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Poésie

Posts Tagged ‘hirsute’

Seul (Joachim Kaboré Drano)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2020



Illustration: Karen L’Hemeury
    
Seul…

Seul
un grain de terre chante

Seul
un feu flambe

Seul
un bruit garde la parole

Seule
une parole garde la mappemonde

Seul
un regard ailé de l’enfance
au fond de la calebasse
tourbillonne dans la nature serpentée
où se trouvent la tête et le pied

Arpenteur du lombaire
des mystères de nos pas

Ton regard croisé
tu gardes le corps qui pactise

C’est le vieil arbre qui s’élance
à la suite de l’étoile perdue
Ton sourire emporté
joue le tambour effréné
des racines hirsutes

(Joachim Kaboré Drano)

 

Recueil: 120 nuances d’Afrique
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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RONDEAU DE LA CHAIR TROP LOURDE (André Berry)

Posted by arbrealettres sur 19 août 2020



Illustration
    
RONDEAU DE LA CHAIR TROP LOURDE

Toujours ce poids qui t’attache à la terre,
Ce pied de plomb tirant sur le genou,
Et cette tête à ton tronc peu légère,
Mal emmanchée à ton douloureux cou;
Toujours le fiel dans cette bouche amère,
Des yeux piquants l’âcre larme qui sourd,
La cire épaisse au creux du tympan sourd;
Du gros cerveau que la tempe resserre
Toujours ce poids!

Toujours ces dents dont l’ivoire s’altère,
Ce crin hirsute en guerre avec le pou,
Toujours ce ventre enflant en demi-sphère
La pommaison de son grotesque chou.
A sa grinçante et peineuse charnière
Toujours ce bras qui pend débile et gourd,
Cette main moite où toute crasse accourt;
Du sang, de l’os, du muscle et du viscère
Toujours ce poids!

Nul réconfort au fond de ta misère
Que de presser un être encor plus mou,
Encor plus creux : tel lard en souricière,
Offrant l’appât de son funeste trou.
Lors sans bonnet sur ton occiput glabre,
Sans gant le carpe et le fémur sans bas,
En toute paix par les luneux sabbats
Tu branleras le tarse au bal macabre.
Courage encor!

(André Berry)

 

Recueil: Poèmes involontaires suivi du Petit Ecclésiaste
Traduction:
Editions: René Julliard

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AVOINE (Jean Grosjean)

Posted by arbrealettres sur 6 juillet 2018



 

Illustration: Claude Monet    
    
AVOINE

L’avoine est coupée d’hier.
Ce jour est pareil aux autres.
La grande herbe se balance
depuis les débuts du monde.

Le ruisseau des heures ne cesse
de fuir et de naître.

La brise oublie dans le ciel
un nuage hirsute.
Rien ne quitte les yeux
sans fréquenter l’âme.

(Jean Grosjean)

 

Recueil: Nathanaël
Traduction:
Editions: Gallimard

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Un chien brun hirsute (Richard Wright)

Posted by arbrealettres sur 10 février 2017



 

chien sous la pluie [1280x768]

Un chien brun hirsute
Assis sous les arbres nus
Chie, prenant la pluie.

***

A shaggy brown dog
Squatting under winter trees,
Shitting in the rain.

(Richard Wright)

Illustration

 

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EPARS SUR LE MONT (Carlo Betocchi)

Posted by arbrealettres sur 2 juin 2016



EPARS SUR LE MONT

Nous cherchions alors des fraises,
nos mains posées sur l’hirsute manteau
herbeux qui les cachait : et sous les souches
des hêtres la main en quête de ceps.

Mains jeunes et vieilles – épars sur le mont
nous cherchions dans l’herbe : dans l’herbe
craignant la vipère, risquant au hasard,
comme ignorants et pourtant conscients, dans la douceur

de l’existence et dans le vent si frais,
buvant à ces vifs effluves, tournés
vers la vie mais non sans l’ivresse
du risque – sans une ombre dans l’âme.

***

SPARSI PEL MONTE

Allora noi cercavamo le fragole,
poste le mani là dove l’irto mantello
erboso le nascondeva : e sotto ceppate
di faggio lieta la mana andava per funghi.

Mani giovani e vecchie, sparsi pel monte,
noi cercavamo nel verde : nel verde
temendo la vipera, o come inconsci
azzardando, e pur consapevoli, nel dolce

del vivere, el nel vento freschissimo,
bevendo a quell’aure vitali, volti
alla vita ma non senza ebbrezza
di rischio, e senza, nell’anima, un’ombra.

(Carlo Betocchi)

Illustration

 

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De mâles sommets hirsutes (Yannis Ritsos)

Posted by arbrealettres sur 28 février 2016




De mâles sommets hirsutes
et une tendre chapelle blanche.

(Yannis Ritsos)

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Mégapole (Gérard Noiret)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2015


marilyn

Non loin de pigeons qu’indiffèrent
le sommet de la tour et l’affluence de la gare
hirsutes, édentés, ils environnent la grille du métro
Et quand une involontaire Marylin
jupe soulevée, rejoint leurs fictions
ils manifestent avec leurs bouteilles
amplifiant du geste et du regard le dégoût de la victime

(Gérard Noiret)

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