’à mon retour, J’épouserai la belle Hélène
Au premier jour. » L’hirondelle a pris sa volée,
Elle a passé. Elle a retraversé les mers
Sans se lasser.
Va se reposer sur un arbre,
Au coin d’un champ, Où il y avait la belle Hélène
Aux moutons blancs. « Il m’a bien dit, l’amant fidèle,
Qu’à son retour, Il voulait épouser la belle
Au premier jour. »

(Anonyme)

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À HELENE, QUAND ELLE NAGE (William Faulkner)

Posted by arbrealettres sur 5 avril 2018



Illustration: Eric Zener
    
À HELENE, QUAND ELLE NAGE

L’or de quelques doux étés fait
Qu’elle revient l’été céder vite au désir
Et qu’elle calme la musique éclatante qui est sienne
Par des mains d’une eau agitée d’un feu bouillonnant.

Où le vent cisèle de son mouvement dans la vallée
Les remparts taillés et changeants, lentement mis en place,
L’eau argentée déforme de ses mains réticentes
Sa poitrine de garçon et ses flancs droits de garçon.

À travers cette cité naissante déjà ciselée
De bras de mer majestueux et continus,
L’eau et ses mains interrompent de leur vert regret
La pure musique brune de ses genoux.

***

TO HELEN, SWIMMING

The gold of smooth and numbered summers does
She back to summer give in swift desire
And hushed the flashing music that is hers
By hands of water mooned to bubbled fire.

Where wind carves of its valleyed unrepose
Hewn changing battlements in slow deploy,
Silver reluctant hands of water lose
Her boy’s breast and the plain flanks of a boy.

Throughout this surging city carven yet
To measured ceaseless corridors of seas,
Hands of water hush with green regret
The brown and simple music of her knees.

(William Faulkner)

 

Recueil: Hélène: ma cour
Traduction: Michèle Plâa et Philippe Blanchon
Editions: La Nerthe

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LETTRE A HÉLÈNE (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2018



Illustration: Vladimir Kush
    
LETTRE A HÉLÈNE

Es-tu là
N’es-tu pas là
Dans la chambre où rien ne bouge
Dans ma vie où tu respires

Tu te poses sur la plante
Sur l’oeil triste et muet du chat
Sur le livre qui n’est lourd
Que du poids que tu lui donnes
Je te vois en fermant l’oeil
Dans le champ

Balle perdue
Dans mon coeur
Balle qui trace
L’avenir le souvenir
Je ne pense qu’à toi qui m’aimes
Je ne suis qu’à toi qui bruis.

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Poésie la vie entière
Traduction:
Editions: Seghers

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La maison d’Hélène (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 9 décembre 2017




    

La maison d’Hélène

II a suffi du liseron du lierre
Pour que soit la maison d’Hélène sur la terre
Les blés montent plus haut dans la glaise du toit
Un arbre vient brouter les vitres et l’on voit
Des agneaux étendus calmement sur les marches
Comme s’ils attendaient l’ouverture de l’arche
Une lampe éparpille au loin son mimosa

Très tard les grands chemins passent sous la fenêtre
II y a tant d’amis qu’on ne sait plus où mettre
Le pain frais le soleil et les bouquets de fleurs
Le sang comme un pic-vert frappe longtemps les cœurs
Ramiers faites parler la maison buissonnière
Enneigez ses rameaux froments de la lumière
Que l’amour soit donné aux bêtes qui ont froid
À ceux qui n’ont connu que la douceur des pierres

Sous la porte d’entrée s’engouffre le bon vent
On entend gazouiller les fleurs du paravent
Le cœur de la forêt qui roule sous la table
Et l’horloge qui bat comme une main d’enfant

Je vivrai là parmi les roses du village
Avec les chiens bergers pareils à mon visage
Avec tous les sarments rejetés sur mon front
Et la belle écolière au pied du paysage.

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Comme un oiseau dans la tête
Traduction:
Editions: Points

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A HÉLÈNE (Edgar Allan Poe)

Posted by arbrealettres sur 2 septembre 2017




A HÉLÈNE

Hélène, pour moi, ta beauté
Est pareille à ces nefs antiques de Nicée,
Qui, paisiblement, sur une mer embaumée,
Portaient le voyageur défait et fatigué
Jusqu’à son rivage natal.

Moi, l’éternel errant des mers du désespoir,
Tes cheveux hyacinthe, tes traits de madone,
Tes airs de nymphe m’ont au logis ramené
Vers la gloire que fut la Grèce
Et vers la grandeur que fut Rome.

