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Posts Tagged ‘(Ida Faubert)’

Soir tropical (Ida Faubert)

Posted by arbrealettres sur 26 mars 2019



 

palmiers

Soir tropical

Le soir est lumineux; le soir est tendre et beau.
Le soleil s’est éteint; la lune est sur les roses.
Une langueur pénètre au coeur même des choses…
Et les grands palmiers noirs rêvent au bord de l’eau.

Les jasmins ont mêlé leurs branches étoilées
Aux lianes en fleurs. L’haleine de l’été
Caresse les fruits lourds. La grave volupté
Laisse traîner son voile au détour des allées.

Là-bas, sur le chemin, pas un chant, pas un bruit.
Rien ne trouble la paix d’un bonheur qu’on écoute…
Viens sentir les parfums sur le bord de la route,
Et respirer mon âme éparse dans la nuit.

(Ida Faubert)

 

 

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Séparation (Ida Faubert)

Posted by arbrealettres sur 5 février 2018



 

Asit Kumar Patnaik 1968 - Indian painter -   (8)

Séparation

Et puis, tu t’en iras. Je te verrai partir
Et je suivrai des yeux la voile qui t’emmène,
Retenant mes sanglots pour ne pas défaillir
Sous le poids accablant de mon immense peine.

Tu t’en iras! Nos mains se désenlaceront,
Et nous ne vivrons plus les minutes divines,
Où, si près l’un de l’autre et ton front sur mon front,
Nous entendions nos coeurs bondir dans nos poitrines.

Et devant ma douleur tu seras impuissant,
Toi, qui fus mon amour, ma joie et ma folie,
Et tu vas emporter la chaleur de mon sang,
Car je t’ai tout donné de ce qui fut ma Vie !

(Ida Faubert)

Illustration: Asit Kumar Patnaik

 

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Chanson triste à deux voix (Ida Faubert)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2018



 

Ferdinand Hodler the-dream-1897.jpg!HD

Chanson triste à deux voix

Tout au fond du grand jardin noir
Que l’aile de la nuit effleure,
Le vent gémit son désespoir…
— Mais non, c’est mon âme qui pleure.

Dans la brume la ville dort,
Et là-bas, là-bas sur la route,
Entendez-vous? il pleut encor…
— C’est mon sang qui fuit goutte à goutte.

J’ai peur! Au creux du soir glacé,
Écoutez hurler la rafale.
Sans doute la mort a passé…
— Non, non, non! c’est mon coeur qui râle.

(Ida Faubert)

Illustration: Ferdinand Hodler

 

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Confiance (Ida Faubert)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2017



 

Asit Kumar Patnaik 1968 - Indian painter

Confiance

Ils s’aiment en silence, et leur coeur se consume;
En attendant toujours l’instant qui doit venir.
Ils souffrent, mais pourtant ils n’ont pas d’amertume,
Ils savent que demain leur tourment va finir.

Ils savent que demain les Heures merveilleuses
Viendront sonner pour eux la fête de l’Amour
Et qu’Elles souriront aux belles amoureuses
Qui pleurent dans la nuit en espérant le jour.

Et dans le soir, fiévreusement, leurs bras se tendent
Bien qu’ils soient séparés, ils se parlent tout bas.
Ils disent doucement que leurs âmes s’attendent,
Et qu’il est des amours que l’on ne détruit pas.

(Ida Faubert)

Illustration: Asit Kumar Patnaik

 

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Pour Jacqueline (Ida Faubert)

Posted by arbrealettres sur 30 août 2017



 

Francis Picabia -   (1)

Pour Jacqueline

Qu’on parle tout bas; la petite est morte.
Ses jolis yeux clairs sont clos pour jamais,
Et voici déjà des fleurs qu’on apporte…
Je ne verrai plus l’enfant que j’aimais.

Je rêve, sans doute, et l’enfant sommeille;
Pourquoi, près de moi, dit-on qu’il est mort
Pas de bruit surtout, que rien ne l’éveille,
Ne voyez-vous pas que ma fille dort?

Mais elle a gardé la bouche entr’ouverte,
Sa joue est bien pâle et son front glacé,
Son petit corps semble une chose inerte…
Agenouillez-vous, la Mort a passé.

Alors, c’est fini! Tes prunelles closes
Jamais ne verront le ciel rayonnant,
Tu dors pour toujours au milieu des roses,
Toi mon sang, ma chair, ô toi, mon enfant !

Je ne verrai plus ton joli sourire,
Jamais tes regards ne me chercheront,
Tes petites mains qu’on croirait de cire,
Jamais, plus jamais ne me toucheront.

Adieu, mon amour, adieu, ma jolie:
Je n’entendrai plus ton rire joyeux.
Ah! comment guérir ma triste folie;
Comment vivre encore ! je n’ai plus tes yeux.

Et voici soudain qu’on ouvre la porte…
On t’arrache à moi, mon ange adoré,
Mais dans le cercueil, afin qu’on l’emporte,
Près du tien j’ai mis mon coeur déchiré.

Oh! ne parlez plus, la petite est morte…

(Ida Faubert)

Illustration: Francis Picabia

 

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