Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘hommage’

VILLONAUDE POUR CE NOËL (Ezra Pound)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2020




VILLONAUDE POUR CE NOËL

Sur le Noël morte saison
(Hommage des bergers si précieux !)
Quand les loups gris qui vont errants
Se vivent de vents froids et laiteux,
Lapent la neige, leur guerredon,
Sur le Noël coeur reprenons,
(Buvons! jusqu’à la lie buvons!)
Mais où sont les fantômes d’antan?

À quels fantômes ai-je rêvé?
(Equipage fleurant bon des mages?)
Fantômes d’amours mortes, errants
Qui font trembler les vents poisants :
Craignent qu’amour au soleil foison
Revienne et tue les chères images,
(Alors je bois à ma façon!)
Mais où sont les fantômes d’antan?

Où sont mon coeur les joies conquises
(Saturne et Mars vers Jupiter!)

Où sont les lèvres sur miennes mises
Où sont regards jolis et clairs
Qui disent amants donnez le prix?
Je bois aux yeux, opales grises
(De qui sont-elles le parangon?)
Mais où sont les fantômes d’antan?

Prince, ne dites rien de mes faits,
De la joie qu’en Dieu trouverai,
Dites-moi où sont partis les vents,
Mais où sont les fantômes d’antan?

(Ezra Pound)

Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Hommage (William Carlos Williams)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2020




Illustration:  Emile Eisman-Semenowsky
    
Hommage

Elvira, par grâce d’amour
Passe ici devant toi
Un clair éclat
Qui fait de toutes âmes vaniteuses
Des bougies quand vient midi.

Le son métallique et fort des prétendants
Fond devant toi
Comme le roulement des chars,
Mais tu viens en silence
Et hommage est rendu.

Maintenant le petit raccourci
Qui conduit à l’amour
Est encore plein de joie et de sa foule;
Et la large grand-route
Venant de l’amour
Est sans passant.

***

HOMAGE

Elvira, by love’s grace
There goeth before you
A clear radiance
Which maketh ail vain souls
Candies when noon is.The loud clangour of pretenders
Melteth before you
Like the roll of carts passing,
But you corne silently
And homage is given.Now the little by-path
Which leadeth to love
Is again joyful with its many;
And the great highway
From love
Is without passers.

(William Carlos Williams)

 

Recueil: Les Humeurs
Traduction: Philippe Blanchon
Editions: La Nerthe

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

HOMMAGE AU SOUFFLE (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 14 octobre 2020



 

Harumi Asada  ed3_z

HOMMAGE AU SOUFFLE

Tu t’avances pour lire
et les mots se reflètent sur ton visage
le désir prie toujours
même quand la langue se tait
tu t’avances
comme un frère universel
contre le bourdonnement du Grand Malheur
contre les dressages intensifs
tu le sais
chaque rose est une syllabe
précipitée
depuis le dernier étage de la hauteur
chaque rose
est un hommage
au souffle couleur feu
chaque rose
repousse le noir du monde
tu le sais
le souffle est le fil du chapelet
le souffle avec toi
le souffle devant toi
le souffle derrière toi
contre toutes les flaques de néant
tu inclines ton visage
vers le ciel
tu te laisses chuter
vers les constellations
le verbe en croix
et le désordre divin
la pensée est dans la bouche
dit Tzara
le vide se vide de son plein
dit Luca
tu ne laisses pas la mort
descendre vers l’été
tu ne passes rien sous silence
tu enroules l’alphabet sur lui-même
tu remontes vers ton centre
tu t’entraînes pour l’éternité
tu installes des barricades pour les vivants
les hauts vivants
fenêtres ouvertes sur la voix
neige de New York et cendres de Bénarès
les vivants de toujours
boussoles au coeur battant
les vivants qui rattrapent la lumière
les vivants aux langues d’herbes folles
les vivants
jusqu’à l’extrémité des terres
le tourbillon des exilés de tout
le compte à rebours des précipices
porteurs d’offrandes
renverseurs du coeur
les vivants aux énergies sans nombre
ceux qui prennent refuge dans l’immense
les guerriers à la peau sonore
les allumeurs d’amour

(Zéno Bianu)

Illustration: Harumi Asada

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Hommage de la Nature (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 26 août 2020



Hommage de la Nature

Les fleurs se prosternent
A ton passage
Tu ris dans l’herbe
Sous un gai soleil
Et dans la candeur
D’un univers vierge

Ton regard prend la couleur de l’eau
Tu ris sous le feuillage attentif
D’un arbre qui songe
Fécond et intarissable de fruits
Quand la prairie recèle
Les germes de tes rêves.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration: William Bouguereau

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

HOMMAGE A JEROME BOSCH (Gérard Noiret)

Posted by arbrealettres sur 2 juillet 2020




HOMMAGE A JEROME BOSCH

Deux rats pour chaque habitant,
en surface personne n’y prend garde.
Et les jolies femmes traversent les Tuileries,
pendant qu’une race
cuirassée de caoutchouc
défend pas à pas les galeries,
usant de pièges et de poisons
auxquels s’adaptent les bêtes.