Là, dans l’encadrement de ta haute fenêtre,
Et tenant cet objet d’onyx, lampadophore !
Ne m’apparais-tu pas telle quelque statue,
Psyché, fille des régions
Qui sont la Terre Sainte ?

***

Helen, thy beauty is to me
Like those Nicéan barks of yore,
That gently, o’er a perfumed sea,
The weary, wayworn wanderer bore
To his own native shore.

On desperate seas long wont to roam,
Thy hyacinth hair, thy classic face,
Thy Naiad airs have brought me home
To the glory that was Greece
And the grandeur that was Rome.

Lo! in yon brilliant window-niche
How statue-like I see thee stand,
The agate lamp within thy hand!
Ah! Psyche, from the regions which
Are Holy-land!

(Edgar Allan Poe)

Illustration: Evelyn De Morgan

 

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Les germes (Henri Cazalis)

Posted by arbrealettres sur 23 août 2017



   
    
Les germes, souvent presque invisibles, ne semblent rien,
et cependant ils portent en eux déjà leur splendeur ou leur malédiction futures,
en eux, dans cette force interne, mystérieuse,
qui les appelle à vivre, les fait monter vers la lumière, leur impose une forme,
— la forme d’où naîtra leur destinée à venir, leur joie et leur orgueil,
ou leur indicible misère, la joie, l’orgueil d’Hélène et de Cléopâtre,
ou la misère du pauvre, de l’idiot, du lépreux, du scrofuleux couvert d’ulcères.

(Henri Cazalis)

 

Recueil: Le livre du Néant
Editions: Alphonse Lemerre

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Cours de Français (Carlos Drummond de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2016



Cours de Français

Cette Hélène qui trouble et l’Europe et l’Asie,
mais le professeur est distrait,
il ne voit pas que toute la classe s’éloigne
des sévères beautés de Racine.
On chuchote, on échange des billets et des ricanements.
Celui-ci dessine l’éternelle fille nue
qui quelque part existe, et qu’il n’a jamais vue.
Un autre disparaît sous son pupitre.
Les barbares. Est-ce qu’il vaut bien la peine
d’offrir du sublime à ces sauvages?

Le Professeur Arduino Bolivar
visage fermé, livre ouvert.
11 ne les méprise pas. Même il les aime.
Us peuvent faire ce qu’ils veulent.
Il navigue seul, sur une mer antique,
la douce navigation d’être seul.
La cloche sonne.
Fini le voyage, dans le vacarme
des pupitres et des pieds.
Le professeur s’en retourne au rigide
système métrique décimal des rues de Belo Horizonte.

(Carlos Drummond de Andrade)


Illustration: Gustave Moreau

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Sans t’avoir jamais vue (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2016


 


 

Albert Ritzberger young-woman-at-the-brook

Hélène

Je t’atteindrai Hélène
À travers les prairies
À travers les matins de gel et de lumière
Sous la peau des vergers
Dans la cage de pierre
Où ton épaule fait son nid

Tu es de tous les jours
L’inquiète la dormante
Sur mes yeux
Tes deux mains sont des barques errantes
À ce front transparent
On reconnaît l’été
Et lorsqu’il me suffit de savoir ton passé
Les herbes les gibiers les fleuves me répondent

Sans t’avoir jamais vue
Je t’appelais déjà
Chaque feuille en tombant
Me rappelait ton pas
La vague qui s’ouvrait
Recréait ton visage
Et tu étais l’auberge
Aux portes des villages

(René Guy Cadou)

Illustration: Albert Ritzberger

 

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Je t’atteindrai Hélène (René-Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 28 avril 2016



 

Je t’atteindrai Hélène
A travers les prairies
A travers les matins de gel et de lumière
Sous la peau des vergers
Dans la cage de pierre
Où ton épaule fait son nid

Tu es de tous les jours
L’inquiète la dormante.
Sur mes yeux
Tes deux mains sont des barques errantes
A ce front transparent
On reconnaît l’été
Et lorsqu’il suffit de savoir ton passé
Les herbes les gibiers les fleuves me répondent

Sans t’avoir jamais vue
Je t’appelais déjà
Chaque feuille en tombant
Me rappelait ton pas
La vague qui s’ouvrait
Recréait ton visage
Et tu étais l’auberge
Aux portes des villages.

(René-Guy Cadou)

Illustration: Arthur Hughes

 

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