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Poésie

Posts Tagged ‘herbage’

Partage (Béatrice Douvre)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2018



Illustration: Francine Van Hove 

    
Partage

Tu trembles avec le seul vent pour partage
Tu es conviée parmi les herbes mortes
Qui es-tu, or et émeraude
Se mêlent à l’herbage

Qui es-tu qui descends si bas dans la mousse grise
Car les barques ne t’ont pas appelée, demeure
Empourprée jusqu’aux lèvres indécises et violentes

L’eau le vin sont là pour ta patience
Sur la table rendue déserte par une lampe
Attarde-toi encore un peu à cette table
Car tu trembles à l’amont des demeures fragiles

Et le vin t’a nommée l’évadée de l’immense.

(Béatrice Douvre)

 

Recueil: Oeuvre poétique
Traduction:
Editions: Voix d’Encre

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L’été nocturne (Béatrice Douvre)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2018




    
L’été nocturne

Dans les herbages jaunes de cet été
Te souviens-tu, nocturne était notre tristesse
Cet été-là, au baiser de la boue
Au chant furieux mêlé au rien
A ces palais de feuilles tombées irrévélées

Et c’est là que ta voix se posait, tremblant
Sous mille fleurs conquises des arbres éternels

S’émeuvent autour de toi ces fleurs qu’on dit sans nom
Mais les fleurs ont un nom mais ta voix s’y absente
Ces fleuves labourés de barques qui s’achèvent
Perdues merveilleusement sur l’écume étagée

Des accords se poursuivent en leur exil noir
Sur ces eaux si amères où je parle en ton nom.

(Béatrice Douvre)

 

Recueil: Oeuvre poétique
Traduction:
Editions: Voix d’Encre

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Le secret (Béatrice Douvre)

Posted by arbrealettres sur 18 avril 2018



Illustration: Elina Brotherus
    
Le secret

Des grands plateaux d’herbages aux villes intérieures
Ton nom m’est révélé, perdue, illuminée
Les lointains se souviennent de l’eau des grandes terres
Et nous étions tous deux debout dans l’embrasure

L’un heureux, l’autre humide
Et le vent s’aggravait qui te tenait au corps
Tu étais nue dans ce vent et pour cette nudité
J’avais porté un voile de caresses pensives

Tu attendais que reviennent ces oiseaux
Noirs, et battus d’une aile toujours morte
Et tu attendais le soir et la nuit relevée

Pour dire enfin au feu ce grand secret de braise.

(Béatrice Douvre)

 

Recueil: Oeuvre poétique
Traduction:
Editions: Voix d’Encre

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POUR UN TEMPS, POUR UN PETIT TEMPS (Emily Brontë)

Posted by arbrealettres sur 7 décembre 2017



Illustration: Pascal Baudot
    
POUR UN TEMPS, POUR UN PETIT TEMPS

Pour un temps, pour un petit temps,
De la foule et du bruit gardée,
Je puis chanter, je puis sourire :
Pour un petit temps j’ai congé!

Où iras-tu, coeur harassé?
Oh! plus d’une terre t’invite,
Là-bas comme iei, plus d’un gîte
Te promet repos, front lassé.

Je sais, parmi d’âpres collines,
Un vallon où hurle l’hiver,
Mais où, dans la froidure, brille
Une réchauffante lumière.

Ce n’est, sous un brouillard sans lune,
Qu’un vieux toit flanqué d’arbres nus,
Mais qu’est-il de plus cher au monde
Que le foyer qu’on a perdu?

L’oiseau muet perché sur la pierre,
Le mur que la mousse verdit,
L’allée où foisonne l’ortie,
Combien, ô combien je les aime!

Les rejoindrai-je? Ou chercherai-je
Un climat autre, un autre ciel
Pour la musique familière
D’un parler cher au souvenir?

Comme je rêvais, s’évanouirent
Le feu vacillant, les murs nus :
Après la pénombre lugubre,
Un jour radieux m’apparut.

Verdoyant, un sentier désert
Débouchait sur un vaste herbage
Que des monts vaporeux, bleuâtres,
Cernaient là-bas de toutes parts;

Un ciel si limpide, une terre
Si calme, tant de paix dans l’air,
Des moutons sauvages paissant
Pour parfaire l’enchantement —

La scène m’était bien connue,
Et connues toutes, même au loin,
Les pistes qui, sur chaque butte,
Marquaient le passage des daims.

N’y fussé-je restée qu’une heure,
Elle eût valu des jours de peine,
Mais le réel chasse le rêve :
Voici qu’on tire mes verrous.

Tandis que j’étais abîmée
Dans cette extase lumineuse,
Mon heure de paix avait fui
Pour me rendre au poignant souci.

***

A LITTLE WHILE, A LITTLE WHILE

A little while, a little while,
The noisy crowd are barred away;
And I can sing and I can smile
A little while I’ve holiday!

Where wilt thou go, my harassed heart?
Full many a land invites thee now;
And places near and far apart
Have rest for thee, my weary brow.

There is a spot ‘mid barren hills
Where winter howls and driving rain,
But if the dreary tempest chills
There is a light that warms again.

The house is old, the trees are bare
And moonless bends the misty dome,
But what on earth is half so dear,
So longed for as the hearth of home?

The mute birds sitting on the stone,
The dank moss dripping from the wall,
The garden-walk with weeds o’ergrown,
I love them—how I love them all !

Shall I go there? or shall I seek
Another clime, another sky,
Where tongues familiar music speak
In accents dear to memory?

Yet, as I mused, the naked room,
The flickering firelight died away
And from the midst of cheerless gloom
I passed to bright, unclouded day—

A little and a lone green lane
That opened on a common wide;
A distant, dreamy, dim blue chain
Of mountains circling every aide;

A heaven so clear, an earth so calm,
So sweet, so soft, so hushed an air
And, deepening still the dream-like charm,
Wild moor-sheep feeding everywhere—

That was the scene; I knew it well,
I knew the pathways far and near
That winding o’er each billowy swell
Marked out the tracks of wandering deer.

Could I have lingered but an hour
It well had paid a week of toil,
But truth has banished fancy’s power;
I hear my dungeon bars recoil—

Even as I stood with raptured eye
Absorbed in bliss so deep and dear
My hour of rest had fleeted by
And given me back to weary care.

(Emily Brontë)

 

Recueil: Poèmes
Traduction: Pierre Leyris
Editions: Gallimard

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Roseaux (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 1 décembre 2017



Roseaux

Si je t’écris, enfant de ma poitrine,
C’est pour te dire amour à perdre haleine.

Pour éclairer la neige ton sourire
Et pour printemps le fruit de tes yeux noirs.

J’entends la nuit des voix qui me caressent
Et je m’éveille en embrassant ton nom.

Pour toi je plane au-dessus de la ville
Et je te vois parmi tous les herbages.

L’encre du jour sur la page nocturne
Trace un poème et tu dors dans mon livre.

Les jours d’été je quitte le poème
Pour mieux entrer dans la grâce des mots.

Désaltéré par l’aube, j’entends vivre
Ton coeur, bijou parmi la nuit des coffres.

Tel un roseau devenu flûte ou flèche,
Je me fais plume et danse dans ton sang,

Et nous mourons de mort surnaturelle.

(Robert Sabatier)

Illustration: ArbreaPhotos
 

 

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CHANSON DU MOIS DE MAI (Jacques Prévert)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2016



CHANSON DU MOIS DE MAI

L’âne le roi et moi
Nous serons morts demain
L’âne de faim
Le roi d’ennui
Et moi d’amour

Un doigt de craie
Sur l’ardoise des jours
Trace nos noms
Et le vent dans les peupliers
Nous nomme
Âne Roi Homme

Soleil de Chiffon noir
Déjà nos noms sont effacés
Eau fraîche des Herbages
Sable des Sabliers
Rose du Rosier rouge
Chemin des Ecoliers

L’âne le roi et moi
Nous serons morts demain
L’âne de faim
Le roi d’ennui
Et moi d’amour
Au mois de mai

La vie est une cerise
La mort est un noyau
L’amour un cerisier.

