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Poésie

Posts Tagged ‘idée’

QUAND JE FERME LES YEUX… (Louis Delorme)

Posted by arbrealettres sur 21 octobre 2021




Quand je ferme les yeux, je crois voir des étoiles
Comme si, dans mon crâne, était un univers,
Ressemblant à celui qui nous est découvert
Quand la nuit chaque soir en déchire les voiles.

A qui notre intellect a-t-il servi de toile
Pour que, dans la pensée, se fasse le transfert ?
Irréel et réel vont souvent de concert,
Nous sommes imprégnés des deux jusqu’à la moelle ;

Tous deux sont bien présents, prompts à nous égarer
Si bien que nous avons du mal à séparer
Quelquefois ce qui est de ce qu’on imagine.

Le monde n’est perçu qu’à travers l’instrument :
Télescope géant ou lunette marine,
Avons-nous bien idée de notre dénuement ?

(Louis Delorme)

Illustration: Josephine Wall

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Les sirènes (Christophe Maé)

Posted by arbrealettres sur 11 octobre 2021



Illustration: Frederic Leighton
    
Les sirènes

Tel un Jack Sparrow, je remonte mes manches
J’assure pas, j’assure plus, sans mon verre sur la planche
Tel un Jack de trop, du dimanche au dimanche
J’assume pas, non j’assume plus, je ne suis plus étanche

C’est pas la mer à boire tu sais, juste un peu d’eau salée
Solo, et soûlé, sur mon îlot isolé
J’ai des idées noires tu sais, une mouche dans un verre de lait
Même si je perds la mémoire, je bois pour oublier

Et j’entends les sirènes
Résonner au loin
Elles vont, elles viennent
Chercher les marins
Et j’entends les sirènes
Dans la tempête au loin
Avec la vie que je mène
Elles viendront pour moi demain

Tel un Jack Sparrow, je remonte les marches
Je les servais les mecs comme moi tu sais, dans ma chemise blanche
À trinquer un peu trop, perroquet sur la planche
Mon rein a coulé comme un radeau qui prend l’eau, et qui flanche

C’est pas la mer à boire tu sais, juste un peu d’eau salée
Sous l’eau, et soûlé, sur mon îlot isolé
J’ai des idées noires tu sais, une mouche dans un verre de lait
Même si je perds la mémoire, je bois pour oublier

Et j’entends les sirènes
Résonner au loin
Elles vont, elles viennent
Chercher les marins
Et j’entends les sirènes
Dans la tempête au loin
Avec la vie que je mène
Elles viendront pour moi demain

J’entends les sirènes
J’ai plongé profond
Ma tristesse est comme la mer
Elle n’a pas de fond

Tel un Jack Sparrow, je rabaisse mes manches

(Christophe Maé) (Paul Ecole)

 

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UN ÉTERNEL ÉTAT DE RÊVE (Egon Schiele)

Posted by arbrealettres sur 22 août 2021




    
UN ÉTERNEL ