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Poésie

Posts Tagged ‘Hiroshima’

Sadako Sasaki (Chantal Dupuy-Dunier)

Posted by arbrealettres sur 8 août 2018



Illustration : Sadako Sasaki
    
Sadako Sasaki, fillette leucémique irradiée à Hiroshima,
tenta de plier 1000 grues de papier pour que,
selon le proverbe, son voeu : continuer à vivre se réalise.

Avant de mourir, sans dévier de son but,
elle parvint à réaliser 644 de ces oiseaux hautement symboliques au Japon.
Ce sont les enfants de sa classe qui confectionnèrent les origamis manquants
afin de parvenir jusqu’à mille.

(Chantal Dupuy-Dunier)

 

Recueil: Mille grues de papier
Traduction:
Editions: Flammarion

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Hiroshima mon amour (Marguerite Duras)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2017




    
Hiroshima mon amour
(Extrait)

Je te rencontre.
Je me souviens de toi.
Cette ville était faite à la taille de l’amour.

Tu étais fait à la taille de mon corps même.
Qui es-tu?
Tu me tues.

J’avais faim.
Faim d’infidélité, d’adultères, de mensonges et de mourir.
Depuis toujours.

Je me doutais bien qu’un jour
tu me tomberais dessus.

Je t’attendais dans une impatience sans bornes, calme.
Dévore-moi.
Déforme-moi à ton image afin qu’aucun autre, après toi,
ne comprenne plus du tout le pourquoi de tant de désir.

Nous allons rester seuls, mon amour.
La nuit ne va pas finir.
Le jour ne se lèvera plus pour personne.
Jamais.
Jamais plus.
Enfin.

Tu me tues.
Tu me fais du bien.

Nous pleurerons le jour défunt
avec conscience et bonne volonté.
Nous n’aurons plus rien d’autre à faire,
plus rien que pleurer le jour défunt.

Du temps passeras.
Du temps seulement.
Et du temps va venir.
Du temps viendra.

Où nous ne saurons plus du tout nommer ce qui nous unira.
Le nom s’en effacera peu çà peu de notre mémoire.

Puis,
il disparaîtra tout à fait.

(Marguerite Duras)

Découvert ici: https://lolaontherope.wordpress.com/

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Hiroshima (Georges Moustaki)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2017



 

Hiroshima

Par la colombe et l´olivier,
Par la détresse du prisonnier,
Par l´enfant qui n´y est pour rien,
Peut-être viendra-t-elle demain.

Avec les mots de tous les jours,
Avec les gestes de l´amour,
Avec la peur, avec la faim,
Peut-être viendra-t-elle demain.

Par tous ceux qui sont déjà morts,
Par tous ceux qui vivent encore,
Par ceux qui voudraient vivre enfin,
Peut-être viendra-t-elle demain.

Avec les faibles, avec les forts,
Avec tous ceux qui sont d´accord,
Ne seraient-ils que quelques-uns,
Peut-être viendra-t-elle demain.

Par tous les rêves piétinés,
Par l´espérance abandonnée,
À Hiroshima, ou plus loin,
Peut-être viendra-t-elle demain,
La Paix!

(Georges Moustaki)

Illustration: Roger Somville

 

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C’est Moi, c’est moi qui frappe à votre porte (Nâzim Hikmet)

Posted by arbrealettres sur 9 octobre 2016



 

C’est Moi, c’est moi qui frappe à votre porte
Ici comme ailleurs, à toutes les portes
Ne vous effrayez pas si je reste invisible
On ne peut voir une petite morte.

J’étais ici voici dix ans déjà
J’ai trouvé la mort à Hiroshima,
Je ne suis qu’une enfant, je n’avais que sept ans
Mais les enfants morts ne grandissent pas.

Mes longs cheveux tout d’abord ont pris feu
Mes mains ont brûlé tout comme mes yeux
Mon corps ne fut plus rien qu’une poignée de cendres
Mêlées au vent dans un ciel nuageux.

Je ne veux rien de vous en vérité,
Pour moi, nul ne peut plus me dorloter
Car l’enfant qui brûla comme papier journal
Vos bonbons jamais ne pourra goûter.

Je frappe à la porte, écoutez-moi donc
Et de votre nom faites-moi le don
Afin que l’on ne tue les enfants désormais
Qu’ils puissent toujours goûter les bonbons.

(Nâzim Hikmet)

Illustration: Roger Somville

 

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Le mot « Hiroshima » (Ban’ya Natsuishi)

Posted by arbrealettres sur 4 septembre 2016



Le mot « Hiroshima »
pèse-t-il plus lourd
qu’un papillon ?

(Ban’ya Natsuishi)

 
Illustration: ArbreaPhotos

 

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NON L’ETRE MAIS LES ETRES (Piero Bigongiari)

Posted by arbrealettres sur 30 mai 2016



NON L’ETRE MAIS LES ETRES

Ombre d’une ombre mais elle te désigne
elle désigne le soleil, ombre d’une ombre, des violettes
rapides attendrissent la terre, violent
l’ombre d’une ombre d’un soleil : il reste
des traces, la terre se reforme en nouveaux
modèles, ombre d’une ombre les violettes tremblent
dans le doigt dessiné sur la pierre
qui désignait quelque chose à Hiroshima.

Et toi qui penses, candide pensée, ombre
d’une ombre sur la pierre, laisse
que te ramasse, fondue, provisoire,
liquide entre les doigts, celui qui ne sait pas,
l’enfant qui regarde l’ombre et rit.
Déjà elle est à demi vide la besace, ils s’accroissent
les détritus, et l’ordre désordonne davantage
en profondeur : les pierres sourient

elles ne rient pas les lèvres déjà détachées
de l’amour, entrouvertes, prêtes
á la parole, le geste se repose
encore un peu dans le sang et déjà
se dégage pensif : mais qui,
qui donc reconnaît l’un dans l’autre
l’objet aimé et le désaimé, qui
sépare l’origine de la fin…

***

NON L’ESSERE MA GLI ESSERI

Ombra di un’ombra ma quella ti addita
addita il sole, ombra di un’ombra, viole
rapide inteneriscono la terra, violan
l’ombra di un’ombra di un sole : restano
tracce, la terra si riplasma in nuovi
modelli ombra di un’ombra le viole tremano
nel dito disegnato sulla pietra
che additava qualcosa a Hiroscima.

E tu che pensi, candido pensiero, ombra
di un’ombra sulla pietra, lascia
che ti raccatti, fuso, provvisorio,
liquido tra le dita, chi non sa,
il bambino che guarda l’ombra e ride.
Già semivuota è la bisaccia, crescono
i detriti, e più l’ordine disordina
nel profondo : sorridono le pietre

non ridono le labbra già staccate
dall’amore, semiaperte, pronte
alla parola, il gesto si riposa
ancora per poco riel sangue e già
si divincola pensieroso : chi
chi riconosce l’uno dentro l’altro
l’oggetto amato il disamato, chi
il principio separa dalla fine…

(Piero Bigongiari)

Illustration: Bernadette Mercier

 

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