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Poésie

Posts Tagged ‘hostie’

BRAISES (César Vallejo)

Posted by arbrealettres sur 1 octobre 2016



BRAISES

Pour Domingo Parra del Riego

J’éclairerai pour Tilia, dans la tragédie,
mes strophes en lourdes grappes;
chaque fruit mélodieux ensanglantera,
tel un soleil funèbre, des vins lugubres.
Tilia possédera la croix
toute de lumière à l’heure suprême.

J’allumerai pour Tilia, dans la tragédie,
la goutte du fracas qui est sur mes lèvres ;
et la lèvre, en moutonnant au seuil du baiser,
en cent pétales sacrés se brisera.
Tilia tiendra le poignard,
le poignard floricide et auroral!

Déjà dans l’ombre, héroïne, intacte et martyre,
tu posséderas la Vie sous tes semelles ;
lors que tu voiles, en récitant mes strophes,
mon front, comme une hostie tachée de sang rouge.
Et dans l’iris, vorace,
mon sang, comme un virus, boiras!

***

ASCUAS

Para Domingo Parra del Riego

Luciré para Tilia, en la tragedia,
mis estrofas en ópimos racimos;
sangrará cada fruta melodiosa,
como un sol funeral, lúgubres vinos.
Tilia tendrá la cruz
que en la hora final será de luz!

Prenderé para Tilia, en la tragedia,
la gota de fragor que hay en mis labios;
y el labio, al encresparse para el beso,
se partirá en cien pétalos sagrados.
Tilia tendrá el puñal,
el puñal floricida y auroral!

Ya en la sombra, heroína, intacta y mártir,
tendrás bajo tus plantas a la Vida;
mientras veles, rezando mis estrofas,
mi testa, como una hostia en sangre tinta!
Y en un lirio, voraz,
mi sangre, como un virus, beberás!

(César Vallejo)

 

 

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Elévation du jour (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 18 septembre 2016



Elévation du jour
sur le vin corrompu du sommeil

Gélive la phrase
sous les soies blanches
du silence

Graal émeraude du vide
la brise
aux lisières des choses
me surprend à son rite frileux

L’hostie du verbe
collée au palais

(Werner Lambersy)


Illustration: Vladimir Kush

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L’impossible retour (Jacques Charpentreau)

Posted by arbrealettres sur 12 avril 2016



L’impossible retour

La porte ouvrit sur un jardin,
L’eau du temps coulait des fontaines,
Et j’allais vers des voix lointaines
A l’horizon jamais atteint.

Au ciel d’argent, miroir sans tain,
Le soleil, promesse hautaine,
Hostie rouge sur sa patène,
S’offrait plus neuf chaque matin.

S’est fermé l’éventail des routes,
Les promesses se sont dissoutes,
Et toutes les joies se dénouent.

Les oiseaux ont mangé les miettes.
Je cherche dans la nuit inquiète
Le chemin perdu de chez nous.

(Jacques Charpentreau)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

 

 

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SOLITUDE (Robert Goffin)

Posted by arbrealettres sur 2 septembre 2015



Albert Moore 6

SOLITUDE

C’est l’heure où dans le soir les pâles jeunes filles
Songeront à l’amour pour la première fois
Et verront le reflet vague sur leur aiguille
De la lune qui tremble et meurt dans les cieux froids.

La lune est dans le soir comme une grande hostie
Qui saigne par les cieux étoilés de clous d’or.
Aujourd’hui des enfants vont connaître la vie ;
Aujourd’hui des vieillards vont connaître la mort.

Et moi qui suis venu par une nuit pareille,
Et moi qui partirai par une même nuit,
Je promène muet mon angoisse qui veille
Au delà des vallons et des champs assoupis

Il passe dans l’air pur comme une souvenance
De jours élyséens où je n’ai pas vécu,
Et qui me font rêver et pleurer en silence
Et plier le genou dans le sentier herbu.

J’écoute longuement sous la nuit étoilée
Les rumeurs que le soir murmure dans les loins ;
Mais je n’entends monter du fond de la vallée
Que les sanglots d’un coeur plaintif comme le mien.

On dirait que la voix du canon s’est calmée
Et que dans l’azur bleu s’élève un chant de paix ;
Hélas ! par cette nuit limpide et parfumée
Il est des malheureux qui dorment à jamais.

Et je m’en vais songeant à des lèvres muettes
Qui ne sentiront plus le baume des baisers
Et je pleure ce soir pour de jeunes poètes
Qui sont morts bégayant des vers inachevés.

(Robert Goffin)

Illustration: Albert Moore

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