(Jacques Prévert)

 

 

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Les chevaux de la mer n’auront pas de poulains (Henry Bauchau)

Posted by arbrealettres sur 21 octobre 2015



Les chevaux de la mer n’auront pas de poulains
aux herbages d’écume abolis sous le vent.
Les marées porteront aux veilleurs d’océans, de
nos peuples ramants le sauvage regain.

Nous chercherons un pays plus vaste que la faim,
plein de signes, de voix, de meurtres dans les airs
Et de hautes cités où des saintes de pierre font
un rêve plus fort que l’écume des vins.

(…)

Tous les dieux sont moins fiers qu’un sauvage poulain,
tous les cieux sont moins forts que le cri des brisants.
Les marées étendues sur nos peuples gisants,
les chevaux de la mer n’auront plus de poulains.

(Henry Bauchau)

Découvert ici chez Lecture/Ecriture

Illustration: Heather Jansch

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L’Odeur de mon Pays (Lucie Delarue-Mardrus)

Posted by arbrealettres sur 25 septembre 2015




L’Odeur de mon Pays

L’odeur de mon pays était dans une pomme.
Je l’ai mordue avec les yeux fermés du somme,
Pour me croire debout dans un herbage vert.
L’herbe haute sentait le soleil et la mer,
L’ombre des peupliers y allongeait des raies,
Et j’entendais le bruit des oiseaux, plein les haies,
Se mêler au retour des vagues de midi.
Je venais de hocher le pommier arrondi,
Et je m’inquiétais d’avoir laissé ouverte
Derrière moi, la porte au toit de chaume mou ..
Combien de fois, ainsi, l’automne rousse et verte
Me vit-elle, au milieu du soleil et debout,
Manger, les yeux fermés, la pomme rebondie
De tes prés, copieuse et forte Normandie ?…
Ah ! je ne guérirai jamais de mon pays !
N’est-il pas la douceur des feuillages cueillis
Dans leur fraîcheur, la paix et toute l’innocence ?
Et qui donc a jamais guéri de son enfance ?…

(Lucie Delarue-Mardrus)

 

 

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Les chèvres dans l’herbage (Philippe Jaccottet)

Posted by arbrealettres sur 27 avril 2015



 

Les chèvres dans l’herbage
sont une libation de lait

Où est l’oeil de la terre
nul ne le sait
mais je connais les ombres
qu’elle apaise

Dispersées, on voit mieux l’étendue
de l’avenir

(Philippe Jaccottet)

Illustration

 

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LES STEPPES D’AKERMAN (Adam Mickiewicz)

Posted by arbrealettres sur 9 avril 2015



 

Steppe

LES STEPPES D’AKERMAN

Longues vagues d’herbage, espace illimité ;
Dans la steppe, la nuit, notre chariot flotte.
Sur l’océan de fleurs l’essieu glisse et chuchote,
Accrochant des buissons empourprés par l’été.

Ni tertre, ni chemin ; partout l’obscurité ;
Je cherche dans le ciel l’astre cher au pilote ;
Seul, pareil à l’aurore, un phare au loin tremblote.
Et le Dniéster semble un nuage argenté.

Arrêtons ! Quel silence ! Il passe un vol de grues ;
L’oeil chercherait en vain leurs files disparues.
J’entends le serpent fuir, le papillon voler.

Le silence est si grand dans la nuit solennelle
Que je pourrais entendre une voix m’appeler
De Wilno. Bah ! partons ! personne ne m’appelle !

(Adam Mickiewicz)

 

 

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