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Poésie

Posts Tagged ‘humidité’

A la croisée (Joseph Brodsky)

Posted by arbrealettres sur 24 septembre 2017



 

A la croisée

L’humidité se glisse dans la chambre, crispant les épaules
de la belle qui dort sourde à tout appel.
Ainsi se crispe la perdrix quand craquent les branches,
l’ange quand il voit le péché.
A la croisée le coton subtil frémit au rythme alterné des haleines.
L’écume de la soie pâle éclabousse, légère
chaises et miroir, issue vitrée par où les choses
sortent de toute impasse.

(Joseph Brodsky)

Illustration

 

 

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Coin d’Ombre (Carlos Drummond de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 22 septembre 2017



Coin d’Ombre

Le coin d’ombre et d’humidité dans le potager.
Du mur de pierre dégoutte le filet d’eau,
doucement, sur le vert moussu, éternellement.
Une goutte et une autre goutte, dans le silence
où seules les fourmis travaillent
et dort un chat et dort l’avenir des choses
qui me prendront au dépourvu et me feront mal.
Grandissent, rampantes, les plantes sans prétention
à l’utilité ou à la beauté.
Tout est simple. Anonyme.
Le soleil est un or bref. La paix existe
dans la boîte de conserve abandonnée
et dans le monde.

(Carlos Drummond de Andrade)


Illustration

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Pour laver la moisissure des promesses non tenues (Tahar Ben Jelloun)

Posted by arbrealettres sur 5 août 2017



 

Ernest Pignon-Ernest  chômage

Pour laver la moisissure des promesses non tenues
La main glisse sur le mur
Trace dans l’humidité verdâtre
Le chemin de l’oubli.

(Tahar Ben Jelloun)

Illustration: Ernest Pignon-Ernest

 

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Après la pluie (Michiko Salto)

Posted by arbrealettres sur 13 juillet 2017



mimosa E

Après la pluie,
fleurs de mimosa et pleine lune
couvertes d’humidité

(Michiko Salto)

Illustration

 

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Nous dormions nus (Eugénio de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 9 mai 2017



Illustration: Vladimir Kush

    

Nous dormions nus
à l’intérieur des fruits.

C’est ce que nous avons : sommeil
et la soudaine sécheresse,
jusqu’à la fin.

Amers.

Par l’humidité on descendait
aux fontaines – je me souviens.
Des lèvres.

(Eugénio de Andrade)

 

Recueil: Matière solaire / Le poids de l’ombre / Blanc sur blanc
Traduction: Michel Chandeigne, Patrick Quillier et Maria Antonia Câmara Manuel
Editions: Gallimard

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La théorie des couleurs de Goethe (Hannah Arendt)

Posted by arbrealettres sur 23 novembre 2016



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La théorie des couleurs de Goethe

Jaune est le jour.
Bleue est la nuit.
Verte l’étendue du monde.
Lumière et ténèbres se marient
dans l’obscurité comme dans la clarté.
La couleur fait apparaître l’univers,
les couleurs séparent les choses des choses.

Quand la pluie et le soleil
las de la querelle des nuées
unissent encore la sécheresse
et l’humidité dans les noces des couleurs,
l’obscurité luit autant que la clarté —
Du ciel une arche rayonne,
Notre oeil, notre monde.

***

Goethes Farbenlehre

Gelb ist der Tag.
Blau ist die Nacht.
Grün liegt die Welt.
Licht und Finsternis vermählen
sich im Dunklen wie im Hellen.
Farbe lässt das All erscheinen,
Farben scheiden Ding von Ding.

Wenn der Regen und die Sonne,
ihrer Wolkenzwiste made,
noch das Trockne und das Nasse
in die Farbenhochzeit einen,
glänzet Dunkles so wie Helles —
Bogenförmig strahlt vom Himmel
Unser Auge, unsere Welt.

(Hannah Arendt)

 

 

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Humidité de la terre (Hannah Arendt)

Posted by arbrealettres sur 23 novembre 2016



champ-vapeur-800x600

Humidité de la terre
Vapeur de la terre
Doux réchauffement terrestre
Flocons qui montent
Jusqu’à l’art des nuées
En suspension visible dans l’éloigné.

Chaleur du coeur
Faveurs du coeur
Émotion qui respire avec ferveur
Soupir léger
Comme la vapeur des nuées
Émotion à l’audible tremblement.

***

Erdennässe
Erdendunst
Süßes irdisches Gewärmtsein
Flockt empor
Zur Wolkenkunst —
Sichtbar schwebend im Entferntsein.

Herzenswärme
Herzensgunst
Innig atmendes Gefühltsein
Seufzer leicht
Wie Wolkendunst
Hörbar zitterndes Gerührtsein.

(Hannah Arendt)

 

 

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La mort n’existe pas (Nathan Katz)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2016



La mort n’existe pas : tout est présence, éternellement
pas un battement de ton cœur ne peut se perdre
il continuera de retentir dans les jardins
quand déjà tu reposeras dans l’humidité de la terre

Ce qui criait en toi durant les longues nuits
continuera de vivre sous le couvert des hêtres
dans le souffle fiévreux des orages d’été

Et chaque élan d’amour de ton cœur
sera là, intact encore, au creux des nuits de mai
dans l’appel caressant des sombres feuillages

Tu peux penser ce que tu veux :
tout est présence,
éternellement.

(Nathan Katz)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Illustration: Carrie Vielle

 

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Une humidité lourde (Julien Gracq)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2015




Une humidité lourde traînait au ras du sol,
couvrant les moellons d’un drapé de mousse qui feutrait les bruits,
laissant tinter seulement le son très clair de l’eau
qui filtrait partout en ruisselets rapides sur les pierres,
dans l’égouttement nonchalant qui suinte d’une fin de bombardement ou d’incendie.

(Julien Gracq)

 

 

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MON AMI, TON COEUR… (François Mauriac)

Posted by arbrealettres sur 7 mars 2015



anneau rouillé

Mon ami, ton coeur est le vieux port déserté
Dont les vaisseaux ne viennent plus troubler le songe.
Les lourds anneaux de fer que l’humidité ronge
N’ont plus à retenir tous ceux qui l’ont quitté.
Ils sont partis, tous les vaisseaux… toutes les joies.
Et depuis, le soleil en vain brûle les quais,
En vain, le ciel des nuits, plein de rêves, s’éploie,
Tu songes à ceux-là qui se ,sont embarqués
Te laissant seul au bord de l’eau que le vent ride…

Pensent-ils quelquefois au port silencieux,
Que, délaissé par eux, il est demeuré vide,
Et que tu vis encor de leur dernier adieu… ?

(François Mauriac)

 

 

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