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Poésie

Posts Tagged ‘hoquet’

RÉALITÉ (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 10 mars 2018



Cypris   hl

RÉALITÉ

La nature est partout la même,
A Gonesse comme au Japon.
Mathieu Dombasle est Triptolème ;
Une chlamyde est un jupon.

Lavallière dans son carrosse,
Pour Louis ou pour Mars épris,
Etait tout juste aussi féroce
Qu’en son coquillage Cypris.

O fils et frères, ô poètes,
Quand la chose est, dites le mot.
Soyez de purs esprits, et faites.
Rien n’est bas quand l’âme est en haut.

Un hoquet à Silène échappe
Parmi les roses de Poestum.
Quand Horace étale Priape,
Shakespeare peut risquer Bottom.

La vérité n’a pas de bornes.
Grâce au grand Pan, dieu bestial,
Fils, le réel montre ses cornes
Sur le front bleu de l’idéal.

(Victor Hugo)

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Le tiroir de gauche (Jacques Dupin)

Posted by arbrealettres sur 13 janvier 2018



J’ai chassé du livre les points
les accents, les hoquets
le tiroir de gauche en déborde

(Jacques Dupin)

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Le peuple des prés m’enchante (René Char)

Posted by arbrealettres sur 29 décembre 2017



Illustration
    
Le peuple des prés m’enchante.
Sa beauté frêle et dépourvue de venin,
je ne me lasse pas de me la réciter.

Le campagnol, la taupe, sombres enfants perdus dans la chimère de l’herbe,
l’orvet, fils du verre, le grillon, moutonnier comme pas un,
la sauterelle qui claque et compte son linge,

le papillon qui simule l’ivresse et agace les fleurs de ses hoquets silencieux,
les fourmis assagies par la grande étendue verte,
et immédiatement au-dessus les météores hirondelles…

Prairie, vous êtes le boîtier du jour.

(René Char)

 

Recueil: Feuillets d’Hypnos
Traduction:
Editions: Gallimard

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LE POT DE TERRE ET LE POT DE FER (Jean de la Fontaine)

Posted by arbrealettres sur 9 août 2017



 

LE POT DE TERRE ET LE POT DE FER

Le Pot de fer proposa
Au Pot de terre un voyage.
Celui-ci s’en excusa,
Disant qu’il ferait que sage
De garder le coin du feu :
Car il lui fallait si peu,
Si peu, que la moindre chose
De son débris serait cause.
Il n’en reviendrait morceau.
« Pour vous, dit-il, dont la peau
Est plus dure que la mienne,
Je ne vois rien qui vous tienne.
– Nous vous mettrons à couvert,
Repartit le Pot de fer.
Si quelque matière dure
Vous menace d’aventure,
Entre deux je passerai,
Et du coup vous sauverai. »
Cette offre le persuade.
Pot de fer son camarade
Se met droit à ses côtés.
Mes gens s’en vont à trois pieds,
Clopin-clopant comme ils peuvent,
L’un contre l’autre jetés
Au moindre hoquet qu’ils treuvent.
Le Pot de terre en souffre ; il n’eut pas fait cent pas
Que par son compagnon il fut mis en éclats,
Sans qu’il eût lieu de se plaindre.

Ne nous associons qu’avecque nos égaux.
Ou bien il nous faudra craindre
Le destin d’un de ces Pots.

(Jean de la Fontaine)

Illustration: Marc Chagall

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Des flammes nous entourèrent (Georges Bataille)

Posted by arbrealettres sur 25 juin 2017



George Frederic Watts endymion-large [1280x768]
    
Des flammes nous entourèrent
sous nos pas l’abîme s’ouvrit
un silence de lait de gel d’ossements
nous enveloppait d’un halo

tu es la transfigurée
mon sort t’a cassé les dents
ton cœur est un hoquet
tes ongles ont trouvé le vide

tu parles comme le rire
les vents dressent tes cheveux
l’angoisse serrant le cœur
précipite ta moquerie

tes mains derrière ma tête
ne saisissent que la mort
tes baisers riant ne s’ouvrent
qu’à ma pauvreté d’enfer

sous le baldaquin sordide
où pendent les chauves-souris
ta merveilleuse nudité
n’est qu’un mensonge sans larmes

mon cri t’appelle dans le désert
où tu ne veux pas venir
mon cri t’appelle dans le désert
où tes rêves s’accompliront

ta bouche scellée à ma bouche
et ta langue dans mes dents
l’immense mort t’accueillera
l’immense nuit tombera

alors j’aurai fait le vide
dans ta tête abandonnée
ton absence sera nue
comme une jambe sans bras

en attendant le désastre
où la lumière s’éteindra
je serai doux dans ton cœur
comme le froid de la mort

