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Poésie

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L’alluvion (Béatrice Douvre)

Posted by arbrealettres sur 22 avril 2018




    
L’alluvion

Au fer de ta métamorphose
Au pont d’acier de tes deux fleuves
Je t’ai nommée
La souveraine vive

Et je t’avais conviée
Parmi les nids
(L’oiseau de proie descend, calme et livide)
Parmi les nids et les gravats
Et les combes herbeuses

D’où venait que j’aimais l’ordre improbable de ton sang
Ta voix d’ivresse entre les feuilles
Et les feuillages de ton nom

J’ai aimé
J’ai vécu
Dans la circulation rêvée de ton passage
Et j’aimais que tes mains se répandent

Dans l’alluvion où l’autre preuve est la rosée.

(Béatrice Douvre)

 

Recueil: Oeuvre poétique
Traduction:
Editions: Voix d’Encre

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Sur les hauts d’Esmoulières (Alain Jean-André)

Posted by arbrealettres sur 3 octobre 2017




    
Sur les hauts d’Esmoulières

1
dans ce matin il n’y a rien
qu’herbes jaunies broussailles mauves
le ciel mouvant tourne
sur ma tête

et pourtant

2
le corps s’avance et se durcit
Sur cette route de janvier
qui m’ouvre ses portes bleues

3
une parole pauvre et qui dénude
dans le vent du pays
et qui éclaire loin
à travers le chaos du siècle
voilà ce que je cherche

4
et plus j’avance
plus je perçois
cet archipel d’étangs
fragments de la mer oubliée
de l’origine perdue
dans cette montagne

5
je la remonte
par des sentes broussailleuses
marche dans les veines
d’un corps nubile

sur le haut du plateau
bleu sombre, lumineux
je découvre son ventre herbeux
et la pointe neigeuse
d’un Sein

6
et tout est là
dans ce silence
ce vide génésique

un vrai visage
longtemps cherché

(Alain Jean-André)

 

Recueil: Chemins profonds
Editions: Jacques Brémond

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Midi le muet (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 2 juillet 2017




    
Midi le muet.
L’olivier mûrit son huile;
La vigne mûrit son vin.
Les fourmis transportent leurs vivres
Le long d’un muret herbeux.
La campagne à perte de vue

Tait sa joie d’être.

(François Cheng)

 

Recueil: A l’orient de tout
Editions: Gallimard

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MON ENDORMIE… (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2017




MON ENDORMIE…

Mon endormie, il faut que tu me dises
Ce que tu vois dans ces bas-fonds herbeux
Où loin de moi chaque nuit tu t’enlises.

Ne me dis pas que ce sont là des jeux,
Que ma pensée agile vocalise :
Tu le sais bien que de toi je ne veux

Que ce toi-même inconnu de toi-même
Cette autre en toi qui pourrit sous ta peau
Tandis qu’au jour tu tends ton diadème,

Cette poreuse épave sous les eaux
D’un monde feint qui est pour nous le même
Et qui confond les pas de nos troupeaux.

Pour n’être plus ton fantôme envieux,
Ton séparé, ton damné qui rumine
De t’abolir afin de t’aimer mieux,

Tu le sais bien qu’il me faut tes racines,
Les frondaisons de tes poumons bulbeux,
Les moindres voeux de tes doublures fines,

Ta jouissance enfin, qui jette au feu
Ce que ta chair en ma chair imagine.

Dis, que vois-tu dans ces bas-fonds herbeux ?

(Jean Rousselot)

Illustration: Andrzej Malinowski

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Les branches en arceaux (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 10 décembre 2015



Les branches en arceaux

Les branches en arceaux quand le printemps va naître,
Les ronces sur le mur, le pâturage herbeux,
Les sentiers de mulets, et cet homme champêtre
Qui, pour fendre le sol, guide un couple de boeufs,

La nuit sur la jetée où le phare s’allume,
Et l’horizon des flots lorsque le jour paraît ; –
Qu’importe ! Je respire, ô ville, dans ta brume,
La montagne et les champs, la mer et la forêt.

(Jean Moréas)

Illustration

 

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