Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘(Henry Bataille)’

Les Souvenirs (Henry Bataille)

Posted by arbrealettres sur 31 mai 2018



 

Les Souvenirs

Les souvenirs, ce sont les chambres sans serrures,
Des chambres vides où l’on n’ose plus entrer,
Parce que de vieux parents jadis y moururent.
On vit dans la maison où sont ces chambres closes.
On sait qu’elles sont là comme à leur habitude,
Et c’est la chambre bleue, et c’est la chambre rose…
La maison se remplit ainsi de solitude,
Et l’on y continue à vivre en souriant…

(Henry Bataille)

Illustration: Edward Hopper

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La Fontaine de pitié (Henry Bataille)

Posted by arbrealettres sur 13 mai 2018



 

Guy Baron_desespoir_2

La Fontaine de pitié

Les larmes sont en nous. C’est la sécurité
Des peines de savoir qu’il y a des larmes toujours prêtes.
Les cœurs désabusés les savent bien fidèles ;
On apprend, dès l’enfance, à n’en jamais douter.
Ma mère à la première a dit : « Combien sont-elles ? »

Des larmes sont en nous, et c’est un grand mystère.
Cœur d’enfant, cœur d’enfant, que tu me fais de peine
À les voir prodiguer ainsi et t’en défaire
À tout venant, sans peur de tarir la dernière !
Et celle-là, pourtant, vaut bien qu’on la retienne.

Non ce n’est pas les fleurs, non, ce n’est pas l’été
Qui nous consoleront si tendrement, c’est elles.
Elles nous ont connus petits et consolés ;
Elles sont là, en nous, vigilantes, fidèles,
Et les larmes aussi pleurent de nous quitter.

(Henry Bataille)

Illustration: Guy Baron

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

DÉJÀ ! (Henry Bataille)

Posted by arbrealettres sur 14 novembre 2017



Illustration: Edvard Munch
    
DÉJÀ !

Hé quoi ?… Déjà ?… Amour léger comme tu passes !
A peine avons-nous eu le temps de les croiser
Que mutuellement nos mains se désenlacent.
Je songe à la bonté que n’a plus le baiser.

Un jour partira donc ta main apprivoisée !
Tes yeux ne seront plus les yeux dont on s’approche.
D’autres auront ton coeur et ta tête posée.
Je ne serai plus là pour t’en faire un reproche.

Quoi ? sans moi, quelque part, ton front continuera !
Ton geste volera, ton rire aura sonné,
Le mal et les chagrins renaîtront sous tes pas ;
Je ne serai plus là pour te le pardonner.

Sera-t-il donc possible au jour qui nous éclaire,
A la nuit qui nous berce, à l’aube qui nous rit,
De me continuer leur aumône éphémère,
Sans que tu sois du jour, de l’aube et de la nuit ?

Sera-t-il donc possible, hélas, qu’on te ravisse,
Chaleur de mon repos qui ne me vient que d’elle !
Tandis que, loin de moi, son sang avec délice
Continuera son bruit à sa tempe fidèle.

La voilà donc finie alors la course folle ?
Et tu n’appuieras plus jamais, sur ma poitrine,
Ton front inconsolé à mon coeur qui console,
Rosine, ma Rosine, ah ! Rosine, Rosine !

Voici venir, rampant vers moi comme une mer,
Le silence, le grand silence sans pardon.
Il a gagné mon seuil, il va gagner ma chair.
D’un coeur inanimé, hélas, que fera-t-on ?

Eh bien, respire ailleurs, visage évanoui !
J’accepte. A ce signal séparons-nous ensemble…
Me voici seul ; l’hiver là… c’est bien… Nuit.
Froid. Solitude… Amour léger comme tu trembles !

(Henry Bataille)

 

Recueil: Le Beau Voyage

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

SOIRS (Henry Bataille)

Posted by arbrealettres sur 3 octobre 2017



Dao Hai Phong _1965_1_

SOIRS

Il y a de grands soirs où les villages meurent —
Après que les pigeons sont rentrés se coucher.
Ils meurent, doucement, avec le bruit de l’heure
Et le cri bleu des hirondelles au clocher…

Alors, pour les veiller, des lumières s’allument,
Vieilles petites lumières de bonnes sœurs,
Et des lanternes passent, là-bas dans la brume…
Au loin le chemin gris chemine avec douceur…

Les fleurs dans les jardins se sont pelotonnées,
Pour écouter mourir leur village d’antan,
Car elles savent que c’est là qu’elles sont nées…

Puis les lumières s’éteignent, cependant
Que les vieux murs habituels ont rendu l’âme,
Tout doux, tout bonnement, comme de vieilles femmes.

(Henry Bataille)

Illustration: Dao Hai Phong

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

C’est le moment où les cadavres introuvés (Henry Bataille)

Posted by arbrealettres sur 31 mai 2017



C’est le moment où les cadavres introuvés
Les blancs noyés flottant, songeurs entre deux ondes
Seuls eux-mêmes aux premiers froids soulevés
Descendent s’abriter dans les vases profondes.

(Henry Bataille)

Illustration: Michel Ogier

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Je ne sais rien. Je ne sais rien. Je n’attends rien (Henry Bataille)

Posted by arbrealettres sur 16 mai 2017



Je ne sais rien. Je ne sais rien. Je n’attends rien,
que de voir, par moments, se balancer un nid
sur un peuplier rose, où sur le blanc chemin,
passer un pauvre sourd, aux pieds luisants de plaies.

(Henry Bataille)


Illustration: Fanny Verne

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Ah! c’est cela qui fait si vaste la douleur!… (Henry Bataille)

Posted by arbrealettres sur 15 avril 2017



Ah! c’est cela qui fait si vaste la douleur!…
Ah! ne plus désormais savoir si les couleurs
de tes rubans de cou, ni le ton de ta jupe!

(Henry Bataille)


Illustration: Marie-Paule Deville Chabrole

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Une histoire, une histoire, tout finit en histoire! (Henry Bataille)

Posted by arbrealettres sur 11 avril 2017



Une histoire, une histoire, tout finit en histoire!…
Ah! toi, mon coeur, toi seul le sait!
Dis-le leur avec moi toi qui fus du voyage…

(Henry Bataille)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :