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Posts Tagged ‘Hosanna’

ÉLOGE DE LA BEAUTÉ FÉMININE (Attila József)

Posted by arbrealettres sur 14 juin 2018



Illustration: Christian Schloe
    
ÉLOGE DE LA BEAUTÉ FÉMININE

Il faudrait que survint quelqu’un d’autre que moi
Et qu’il te saluât avec plus d’éloquence,
Admirant ta beauté sans bégayer d’émoi,
Un peu fou, hardi, vif, encore dans l’enfance.

«Beauté, te dirait-il, où que mènent tes pas
C’est pour toi que surgit la flamme du génie
Et l’esprit créateur perçoit dans tes appas
L’oeuvre antique et divine, admirable harmonie.

En attendant sur ton trône le Jamais Vu,
L’artiste à l’oeil altier te tient en déférence.
Tu fais tomber d’un mot, à peine est-il conçu,
Les murs de Jéricho de notre indifférence ! »

Ainsi dirait-il. De sa lèvre fuserait
Un hosanna pour toi comme celui du prêtre
Adorateur du feu dans l’épaisse forêt
Et qui voit près de lui les flammes apparaître.

Belle Réalité qui fais baisser les veux,
Mon âme veut cueillir une dernière rose,
Et répandre son eau, jardinier malheureux,
Sans un mot, devant toi, sur sa robe déclose.

II
Tel Désir du faucon qui veut qu’elle succombe,
Qui d’un coup d’aile ardent pourchasse la colombe,

Je poursuis quant à moi la timide beauté,
Car dans le sombre ciel de mon coeur attristé
Le regard de la Belle a versé la lumière.
Tout en la bénissant, il attend la voix chère
Qui saura le louer. Si je puis la saisir
Je la déchirerai, pourtant, tel le Désir

Du faucon en plein ciel qui poursuit la colombe
De son coup d’oeil puissant, qui veut qu’elle succombe !

Petit oiseau chétif que la pluie a trempé,
Ne sachant dignement alerter ta beauté,
Me débattant au sol, je traîne mon plumage
Et j’attends tout tremblant que sourie ton visage;
Qu’elle me sourie donc, puisque je me débats !
C’est l’hommage, le seul, digne de ses appas.

(Attila József)

 

Recueil: Aimez-moi – L’oeuvre poétique
Traduction: Georges Kassaï
Editions: Phébus

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Au pays blanc des aubépines (Roger Foulon)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2017




    
Au pays blanc des aubépines

Au pays blanc des aubépines,
Se promener est un délice.
Le coeur travaille dans la joie
Et l’âme est pleine d’hosannas.
Chaque pente est une montagne
Que la neige pare de bulles.

Dans la jeunesse de notre âge
Les aubépines nous sacraient,
Tu étais la reine du jour,
Je te couvrais de mes baisers
Et mes caresses sur ton corps
Posaient des pétales d’amour.

Il me reste pour te louer
Le souvenir des aubépines
Et la neige de mes poèmes

Puisque s’use le temps

(Roger Foulon)

 

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Ode III (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 21 novembre 2015



myrte en fleurs

Ode III

En ces âges maudits insultant aux chimères,
Pareils aux hurlements impurs des filles soûles,
Jusqu’à vos pieds d’argile, ô gloires éphémères,
Montent les hosannas sacrilèges des foules.

Mais, sous les myrtes blancs de la sainte Délos
Que baigne l’archipel de ses flux et reflux,
Je crois ouïr mon nom éclatant dans les los
Chantés, en le futur, aux poètes élus.

(Jean Moréas)

Illustration

 

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L’ÉPOUSE DU VOISIN (Roland Brachetto)

Posted by arbrealettres sur 10 octobre 2015



L’épouse du voisin
a revêtu son lit de sable chaud
elle entrouvre des temples d’érable et d’acajou
elle recueille sous sa robe les troupeaux aveuglés
tous les lacs de Finlande
la voici dentellière semeuse de libellules
l’oreille collée contre une armoire secrète
pour entendre gargouiller l’enfant-roi
elle affûte la proue brise le joug
elle tourne son pubis imberbe vers la lumière
puis se laisse couler dans le donjon de ciment frais
la voici messagère en émoi
fuyant les arbres morts saluant l’autobus
hosanna
l’épouse du voisin déroule nuit et jour
une échelle de soie
de table en table elle traverse l’étendue
les bras chargés de jouets transparents

(Roland Brachetto)

Illustration: Alex Alemany

 

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LE GRAND MIROIR (Federico Garcia Lorca)

Posted by arbrealettres sur 9 octobre 2015



LE GRAND MIROIR

Nous vivons
sous le grand miroir.
L’homme est tout bleu!
Hosanna!

(Federico Garcia Lorca)

 

 

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Il y a un pré sur l’azur (Edward Stachura)

Posted by arbrealettres sur 1 septembre 2015



Edvard Munch-355435

Il y a un pré sur l’azur

Dis-moi ce que tu voudrais ?
Je fais des miracles, Petite !
Je transforme morte en vivante
Eteinte en brûlante
Dis-moi ce que tu voudrais ?

Il y a un pré sur l’azur
Deux nuages c’est hosanna.
L’un c’est un garçon, l’autre c’est une fille

Si tu veux plus encore
Je vais te prendre sur mes bras
Je vais te porter dans les montagnes sauvages
Je vais appeler un attelage de cerfs-volants
Si tu veux encore plus haut.

Il y a un pré sur l’azur
Deux nuages c’est hosanna.
L’un c’est un garçon, l’autre c’est une fille

Dis-moi ce que tu voudrais ?
Je fais des miracles, Petite !
Veux-tu peut-être une glace ?
Ou la jeune herbe, sinon
Je vais faire tout pour toi.
(Toi, mon petit, grand Dieu!)

Il y a un pré sur l’azur
Deux nuages c’est hosanna.
L’un c’est un garçon, l’autre c’est une fille
– – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – –
Ils vont ensemble quelque part…

(Edward Stachura)

Illustration: Edvard Munch

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