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CROIS : Vie ou Mort, que t’importe (Francis Vielé-Griffin)

Posted by arbrealettres sur 17 juillet 2020



 

Alexandre Pavlenko   1974 - Ukrainian Pointillist painter (6) [1280x768]

CROIS : Vie ou Mort, que t’importe,
En l’éblouissement d’amour?
Prie en ton âme forte :
Que t’importe nuit et jour?
Car tu sauras des rêves vastes
Si tu sais l’unique loi :
Il n’est pas de nuit sous les astres,
Et toute l’ombre est en toi.

Aime : Honte ou Gloire, qu’importe,
A toi, dont voici le tour?
Chante de ta voix qui porte
Le message de tout amour?
Car tu diras le chant des fastes
Si tu dis ton intime émoi :
Il n’est pas de fatals désastres,
Toute la défaite est en toi.

(Francis Vielé-Griffin)

Illustration: Alexandre Pavlenko

 

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Comme la peau (Luis Cernuda)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2020



Wei Jia_ yearning-for-ease [1280x768]

Comme la peau

Fenêtre orpheline aux cheveux d’habitude,

Cris du vent,
Atroce paysage entre cristal de roche,
Prostituant les miroirs vivants,
Fleurs clamant à grands cris
Leur innocence antérieure aux obésités.

Ces cavernes aux clartés vénéneuses
Saccagent les désirs, les dormeurs ;
Clartés comme langues fendues
Pénétrant les os jusqu’à trouver la chair,
Sans savoir qu’au fond il n’y a pas de fond,
Il n’y a rien, qu’un cri,
Un cri, un autre désir
Sur un piège de pavots cruels.
Dans un monde de barbelés
Où l’oubli vole en dessous du sol,
Dans un monde d’angoisse,
Alcool jaunâtre,
Plumes de fièvre,
Colère dressée vers un ciel de honte,
Un jour de nouveau ressurgira la flèche
Abandonnée par le hasard
Quand une étoile meurt comme l’automne pour oublier
son ombre.

(Luis Cernuda)

Découvert chez Lara ici

Illustration: Wei Jia

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Moi, aussi, je chante l’Amérique (Langston Hughes)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2020



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Moi, aussi, je chante l’Amérique.

Je suis le frère à la peau sombre.
Ils m’envoient manger à la cuisine
Quand vient du monde.
Mais je ris,
Et je mange bien,
Et je prends des forces.

Demain,
Je serai à la table
Quand viendra du monde.
Personne,
Alors,
N’osera me dire
« Va manger à la cuisine ».

De plus,
Ils verront comme je suis beau
Et ils auront honte —

Moi, aussi, je suis l’Amérique.

(Langston Hughes)

Découvert ici: https://ecriturbulente.com

 

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Don (Czeslaw Milosz)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2020




Illustration: ArbreaPhotos
    

Don

Jour si heureux.
Le brouillard était tombé tôt, je travaillais au jardin.
Des colibris s’arrêtaient au-dessus de la fleur du chèvrefeuille.
Il n’y avait rien sur terre que j’aurais voulu posséder.
Je ne connaissais personne qui aurait valu d’être envié.
Le mal qui était advenu, je l’oubliais.
Je n’avais pas honte d’être celui que je suis.
Je ne sentais dans mon corps nulle douleur.

(Czeslaw Milosz)

 

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Se voir le plus possible… (Alfred de Musset)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2020


 


Andrey Remnev _ Andrej Remnjov_ Remnev (51)

Se voir le plus possible…

Se voir le plus possible et s’aimer seulement,
Sans ruse et sans détours, sans honte ni mensonge,
Sans qu’un désir nous trompe, ou qu’un remords nous ronge
Vivre à deux et donner son coeur à tout moment ;

Respecter sa pensée aussi loin qu’on y plonge,
Faire de son amour un jour au lieu d’un songe,
Et dans cette clarté respirer librement —
Ainsi respirait Laure et chantait son amant.

Vous dont chaque pas touche à la grâce suprême,
C’est vous, la tête en fleurs, qu’on croirait sans souci
C’est vous qui me disiez qu’il faut aimer ainsi.

Et c’est moi, vieil enfant du doute et du blasphème,
Qui vous écoute, et pense, et vous réponds ceci :
Oui, l’on vit autrement, mais c’est ainsi qu’on aime.

(Alfred de Musset)

Illustration: Andrey Remnev

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JUSQUE (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 27 février 2020




    
JUSQUE

Par milliers millions milliards
voie lactée incalculable
forêt chaque arbre un rappel
chaque campanule autant de cloches
dans les prés du souvenir
chaque nuage jamais retrouvé
dans le ciel de la mémoire
écumes que l’océan impose
pour toutes les marées
celles de la honte du désespoir
de la mélancolie
et les vagues de regrets de remords
qui se brisent quand vient la nuit
Orages oubliés éclairs de colère
éclairs des déchirements
le sang coulera-t-il longtemps
le prochain orage qu’on n’attendait plus
plus jamais
Et pourtant le premier coup de tonnerre
la même catastrophe et la même chanson

(Philippe Soupault)

 

Recueil: Poèmes et poésies
Traduction:
Editions: Grasset

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HESIODE (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 21 décembre 2019


 


Hesiode

 

HESIODE

Qui prédisait l’enfant à cheveux gris ?
Non, vie et mort ne sont pas antithèse.
Le glissement des neiges sur les pentes
Ne détruit pas les germinations.

Ce chemin creux délimite deux mondes,
Or l’un et l’autre a mordu sur la rive.
Le cheveu noir et le blanc font le gris,
Tout se sépare et se mêle à la fois.

Là mieux qu’en face : en sais-tu quelque chose ?
Tends ton oreille. Est-il un seul vocable
Que le vent noir ne saurait emporter ?
Je chérirai l’un et l’autre présent.

Honte à celui — cependant — grande honte
Qui par son crime un rite a détourné.
Tout horizon commande marche lente
Et se résume en sa totalité.

Viendra le temps de l’homme à cheveux rouges,
A cheveux bleus dans l’âge parcouru,
Et de la neige à qui rêve de lave
Et du grand jour levé sur l’homme double.

(Robert Sabatier)

 

 

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Devant ces pins (Michel Butor)

Posted by arbrealettres sur 27 novembre 2019



Illustration
    
Devant ces pins fameux
pour leur longévité
honte à me souvenir
de mon impermanence

(Michel Butor)

 

Recueil: Collation précédé de HORS-D’OEUVRE scandés par les SOUVENIRS ILLUSOIRES D’UN JAPON TRES ANCIENS
Traduction:
Editions: Seghers

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CHEMINS DE MORT (H. Leivick)

Posted by arbrealettres sur 21 novembre 2019




    
CHEMINS DE MORT

Si du moins à notre rencontre
Quelqu’un venait
Pour nous dire, fût-ce au passage,
« Soyez en paix».

Simplement de quelqu’un ne voir
Même que l’ombre,
Dire «la paix soit avec toi»
Et avoir honte

Qu’au moins pour nous, saisi de crainte,
Tremble quelqu’un,
Même s’il nous jette au visage
Notre gourdin.

Mais nul, nul à notre rencontre
Ne vient encore.
Plaines et broussailles sauvages,
Chemins de mort.

(H. Leivick)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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Entre autres (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 27 octobre 2019


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A l’ombre des arbres
Comme au temps des miracles,

Au milieu des hommes
Comme la plus belle femme

Sans regrets, sans honte,
J’ai quitté le monde.

– Qu’avez-vous vu?

– Une femme jeune, grande et belle
En robe noire très décolletée.

(Paul Eluard)

 

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