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Poésie

Posts Tagged ‘(Henri Gougaud)’

Le fou (Henri Gougaud)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2018



Il était bon comme une figue brune
il était fort comme un désir de loup
il était seul comme un chien dans la lune
il était fou, fou comme l’amour fou.

Il était beau comme un pitre en Sorbonne
sérieux aussi comme un enfant qui joue
il était fier comme un air de trombonne
il était fou, fou comme l’amour fou.

Il s’exaltait comme un désert qui danse
il rêvait grand comme un oeil de hibou
il s’affolait comme un cri d’ambulance
il était fou, fou comme l’amour fou.

Il est parti comme un cheval sauvage
il s’est défait comme brume au mois d’août
il a vécu comme un oiseau sans âge
il était fou, fou comme l’amour fou.

Il fut amant comme on l’est en enfance
il en souffrit mais au fond ce fut doux
il s’est perdu comme on part en vacances
il était fou, fou comme l’amour fou.

(Henri Gougaud)

Illustration

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C’est l’hiver (Henri Gougaud)

Posted by arbrealettres sur 1 juillet 2018



C’est l’hiver

L’arbre fleuri le reverrai-je
le soleil vert l’homme vivant
je me délivre de la neige
en regardant rire un enfant

Je n’eus que des amours de givre
je le sais bien je fus le feu
je ne veux plus personne suivre
je ne sais plus ce que je veux

C’est l’hiver

(Henri Gougaud)


Illustration: ArbreaPhotos

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Au jardin d’amour (Henri Gougaud)

Posted by arbrealettres sur 13 mars 2018



Au jardin d’amour
des sources ruissellent
l’on se baigne autour
d’elles.
Les enfants dans l’eau
blanches gerbes d’anges
croquent l’or de l’o-
range.
Le fruit défendu
par dieu sait quel diable
au soleil immu-
able
rudoie les vertus
gonfle les joues rondes
comme le sein du
monde.

Au jardin d’amour
des licornes rêvent
tournant alentour
d’Eve
qui dort dans un val
près d’un alchimiste
sous l’arbre idéal-
iste.
Les mains des amants
s’ouvrent comme roses
toute vie est en-
close
dans les chants d’oiseaux
qu’amour fait éclore
enivrant les au-
rores

Au jardin d’amour
il y a des cavernes
que des dragons sourds
cernent.
Qui chante aux tréfonds
des sombres domaines ?
Des rois et des fon-
taines.
Des reines aussi
languissantes dansent
sur l’orgue du si-
lence
mais jamais l’azur
n’a vu ces merveilles
que les dragons sur-
veillent.

Au jardin d’amour
sept tours d’ivoire
s’ouvrent sur des tours
noires.
La nuit et le jour
s’y baisent sans masques
sur un lit de bour-
rasques
engendrant la vie
taureaux et chimères
cailloux fleurs et vi-
pères
humains et bourgeons
arbres feux et flammes
j’ai dit vrai sur mon
âme.

(Henri Gougaud)


Illustration: Paul Delvaux

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Un garçon et son amie (Henri Gougaud)

Posted by arbrealettres sur 4 septembre 2017



Illustration: Giovanni Segantini
    
Un garçon et son amie se promenaient sur la rive.
Leurs cœurs battaient en secret.
Mille soleils amoureux jouaient avec l’eau du fleuve.

Le garçon ne disait rien,
la fille guettait des anges entre la terre et le ciel.

Passant le long des roseaux il brisa un rameau vert,
l’aiguisa du bout de l’ongle.

– Qu’en feras-tu ? lui dit-elle.

Le garçon, d’un coup menu, lui piqua la fesse gauche.

Elle poussa un cri d’oiseau, se laissa tomber dans l’herbe.
– Viens, dit-elle.
Baise-moi.

Qui eut envie le premier ?
Qui des deux désira l’autre ?
Lui sur elle, elle sur lui,
qui fut roi, qui fut mendiant ?

Tu poses trop de questions.
Du pieu raide ou de la grotte,
qui t’a fait comme tu es ?

(Henri Gougaud)

 

Recueil: Le Livre des amours : Contes de l’envie d’elle et du désir de lui
Editions: Seuil

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Depuis ce temps (Henri Gougaud)

Posted by arbrealettres sur 4 septembre 2017




    
Depuis ce temps l’homme et la femme
se joignent, s’accolent, s’éloignent,
se cherchent encore infiniment.

Ils souffrent d’une déchirure,
ne vivent que pour la guérir.
Ils font l’amour comme l’on prie.
Ils jouissent.

