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Posts Tagged ‘hibou’

L’HEURE (Henri De Régnier)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2019



 

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L’HEURE

L’invariable buis et le cyprès constant
Bordent l’allée égale et le parterre où songe
Dans le bassin carré l’eau qui reflète et ronge
Un Triton fatigué de sa conque qu’il tend;

En sa gaîne de pierre aussi l’hermès attend
Que tourne autour de lui son socle qui s’allonge;
Un Pégase cabré, le pied pris dans sa longe,
Lève un sabot de bronze et gonfle un crin flottant.

L’heure est longue pour ceux qui, figés en statues,
Vol brisé, saut captif, dont les voix se sont tues,
Demeurent au jardin vaste et monumental;

Et le Temps qui s’en va, hibou noir ou colombe,
Dessine au vieux cadran de pierre et de métal
Une aile d’ombre oblique où fuit le jour qui tombe.

(Henri De Régnier)

Illustration

 

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COMPTINE DES CIVILISATIONS (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 17 avril 2019




    
COMPTINE DES CIVILISATIONS

Pigeon vole voici voilà
voici la veuve voilée
harpe des douleurs
fleurie et transpercée
Vierge ou Niobé.

Voici voilà en la arena
le taureau qui s’est arrêté
il ne sera pas mis à mort
le public le torero
dans un verre d’eau se sont noyés.

Pigeon hibou vautour vole
vol à l’immensité
un fémur renversé
un osselet de pierre
pour prier pour siffler.

Le Sphinx Janus Uranus
je ne sais quels dieux trouvés
abandonnés oubliés
inconnus mais révérés.

Les ruines l’ossuaire
civilisations éteintes
les cités imaginaires
inhumaine vérité
bien au-delà de la Terre
s’endorment dans les stellaires
monastères ministères
cimetières.

Poussière poussière
poussière lumière
désert étoilé.

(Jean Tardieu)

 

Recueil: L’accent grave et l’accent aigu
Traduction:
Editions: Gallimard

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DEMANDES (Jan Skacel)

Posted by arbrealettres sur 12 mars 2019




    
DEMANDES

De tes petites mains serrées
et tu ne sais pas si tu as le droit
avant de t’endormir
tu vas demander tout doux

que les hiboux ne pleurent pas
que tu n’aies plus de chagrin
que la clef ne ferme pas
mais ouvre

et que tout soit là
pour l’arrivée des rêves
pour qu’ils puissent entrer
et sortir

De tes petites mains serrées
et tu ne sais pas si tu as le droit
avant de t’endormir
tu demanderas tout cela

(Jan Skacel)

 

Recueil: Millet Ancien
Traduction: Yves Bergeret & Jiri Pelan
Editions: Atelier la Feugraie

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Décembre (François Coppée)

Posted by arbrealettres sur 24 janvier 2019



 

Décembre

Le hibou parmi les décombres
Hurle, et Décembre va finir ;
Et le douloureux souvenir
Sur ton coeur jette encor ses ombres.

Le vol de ces jours que tu nombres,
L’aurais-tu voulu retenir ?
Combien seront, dans l’avenir,
Brillants et purs ; et combien, sombres ?

Laisse donc les ans s’épuiser.
Que de larmes pour un baiser,
Que d’épines pour une rose !

Le temps qui s’écoule fait bien ;
Et mourir ne doit être rien,
Puisque vivre est si peu de chose.

(François Coppée)

Illustration

 

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Ortie aiguë (Henri Pichette)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2018




Illustration
    
Ortie aiguë,
Pâle ciguë,
Je vous salue.

Crapaud gelé,
Tout bubelé,
Sois consolé.

Âme de l’âne,
Chardon ! bardane !
Point ne vous damne.

Hibou du bois
Qui meurs en croix,
Jésus te voit.

Lente limace
De basse extrace,
Entrez en grâce.

(Henri Pichette)

 

Recueil: Poèmes offerts
Traduction:
Editions: Gallimard

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Ruines du coeur (François Coppée)

Posted by arbrealettres sur 12 octobre 2018



 

Trisha Lambi_1038

Ruines du coeur

Mon coeur était jadis comme un palais romain,
Tout construit de granits choisis, de marbres rares.
Bientôt les passions, comme un flot de barbares,
L’envahirent, la hache ou la torche à la main.

