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Neige sur le fleuve (Lieou Tsong-Yuan)

Posted by arbrealettres sur 21 mars 2017



Neige sur le fleuve

Au-dessus de mille montagnes, nul oiseau ne passe.
A dix mille lieues à la ronde, aucune trace humaine.
Une barque. Le vieillard en manteau et chapeau de jonc,
Solitaire, pêche la neige sur le fleuve gelé.

(Lieou Tsong-Yuan)

 Illustration: Shitao

 

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Le rien (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2017



Par dons modestes et mots entravés
Le cœur humain apprend
Le rien —
«Rien» est la force
Qui rend le Monde neuf —

***

By homely gifts and hindered words
The human heart is told
Of nothing —
« Nothing » is the force
That renovates the World —

(Emily Dickinson)


Illustration: Odilon Redon

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Sachez voir l’être humain (Kôdô Sawaki)

Posted by arbrealettres sur 17 mars 2017



 

Sachez voir l’être humain
d’un point de vue qui n’est pas celui de l’être humain
et vous comprendrez la vérité.

(Kôdô Sawaki)

Illustration: H. Kopp-Delaney

 

 

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Holocauste (Barbara Sonek)

Posted by arbrealettres sur 10 mars 2017



Holocauste

Nous jouions, nous riions,
nous étions aimés.
On nous a arrachés aux bras de nos
parents et jetés dans les flammes.
Nous n’étions que des enfants.
Nous avions un avenir. Nous allions devenir
avocats, rabbins, épouses, enseignantes, mères.
Nous avions des rêves, puis nous n’eûmes plus d’espoir.
On nous a emmenés au plus profond de la nuit
comme du bétail dans des wagons, qui ne pouvait respirer,
étouffant, pleurant, affamé, mourant.
Séparé du monde pour ne plus exister.
Entendez nos supplications venues de nos cendres. Cette
atrocité ne peut plus arriver au genre humain.
Souvenez-vous de nous car nous avons été
des enfants à qui furent volés
les rêves et la vie.

***

Holocaust

We played, we laughed
we were loved.
We were ripped from the arms of our
parents and thrown into the fire.
We were nothing more than children.
We had a future. We were going to be
lawyers, rabbis, wives, teachers, mothers.
We had dreams, then we had no hope.
We were taken away in the dead of night
like cattle in cars, no air to breathe smothering,
crying, starving, dying.
Separated from the world to be no more.
From the ashes, hear our plea. This
atrocity to mankind can not happen again.
Remember us, for we were
the children whose dreams and lives
were stolen away.

(Barbara Sonek)

 

 

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Wagon de chaussures (Avrom Sutzkever)

Posted by arbrealettres sur 10 mars 2017



Wagon de chaussures

les roues coursent, coursent,
et que transportent-elles ?
un wagon elles m’apportent
de chaussures tressaillantes.

wagon à dais nuptial
dans la splendeur du soir ;
chaussures – un plein compartiment
comme des humains qui dansent.

est-ce un mariage, une fête
aveuglant mon esprit ?
chaussures – si familières
j’ai reconnu chacune.

claquètent les semelles :
vers où, vers où, vers où ?
des vieilles rues de Vilnius
on nous mène à Berlin.

„à qui sont-elles ?“ si je demande,
risque que mon cœur se fende ;
dites-moi, chaussures, la vérité :
où sont vos pieds ?

les pieds de ces pantoufles
aux boutonnets de rosée ;
où est le frêle corps ?
où est donc cette femme ?

dans ces chaussures d’enfants, toutes,
pourquoi ne vois-je d’enfant ?
pourquoi la mariée ne chausse
bientôt les souliers de la noce ?

parmi bottines et godillots
je trouve les escarpins de ma mère.
ceux qu’elle réservait au sabbat
pour certes y mettre ses plus beaux habits.

et claquètent les semelles :
vers où, vers où, vers où ?
des vieilles rues de Vilnius
on nous mène à Berlin.

***

A vogn shikh

Di reder yogn, yogn,
Vos brengen zey mit zikh?
Zey brengen mir a vogn
Mit tsaplendike shikh.

Der vogn vi a khupe
In ovntikn glants;
Di shikh- a fule kupe
Vi mentshn in a tants.

A khasene, a yontev?
Tsi hot mikh ver farblendt?
Di shikh- azoyne nonte
Oyf s’nay ikh hob derkent.

Es klapn di optsasn:
Vuhin, vuhin, vuhin?
Fun alte vilner gasn
Me traybt undz keyn Berlin.

Ikh darf nit fragn “vemes”,
Nor s’tut in hartz a ris:
oh, zagt mir, shikh, den emes,
Vu zenen zey di fis?

Dis fis fun yene tufle
Mit knephele vi toy
Und do –vu iz dos gufl?
Und dort vu iz di froy?

In kindershikh in alle
Vos zeh ikh nit kayn kind?
Vos tut nit on di kale
Di shikhelekh atsind?

