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Poésie

Posts Tagged ‘hiver’

Rouge-gorge mon ami (Jean-Hughes Malineau)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2022




    
Rouge-gorge mon ami

Rouge-gorge mon ami
mendiant trois miettes
dans les hivers de ta vie de braise
je hais comme toi
les remerciements
et les réceptions froides
comme la neige
comme toi
je cogne aux vitres
je cogne contre les murs
et j’appelle
mon cœur aussi chaud
que ton cœur sous les plumes
et donne sans détours
tout ce que je suis
en rougissant.

(Jean-Hughes Malineau)

Recueil: Plumes de poèmes
Traduction:
Editions: Rue du Monde

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Calligraphie (Anne Tardy)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2022



Branches noires.
Elles calligraphient l’hiver
sur le ciel rouge.

(Anne Tardy)

 

 

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Les cent fleurs au printemps (Wumen Guikai)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2022




    
Les cent fleurs au printemps, la lune en automne,
Le vent frais en été, la neige en hiver,
Si le coeur s’affranchit de tout souci futile,
Ce sont moments plaisants dans le monde des hommes.

(Wumen Guikai)

Recueil: Poèmes Chan
Traduction: du chinois par Jacques Pimpaneau
Editions: Philippe Picquier

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Le vieux bonze des monts Tiantai (Guanxiu)

Posted by arbrealettres sur 11 juin 2022




    
Le vieux bonze des monts Tiantai

Il vit en solitaire à l’écart des hommes
Dans un temple de pins envahi de leur vert.
Le bonze a traversé quatre-vingt-dix hivers,
Vivre au-delà des nuages, voilà son seul désir.
Ses cheveux blancs retombent, ignorant la tonsure,
Dans ses pupilles noires tourne un grand sourire.
Il peut encore montrer la lune solitaire;
Et pour moi il entrouvre le chemin de mon coeur.

(Guanxiu)

Recueil: Poèmes Chan
Traduction: du chinois par Jacques Pimpaneau
Editions: Philippe Picquier

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SONNET A MESME (Olivier de Magny)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2022



Illustration: Oleg Zhivetin
    
SONNET A MESME

Ce que j’aime au printemps, je te veux dire, Mesme ;
J’aime à fleurer la rose, et l’oeillet, et le thym,
J’aime à faire des vers, et me lever matin
Pour, au chant des oiseaux, chanter celle que j’aime.

En été, dans un val, quand le chaud est extrême
J’aime à baiser sa bouche et toucher son tétin
Et sans faire autre effet, faire un petit festin
Non de chair, mais de fruit, de fraises et de cresme.

Quand l’automne s’approche et le froid vient vers nous
J’aime avec la chastaigne avoir de bon vin doux
Et assis près du feu, faire une chère lye.

En hiver, je ne puis sortir de la maison,
Si n’est au soir, masqué ; mais, en cette saison,
J’aime fort à coucher dans les bras de ma mie.

(Olivier de Magny)

Recueil: 35 siècles de poésie amoureuse
Traduction:
Editions: Saint-Germain-des-Prés Le Cherche-Midi

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CHANSON DE CELLE QUI ATTEND (Pierre Gamarra)

Posted by arbrealettres sur 31 mai 2022




    
CHANSON DE CELLE QUI ATTEND

En quarante-deux, il s’en est allé…
Si je vous le dis, si je le raconte,
c’est que la lune danse dans les blés…
Mon coeur est en fer, son coeur est en fonte.

Il ne m’écrivit que quelques vieux mots, je
me souviens bien, je pleurai mes larmes…
— Nous avons bien froid, nous n’avons pas d’armes
— Ecoutez ce vent dans tous ces rameaux.

— Nous nous marierons la saison prochaine,
quand il fera chaud, quand il fera doux — Il
n’avait pas peur des vents et des loups. Mon
coeur est en lin, mon coeur est en laine.

Les vieux regardaient chaque jour le ciel
et puis il neigeait des neiges, la neige
et je me disais : Que Dieu le protège !
Mon coeur est en sang, mon coeur est de miel.