Ce fut une ruine alors. Nul bruit humain.
Vipères et hiboux. Terrains de fleurs avares.
Partout gisaient, brisés, porphyres et carrares ;
Et les ronces avaient effacé le chemin.

Je suis resté longtemps, seul, devant mon désastre.
Des midis sans soleil, des minuits sans un astre,
Passèrent, et j’ai, là, vécu d’horribles jours ;

Mais tu parus enfin, blanche dans la lumière,
Et, bravement, afin de loger nos amours,
Des débris du palais j’ai bâti ma chaumière.

(François Coppée)

Illustration:Trisha Lambi

 

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Monsieur X (Jean l’Anselme)

Posted by arbrealettres sur 26 septembre 2018



Monsieur X

C’était un vieil hibou
affreux comme un pou
avec son caillou
nu comme mon genou.

Mais comme il était chou
quand il faisait joujou
avec son chien BIJOU !

(Jean l’Anselme)

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Guitare (Tristan Corbière)

Posted by arbrealettres sur 26 août 2018



 

Jean-Claude Forez_Le_dejeuner_sur_lherbe1

Guitare

Je sais rouler une amourette
En cigarette,
Je sais rouler l’or et les plats !
Et les filles dans de beaux draps !

Ne crains pas de longueurs fidèles :
Pour mules mes pieds ont des ailes ;
Voleur de nuit, hibou d’amour,
M’envole au jour.

Connais-tu Psyché? – Non ? – Mercure ?…
Cendrillon et son aventure ?
– Non ? -… Eh bien ! tout cela, c’est moi :
Nul ne me voit.

Et je te laisserais bien fraîche
Comme un petit Jésus en crèche,
Avant le rayon indiscret…
– Je suis si laid ! –

Je sais flamber en cigarette,
Une amourette,
Chiffonner et flamber les draps,
Mettre les filles dans les plats !

(Tristan Corbière)

Illustration: Jean-Claude Forez

 

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PASSAGES D’OISEAUX (Ernest Delève)

Posted by arbrealettres sur 21 août 2018



 

Léopold Survage 6

PASSAGES D’OISEAUX

La nuit plus rien que la fascination immense
De tous les feux perdus mais toujours allumés
Ailleurs et maintenant ce sont comme des lampes
Ses larmes qu’il suspend sur ce qu’il a aimé
On lui prend le soleil qu’il avait amassé

Rien les cendres qui volent ce sont les abattis
Noircis du bel oiseau qui fut un incendie
Le phénix est éteint peut-être pour toujours
Il n’y a plus qu’oiseaux de nuit des oiseaux lourds

Je renaîtrai je renaîtrai l’amour me fera brûler
Rien ce bruit c’est la nuit battante sur la porte
Faisant jaillir le sang et la lumière folle
De la coquecigrue offerte à la huaille
Hibou livré aux clous pour être épouvantail

Je partirai je volerai avec mes ailes déchirées

Rien cette obscurité toutes couleurs perdues
L’oiseau de la couleur nécessaire à la vue
N’est plus beau tout oiseau disparaît avec lui
Invisibles oiseaux sans pouvoirs dans la nuit

Tu me verras tu me verras bientôt l’amour me parera

(Ernest Delève)

Illustration: Léopold Survage

 

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Dans la noire impasse (José Marti)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2018



 

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Dans la noire impasse
Où j’erre dans les ténèbres,
Je lève les yeux et je vois
L’église, dressée, dans un angle.

Faut-il croire à un mystère ?
A une révélation, à une puissance ?
Faut-il, à genoux,
Se prosterner ? Que croire ?

La nuit tremble, sur la treille
La chenille mord le bourgeon ;
Elle grince, appelant l’automne,
La creuse et brune cigale.

Deux grincements : attentif au duo,
Je lève les yeux et je vois
Que l’église de la promenade
A la forme d’un hibou.

(José Marti)

Illustration

 

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