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Poésie

Posts Tagged ‘herbe’

Train (Françoise Campo-Timal)

Posted by arbrealettres sur 22 janvier 2020


 


 

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Train

Dans le froissement des collines
dans l’herbe jeune du blé
dans l’éclair arrondi du ruisseau
qui traverse le pré
l’oeil saisit l’espace d’un instant
ce que l’âme
ne pourra pas retenir
et que rien
ne saurait décrire

(Françoise Campo-Timal)

Illustration

 

 

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LE (Jean Mambrino)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2020



LE

Le vent coule si paisible
sur le sommeil de la prairie
que les herbes semblent
inventer la brise en rêve.

Et les nuages passent sans bouger
tellement ils sont haut et loin
de nos pensées.

Et les pensées se perdent
dans le bleu d’un autre ciel.

Alors respire le rien.

(Jean Mambrino)

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L’herbe (Bai Juyi)

Posted by arbrealettres sur 14 janvier 2020



L’herbe

Fraîche et jolie, voilà l’herbe nouvelle qui croît partout dans la campagne ;
Chaque année la voit disparaître, chaque année la voit revenir.
Le feu la dévore à l’automne1, sans épuiser en elle le germe de la vie ;
Que le souffle du printemps renaisse, elle renaît bientôt avec lui.
Sa verdure vigoureuse envahit peu à peu le vieux chemin,
Ondulant par un beau soleil, jusqu’aux murs de la ville en ruines.
L’herbe s’est flétrie, l’herbe a repoussé, depuis que mon seigneur est parti ;
Hélas ! en la voyant si verte, j’ai le cœur assailli de bien cruels souvenirs.

(Bai Juyi)

 

 

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Dans la ronde des ombres (Ossip Mandelstam)

Posted by arbrealettres sur 13 janvier 2020



Dans la ronde des ombres froissant l’herbe tendre
J’entrai, disant le nom mélodieux.
Mais tout s’est dissipé, à peine puis-je entendre
D’un faible bruit le souvenir brumeux.

Ce nom, pensai-je, c’est le nom d’un séraphin.
J’eus peur d’abord de la forme légère,
Mais quelques jours encore et nous ne faisions qu’un.
J’étais comme dissous dans l’ombre chère.

Et le pommier de nouveau perd son fruit sauvage,
Et devant moi passe secrètement
L’image qui blasphème et se maudit, l’image
Nourrie des braises de la jalousie.

Et, cerceau d’or, accomplissant une autre volonté,
Le bonheur roule le long du chemin
Et toi tu vas en quête d’un printemps léger,
Déchirant l’air d’un geste de la main.

Le sort en est jeté. Rien ne fera que s’ouvre
Pour nous le cercle ensorcelé.
De la terre virginale les collines souples
Reposent, serrées dans leurs langes.

(Ossip Mandelstam)

Illustration: Madalina Iordache-Levay

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L’amour subjugue par son chant (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 9 janvier 2020




    
L’amour subjugue par son chant
Simple et naïvement trompeur.
Il y a peu, étrangement,
Si jeune et gai était ton coeur,

Et quand tu la voyais sourire
Dans tes jardins, dans la maison,
Tu croyais partout être libre
Comme sont libres les saisons.

Tu rayonnais, buvant les philtres
Dont l’amour empoisonne.
Car les étoiles étaient plus vives
Et autre aussi l’odeur des herbes,
Des herbes de l’automne.

(Anna Akhmatova)

 

Recueil: Les poésies d’amour
Traduction: Henri Abril
Editions: Circé

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RIVIÈRE (Eugène Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2020


 


RIVIÈRE

La rive était fraîche encore
Ce matin quand nous passions.
Nous aurons vu bien des herbes
Renoncer à suivre l’eau.

Le geste ancien de boire
Les deux mains sur le bol
Quand l’horloge sonnait
Dans l’odeur de l’étable.

Le bois épais des bancs
Et de la table usée,
Où des mains s’accrochèrent
Qui tremblaient de colère.

(Eugène Guillevic)

 

 

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Ton âme sans armure (Thierry Cazals)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2020



 

Duy Huynh -  (13) [1280x768]

ton âme
sans armure

n’a pas plus d’épaisseur
que le mauve ou le jaune des iris

pas plus de prétention
que le rouge d’une coccinelle
trottinant au bout d’un doigt

avant de disparaître
gobée net

par le flot d’herbes folles

(Thierry Cazals)

Illustration: Duy Huynh

 

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MYSTÈRE DU MONDE (Aron Lutski)

Posted by arbrealettres sur 7 janvier 2020



Illustration: Bruno Monginoux
    
MYSTÈRE DU MONDE

Cela qu’on ne peut voir – devient.
Cela que l’on voit – est advenu déjà.
Ce qui est advenu – déjà n’est plus
Pour devenir autre chose en secret.
Ce qui n’a plus pouvoir de devenir
Déjà doit s’anéantir.
Ce qui plus haut cesse de s’élever
Il lui faut descendre plus bas.
S’anéantir – est aussi devenir
Dans l’effacement.
Le devenir d’un brin d’herbe
Est un secret pour la terre
Comme chaque homme pour l’homme.
Chaque rameau particulier
A son foyer
Chaque arbre pour le monde est singulier,
Enfoui avec les troncs
Ils vivent ensemble.

(Aron Lutski)

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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De main en main (Jean-François Mathé)

Posted by arbrealettres sur 3 janvier 2020



de main en main vont se perdre ces herbes
ces caresses que furent les moments
d’enfance ou les haltes visibles de la beauté
fleuves vous passez par la lenteur des yeux
pour aller plus loin avec
de plus en plus de clarté emportée

(Jean-François Mathé)

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À un jardin (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 31 décembre 2019




    
À un jardin

Oui nécessaire clôture
Pour que le lieu devienne lien
Et le temps attente.

Que le sentier mène à l’amante,
Que tout désir aille à son terme,
Que chaque fleur porte visage et nom,
Que chaque fruit préserve faim et soif,
Que vent et pluie soir et aube
Renouvellent leurs offrandes sur l’herbe,
Que l’infini, lui, fasse halte
Sur la cime des pins.

Oui nécessaire clôture
Pour que le lieu soit appel,
Et l’instant répons sans fin.

(François Cheng)

 

Recueil: La vraie gloire est ici
Editions: Gallimard

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