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PARTENAIRES SOCIAUX DANS L’INDUSTRIE D’ARMEMENT (Hans Magnus Enzensberger)

Posted by arbrealettres sur 3 avril 2018




    
PARTENAIRES SOCIAUX DANS L’INDUSTRIE D’ARMEMENT

A en grincer des dents ce spectacle
de gros pourceaux sur les terrasses
et sur les golfs des palaces
remontés à coups d’engrais et de vols,
des chouchous du bon dieu.

Plus dur
à supporter, toi qui n’es personne,
foreur au ciré bon marché,
petit-bourgeois, huissier, assesseur, coursier,
plus triste ton visage jauni.

Foutu
toi qui t’abandonnes à qui te mène
par le bout du nez, dé de vent modéré,
forgeron de tes menottes,
accoucheur de ta mort,
épicier du poison
qui te sera administré.

Sans doute
ils sont nombreux à te promettre
l’abolition du meurtre.
Les meurtriers t’invitent
à partir en guerre contre lui.
Ce n’est pas le crime qui perdra
la partie, mais toi : le crime
ne fait que changer de visage.
Le sang des victimes, lui, reste noir.

(Hans Magnus Enzensberger)

 

Recueil: Mausolée
Traduction: Maurice Regnaut et Roger Pillaudin
Editions: Gallimard

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TOMBEZ, FEUILLES, TOMBEZ; ET VOUS, FLEURS, PÉRISSEZ (Emily Brontë)

Posted by arbrealettres sur 7 décembre 2017




    
TOMBEZ, FEUILLES, TOMBEZ; ET VOUS, FLEURS, PÉRISSEZ

Tombez, feuilles, tombez; et vous, fleurs, périssez!
Que s’allonge la nuit, que s’abrège le jour!
Toute feuille me parle de félicité
Qui tournoie, détachée de la branche d’automne.
Je sourirai lorsque la neige et ses guirlandes
Fleuriront où devrait encor croître la rose;
Je chanterai quand la nuit déclinante
Sera l’huissier d’un jour plus désolé.

***

FALL, LEAVES, FALL;DIE, FLOWERS, AWAY

Fall, leaves, fall; die, flowers, away;
Lengthen night and shorten day;
Every leaf speaks bliss to me,
Fluttering from the autumn tree.
I shall smile when wreaths of snow
Blossom where the rose should grow;
I shall sing when night’s decay
Ushers in a drearier day.

(Emily Brontë)

 

Recueil: Poèmes
Traduction: Pierre Leyris
Editions: Gallimard

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LA CHANDELEUR (Gaston Couté)

Posted by arbrealettres sur 1 février 2017



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LA CHANDELEUR

L’hiver est long, les temps sont durs
Et la vie n’est pas gaie.
J’avons pus d’farin’ qu’eun’ mesur’
Dans un racoin d’la maie.
J’avons qu’un bout d’salé pas cuit
Dont l’dessus est tout blême ;
Mais coumm’ c’est la Chand’leur an’hui,
Faisons des crêpes tout d’même !

C’est la Chand’leur, mes pauvr’ers gens,
Faisons des crêp’s dans la ch’minée
A seul’fin d’avouèr de l’argent
Toute l’année !

Pour dev’ni’ rich’ faut travailler.
Que tout le mond’se hâte !
Mari’, dans le grand saladier
Tu vas battre la pâte.
V’là d’l’ajonc qui brûle en lançant
Des tas d’petit’s étouéles.
Allons ! pé Mathieu, cré bon sang !
T’nez bon la queu’ d’la poêle !

Disez les fill’s, disez les gas !
Qui qu’en fait sauter eune?
Ah ! la bell’crêpe que voilà !
Alle est rond’comme eune leune,
Eune’ Deuss’! Mari’ je n’t’aim’rai p’us
Si tu veux pas la prendre…
– Sacré couillon tu l’as foutu’
Au beau mitan des cendres !

Depis que je fêtons cheu nous
Quand la Chand’leur s’amène
Je soumm’s core à trouver un sou
Dans l’talon d’nout’ bas d’laine ;
Mais pisqu’an’hui nous v’là chantant
Devant les crêp’s qui dansent,
C’est toujou’s eun’ miett’ de bon temps
D’gagné su’ l’existence !

Pendant c’temps-là j’ruminons pas
Nos mille et mill’misères :
Les vign’s qu’ont le phylloxera,
Et la vache qu’est en terre.
Et moué que je vas être vendu !
Bah ! si l’huissier arrive
Je lui coll’rons la poêle au cul
Pour y montrer à vivre !

(Gaston Couté)

 Illustration: Pieter Aertsen

 

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Va-t-il donc nous arriver des choses fabuleuses? (Jean-Claude Pirotte)

Posted by arbrealettres sur 13 juillet 2015


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va-t-il donc nous arriver
des choses fabuleuses?
la correction du choucas
les démarches de l’huissier
la partition des fils électriques
l’oblique éclat des averses
sont autant de présages
qui balisent les jours

et le bouquet d’anémones
qui s’ouvre soudain sur la table
entre le litre vide et les livres
me parle d’un autre ciel
je n’en crois pas mes oreilles

(Jean-Claude Pirotte)

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