Durkh kindershikh un shkrabes
Kh’derken mayn mames shikh!
Zi flegt zey bloyz oyf shabes
Aroyftsien oyf zikh.

Un s’klapn di optsasn:
Vuhin, vuhin, vuhin?
Fun alte vilner gasn
Me traybt undz keyn Berlin.

(Avrom Sutzkever)

Illustration

 

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C’est un terrible sanglot d’anges (Haviva Pedaya)

Posted by arbrealettres sur 4 mars 2017



 

C’est un terrible sanglot d’anges goutte à goutte toute la nuit
Nous ne savions pas que c’était cela […]
C’est dur, c’en est assez
Immense est la nostalgie
C’est un terrible sanglot qui goutte et goutte…
Nous ne savions pas que c’était cela
Être des humains

(Haviva Pedaya)

 

 

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L’Offrande à la Nature (Anna de Noailles)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2017



L’Offrande à la Nature

Nature au coeur profond sur qui les cieux reposent,
Nul n’aura comme moi si chaudement aimé
La lumière des jours et la douceur des choses,
L’eau luisante et la terre où la vie a germé.

La forêt, les étangs et les plaines fécondes
Ont plus touché mes yeux que les regards humains,
Je me suis appuyée à la beauté du monde
Et j’ai tenu l’odeur des saisons dans mes mains.

J’ai porté vos soleils ainsi qu’une couronne
Sur mon front plein d’orgueil et de simplicité.
Mes jeux ont égalé les travaux de l’automne
Et j’ai pleuré d’amour aux bras de vos étés.

Je suis venue à vous sans peur et sans prudence,
Vous donnant ma raison pour le bien et le mal,
Ayant pour toute joie et toute connaissance
Votre âme impétueuse aux ruses d’animal.

Comme une fleur ouverte où logent des abeilles
Ma vie a répandu des parfums et des chants,
Et mon coeur matineux est comme une corbeille
Qui vous offre du lierre et des rameaux penchants.

Soumise ainsi que l’onde où l’arbre se reflète
J’ai connu les désirs qui brûlent dans vos soirs
Et qui font naître au coeur des hommes et des bêtes
La belle impatience et le divin vouloir.

Je vous tiens toute vive entre mes bras, Nature,
Ah ! faut-il que mes yeux s’emplissent d’ombre un jour
Et que j’aille au pays sans vent et sans verdure
Que ne visitent pas la lumière et l’amour…

(Anna de Noailles)

Découvert ici: https://petalesdecapucines.wordpress.com/

Illustration: Henri Rousseau dit le douanier-rousseau

 

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Pourquoi (Li Bai)

Posted by arbrealettres sur 5 février 2017



Pourquoi vivre au coeur de ces vertes montagnes?
Je souris, sans répondre, le coeur tout serein
Tombent les fleurs, coule l’eau, mystérieuse voie …
L’autre monde est là, non celui des humains.

(Li Bai)

 

 

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HEURES SEREINES (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 3 février 2017



 

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HEURES SEREINES
A Victor Meunier.

J’ai pénétré bien des mystères
Dont les humains sont ébahis :
Grimoires de tous les pays,
Etres et lois élémentaires.

Les mots morts, les nombres austères
Laissaient mes espoirs engourdis ;
L’amour m’ouvrit ses paradis
Et l’étreinte de ses panthères.

Le pouvoir magique à mes mains
Se dérobe encore. Aux jasmins
Les chardons ont mêlé leurs haines.

Je n’en pleure pas ; car le Beau
Que je rêve, avant le tombeau,
M’aura fait des heures sereines.

(Charles Cros)

Illustration

 

 

 

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DECLARATION (Jean Richepin)

Posted by arbrealettres sur 31 janvier 2017



DECLARATION

L’amour que je sens, l’amour qui me cuit,
Ce n’est pas l’amour chaste et platonique,
Sorbet à la neige avec un biscuit ;
C’est l’amour de chair, c’est un plat tonique.

Ce n’est pas l’amour des blondins pâlots
Dont le rêve flotte au ciel des estampes.
C’est l’amour qui rit parmi des sanglots
Et frappe à coups drus l’enclume des tempes.

C’est l’amour brûlant comme un feu grégeois.
C’est l’amour féroce et l’amour solide.
Surtout ce n’est pas l’amour des bourgeois.
Amour de bourgeois, jardin d’invalide !

Ce n’est pas non plus l’amour de roman,
Faux, prétentieux, avec une glose
Désir de pourquoi, de mais, de comment.
C’est l’amour tout simple et pas autre chose.

C’est l’amour vivant. C’est l’amour humain.
Je serai sincère et tu seras folle,
Mon cœur sur ton cœur, ma main dans ta main.
Et cela vaut mieux que leur faribole !

C’est l’amour puissant. C’est l’amour vermeil.
Je serai le flot, tu seras la dune.
Tu seras la terre, et moi le soleil.
Et cela vaut mieux que leur clair de lune!

(Jean Richepin)

 

 

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