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Poésie

Posts Tagged ‘(Hermann Hesse)’

Cela t’arrive-t-il? (Hermann Hesse)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2018



T’arrive-t-il aussi cela,
Lorsqu’on danse et crie à tue-tête,
De devoir, parmi cet éclat,
Soudain te taire et fuir loin de la fête?

Sur ton lit t’en vas-tu te coucher sans dormir,
Comme un qu’un point au cœur fait brusquement gémir?

Gaîté, rires s’en vont, fumée à la dérive,
Et tu pleures sans fin… Dis-moi, cela t’arrive?

***

Kennst du das auch?

Kennst du das auch, daß manchesmal
Inmitten einer lauten Lust,
Bei einem Fest, in einem frohen Saal,
Du plötzlich schweigen und hinweggehn mußt?

Dann legst du dich aufs Lager ohne Schlaf
Wie Einer, den ein plötzlich Herzweh traf;
Lust und Gelächter ist verstiebt wie Rauch,
Du weinst, weinst ohne Halt – Kennst du das auch?

(Hermann Hesse)

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Papillon bleu (Hermann Hesse)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2017



Bleu reflet qui s’irise,
Un papillon nacré
Emporté par la brise
Luit, brille, disparaît.
Tel, d’une aile légère,
Le bonheur est venu
Puis a, fleur éphémère,
Lui, brillé, disparu.

**************

Blauer Schmetterling

Flügelt ein kleiner blauer
Falter vom Wind geweht,
Ein perlmutterner Schauer,
Glitzert,flimmert,vergeht.
So mit Augenblicksblinken,
So im Vorüberwehn
Sah ich das Glück mir winken,
Glitzern,flimmern,vergehn.

(Hermann Hesse)

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Chêne amputé (Hermann Hesse)

Posted by arbrealettres sur 11 septembre 2016



Pauvre arbre, comme ils t’ont taillé!
Quelle étrange et triste figure!
Tu n’es plus, cent fois cisaillé,
Que défi, que volonté pure.

Comme toi tronqué, tourmenté,
Sans me briser, ma vie entière,
Jour après jour j’ai résisté,
Dressant mon front dans la lumière.

Ce qui fut en moi doux, sensible,
Le monde l’a crucifié.
Mais mon être est indestructible:
Je vis heureux, pacifié.

Je pousse mes feuilles nouvelles
Malgré mes rameaux douloureux,
Toujours, dans mes peines cruelles,
De ce monde absurdes amoureux.

**************

Gestutzte Eiche

Wie haben sie dich, Baum, verschnitten
Wie stehst du fremd und sonderbar!
Wie hast du hundertmal gelitten,
Bis nichts in dir als Trotz und Wille war!

Ich bin wie du, mit dem verschnittnen,
Gequälten Leben brach ich nicht
Und tauche täglich aus durchlittnen
Roheiten neu die Stirn ins Licht.

Was in mir weich und zart gewesen,
Hat mir die Welt zu Tod gehöhnt,
Doch unzerstörbar ist mein Wesen,
Ich bin zufrieden, bin versöhnt,

Geduldig neue Blätter treib ich
Aus Ästen hundertmal zerspellt,
Und allem Weh zu Trotze bleib ich
Verliebt in die verrückte Welt.

(Hermann Hesse)

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Elisabeth (Hermann Hesse)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2016



Ainsi qu’un blanc nuage
Dans l’azur apparaît,
Tu es blanche, lointaine
Et belle, Elisabeth.

Le nuage s’efface,
Tu n’as souci de lui,
Mais il revient en rêve
Te hanter chaque nuit.

Forme argentée, il passe,
Et pourtant à jamais
L’amour du blanc nuage
Te tiendra désormais.

***

Wie eine weiße Wolke
Am hohen Himmel steht,
So weiß und schön und ferne
Bist du, Elisabeth.

Die Wolke geht und wandert,
Kaum hast du ihrer acht,
Und doch durch deine Träume
Geht sie in dunkler Nacht.

Geht und erglänzt so silbern,
Daß fortan ohne Rast
Du nach der weißen Wolke
Ein süßes Heimweh hast.

(Hermann Hesse)

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La flûte (Hermann Hesse)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2016



Maison, la nuit, dans les branchages;
Fenêtre où luit un doux reflet.
Invisible au fond des ombrages,
Là-bas un flûtiste jouait

Une très vieille mélodie
Dont l’air dans la nuit parvenu
À chacun disait sa patrie
Et tous les chemins parcourus.

C’était le sens secret du monde
Dans ce souffle se transposant;
Il fallait que le cœur se fonde;
Le temps entier était présent.

**************

Flötenspiel

Ein Haus bei Nacht durch Strauch und Baum
Ein Fenster leise schimmern ließ,
Und dort im unsichtbaren Raum
Ein Flötenspieler stand und blies.

Es war ein Lied so altbekannt
Es floß so gütig in die Nacht,
Als wäre Heimat jedes Land,
Als wäre jeder Weg vollbracht.

Es war der Welt geheimer Sinn
In seinem Atem offenbart
Und willig gab das Herz sich hin
Und alle Zeit ward Gegenwart.

(Hermann Hesse)


Illustration

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Les premières fleurs (Hermann Hesse)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2016



Là-bas, près du ruisseau,
Où les saules rouges vers l’eau
Penchent leur front, en abondance
Des fleurs d’or ont ouvert les yeux.
Pour moi qui dès longtemps ai perdu l’innocence,
Se peut-il qu’en ces lieux
Dans le regard des fleurs le souvenir renaisse?
J’y vois le reflet d’or de ma jeune saison.
J’étais venu cueillir des fleurs, mais je les laisse
Et, vieil homme à présent, je rentre à la maison.

**************

Die ersten Blumen

Neben dem Bach
Den roten Weiden nach
Haben in diesen Tagen
Gelbe Blumen viel
Ihre Goldaugen aufgeschlagen.
Und mir, der längst aus der Unschuld fiel,
Rührt sich Erinnerung im Grunde
An meines Lebens goldene Morgenstunde
Und sieht mich hell aus Blumenaugen an.
Ich wollte Blumen brechen gehn;
Nun laß ich sie alle stehn
Und gehe heim, ein alter Mann.

(Hermann Hesse)

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Symboles (Hermann Hesse)

Posted by arbrealettres sur 8 septembre 2016



Mon amour est la barque paisible
Que les coups d’une rame insensible
Poussent vers le ressac, près du bord.

Mon amour est la vive lumière
D’un éclair lourd de sombre mystère
Qui surgit, aussitôt se rendort.

Mon enfant est cette enfant fiévreuse
Qui, la nuit, fixe l’ombre, rêveuse,
Et debout, près du lit, c’est la Mort.

***

Meine Liebe ist ein stilles Boot,
Das mit träumerischen Ruderschlägen,
Einer dunklen Brandung treibt entgegen.

Meine Liebe ist ein jähes Licht,
Das durch schwarze, schwüle Nächte bricht
Und unseling wie ein Blitz verloht.

Meine Liebe ist ein krankes Kind,
Das bei Nacht in seinem Bette sinnt;
Und am Rand des Bettes steht der Tod.

(Hermann Hesse)

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Abandon (Hermann Hesse)

Posted by arbrealettres sur 15 août 2016



Je fonce en noctambule à travers la forêt;
Etrange, autour de moi, luit un cercle magique.
Aimé, maudit? Je n’y porte pas d’intérêt
Et suis la voie qu’un sens intérieur m’indique.

Que de fois m’éveillant, cette réalité
Où vous autres vivez a voulu me reprendre!
J’y vécus à mon tour, tête basse, hébété,
Et de nouveau j’ai fui bien loin, sans plus attendre.

Tiède pays natal duquel vous me privez,
Rêve d’amour que vient troubler votre présence,
Mon coeur par cent chemins vous a tôt retrouvés,
Comme l’eau vers la mer incessamment s’élance.

Des sources en secret me guident de leur chant,
L’oiseau du rêve agite une aile de lumière,
J’entends l’écho des jours où j’étais un enfant
Et dans le lacis d’or, d’abeilles bourdonnant,
Je retourne en pleurant dans les bras de ma mère.

(Hermann Hesse)

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L’auberge des vagabonds (Hermann Hesse)

Posted by arbrealettres sur 31 juillet 2016



N’est-il pas étrange, admirable,
Que ruisselle ainsi chaque nuit
La fontaine et son léger bruit
A l’ombre fraîche de l’érable?

Le clair de lune, douce odeur,
Des toits d’ardoise se dégage
Tandis que fuit, dans les hauteurs,
L’essaim vagabond des nuages.

Tout cela dure, est consistant.
Nous passons une nuit à peine,
Puis repartons à travers champs
Sans que de nous nul se souvienne.

Peut-être en rêve ils reviendront
Dans quelques années encor lointaine,
Tels que furent et resteront:
Les toits, le portail, la fontaine;

Comme un air du pays natal,
Malgré la halte provisoire
En ce gîte étranger, banal,
Dont le nom a fui la mémoire.

N’est-il pas étrange, admirable,
Que ruisselle ainsi chaque nuit
La fontaine et son léger bruit
A l’ombre fraîche de l’érable?

***

Landstreicherherberge

Wie fremd und wunderlich das ist,
daß immerfort in jener Nacht
der leise Brunnen weiterfließt,
vom Ahornschatten kühl bewacht.

Und immer wieder wie ein Duft
der Mondschein auf den Giebeln liegt
und durch die kühle , dunkle Luft
die leichte Schar der Wolken fliegt!

Das alles steht und hat Bestand,
wir aber ruhen eine Nacht
und gehen weiter über Land,
wird uns von niemand nachgedacht.

Und dann vielleicht nach manchem Jahr,
fällt uns im Traum der Brunnen ein
und Tor und Giebel, wie es war
und jetzt noch und noch lang wird sein.

Wie Heimatahnung glänzt es her
und war doch nur zu kurzer Rast
ein fremdes Dach dem fremden Gast ,
er weiß nicht Stadt, nicht Namen mehr.

Wie fremd und wunderlich das ist,
daß immerfort in jeder Nacht
der leise Brunnen weiterfließt,
vom Ahornschatten kühl bewacht!

(Hermann Hesse)

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Un violon dans les jardins (Hermann Hesse)

Posted by arbrealettres sur 31 juillet 2016



Partout aux vallons d’alentour
La chanson des merles résonne
Et mon cœur, de chagrins si lourd,
Jusqu’à l’aube songe, frissonne.

L’heure tourne; je veille, assis,
Longtemps sous la lune qui baigne
L’essaim secret de mes soucis
Et mainte blessure qui saigne.

Un violon dans les jardins
Vers moi laisse monter sa plainte.
Oh! quel flot de langueur soudain
De mon âme apaise la crainte!

Inconnu qui t’en vas jouant
Ces sons pleins d’étrange magie,
Où donc as-tu trouvé ce chant
Qui dit toute ma nostalgie?

***

Eine Geige in den Gärten

Weit aus allen dunklen Talen
kommt der süße Amselschlag
und mein Herz in stummen Qualen
lauscht und zittert bis zum Tag.

Lange mondbeglänzte Stunden
liegt mein Sehnen auf der Wacht,
leidet an geheimen Wunden
und verblutet in der Nacht.

Eine Geige in den Gärten
klagt herauf mit weichem Strich
und ein tiefes Müdewerden
kommt erlösend über mich.

Fremder Saitenspieler drunten,
der so weich und dunkel klagt,
Wo hast Du das Lied gefunden,
das mein ganzes Sehnen sagt?

(Hermann Hesse)

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