On dit qu’il est mort, on dit tant de choses…
Après un hiver revient le printemps.
Ecoutez ces cris qui sont dans les vents par
les nuits venues et les portes closes.

Ils me l’ont volé, ils m’ont pris ses mains,
ils m’ont pris ses yeux, je ne peux pas dire… Ils
m’ont pris sa chair, sa bouche et son rire mais
j’attends ses pas sur tous les chemins.

(Pierre Gamarra)

Recueil: 35 siècles de poésie amoureuse
Traduction:
Editions: Saint-Germain-des-Prés Le Cherche-Midi

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TROIS MURS (Franz Hellens)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2022



 

TROIS MURS

Trois murs échelonnés
(Je me voudrais plus de souplesse)
Je les ai vus tout un hiver
Porter la pluie en équilibre

Ils ont cette fierté des lignes
Qui ne peuvent changer
Mais j’aimerais moins de rigueur
Dans cet amour qui me protège

Aussi j’ai peur en ce printemps
Dont se fleurit le plus haut mur
Que cette crête d’anémones

N’emporte en se fanant
Le seul espoir que j’aie encore
De vivre au-delà de mes bornes

(Franz Hellens)

Illustration: Fanny Verne

 

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POUR UNE FEMME VIVE (Pierre Gamarra)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2022



Illustration: Freydoon Rassouli  
    
POUR UNE FEMME VIVE

Je ne saurai jamais quand tu m’as dit : je t’aime
je ne saurai jamais quand tu m’as dit : adieu
Si le fleuve et la mer effaçaient les poèmes,
mes mots seraient vaisseaux sur les lacs de tes yeux.

Je ne saurai jamais où commença la neige, où
revient le soleil pour les roses de mai, où ta voix
dit : je sais, quand je disais : que sais-je ? où
commença mon coeur, je ne saurai jamais.

Tu ne m’as rien donné, tu m’as donné le monde.
Lorsque tu me quittas, tu m’attendais toujours. Si
mon ciel était mort, j’aurais ta flamme blonde, et
si je revivais, je me mourrais d’amour.

Salut à toi, femme de l’aube, ma corolle,
princesse d’un hiver promise à l’églantier,
salut à toi, ma paix, mon pain, ma parabole,
salut mon indomptable et salut ma pitié.

Je te porte la palme et la farine pure,
je te livre l’orgueil avec l’humilité
Quand ces chants passeront, il restera l’été,
quand mon coeur se taira, je revivrai blessure.

Je te chante ce soir devant le monde lourd,
aux frontières d’un ciel labouré de promesses.
Je sais que je mourrai pour revivre sans cesse
et quand je revivrai, je me mourrai d’amour.

(Pierre Gamarra)

Recueil: 35 siècles de poésie amoureuse
Traduction:
Editions: Saint-Germain-des-Prés Le Cherche-Midi

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Ballade de la chanson leste (Anonyme)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2022



Illustration: Sonia Mandel
    
Ballade de la chanson leste
(Poèmes à chanter du bureau de la Musique)

L’hirondelle volette devant la salle hospitalière ;
L’hiver s’est caché, l’été se montre.
Ses frères s’en sont allés ailleurs.
Qui va me recoudre mes vieux habits ?
Qui va lui déchirer ses nouveaux vêtements ?
Je compte sur la gente maîtresse de maison pour les rapiécer.
Le gendre est revenu et me jette un regard en biais :
« Ne me regarde pas de travers.
Anguille sous roche se voit dans l’eau claire. »
Que d’ennuis à cause de cette roche !
Mieux vaudrait être de retour que voyager au loin !

(Anonyme)

 

Recueil: Cent poèmes d’amour de la Chine ancienne
Traduction: André Lévy
Editions: Philippe Picquier

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Le vent d’hiver souffle (Yasô)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2022




Illustration: ArbreaPhotos

    
Le vent d’hiver souffle,
Les yeux des chats
Clignotent

(Yasô)

Recueil: le chat en cent poèmes
Traduction:
Editions: Omnibus

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