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Posts Tagged ‘(Hubert Juin)’

Mon chien joue dans le foin (Hubert Juin)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2015



 

chien foin [1280x768]

Mon chien joue dans le foin. C’est le premier matin.
A La Ronce, le puits a des couleurs d’acier bleu.
La grand’porte est fermée : le soleil fait le tour,
suivi par la forêt, et c’est un nouveau jour
où vous aurez pour moi des paroles naïves,
ma dame,
et des rires d’enfant…

Une cohorte d’anges s’en va pleurer le vent.

(Hubert Juin)

Illustration

 

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Le vent vient en ma maison (Hubert Juin)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2015



 

Le vent vient en ma maison. Il gratte à ma porte.
Le vent m’emporte, me transporte, me rapporte.
Le vent me perd en chemin. C’est un diable, un requin.
Le vent a de grandes mains de lavandière, de mannequin.
Le vent broie le linge et le pain, boit mon vin,
Le vent courbe la fleur du lin, rameute les embruns.
Le vent convoque le thym. Le vent s’en va, s’en vient.
Le vent met le mal au bien, joue à la petite-main.
Le vent effraie mon chien. Le vent m’appelle :
je viens…

(Hubert Juin)

Illustration

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TRIOMPHALE ENTREE DE LA MORT (Hubert Juin)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2015



 

Alberto Pancorbo n55

TRIOMPHALE ENTREE DE LA MORT

Voici la plus belle, la pure, celle qui vient avec le vent, avec
l’ami, et portée par les routes géantes de la mer, la toute
ouverte, la tant couverte par les anges et les capitaines qui
furent grands aux temps anciens, la trop parée, et qui va nue,

voici son front qui est de braise, voici son sein bleu comme
le ciel après l’orage,

voici sa main qui a pitié,

voici sa main qui est guerrière,

une courtisane,

une paysanne qui va très loin dans sa campagne redresser l’épi
courbé, et des jachères l’accompagnent jusqu’au porche de
la nuit,

une paysanne qui va de saison en saison, qui sarcle et brûle
le chiendent, qui fait sillon après sillon, le dos courbé, proche
la glèbe,

une paysanne de fenaison,

une courtisane,

une reine étendue sous les dais du désert, avec des gazelles
pour compagnes, et au loin, très loin, voici venir le cri roux
des buccins de la nuit,

une reine dressée au seuil de son empire, sous l’arbre qui est
rouge, une reine qui fait justice et injustice dans son coeur noir,

une courtisane,

qui entre, les lèvres peintes et drapée de tissus étranges où des
oiseaux sont imprimés, oui,

qui triomphe.

(Hubert Juin)

Illustration: Alberto Pancorbo

 

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Filles d’ondes (Hubert Juin)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2015



 

Bryce Cameron Liston - (8)

Filles d’ondes habillées sous le miroir des eaux,
nymphe adverse des algues qui poussent à l’envers,
ce sont vers moi tes jambes qui se meuvent, hors
la corolle sinueuse de la toison ouverte et la
perle incertaine de ton souffle.

(Hubert Juin)

Illustration: Bryce Cameron Liston

 

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La Dame blanche (Hubert Juin)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2015



 

Arthur Hughes The_Lady_of_Shalott_ca_1863 [1280x768]

La Dame blanche écarte les branches
dans le gémir des pluies.

(Hubert Juin)

Illustration: Arthur Hughes

 

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Immense, l’Océan (Hubert Juin)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2015



 

Immense, l’Océan dessoude mon poème, puis le rameute,
troupeau des mots dans tout le vert des prairies d’eau,
le chante à voix mi-basse et scande soudain les strophes impératives,
puis revient en ses cavernes et murmure l’Océan même aux mille bouches de l’Océan :
un poème qui est rond et se dit à lui-même le poème qu’il est, qui n’est rien.

(Hubert Juin)

 

 

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Je mis un bonnet rouge (Hubert Juin)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2015



 

vieux dictionnaires

Je mis un bonnet rouge au vieux dictionnaire.
Plus de mots sénateurs, plus de mots roturiers !
Je fis une tempête au fond de l’encrier.
J’ai dit aux mots : Soyez République ! Soyez
La fourmilière immense et travaillez ! Croyez.
Aimez, Vivez ! — J’ai mis tout en branle
[…]

(Hubert Juin)

 

 

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Qu’importe le soleil (Hubert Juin)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2015



 

Albena Vatcheva  (6) [1280x768]

Qu’importe le soleil si de moi ta bouche se détourne.
Tu fais la nuit en moi. Tu règnes. Tu pardonnes.

(Hubert Juin)

Illustration: Albena Vatcheva

 

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Elle marche (Hubert Juin)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2015



 Royo  (3) [1280x768]

Elle marche en forme de coeur de chair de graisse
Le rose de sa robe de scène faisait une impudique peau où venaient boire les mâles
Songe, passant qui as perdu tes temples, au soleil de ta jeunesse.

(Hubert Juin)

Illustration: Royo

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Je ne veux rien (Hubert Juin)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2015



 

Bruno Di Maio The-red-scarf-1997-Bruno-Di-Maio

Je ne veux rien que je ne veuille en le coeur de la saison.
J’ai dit que j’avais le baiser matin.
J’aime le grain de cette peau sur les reins
qui se tend si bien qu’à force je ne vois, ma dame,
que votre beau corps, à l’orée, couché, toi.

(Hubert Juin)

Illustration: Bruno Di Maio

 

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