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PAR L’HEUR OU LE MALHEUR, JE ТE BENIS !… (Attila József)

Posted by arbrealettres sur 13 juin 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
PAR L’HEUR OU LE MALHEUR, JE ТE BENIS !…

Par l’heur ou le malheur, je te bénis !
De tout mon amour, je te fais un nid
En joignant les mains et je te protège
Avec les dés d’or, les nuées de neige.

Un chant qui me perd monte de tes pas.
Le mur que je t’oppose, tu l’abats.
Dans ses obscurs décombres je vacille,
Et de ta douce haleine je m’habille.

Ah, qu’importe que tu m’aimes ou non !
Même si ton coeur au mien ne se fond,
Je t’entends, je te chante, je te vois,
Et je réponds au seigneur par ta voix.

Ainsi la forêt qui s’étire à l’aube
De ses mille bras ennoués dérobe
Violemment sa lumière au ciel bleu,
Pour la plaquer sur son coeur amoureux.

(Attila József)

 

Recueil: Aimez-moi – L’oeuvre poétique
Traduction: Georges Kassaï
Editions: Phébus

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C’est ma nuit (Abdellatif Laâbi)

Posted by arbrealettres sur 14 avril 2018



C’est ma nuit
pas la vôtre
Elle me présente son calice
et je bois
me soulage
du fardeau de ma tête
Je vais oublier
sans fermer les yeux
Rien ne m’arrivera
ni heur ni malheur
Je vais entrer dans une autre attente
et l’attente
je m’y connais
bien avant ma naissance

(Abdellatif Laâbi)


Illustration: Johann Heinrich Füssli

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Vous qui voulez savoir que c’est que de l’amour (Jean Godard)

Posted by arbrealettres sur 10 mars 2016



Vous qui voulez savoir que c’est que de l’amour,
Je le vous vais ici tout maintenant décrire.
C’est un vrai doux amer, c’est un triste sourire ;
C’est l’aigle du Caucase et le bourreau vautour.

C’est sans cesse espérer et craindre tour à tour ;
C’est plaindre son malheur et se plaire au martyre ;
C’est sans cesse louer, c’est sans cesse médire ;
C’est être bien dispos étant pesant et lourd.

C’est un comble de bien talonné de tristesse ;
C’est faire de son coeur la peine et joie hôtesse ;
C’est faire deux soleils ainsi comme un Penthé.

C’est un heur malheureux, c’est languir sans envie ;
C’est être de son ombre à tort épouvanté ;
C’est une mort vivante, et une morte vie.

(Jean Godard)

Illustration

 

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