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Poésie

Posts Tagged ‘hiver’

J’ai envie (Josée Tripodi)

Posted by arbrealettres sur 8 juin 2019




    
J’ai envie

De tout faire
À l’envers

Manger des épinards
Au petit déjeuner

Offrir mes potions
Au poisson

Jeter l’argent à la porte

Siffler les femmes
Dans la rue

Enfourcher une hirondelle
En hiver

Et quoi d’autre

Croire que je suis belle
Quand même

(Josée Tripodi)

 

Recueil: Le temps court plus vite que moi
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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Arbre l’hiver (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 16 mai 2019


arbre

 

L’arbre, ici, maintenant, debout,
Rien que du bois,
Comme un oiseau figé debout
La tête en bas.

L’arbre vécu
Comme du bois
Et comme oiseau
Ne bougeant pas.

(Guillevic)

Illustration

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Il est des mots (Michel Dugué)

Posted by arbrealettres sur 2 mai 2019



Le sol est dur. L’hiver
le baigne d’un soleil
très blanc.

Il est des mots
qu’on aimerait
éprouver ainsi.

Infracassables
après le retrait du poème.

(Michel Dugué)


Illustration retirée sur demande de l’artiste

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II y a seulement le moment (Thomas Stearns Eliot)

Posted by arbrealettres sur 28 avril 2019



 

Dina Shubin  (3)

II y a seulement le moment auquel nous ne prêtons
pas attention, le moment à l’intérieur et à l’extérieur du temps,
l’accès de distraction, perdu dans un rayon de lumière du soleil,
le thym sauvage non vu, ou l’éclair de l’hiver,
ou la chute d’eau, ou la musique entendue si profondément
qu’elle n’est pas entendue du tout, mais tu es la musique
tant que dure la musique.

(Thomas Stearns Eliot)

Illustration: Dina Shubin

 

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Ménilmontant (Charles Trenet)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2019



 

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Ménilmontant

Ménilmontant mais oui madame
C´est là que j´ai laissé mon cœur
C´est là que je viens retrouver mon âme
Toute ma flamme
Tout mon bonheur…
Quand je revois ma petite église
Où les mariages allaient gaiement
Quand je revois ma vieille maison grise
Où même la brise
Parle d´antan
Elles me racontent
Comme autrefois
De jolis contes
Beaux jours passés je vous revois
Un rendez-vous
Une musique
Des yeux rêveurs tout un roman
Tout un roman d´amour poétique et pathétique
Ménilmontant!

Quand midi sonne
La vie s´éveille à nouveau
Tout résonne
De mille échos
La midinette fait sa dînette au bistro
La pipelette
Lit ses journaux
Voici la grille verte
Voici la porte ouverte
Qui grince un peu pour dire « Bonjour bonjour
Alors te v´là de retour? »

Ménilmontant mais oui madame
C´est là que j´ai laissé mon cœur
C´est là que je viens retrouver mon âme
Toute ma flamme
Tout mon bonheur…
Quand je revois ma petite gare
Où chaque train passait joyeux
J´entends encor dans le tintamarre
Des mots bizarres
Des mots d´adieux
Je suis pas poète
Mais je suis ému,
Et dans ma tête
Y a des souvenirs jamais perdus
Un soir d´hiver
Une musique
Des yeux très doux les tiens maman
Quel beau roman d´amour poétique
Et pathétique
Ménilmontant!

(Charles Trenet)

 

 

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Annoncez (Jean Pérol)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2019




    
Annoncez les couleurs du soleil étouffé
annoncez l’incendie du blanc déjà tué
annoncez le roi nu
annoncez quatorze heures à midi
annoncez sur le seuil la venue des maudits
la neige des pétales sur l’hiver qui s’est tu
annoncez j’aime dans leurs palais de sang
annoncez pile et deux fois face
sur les linges qui savent quelle face ils essuient
annoncez l’impossible multiplié par tous
ne vous laissez pas questionner
ne vous laissez pas déséquilibrer
ne vous laissez pas séduire
annoncez.

