Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘horloge’

Midi (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 13 juillet 2021



L’oeuf du clocher, l’horloge,
est doucement épris de l’immobile été,
le temps le couve et dort.

(André Frénaud)


Illustration

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C’ÉTAIT UNE AUTRE EPOQUE (Georges Henein)

Posted by arbrealettres sur 13 juillet 2021



René Julien_le-jour-des-noces [1280x768]

C’ÉTAIT UNE AUTRE EPOQUE

Nous étions assis sous une horloge sans nuages
comme à la source du temps bref.
La jeune fille la plus proche parlait le sanscrit
et quelqu’un lui demanda un chemin qui n’existait pas.
Derrière nous un village
aux yeux agrandis par le loisir.

Nous froissions des caresses
longtemps retenues aux vitres de la pluie
et la rouille gagnait l’extrémité de nos doigts.
Enfants tardifs et désoeuvrés
dont les visages ne servaient à personne

nous laissions l’herbe monter autour de nous
comme un besoin coupable
et nous rêvions de disparaître
enfin voilés par ce caprice aux longs cils
exemptés de toute présence et de tout lieu.

C’était un jour incrusté d’oubli
comme une chapelle baroque
un jour qui n’avait pas la force de se lever
et de nous regarder pâlir.

(Georges Henein)

Illustration: René Julien

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Fuite d’eau (Christophe Rohu)

Posted by arbrealettres sur 12 avril 2021



Fuite d’eau
Le robinet synchro
avec l’horloge

(Christophe Rohu)

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Tous les bruits (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 11 avril 2021



Tous les bruits

Je suis la proie de tous les bruits
La respiration de la maison
La chute d’une feuille dans l’allée
La plainte d’une branche
Un gémissement dans le buisson
Le râle du vent dans la cheminée
Et un soupir non identifié
Dans la terre du champ voisin

Puis je n’entends plus
Que mon cœur qui bat
Fiévreusement dans ma poitrine
Et les heures boiter
Sur le cadran de l’horloge
Accrochée au mur
Au-dessus de ma tête.

(Jean-Baptiste Besnard)

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JE N’AI JAMAIS RENCONTRE DIEU (Pierre Delanoë)

Posted by arbrealettres sur 3 mars 2021



 

Rockwell Kent 27 [1280x768]

JE N’AI JAMAIS RENCONTRE DIEU

Tant de mystèr’s tant de questions
Auxquell’s personne ne répond
J’ai envie d’une autre vie

Pourtant mon chien me dit bonjour
Et le bonheur me tourne autour
Mais j’ai envie d’une autre vie

J’ai vu le soleil briller sur la Californie
Je n’étais pas loin du Paradis
J’ai vu les pays et les gens les plus merveilleux
Mais je n’ai jamais rencontré Dieu

J’ai vu les étoiles qui tombaient de l’Univers
J’ai vu des torrents noyer la terre
J’ai vu les volcans cracher l’enfer de tout leur feu
Mais je n’ai jamais rencontré Dieu

Je donnerais sans hésiter
Le temps qui me reste à chanter
Pour simplement le rencontrer

Je sais qu’il n’y a pas d’horloge sans horloger
Pas de flamm’ qui ne soit allumée
Je connais l’amour, je sais qu’il n’y a rien de mieux
Mais je n’ai jamais rencontré Dieu

Des foules de gens lui ont parlé depuis Moïse
Dans l’ombre des temples et des églises
Moi je veux le voir, c’est un rendez-vous que je veux
Car je n’ai jamais rencontré Dieu
Mais je n’ai jamais rencontré Dieu.

(Pierre Delanoë)

Illustration: Rockwell Kent

 

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La pupille du ciel (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2020



La pupille du ciel, comme une horloge absolue.
Le prénom convulsé du firmament.
Ce qui voit venir la douleur.
Une source éveillée par toutes les errances.

(Zéno Bianu)


Illustration

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CHEMISE DE NUIT (Louise de Vilmorin)

Posted by arbrealettres sur 23 octobre 2020



CHEMISE DE NUIT

En chemise de nuit,
Robe d’étranges rires
Ah! messieurs je m’ennuie,
Je m’ennuie à mourir.

Une heure m’interroge
En son nid de soupirs,
La bête au coeur d’horloge
Tinte mes devenirs.

Sur la vague où mon âme
Attend l’aube à minuit
Toutes les belles dames
Encombrent mon ennui.

Elles rient ou s’étonnent
Sans savoir où je suis
— « Partez, je vous l’ordonne.
Ah! messieurs je m’ennuie. »

(Louise de Vilmorin)

Illustration: Louis Treserras 

 

 

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CHAUMIÈRE (Paul-Alexis Robic)

Posted by arbrealettres sur 6 juillet 2020



CHAUMIÈRE

Pousse la porte. Personne. Voici les vers luisants
du petit feu dans l’âtre, le banc-coffre verni, la huche,
les lits-clos et, dans le silence enfumé qui sent le pain
bis et le lait, le solennel et doux tic-tac de la grande horloge noire
où la Mort se tient cachée.

(Paul-Alexis Robic)

 

 

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COMPLAINTE DE LA PETITE MORT DANS L’ÂME (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2020



Illustration: Frédéric Martin
    
COMPLAINTE DE LA PETITE MORT DANS L’ÂME

La petite mort dans l’âme, à force de tourner elle
s’était perdue.
Peut-être l’avez-vous rencontrée à l’Armée du Salut
ou au coin de la rue ?

La petite mort dans l’âme si fatiguée, si sale et si
grelottante,
le faux sommeil de trois heures du matin dans les salles
d’attente.

Son tablier percé, ses mains gercées, ses lèvres crevassées,
ses souliers très usés, ses bras très reprisés, ses épaules très
méprisées.

Maintenant je suis sûr de l’avoir déjà aperçue en mil neuf cent
quarante.
au Mesnil les Trois Chemins, sous une pluie battante.

La petite mort dans l’âme ce jour-là était devenue folle.
On lui avait tué son mari, il était si gentil, un si bon homme,
et il s’appelait Paul.

Elle était restée toute seule dans le village.
L’église ouverte en deux, les saints de Saint-Sulpice pleuraient
leur plâtre peint sous l’orage.

Mais la petite mort dans l’âme a bien fini par reprendre la
route.
Je l’ai revue dans les Ardennes, sa charrette arrêtée, elle cassait
la croûte.

Elle avait emporté un matelas, un édredon, les douze
casseroles de cuivre,
le panier à salade, l’horloge de grand’mère, la cage de l’oiseau
et le chien Pataud à pied pour la suivre.

La petite mort dans l’âme marchait tout le temps et ne dis
rien :
il faudra bien que ça finisse, tout a une fin, il faudra bien.

La petite mort dans l’âme, on lui a fait voir du pays
Amsterdam, Varsovie, Coventry, Cologne, Oradour,
Hiroshima, Paris.

Les voyages forment la jeunesse, et la petite mort dans l’âme
à force d’aller partout et d’en voir de toutes les couleurs
devint une vraie dame.

La petite mort dans l’âme en mil neuf cent quarante-trois
s’était mariée en Pologne au coin d’un bois l’hiver, il faisait
très grand froid.

Elle avait épousé le nommé Juif Errant Isaac Laaquedem,
mais il est mort en déportation pauvre petite, et elle n’était
pas au bout de ses peines.

(Elle n’a pas pu toucher sa pension : les papiers n’étaient pas
en ordre.
Et la petite mort dans l’âme a dû chercher du travail, ah ! ce
n’est pas commode).

Dans les ruines d’Aix-la-Chapelle que les Allemands
nomment Aachen,
la petite mort dans l’âme m’a parlé en allemand Ich nicht
spricht deutsch, nichtfertig, alors à quoi bon ta rengaine ?

La petite mort dans l’âme a été voir sa grand’mère Mort Dans
l’Âme pour lui porter, acheté au marché noir, un quart de beurre.
Mais sa grand’mère était morte de froid rue Mouffetard, et
c’est bien du malheur.

(Elle habitait au huitième dans une chambre sous les toits.
Les employés des Pompes funèbres ont eu du mal avec leur
caisse, l’escalier est étroit).

J’ai rencontré la petite mort dans l’âme, ses yeux bleus pleins
de larmes, et comme elle était belle !
parmi ce qui reste d’une maison blitzée, dans une rue triste de Whitechapel !

Mais plus tard, c’était encore elle, je ne m’y suis pas trompé,
qui disait cigarette, cigarette, à Oslo,
aux matelots anglais sur le port avec son odeur de goudron et
d’eau.

Elle avait perdu son bébé quand elle avait treize ans, il était
mort en couches,

à cause des privations, du temps des Allemands, avec qui il
avait bien fallu qu’à la fin elle couche.
La petite mort dans l’âme a été putain à Naples et à Rome,

marchande de croissants au métro Réaumur, et de piles
électriques entre Villiers et Rome.

On lui a tondu les cheveux en août 1944 et c’était une erreur,
elle n’aurait jamais cru qu’elle avait de quoi tant pleurer dans
le coeur.

Elle est toujours ici, parmi nous, au noir de notre coeur,
Et quand tu te crois seul, d’Athènes, de Madrid, de France, de
Chine ou d’Amérique,

de tous les coins de ce monde bête et triste,
voilà qu’elle est en toi, la petite mort dans l’âme, à
l’improviste.

(Claude Roy)

 

Recueil: Claude Roy un poète
Traduction:
Editions: Gallimard Jeunesse

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Tendresse (Francis Blanche)

Posted by arbrealettres sur 5 juin 2020




J’ai connu un commissaire de police
qui était clown en dehors de ses heures de service

J’ai connu des glycines roses plus que la rose elle-même
c’était dans un jardin
chez les Bénédictins
à Solesmes
J’ai connu des cinémas pour bonbons à la menthe
j’ai connu ce vieux zèbre triste qui se lamente
et lentement se décolore au Jardin des Plantes
J’ai même connu l’homme qui prêtait sa voix pour l’horloge parlante
mais un matin lavé de ma vie de mes livres
neuf comme une larme Adieu tour Eiffel
je reviendrai vers l’arbre aux sources du vivre
apprendre à chanter pour le vent

Et le vent m’apprendra les parfums de la plaine
et le vent m’apprendra les senteurs de l’été
Coquillages d’odeurs dans la brume incrustés
vous ne reviendrez plus aviver quelque peine
Non je n’ai plus soif et je laisse
cette vie d’ardoise et de pierre
couler couler
et déborder les verres

Tendresse

(Francis Blanche)

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