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Posts Tagged ‘humilier’

CHANSON POUR RIRE A DEUX (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 11 juin 2018



    

CHANSON POUR RIRE A DEUX

Le rire est dans l’eau. Sais-tu ce qu’il fait?
Il fait rire l’eau.

Il tient à être propre pour humilier les rires malheureux
qui n’ont ni savon ni eau mais des poux dans les cheveux.

Le rire est tout blanc.
On dirait un crabe apprivoisé.

Il fait un signe de la tête
— cela signifie, je crois, «Bonjour ».

Il me fait signe de la main
— cela veut dire, je crois, «Adieu ».

Il essaie de me fermer les yeux parce qu’il est pudique.
Ce n’est pas moi qui contrarierai le rire.

Il a bien failli, une fois,
se noyer.

(Edmond Jabès)

 

Recueil: Le Seuil Le Sable Poésies complètes 1943-1988
Traduction:
Editions: Gallimard

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Tu ne désespéreras pas (Dylan Thomas)

Posted by arbrealettres sur 25 mai 2018



Tu ne désespéreras pas
Si je t’ai blessée
Ou si j’ai rejeté ton amour;
Il y a un amour plus grand que le mien
Qui te réconfortera
Qui posera sur toi des mains plus douces.
Je ne suis plus pour toi Amitié et Beauté;
Ton corps ne me réjouit plus,
Ni la splendeur de ta noire chevelure,
Mais je ne t’humilie pas;
Tu seras prise à nouveau avec douceur
Et réconfortée de tendre larmes;
Tu seras aimée suffisamment.

***

You shall not despair

You shall not despair
Because I have forsaken you
Or cast your love aside;
There is a greater love than mine
Which can comfort you
And touch you with softer hands.
I am no longer
Friendly and beautiful to you;
Your body cannot gladden me,
Nor the splendor of your dark hair,
But I do not humiliate you;
You shall be taken sweetly again
And soothed with slow tears;
You shall be loved enough.

(Dylan Thomas)

 

 

 

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Mon coeur (Sadegh Hedayat)(Omar Khayam)

Posted by arbrealettres sur 17 mai 2018



    

Mon coeur, puisque ce monde est une illusion,
pourquoi t’humilier de tant de passion ?
Aie foi dans ton destin, supporte ta souffrance.
Tout est écrit : pour toi, nulle autre version.

(Sadegh Hedayat)(Omar Khayam)

 

Recueil: Les chants d’Omar Khayam
Traduction: M.F. Farzaneh et Jean Malaplate
Editions: José Corti

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Un jour paraît (Axel Toursky)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2018



 

Olivier Valsecchi i3

Un jour paraît où l’homme
se découvre soudain
extérieur à l’être
qu’il croyait enfermer.

Il reconnaît alors
quelle immense caverne
humilie une voix
qu’il prenait pour sa gloire.

Le vide qui m’entoure
m’a pris jusqu’à mon nom :
je suis exactement
ce que je ne suis pas.

(Axel Toursky)

Illustration: Olivier Valsecchi

 

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La beauté (Yves Bonnefoy)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2018



sorcière  [800x600]

La beauté

Celle qui ruine l’être, la beauté,
Sera suppliciée, mise à la roue,
Déshonorée, dite coupable, faite sang
Et cri, et nuit, de toute joie dépossédée
– O déchirée sur toutes grilles d’avant l’aube,
O piétinée sur toute route et traversée,
Notre haut désespoir sera que tu vives,
Notre cœur que tu souffres, notre voix
De t’humilier parmi tes larmes, de te dire
La menteuse, la pourvoyeuse du ciel noir,
Notre désir pourtant étant ton corps infirme,
Notre pitié ce coeur menant à toute boue.

***

Beauty

She who ruins being, beauty
Shall be tortured, broke on the wheel,
Dishonoured, found guilty, made into blood
And cry, and night, of all joy dispossessed –
O you, torn apart on iron gates before the dawn,
O you, trampled on every road and pierced,
Our high despair shall be to see you live,
Our heart that you may suffer, and our voice
To humiliate you in your tears, to name you
Liar, procuress of the darkened sky,
Yet your crippled body is our object of desire,
Our pity this heart leading only to mire.

(Yves Bonnefoy)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

 

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Je me souviens des longs tourments (Alexandre Blok)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2017



 

Illustration: Evaristo
    
Je me souviens des longs tourments :
La nuit se mourait aux fenêtres;
Elle se tordait les bras, son image
Luisait dans les rayons du jour.

Cette vie, fuyant, inutile,
Blessait, brûlait et humiliait:
Et tel un spectre se dressant,
Le jour profilait les coupoles;

Sous la fenêtre, plus pressant
Se faisait le pas des passants;
Et, dans l’eau grisâtre des flaques,
La pluie faisait des ronds.

Le matin n’en finissait pas…
La question vaine taraudait,
Et rien n’a résolu l’averse
De larmes folles du printemps.

(Alexandre Blok)

 

Recueil: Le Monde terrible
Traduction:Pierre Léon
Editions: Gallimard

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JE NE CROIS PAS… (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 6 janvier 2017



 

charbon

JE NE CROIS PAS…

Je ne crois pas aux étoiles
Qui jaillissent sous mes doigts
A la poussière de miracles
Qui me fait tousser parfois

Je dis honnêtement que je m’ennuie
Dans cette vie
Où chaque matin je dois réinventer
Que c’est la rose qui sent bon
Non le charbon
Que c’est la femme qui est belle
Non la poubelle

Où ma propre évidence
La seule en vérité
Ne me reste évidente
Qu’au prix de mouvements élémentaires
Et toujours à refaire
Qui me salissent et m’humilient.

(Jean Rousselot)

 

 

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Petite chanson pour le premier avril d’une fenêtre (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 13 octobre 2016



Les filles rient aux fenêtres
pour humilier les pelouses,
arrondir les coins des arbres,
délacer la montagne.

Les filles chantent aux fenêtres
pour tatouer la nuit,
poudrer la mer,
enflammer la fourmi.

Les filles pleurent aux fenêtres
pour noyer la pluie…

(Edmond Jabès)

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A l’auberge des gens heureux (Charles Vildrac)

Posted by arbrealettres sur 3 novembre 2015



A l’auberge des gens heureux
Tout est source et levain de joie
Jusqu’au pain sec, jusqu’à l’eau claire,
Que l’on soit dix, ou seul, ou deux,
Il n’est de propos, il n’est de sourire
Où l’esprit ne pointe, où le coeur n’affleure…

Or quelquefois on voit s’attabler
Un pas-heureux venu sur la foi de l’enseigne
Avec l’espoir d’y guérir de ses peines.
Mais ce qu’il mange avec effort
Lui répugne ou lui semble amer.
C’est en vain qu’il vide son verre:
Le vin ravive sa douleur.
Et s’il voit frémir sur le mur
Les feuillages d’or du soleil
C’est avec les yeux de l’exil.

Tout le gêne, l’offense ou l’humilie.
Il est comme un intrus à la fête d’autrui;
Ou comme au bal celui qui ne sait pas danser.
Vite il paie son écot, il faut qu’il parte,
Refoulant ses pleurs et plein de rancoeur.
C’est qu’en entrant à l’auberge attirante
Il n’a pas lu cette avis, sur la porte:

On est prié d’apporter son bonheur.

(Charles Vildrac)

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