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Poésie

Posts Tagged ‘icône’

Ah, tu croyais (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2019



Illustration: Edvard Munch

Ah, tu croyais que j’étais de celles
Qu’on peut oublier,
Que j’irais me jeter, pleurant, priant,
Sous les sabots de ton cheval blanc.

Que j’irais demander aux sorcières
Une racine trempée d’eau magique,
Et t’offrirais en cadeau maléfique
Mon précieux mouchoir parfumé.

Sois maudit. Pas un regard, pas une plainte,
Je ne toucherai pas à ton âme exécrée,
Mais je te jure par le jardin des anges,
Sur l’icône des miracles je le jure,
Et sur l’ardente ivresse de nos nuits —
Jamais vers toi je ne reviendrai.

(Anna Akhmatova)

Titre: L’églantier fleurit et autres poèmes
Traduction: Marion Graf et José-Flore Tappy
Editions: La Dogana

 

 

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SVETLA (Jean-Baptiste Para)

Posted by arbrealettres sur 12 octobre 2018




Illustration: Jeanie Tomanek
    
SVETLA

Des journées entières
je donne mon coeur au silence
et si je ferme les yeux je vois
un cyprès blanc auprès d’une source
une aire de sable où marchent les paons
un mouchoir mouillé de salive
la silhouette des saints
sur le fond d’or de l’icône
et ton visage qui se découpe
dans la lumière de ton nom.

Les yeux ouverts
tout a gardé
sa forme intacte.

(Jean-Baptiste Para)

 

Recueil: La faim des ombres
Traduction:
Editions: Obsidiane

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QUAND LES CORPS SERONT JUGES (Georges Themelis)

Posted by arbrealettres sur 6 août 2018



 

Júlia Fernández Sánchez 727

QUAND LES CORPS SERONT JUGES

Tu t’es présenté, tu es apparu dans la lumière
comme une icône.

Tu as vu beaucoup de soleils
Et tu ne les as pas comptés.

Le crépuscule et l’aube.

Tu as ouverts les yeux,
De grands yeux étonnés.

Tu as fait pousser des mains à la racine des ailes.

Tu as touché des fruits divers,
Beaucoup de pommes, des lys et des roses.

Tu portes la trace des clous.

Tu as marché sur la terre, tu as retenti
Dans le vide, dans le désert du temps,
Tu as émis un son, puis fait beaucoup de bruit.

Le soleil t’a vu, le vent t’a écouté et te fait vibrer.

Qui se portera témoin de ton sang,
Le sang qui a coulé et a teint
Le sommeil, le choses, la lumière.

Quand les corps seront jugés,
Ta poudre vaine sera pesée,
Ta pauvreté, ta nudité.

Ta tristesse est infinie et elle aura du poids.

(Georges Themelis)

Illustration: Júlia Fernández Sánchez

 

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Quand tu contemples une rose (Mahmoud Darwich)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2018



Quand tu contemples une rose
qui a blessé un mur et que tu te dis :
J’ai bon espoir de guérir du sable,
ton cœur verdit…

Quand, par une journée belle comme une icône,
tu accompagnes une femme au cirque
et que tu es convié à la danse des chevaux,
ton cœur rougit…

Quand tu comptes les étoiles, que tu te trompes
après la treizième et que tu t’assoupis
comme l’enfant
dans la bleuité de la nuit,
ton cœur blanchit…

Quand tu marches et
que tu ne
trouves pas
le songe
allant devant toi comme l’ombre,
ton cœur jaunit…

*

When You Gaze Long

When you gaze long at a rose
that has wounded a wall, you say to yourself:
I hop e for a cure ftom the sand.
Your heart turns green…

When you take a woman to the circus,
a woman whose day is lovely as an icon…
and you dismount like a guest to the horse’s prance.
your heart turns red…

When you count the stars, and make a mistake after
thirteen, and you doze like a child
in the blue of the night,
your heart turns white…

When you journey, and do not find the dream
that walks before you like a shadow,
your heart turns yellow…

(Mahmoud Darwich)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Illustration

 

 

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Je te promets qu’il n’y aura pas d’I verts (Luc Bérimont)

Posted by arbrealettres sur 22 décembre 2017



Je te promets qu’il n’y aura pas d’I verts
Il y aura des I bleus
Des I blancs
Des I rouges
Des I violets, des I marrons
Des I guanes, des I guanodons
Des I grecs et des I mages
Des I cônes, des I nattentions
Mais il n’y aura pas d’I verts

(Luc Bérimont)


Illustration

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ETOILE (Jacques Basse)

Posted by arbrealettres sur 30 juillet 2017




    
ETOILE

à demi dénudée une créature de rêve
parée de la « robe » et enfin prête
la toilette prévaut l’accessoire aide
le génie du styliste crée son modèle

avec art et dextérité il l’habille
même les étoiles en extase brillent
érigée en icône et la voici enfin
oser l’objet est désormais vain

dans ce monde de strass cloisonné de voile
elle y est devenue l’inaccessible étoile

(Jacques Basse)

 

Recueil: Le temps des Résonances
Editions: Rafaël de Surtis

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Cantate des oiseaux (Jacques Lacarrière)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2017



    

Cantate des oiseaux. Hosannah des icônes.

Elan byzantin des cyprès:
lever du jour sur l’Hymette.

(Jacques Lacarrière)

 

Recueil: Trois ménologues
Editions: Cheyne

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AUTOPORTRAIT (Heather Dohollau)

Posted by arbrealettres sur 11 décembre 2016



AUTOPORTRAIT

Je regarde celui qui me regarde
Et dans l’entre-deux
Cette toile de flammèches bleues
Je suis là icône éclairée
Par les mille cierges du jour
Avec dans les yeux la lueur ultime
D’un homme en dépouille d’étoile

(Heather Dohollau)

Illustration

 

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En quel singulier espace doit-on se séparer de soi-même? (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 10 décembre 2016



Apprentis distants
du plus proche,
connaisseurs de la rose
qui ne peuvent la respirer,
vivants d’une vie
qui se consume en se vivant,
lanceurs d’un filet
qui se retourne et les capture,
voyageurs d’une distance qui n’existe pas.

Pourquoi commencer
si tout débute
où ils finissent ?
Pourquoi ouvrir la porte
ou pourquoi la fermer
s’il y a toujours à sa place quelque chose d’immobile,
une icône impénétrable
qui ne change pas dans l’ouvert et le fermé?

Est-il aussi des roues dont le destin est de ne pas tourner,
de l’eau dont le sens n’est pas de mouiller,
des vents dont l’objet n’est pas de souffler,
du feu dont la fonction n’est pas de brûler?

Si le plus haut consiste
à n’être pas ce qu’on est,
en quel singulier espace
doit-on se séparer de soi-même?

(Roberto Juarroz)


Illustration: Île Nancy

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EN BIEN OU PAS (André Velter)

Posted by arbrealettres sur 9 novembre 2016



jaisalmer-25

EN BIEN OU PAS

Les terres vides
Les mirages qui dispersent leurs trésors
Une danse sans danseurs
Un silence où monte une inquiétude
Juste un reste de fatigue
Et une ombre qui pleure

Quelque chose vacille dans mes os
C’est toujours le même appel
Le même sursaut
Qui porte ce que je suis à la limite extrême
Où moins je me ressemble
Où moins je me rassemble

Un soleil de fortune
M’a tiré par la main
On fredonne ce refrain
Sans illusion aucune
Qui voudrait d’un sursis
D’un an ou deux à la sauvette
Là-bas les équipages sentent le suint et le cuir
L’indécence gracieuse et le sang
Une sauvagerie en bien ou pas
Qui n’a jamais peur de sa perte

La course à l’arraché est ainsi
Où tombent les vieilles lunes une à une
Un tour de planète ébloui
Un soir de plus à Jaisalmer
Comme on reçoit tendrement la foudre
Au pied d’une icône incendiaire

(André Velter)

 

 

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