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DEMAIN LES HERBES ROUGES (Jean-Paul Filion)

Posted by arbrealettres sur 27 mai 2017



Caroline Besse x247

DEMAIN LES HERBES ROUGES

J’ai le mal d’homme comme on traîne une blessure
J’ai le mal de ciel et celui d’enfer
Mais l’espace a créé sa forge d’étoiles
Qui viendra souffler sur mon épouvante
Demain les herbes rouges

Il a venté sur ma joie en poussière
Et j’attends de l’univers un nouveau dialogue
J’ai l’amour en cascade le bon Dieu au rancart
M’occupant à jeter un pont sur le matin
Demain les herbes rouges

J’abhorre les esprits les magies les phantasmes
Mon regard famélique n’est plus à la table des astres
Contre la moire des sources vertigineuses
Je veux mordre mon pain d’écorce et de terreau
Demain les herbes rouges

J’offre mes larmes ténébreuses à dévorer par le feu
Que le jour engouffre mes neiges et mes nuits
Mon coeur n’est plus gisant sous la cognée du soleil
Qui entre blondir le pays que j’habite
Demain les herbes rouges.

(Jean-Paul Filion)

Illustration: Caroline Besse

 

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Parfois s’installe un oranger du Mexique (Marie-Claire Bancquart)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2017



    

Parfois s’installe un oranger du Mexique
dans l’oreillette droite de votre coeur

laissez-le
déplier ses odeurs, accueillir ses oiseaux
s’entourer d’herbe.

Il tiendrait aisément sur votre paume
parce que le coeur est petit, maniable

pourtant sa perspective n’en finit pas.

Jetez vos heures lourdes
au-delà de son horizon.

(Marie-Claire Bancquart)

 

Recueil: Terre Energumène
Editions: Le Castor Astral

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Cœur pur (Attila Jozsef)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2017



Illustration: Egon Schiele
    
Cœur pur

Je n’ai ni père, ni mère,
ni dieu, ni patrie,
ni berceau, ni linceul,
ni baiser, ni maîtresse.

Voilà trois jours que je ne mange
ni beaucoup ni peu.
Mes vingt ans, c’est ma puissance.
Mes vingt ans, je les vends.

Si personne ne les veut,
Que le diable les prenne.
le cœur pur je force les portes,
Et s’il faut, la mort j’apporte.

On m’attrape et on me pend,
En terre bénie on m’étend,
de la mort la mauvaise herbe
pousse sur mon cœur superbe.

(Attila Jozsef)

 

Recueil: Le mendiant de la beauté
Traduction: Francis Combes, Cécile Guichard, Georges Kassai
Editions: Le temps des cerises

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« Pourquoi je Vous aime » (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2017


soleil_levant_gd

« Pourquoi je Vous aime », Monsieur?
Parce que –
Le Vent n’exige pas de réponse
De l’Herbe – Aussi lorsqu’Il passe
Ne peut-Elle rester en place.

Parce qu’Il sait – et
Pas Vous?
Et que Nous ne savons pas –
Nous suffit la Sagesse
Qu’il en soit ainsi –

L’Eclair – n’a jamais demandé à l’Oeil
Pourquoi il se clôt – en Sa Présence –
Parce qu’Il sait que l’Oeil ne peut parler –
Et qu’il est des raisons –
Hors Langage –
Que préfèrent les Gens plus Délicats –

Le Soleil levant – Monsieur – s’impose à Moi –
Parce qu’Il est le Soleil levant – et que je vois –
Voilà – pourquoi
Je T’Aime

(Emily Dickinson)

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En te cherchant (Ahmad Shamlou)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2017



En te cherchant
au seuil de la montagne je pleure
Au seuil de la mer et de l’herbe.

En te cherchant
au passage des vents je pleure
Au carrefour des saisons,
Dans le châssis cassé d’une fenêtre qui prend
Le ciel enduit de nuages
Dans un vieux cadre.

En attendant ton image
Ce cahier vide
Jusqu’à quand
Jusqu’à quand
Se laissera-t-il tourner les pages?

Accueillir le flux du vent et de l’amour
Dont la sœur est la mort
Et l’éternité
Son mystère qu’elle t’a soufflé
Tu devins alors le corps d’un trésor
Essentiel et désirable
Comme un trésor
Par qui la possession de la terre et des pays
Est devenue ce que le cœur accueille.

Ton nom est un moment d’aurore qui sur le front du ciel passe
– Que ton nom soit béni! –

Et nous encore
Nous revoyons
La nuit et le jour
et l’encore.

(Ahmad Shamlou)

Illustration: Alex Alemany

 

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Deux vaches (Anneke Brassinga)

Posted by arbrealettres sur 18 mai 2017



    

Deux vaches dans l’autre monde
ruminent leur vie qui continue
les yeux embués nostalgiques
d’une faim qui ne cède pas
devant l’herbe.

(Anneke Brassinga)

 

Recueil: Poètes néerlandais de la modernité
Traduction: Kim Andringa
Editions: Le Temps des Cerises

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Rosée d’argent (Rosalie Hirs)

Posted by arbrealettres sur 18 mai 2017



    
Rosée d’argent

Ça allait si bien le souffle et tout pour toi
les filets du matin gestes allongés sur l’herbe

rosée d’argent les oiseaux leurs rameau en mouvement
s’inclinent avec des chants nous enlacent de leurs petits sauts

hors du sens des choses et le soleil brille de derrière
un nuage sans quelque chose à expliquer sous la pluie

et brillante commence à nouveau la survie des jours
et nous portons chacun un souffle le long d’un frôlement

(Rosalie Hirs)

 

Recueil: Poètes néerlandais de la modernité
Traduction: Henri Deluy
Editions: Le Temps des Cerises

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OMBRES (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 16 mai 2017



 

Feuille-coquillage

OMBRES

Ombre blonde
Sur la rivière du jour
Ombre mauve
A l’envers des feuilles
Ombre de nacre
Sur le bord du coquillage
Ombre jaune
Des nuages qui masquent le soleil
Dans l’herbe bleue
Un arbre vert rampe
Dont l’ombre s’allonge
Dans la caresse des parfums.

(Jean-Baptiste Besnard)

Découvert sur son site ici

Illustration

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Ophélie (Maurice Fanon)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2017



Illustration: Arthur Hughes

    

Ophélie

À la pêche à la ligne avec un bouchon
Qui ressemble à la fleur du jupon d’Ophélie
Avec une chanson au bout de mon hameçon
Y a quelque chose de pourri au royaume des poissons

Quand ils s’étaient couchés dans l’herbe de l’été
Les gens disent qu’elle s’était mise à chanter
S’était mise à chanter dans l’herbe de l’été
Comme jamais l’été fille n’avait chanté

À la pêche à la blonde avec un regard
Qui ressemble à un train qui a perdu sa gare
Avec un billet pour partir à l’armée
Y a quelque chose de pourri au royaume de Peynet

Quand ils s’étaient quittés dans l’herbe de l’été
Les gens disent qu’elle s’était mise à pleurer
S’était mise à pleurer dans l’herbe de l’été
Comme jamais l’été fille n’avait pleuré

À la pêche aux médailles avec un pantalon
De la couleur du temps qu’il fait dans les entrailles

Avec une mitraille pour faire la moisson
Y a quelque chose de pourri au royaume des semailles

Quand il était tombé dans l’herbe de l’été
Les gens disent qu’elle s’était mise à prier
S’était mise à prier dans l’herbe de l’été
Comme jamais l’été fille n’avait prié

À la pêche aux larmes avec le sourire
Des femmes déchirées qui n’ont plus rien à dire
Avec un télégramme venu de quelque part
Y a quelque chose de pourri au royaume des faire-part

Quand elle s’était couchée dans l’herbe de l’étang
Les gens disent que la pluie s’était mise à tomber
S’était mise à tomber dans l’herbe de l’étang
Comme jamais l’été la pluie n’était tombée

À la pêche à la ligne avec un bouchon
Qui ressemble à la fleur du jupon d’Ophélie
Avec une chanson au bout de mon hameçon
Y a quelque chose de pourri au royaume des poissons

(Maurice Fanon)

 

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À perte de vie (Jean Mambrino)

Posted by arbrealettres sur 5 mai 2017



À perte de vie une égarée sent la tristesse
qui la poursuit au fil du labyrinthe
sur ses traces mortelles; et soudain renonce
à retrouver l’origine et l’or de son nom.
Mais le labyrinthe est construit à ciel ouvert,
d’où fusent des yeux de rosée qui étincellent
sur les herbes et les pierres, illuminant
un sentier minuscule vers la Jubilation.

(Jean Mambrino)


Illustration: Gilbert Garcin

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