(Jean Pérol)

 

Recueil: Histoire contemporaine
Traduction:
Editions:

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Un épouvantail sans manteau (Abbas Kiarostami)

Posted by arbrealettres sur 18 avril 2019



Un épouvantail sans manteau
Dans une nuit froide d’hiver

(Abbas Kiarostami)


Illustration

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CE QUE DIT LA GRIVE (John Keats)

Posted by arbrealettres sur 14 avril 2019



 

CE QUE DIT LA GRIVE

O toi dont le visage sentit le vent d’Hiver,
Dont l’oeil a vu les nuages de neige suspendue dans la brume,
Les cimes noires des ormes dans les étoiles glaçantes
Pour toi le printemps sera temps de moisson.
O toi dont le seul livre a été la lumière
Des suprêmes ténèbres dont tu te nourrissais
Nuit après nuit, déserté de Phébus
Pour toi le printemps sera un triple matin.
Ne te tourmente point en quête du savoir ! Je n’en ai pas,
Et pourtant mon chant vient de lui-même avecque la chaleur.
Ne te tourmente point en quête du savoir. Je n’en ai pas
Et pourtant le soir écoute. Qui s’attriste
A la pensée de l’oisiveté ne peut être oisif,
Et celui-là veille, qui se croit endormi.

(John Keats)

Illustration

 

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VENTE (Rose Ausländer)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2019



Illustration: Germain Droogenbroodt
(Grand Merci Germain pour tout ce que tu me donnes à partager: :-))
    
VENTE

Au printemps
je vends
des violettes de jardins perdus
en été
des roses de papier
des asters de mots
en automne
en hiver
des fleurs de glace de la fenêtre
de ma mère morte.
Ainsi je vis
du jour
à la nuit.
La nuit
je chante les louanges
de la lune et des étoiles
jusqu’à ce qu’apparaisse le soleil
et qu’il me vende
au jour.

***

VERKAUFEN

Im Frühling
verkaufe ich
Veilchen aus verlorenen Gärten
im Sommer
Papierrosen
Astern aus Worten
im Herbst
im Winter
Eisblumen vom Fenster
meiner toten Mutter
So lebe ich
in den Tag hinein
in die Nacht
Nachts
rühme ich
Mond und Sterne
bis die Sonne erscheint
und mich verkauft
an den Tag

***

VENDA

Na Primavera,
vendo
violetas de jardins perdidos
no Verão
rosas de papel
sécias de palavras
no Outono
no Inverno
cristais de gelo da janela
da minha mãe morta
Assim vivo
todo o dia
até à noite
À noite
exalto
a lua e as estrelas
até que apareça o sol
e me venda
ao día

***

VENDERE

A primavera
vendo
violette di giardini perduti
in estate
rose di carta
astri di parole
in autunno
in inverno
fiori ghiacciati dalla finestra
della mia madre morta
così io vivo
dal giorno
alla notte.
Di notte
lodo
la luna e le stelle
finché non appare il sole
e vende me
al giorno.

***

VENDER

En primavera
vendo
violetas de jardines perdidos
en verano
rosas de papel
porciones de palabras
en otoño
en invierno
escarchadas flores en la ventana
de mi madre muerta
Así vivo
del día
hasta la noche
Por la noche
alabo
a la luna y las estrellas
hasta que el sol aparece
y me vende
el día

***

TO SELL

In spring,
I sell
violets from lost gardens.
In summer,
paper roses
asters of words.
In autumn in the winter,
frost flowers from the window
of my deceased mother.
So I live
from day
to night.
At night,
I praise
moon and stars
till the sun appears
and sells me
to the day.

***

VERKOPEN

In de lente
verkoop ik
viooltjes uit verloren tuinen
in de zomer
rozen van papier
asters uit woorden
in de herfst
‘s winters
ijsbloemen van het venster
van mijn dode moeder
Zo leef ik
van de dag
naar de nacht
’s Nachts
roem ik
maan en sterren
tot de zon verschijnt
en mij verkoopt
aan de dag

(Rose Ausländer)

 

Recueil: ITHACA 580
Traduction: Français Germain Droogenbroodt – Elisabeth Gerlache / Allemand original / Portugais Maria do Sameiro Barroso / Italien Luca Benassi / Espagnol Rafael Carcelén / Anglais Stanley Barkan / Néerlandais Germain Droogenbroodt
Editions: POINT

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JE VEUX SONGER (George Bacovia)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2019




Illustration: ArbreaPhotos
    
JE VEUX SONGER

Il fait froid, c’est l’hiver…
Je veux songer à mes années vides —
Je n’attends plus personne…
Aucune espérance, aucune…
Plus personne n’est libre…
Je veux songer à mes années vides.
Ferme partout,
Ferme la porte… Il fait froid, c’est l’hiver…

(George Bacovia)

 

 

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