(Georges Bataille)

Illustration: George Frederic Watts

 

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LENDEMAIN (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 13 mars 2017



 

LENDEMAIN
A Henri Mercier.

Avec les fleurs, avec les femmes,
Avec l’absinthe, avec le feu,
On peut se divertir un peu,
Jouer son rôle en quelque drame.

L’absinthe bue un soir d’hiver
Eclaire en vert l’âme enfumée,
Et les fleurs, sur la bien-aimée
Embaument devant le feu clair.

Puis, les baisers perdent leurs charmes,
Ayant duré quelques saisons.
Les réciproques trahisons
Font qu’on se quitte un jour, sans larmes.

On brûle lettres et bouquets
Et le feu se met à l’alcôve,
Et, si la triste vie est sauve,
Restent l’absinthe et ses hoquets.

Les portraits sont mangés des flammes ;
Les doigts crispés sont tremblotants…
On meurt d’avoir dormi longtemps
Avec les fleurs, avec les femmes.

(Charles Cros)

Illustration: Viktor Oliva

 

 

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INDIFFERENCE (Jean Richepin)

Posted by arbrealettres sur 3 février 2017



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INDIFFERENCE

J’étais tout pantelant encor de ses caresses,
Imprégné de l’odeur subtile de ses tresses,
Parfumé de sa peau, brûlant de ses baisers,
Et les hoquets d’amour, un à un apaisés,

Dans ma gorge râlante avec des plaintes douces
A peine assourdissaient leurs dernières secousses,
Quand elle se leva, calme, l’air somnolent.
Elle ne m’embrassa pas même en s’en allant.

Là-bas, près du miroir, sans jouir de ma joie,
Elle remit nonchalamment ses bas de soie,
Comme, après le dessert dans un dîner banal,
La bourgeoise en causant met ses gants pour le bal.

Et je sentis alors l’abominable doute
Au profond de mon cœur s’infiltrer goutte à goutte;
Je compris ce que sa froideur me laissait voir,
Que son amour pour moi n’était plus qu’un devoir.

Qu’elle ne savait plus la volupté jalouse,
Que la maîtresse enfin prenait des airs d’épouse.

(Jean Richepin)

Illustration: Henry Caro-Delvaille

 

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Le hoquet du bébé (Richard Wright)

Posted by arbrealettres sur 26 novembre 2016



 

Susan Dorothea White bébé  [1280x768]

Le hoquet du bébé
S’arrête et le bruit des mouches
Envahit la pièce.

***

The baby’s hiccough
Dies down and the hum of flies
Fills the sunny room.

(Richard Wright)

Illustration: Susan Dorothea White

 

 

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L’espace sacré (Jean Mambrino)

Posted by arbrealettres sur 10 novembre 2016



L’espace sacré

L’espace sacré
les murs du Temple
les immenses blocs de pierre
à chaque pas
s’écartent
la lumière
de toutes parts
s’écarte
la voûte à l’infini
a pris la forme du vent

chaque pas est pur
sur la terre vivante
posé
l’un après l’autre
appuyé
sur la substance de la lumière
l’herbe profonde
de la lumière
où aucune trace
désormais
ne s’inscrit

nous ne sommes plus dehors
il n’y a plus de chemin
chaque foulée
adore
touche
l’intouchable
chaque souffle
puise dans le souffle
dont nul ne sait
où il va ni d’où il vient
nous oublierons
nous oublions
nous irons sans savoir
jusqu’à la dernière gorgée
de vie
le hoquet noir
mais déjà
en cet instant

le Jardin.

(Jean Mambrino)

 

 

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