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Posts Tagged ‘hésitation’

Je nous oublie dans une ville de désert de douleurs et d’hésitation (Emmelie Prophète)

Posted by arbrealettres sur 8 avril 2019



 

Wilhelm Hammershoi o1_1280

Je nous oublie dans une ville de désert de douleurs et d’hésitation.
Des exilés sans ailleurs des compagnons de silence.
Mes voyages se meurent au fond d’un tiroir.
Ici on met le temps dans des verres d’eau.
La vie ne dure pas.
Elle m’a raconté enveloppée dans ses rides,
enveloppée dans son âge
l’avoir vu partir avec des morts inconnus.
Jour indiscret.
Saison des larmes.
Ma raison de tristesse est là.
Il y a une fenêtre entre elle et moi,
il y a du savon pour laver nos désirs, nos exils, nos amputations.
Je pousse mes rideaux de futilité et de nécessaire.

(Emmelie Prophète)

Illustration: Vilhelm Hammershoi

 

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Offrandes (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 25 février 2019




    
Offrandes

Aux quatre points cardinaux du mot maintenant
À l’endroit à l’envers au cœur du mot ici
À la respiration d’ailes de papillon du mot peut-être
À l’entre soupir-et-sourire du mot autrefois
À l’hésitation sur la pointe des pieds du mot demain

À la clarté tranquille de ton nom à voix basse

(Claude Roy)

 

Recueil: À la lisière du temps suivi de Le voyage d’automne
Traduction:
Editions: Gallimard

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Où t’es-tu caché (Jacques Ancet)

Posted by arbrealettres sur 26 juillet 2018


vache

 

Où t’es-tu caché. Je te poursuis,
je traverse la boue des marais,
j’entre dans l’hésitation des bois,
je cherche. Le vent secoue les feuilles,
me rapporte une odeur de brûlé,
frotte mon visage de lumière.
Je n’y vois plus et c’est un pré vide
avec au centre une seule vache.
Elle cesse de brouter. C’est là.

(Jacques Ancet)

 

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C’est là (Jacques Ancet)

Posted by arbrealettres sur 15 juillet 2018



C’est là

Où t’es tu caché. Je te poursuis,
je traverse la boue des marais,
j’entre dans l’hésitation des bois,
je cherche. Le vent secoue les feuilles,
me rapporte une odeur de brûlé,
frotte mon visage de lumière.
Je n’y vois plus et c’est un pré vide
avec au centre une seule vache.
Elle cesse de brouter. C’est là.

(Jacques Ancet)

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L’AMANDE (Jules Tordjman)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2018



 

L’AMANDE

Un miracle à portée des sens bourgeonne dans l’air nu —
noyau de lait.

L’oeil le voit accroché à une branche déserte et l’aime pour sa nuance.

Mais que dire des lèvres réduites à l’hésitation ?
Une saveur virtuelle les frôle, tandis que cinq phalanges
rigides prétendent au pouvoir d’une main.

Ni hâte ni lenteur : où veillait une flamme converge le désir.

Je n’invente rien.

Gagée par l’arbre, une promesse est accomplie.

Dureté et délice ont commencé de joindre les dents et l’amande.

(Jules Tordjman)

 

 

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DONNER DES NOMS (Yves Bonnefoy)

Posted by arbrealettres sur 24 novembre 2017




    
DONNER DES NOMS

Elle se penche sur lui, elle murmure :
Veux-tu que nous donnions des noms encore,
Car sais-tu si jamais nous nous reverrons?
Oui, dit-il, je te nomme, hésitation

Qu’a eue ce martinet prenant son vol,
Qu’a-t-il vu qui le tint comme suspendu
Un instant dans le cri de tous ces autres ?
Je veux te dénommer pour me souvenir.

Puis il tourne la page. Ce qu’il voit,
C’est cette même jeune femme, souriante,
Elle semble rentrer d’un long voyage.

Comment me nommes-tu ? demande-t-elle,
Inquiète, tristement. Et la nuit tombe,
Ces martinets, une aile immense dans le ciel.

(Yves Bonnefoy)

 

Recueil: L’heure présente
Editions: Mercure de France

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PREMIER BAISER (Jacques Basse)

Posted by arbrealettres sur 30 juillet 2017



    

PREMIER BAISER

tout doucement,
timidement

après une hésitation
et dans l’émotion

moment de magie
proche de l’embellie

ô … ce premier baiser

pareil à celui qu’Adonis
donna jadis à Astarté
dont le mythe nous dit
qu’il fut bien le premier

depuis
nuit et jour
je pense à ce baiser si doux
dont je garde le goût

(Jacques Basse)

 

Recueil: Le temps des Résonances
Editions: Rafaël de Surtis

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HÉSITATION (Alain Bosquet)

Posted by arbrealettres sur 4 novembre 2016



HÉSITATION

Présente-moi cette inconnue
que tu deviens toutes les fois
que mon poème s’insinue
comme un insecte entre tes doigts,
change tes seins en hirondelles
et te partage avec les loups.
M’appartiens-tu, femme rebelle
qui prends la forme du caillou ?
Regarde-moi. Je suis ton maître
et je t’enseigne l’infini :
à chaque pas il faut renaître
devant un verbe qui unit
l’obéissance à l’aventure.
Je reconstruis ton bras naissant,
je recompose ta figure,
mais c’est au fond de notre sang
que ce périple nous ramène,
enfants que chasse la pâleur
et dont le songe vaut à peine
une syllabe qui se meurt.

(Alain Bosquet)

Illustration

 

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Coquelicot (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 29 septembre 2016



Coquelicot,
Quand je pense
Que je te parle
Et que tu l’ignores,
Que j’envie ta fierté,ton assurance,
Ton absence d’hésitation,
Ta certitude d’avoir gagné,
De continuer à rayonner,
J’ai de la peine à sentir
Qu’on ne communique pas
Avec ce que l’on aime,ou admire
Et je me sens seul,
Étranger à moi-même.
Tu ne le sauras pas,
Mais continue
À m’éblouir.

(Guillevic)

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Doutes et hésitations complètement disparus (Seng Ts’an)

Posted by arbrealettres sur 8 août 2016



Doutes et hésitations complètement disparus
la juste sincérité s’accorde et se redresse
Plus rien à retenir
et pas à se souvenir

Clarté du vide, nature propre
sans que s’épuise la vigueur spirituelle
Ne pensez pas à établir des jugements
Réel connu : appréciation tordue

En sa vraie réalité, le Dharma est ultime
Il n’y a ni l’autre ni moi-même
Désirant subitement s’y accorder
la seule parole : non-dualité

*

(Seng Ts’an)

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