(Gérard Noiret)

Illustration: Jérôme Bosch

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

HOMMAGE AUX ANGES (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 24 mars 2020



Renata Ratajczyk  _Revelations_1
HOMMAGE AUX ANGES

Ceci n’est ni rune ni symbole,
ce que je veux dire est ― c’est si simple

pourtant aucune ruse du stylo ou du pinceau
ne pourrait capter cette impression ;

ce que je voulais indiquer était
une nouvelle phase, une nouvelle distinction de couleur ;

je voulais dire, j’ai dit
qu’il n’y avait ni éclat, ni reflet,

ni ombre ; quand j’ai dit blanc,
je ne voulais pas dire blanc de sculpteur ou de peintre,

ni porcelaine ; blanc pâle ne pourrait pas
en donner l’idée, car quand

la neige fraîchement tombée (ou la neige
au moment où elle tombe) est-elle pâle ?

pourtant maintenant, nous titubons, nous sommes perdus ―
que pouvons-nous dire ?

elle n’était pas impalpable comme un spectre,
elle n’était pas terrifiante comme un Esprit,

elle n’était même pas atterrante
comme un Ange.

***

TRIBUTE TO THE ANGELS

This is no rune nor symbol,
what I mean is — it is so simple

yet no trick of the pen or brush
could capture that impression;

what I wanted to indicate was
a new phase, a new distinction of colour;

I wanted to say, I did say
there was no sheen, no reflection,

no shadow; when I said white,
I did not mean sculptor’s or painter’s white,

nor porcelain; dim-white could
not suggest it, for when

is fresh-fallen snow (or snow
in the act of falling) dim?

yet even now, we stumble, we are lost —
what can we say?

she was not impalpable like a ghost,
she was not awe-inspiring like a Spirit,

she was not even over-whelming
like an Angel.

(Hilda Doolittle)

Illustration: Renata Ratajczyk

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Hommage à la Vie (Jules Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2020




    
Hommage à la Vie

C’est beau d’avoir élu
Domicile vivant
Et de loger le temps
Dans un coeur continu,
Et d’avoir vu ses mains
Se poser sur le monde
Comme sur une pomme
Dans un petit jardin,
D’avoir aimé la terre,
La lune et le soleil,
Comme des familiers
Qui n’ont pas leurs pareils,
Et d’avoir confié
Le monde à sa mémoire
Comme un clair cavalier
A sa monture noire,
D’avoir donné visage
A ces mots : femme, enfants,
Et servi de rivage
A d’errants continents,
Et d’avoir atteint l’âme
A petit coups de rame
Pour ne l’effaroucher
D’une brusque approchée.
C’est beau d’avoir connu
L’ombre sous le feuillage
Et d’avoir senti l’âge
Ramper sur le corps nu,
Accompagné la peine
Du sang noir dans nos veines
Et doré son silence
De l’étoile Patience,
Et d’avoir tous ces mots
Qui bougent dans la tête,
De choisir les moins beaux
Pour leur faire un peu fête,
D’avoir senti la vie
Hâtive et mal aimée,
De l’avoir enfermée
Dans cette poésie.

(Jules Supervielle)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Hier soir j’ai donné à une étoile (Mawlana Rûmî)

Posted by arbrealettres sur 31 décembre 2019



 

Illustration
    
Hier soir j’ai donné à une étoile un message pour Toi :
« Présente », lui dis-je, « mon hommage à cette beauté de lune ».

Je m’inclinai, et dis : « Apporte cet hommage au Soleil
Qui dore l’ âpre roc de sa brûlure ».

Je dénudai ma poitrine, je lui montrai mes blessures.
« Donne des nouvelles de moi », dis-je, « à cet Aimé qui s’abreuve de mon sang ».

De çà de là me balançai, pour que l’enfant — mon coeur — s’apaise,
— Bercé, l’enfant s’endort dans son berceau —.

Ô toi qui à chaque instant soulages cent déshérités comme moi,
Donne à mon coeur-enfant le lait, délivre-nous de ses pleurs !

La demeure du coeur, de toute éternité, est la cité de l’union.
Combien de temps laisseras-tu dans l’exil ce coeur désolé ?

(Mawlana Rûmî)

 

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Brûlant d’un même sang (Yosano Akiko)

Posted by arbrealettres sur 4 novembre 2019



Illustration: Hishikawa Moronobu
    
Brûlant d’un même sang
Rouge écarlate en nos coeurs !
Printemps de la vie
Où mon amant me rejoint
Dans la grâce de cet hommage

(Yosano Akiko)

 

Recueil: Cheveux emmêlés
Traduction: Claire Dodane
Editions: Les Belles Lettres

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LA PYRAMIDE (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2019




LA PYRAMIDE

Rue Saint-Honoré, en hommage
les indigents élevèrent au roi Louis Seize
une pyramide de neige
et pour la voir il traversa la foule
où se cachaient des frappes et des goules
la nuit allait tomber
le soir tissait ses givres
une sombre beauté
apparaissait chez quelques filles soumises.
Le roi Louis marchant à l’échafaud
dans son habit blanc
gardait le souvenir des ombres d’un hiver.

(Jean Follain)

Illustration: Charles Benazech

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :