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Posts Tagged ‘holocauste’

Pour mon Bien-Aimé (Younous Emré)

Posted by arbrealettres sur 6 septembre 2017



Illustration: Le Bernin
    
Pour mon Bien-Aimé je n’aurai plus d’âme
– seulement mon amour –
plus d’âme, plus de raison,
mais l’ivresse de mon seul amour.

Je dois, dans mon voyage,
traverser l’univers et franchir l’espace.
Je ne suis qu’un atome,
mais un atome échappé au Trésor.

Je vais.
Chaque pas me rapproche de lui.
Je vais.
Je cours vers lui, le Bien-Aimé.
Quand je le verrai,
quel poids pèsera l’humaine renommée ?
Je suis l’immolé de la cité d’amour.

Younous, donne ton âme en holocauste à l’Ami,
et puisses-tu, du secret,
transmettre l’évidence.

(Younous Emré)

 

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Holocauste (Barbara Sonek)

Posted by arbrealettres sur 10 mars 2017



Holocauste

Nous jouions, nous riions,
nous étions aimés.
On nous a arrachés aux bras de nos
parents et jetés dans les flammes.
Nous n’étions que des enfants.
Nous avions un avenir. Nous allions devenir
avocats, rabbins, épouses, enseignantes, mères.
Nous avions des rêves, puis nous n’eûmes plus d’espoir.
On nous a emmenés au plus profond de la nuit
comme du bétail dans des wagons, qui ne pouvait respirer,
étouffant, pleurant, affamé, mourant.
Séparé du monde pour ne plus exister.
Entendez nos supplications venues de nos cendres. Cette
atrocité ne peut plus arriver au genre humain.
Souvenez-vous de nous car nous avons été
des enfants à qui furent volés
les rêves et la vie.

***

Holocaust

We played, we laughed
we were loved.
We were ripped from the arms of our
parents and thrown into the fire.
We were nothing more than children.
We had a future. We were going to be
lawyers, rabbis, wives, teachers, mothers.
We had dreams, then we had no hope.
We were taken away in the dead of night
like cattle in cars, no air to breathe smothering,
crying, starving, dying.
Separated from the world to be no more.
From the ashes, hear our plea. This
atrocity to mankind can not happen again.
Remember us, for we were
the children whose dreams and lives
were stolen away.

(Barbara Sonek)

 

 

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Effeuillement sacré (César Vallejo)

Posted by arbrealettres sur 30 septembre 2016



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Effeuillement sacré

Lune, diadème blême d’une tête immense,
Réséda qui s’effeuille au ciel sombre où tu rôdes !
Lune, couronne rouge d’un Jésus qui pense,
Lune, avec ta douceur tragique d’émeraude !

Lune, cœur qui s’affole, ô lune, cœur céleste,
Pourquoi navigues-tu au creux de cette coupe
Pleine d’un vin violet sur la voie de l’Ouest,
Déroutée, on dirait, et la douleur en poupe ?

Lune, à force d’errer en vain, tu perds ton sang
Dans un holocauste éclaté d’opales claires.
Lune, lune, peut-être es-tu mon cœur gitan
Qui vagabonde au bleu en sanglotant des vers ?

***

DESHOJACIÓN SAGRADA

Luna! Corona de una testa inmensa,
que te vas deshojando en sombras gualdas!
Roja corona de un Jesús que piensa
trágicamente dulce de esmeraldas!

Luna! Alocado corazón celeste
¿por qué bogas así, dentro de copa
llena de vino azul, hacia el oeste,
cual derrotada y dolorida popa?

Luna! Y a fuerza de volar en vano,
te holocaustas en ópalos dispersos:
tú eres talvez mi corazón gitano
que vaga en el azul llorando versos!…

(César Vallejo)

 

 

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Je te recherche en vain sur la plage déserte (Jacques Rabemananjara)

Posted by arbrealettres sur 22 décembre 2015




Je te recherche en vain sur la plage déserte.
Les sables ont gardé le parfum de tes pas.
Sur le lac où jadis nous prenions nos ébats,
Souffle un vent si léger qu’à peine il vous alerte

Un crépuscule vert répand sur toute chose
Les charmes d’on ne sait quelle ample pâmoison.
Sur les rebords du ciel le volcan rouge explose
Et du sang du soleil asperge l’horizon.

Est-ce le don de feu qu’en forme d’astre mort
Nous offre, pantelant, le grand maître du sort !
Pour s’être épanoui contre la loi des castes,

Notre amour a besoin d’un holocauste pur
Immolé dans l’esprit des rites les plus fastes
Et se tremper le front dans un grand bain d’azur.

(Jacques Rabemananjara)

Illustration: Christian Lloveras

 

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Le démoniaque (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 18 novembre 2015



Le démoniaque

Ai-je sucé les sucs d’innommés magistères ?
Quel succube au pied bot m’a-t-il donc envoûté ?
Oh ! Ne l’être plus, oh ! Ne l’avoir pas été !
Suc maléfique, ô magistères délétères !

Point d’holocauste offert sur les autels des Tyrs,
Point d’âpres cauchemars, d’affres épileptiques !
Seuls les rêves pareils aux ciels clairs des tryptiques,
Seuls les désirs nimbés du halo des martyrs !

Qui me rendra jamais l’hermine primitive,
Et le lis virginal, et la sainte forêt
Où, dans le chant des luths, Viviane apparaît
Versant les philtres de sa lèvre fugitive !

Hélas ! Hélas ! Au fond de l’Erèbe épaissi,
J’entends râler mon coeur criblé comme une cible.
Viendra-t-on te briser, sortilège invincible ? –
Hâte-toi, hâte-toi, bon Devin, car voici

Que l’automne se met à secouer les roses,
Et que les jours rieurs s’effacent au lointain,
Et qu’il va s’éteignant le suave matin :
Et demain, c’est trop tard pour les métamorphoses !

(Jean Moréas)

Illustration

 

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