Leurs ventres savent
qu’ils ne sont qu’un être en esprit.

(Henri Gougaud)

 

Recueil: Le Livre des amours : Contes de l’envie d’elle et du désir de lui
Editions: Seuil

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Dit-elle (Henri Gougaud)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2017




Amour me tient à l’aurore nouvelle
comme la mer qui berce la nacelle
guettant l’ami veillant en sentinelle
à la persienne en haut de la tourelle
amour me tient en ardente chapelle
jusqu’à l’instant où s’éteint ma prunelle
comme ceux-là qui vont à Compostelle
amour me tient hors de ma vie charnelle

Amour me tient qui me brûle et me cerne
me glace au coeur me conforte et me berne
et me rudoie m’éjouit et m’hiverne
amour me tient qui toujours me gouverne
comme le vent fait pencher les luzernes
et je le chante aux tables des tavernes
je le maudis sous la pâle lanterne
le pleure enfin aux muettes poternes

Amour me tient servante en son église
coiffée de blanc vêtue de toile bise
bouche mouillée comme chair de cerise
seins tout menus et ceinture bien prise
amour me tient en ses chambres soumise
par diable heureux toutes folies permises
me font chanter en la langue requise
les mille morts de la guerre promise.

(Henri Gougaud)

Illustration: Alexandre-Auguste Hirsch

 

 

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Le plus beau de moi (Henri Gougaud)

Posted by arbrealettres sur 13 mai 2016



Le plus beau de moi n’est pas dans ma peau
mais dans la rocaille adoucie de lierre
mais dans le soleil la menthe l’air chaud
le plus beau de moi vit dans la lumière

Le plus doux de moi n’est pas dans ma peau
mais s’endort au soir flamme sans alarme
brûlant longuement au profond de l’eau
le plus doux de moi tout hiver désarme

Le meilleur de moi n’est pas dans ma peau
il est en prison pardon messieurs dames
mourant de vouloir le monde plus beau
le meilleur de moi me déchire l’âme

Et vagabondant seul en mes tréfonds
je chante pour vous frères de la Terre
en rêvant toujours plus haut que le front
ainsi que le font les fleurs populaires.

(Henri Gougaud)

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Un jour peut-être (Henri Gougaud)

Posted by arbrealettres sur 12 mai 2016



Un jour peut-être
devant des portes sans serrures
devant des fenêtres sans barreaux
devant des visages sans masques
devant l’océan des hommes
nous dirons bonjour à nos amours
et cela voudra vraiment dire
bonjour

(Henri Gougaud)

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Le temps de vivre (Henri Gougaud)

Posted by arbrealettres sur 12 mai 2016



A peine a-t-on le temps de vivre
qu’on se retrouve cendre et givre
adieu
et pourtant j’aurais tant à faire
avant que les mains de la terre
me ferment à jamais les yeux

Je voudrais faire un jour de gloire
d’une femme et d’une guitare
d’un arbre et d’un soleil d’été
Je voudrais faire une aube claire
pour voir jusqu’au bout de la terre
des hommes vivre en liberté
Assis entre deux équilibres
dans ce monde qui se croit libre
et qui bâtit des miradors
je voudrais bien que nul ne meure
avant d’avoir un jour une heure
aimé toutes voiles dehors

A peine a-t-on le temps de vivre
qu’on se retrouve cendre et givre
adieu
et pourtant j’aurais tant à faire
avant que les mains de la terre
me ferment à jamais les yeux

De mes deux mains couleur d’argile
je voudrais bâtir une ville
blanche jusqu’au-dessus des toits
Elle serait belle comme une
chanson du temps de la Commune
bâtie de bonheur hors-la-loi
Et puis que le printemps revienne
pour revoir à Paris sur peine
des enfants riant aux éclats
Lorca errant dans Barcelone
tandis que l’abeille bourdonne
dans la fraîche odeur des lilas

A peine a-t-on le temps de vivre
qu’on se retrouve cendre et givre
adieu
et pourtant j’aurais tant à faire
avant que les mains de la terre
me ferment à jamais les yeux.

(Henri Gougaud)

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Chante (Henri Gougaud)

Posted by arbrealettres sur 12 mai 2016



Pour celui qui viendra dans la lumière,
chante comme la source.
Pour celui qui viendra dans les ténèbres,
chante comme l’oiseau.
Pour celui qui ne viendra pas,
chante les plus profondes musiques
de ton âme.

(Henri Gougaud)

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