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Posts Tagged ‘idéale’

Non, mes heures idéales ne tiennent pas (Juan Ramón Jiménez)

Posted by arbrealettres sur 16 mars 2019



Moonlight installation.

Non, mes heures idéales
ne tiennent pas — non ! —
en mon jour matériel !

Non ! il ne m’est pas possible
de couper la rose de feu,
de la réduire aux limites
que fixe l’implacable horloge !

Si ma vie toute entière
n’est rien d’autre qu’une heure ;
et si seule l’éternité
pouvait être mon soir ou mon matin !

***

¡No, si no caben mis horas
ideales en las horas
de mi día material!

¡Si no es posible que corte
la rosa de fuego, hasta
dejarla justa en los límites
que le da el reló implacable!

¡Si mi vida enteras es
sólo una hora; y tan sólo
podría la eternidad
ser mi mañana o mi tarde!

(Juan Ramón Jiménez)

Illustration: Kristoffer Zetterstrand

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Invitation au voyage (Attila Jozsef)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2018



Invitation au voyage

Sur les rythmes discrets
Des ondes ancestrales,
Que ne puis-je, fillette, emporter tous tes traits!
Tes beautés idéales!
De loin s’en vient la vague au murmure assourdi
Qu’on entend jusqu’ici.

Cernant ton ombre douce
Au contour éthéré,
Le clapotis imprime une faible secousse

A mon bateau paré.
Et le port virginal de la beauté lointaine
M’ouvre grand son domaine.

Viens, montre-moi ton art.
Ta grâce et ton jeune âge
Puissent-ils embellir pour une large part
Son céleste rivage!
Son rempart, fléchis-le de ton regard câlin.
Fais qu’il soit moins hautain.

Viens. Vois, sur notre route,
Le phare incandescent
De mon rêve irisé, superbe… que j’écoute…
Quand, mon désir naissant,
Son éclat argenté tâche de te rejoindre…
Le soir. Viens. Sans rien craindre.

Pourquoi donc rester là?
Tu viens ou je t’enlève.
Pourquoi donc différer? Décide-toi. Suis-moi.
Ma volonté, sans trêve,
Se jouera de l’écueil de ta sotte pudeur,
Dissoudra ta froideur.

(Attila Jozsef)


Illustration: Antoine Watteau

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La vie idéale (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2018


 


Giuseppe Pellizza da Volpedo      ronde rl

La vie idéale

Une salle avec du feu, des bougies,
Des soupers toujours servis, des guitares,
Des fleurets, des fleurs, tous les tabacs rares,
Où l’on causerait pourtant sans orgies.

Au printemps lilas, roses et muguets,
En été jasmins, oeillets et tilleuls
Rempliraient la nuit du grand parc où, seuls
Parfois, les rêveurs fuiraient les bruits gais.

Les hommes seraient tous de bonne race,
Dompteurs familiers des Muses hautaines,
Et les femmes, sans cancans et sans haines,
Illumineraient les soirs de leur grâce.

Et l’on songerait, parmi ces parfums
De bras, d’éventails, de fleurs, de peignoirs,
De fins cheveux blonds, de lourds cheveux noirs,
Aux pays lointains, aux siècles défunts.

(Charles Cros)

Illustration: Giuseppe Pellizza da Volpedo

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SONNET CABALISTIQUE (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 12 avril 2017



 

Charles Edward Perugini  c3b_z

SONNET CABALISTIQUE

Dans notre vie âcre et fiévreuse
Ta splendeur étrange apparaît,
Phare altier sur la côte affreuse ;
Et te voir est joie et regret.

Car notre âme que l’ennui creuse
Cède enivrée à ton attrait,
Et te voudrait la reine heureuse
D’un monde qui t’adorerait.

Mais tes yeux disent, Sidonie,
Dans leur lumineuse ironie
Leur mélancolique fierté,

Qu’à ton front, d’où l’or fin rayonne,
Il suffit d’avoir la couronne
De l’idéale royauté.

(Charles Cros)

Illustration: Charles Edward Perugini

 

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Sonnet aux Poètes (José-Maria de Heredia)

Posted by arbrealettres sur 2 juillet 2016



Il faut fuir les sentiers frayés par le Vulgaire,
Poète, il faut lever plus haut votre regard;
Sans souci des humains, votre âme solitaire,
Doit donner sa ferveur et son amour à l’art.

Que peut vous importer la faveur populaire?
La fortune est un jeu; la gloire est un hasard;
La popularité n’est qu’une ombre éphémère;
Vous aurez, ô poète, une meilleure part.

Vous aimerez d’amour la sublime science,
Votre gloire sera votre conscience,
Et vous serez heureux de votre obscurité:

Car c’est une secrète et noble volupté
De pouvoir sans témoin, enivré d’espérance,
Contempler dans son coeur l’idéale Beauté.

(José-Maria de Heredia)

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L’Etoile de Vénus (VI) (José-Maria de Heredia)

Posted by arbrealettres sur 21 avril 2016



Jeunesse ,dévouement, amour, virginité
Qui de nous à seize ans n’a fixé dans un être
Ce rêve de ses nuits? Quel coeur n’a palpité
A ces premiers élans souvent sans se connaître.

Lorsque dans notre coeur l’amour venait de naître
En serrant dans nos bras l’idéale beauté
N’avons-nous pas senti le monde disparaître
Et ne croyions-nous pas à son Eternité?

Il est doux de songer plus tard à ce délire
Et de se souvenir après avoir aimé
Et d’entendre vibrer les cordes de la lyre

Il nous semble revivre à ce souffle embaumé
C’est l’intime plaisir que l’on trouve à relire
Un livre préféré depuis longtemps fermé.

(José-Maria de Heredia)

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Siramour (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 22 novembre 2015



 

Siramour

Semez, semez la graine
Aux jardins que j’avais.
Je parle ici de la sirène idéale et vivante,
De la maîtresse de l’écume et des moissons de la nuit
Où les constellations profondes comme des puits grincent de toutes
leurs poulies et renversent à pleins seaux sur la terre et le sommeil
un tonnerre de marguerites et de pervenches.
Nous irons à Lisbonne, âme lourde et coeur gai
Cueillir la belladone aux jardins que j’avais.
Je parle ici de la sirène idéale et vivante,
Pas la figure de proue mais la figure de chair,
La vivante et l’insatiable,
Vous que nul ne pardonne,
Âme lourde et coeur gai,
Sirène de Lisbonne,
Lionne rousse aux aguets.
Je parle ici de la sirène idéale et vivante.
Jadis une sirène
A Lisbonne vivait.
Semez, semez la graine
Aux jardins que j’avais.

Que Lisbonne est jolie.
La fumée des vapeurs
Sous la brise mollie
Prend des formes de fleurs.

Nous irons à Lisbonne
Âme lourde et coeur gai,
Vous que nul ne pardonne,
Lionne rousse aux aguets.

(Robert Desnos)

Illustration

 

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RETOUCHE A LA CITE IDÉALE (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 27 août 2015



 

Micheline Boyadjian [1280x768]

RETOUCHE A LA CITE IDÉALE

Architecture sans cris
les hommes sont au foirail
le feu du silence
sous les arcades
regarde son reflet dans la fontaine
le pas du ciel
nuages sur les dalles
éveille dans les mains d’un marbre
un bel oiseau d’argile

(Daniel Boulanger)

Illustration: Micheline Boyadjian

 

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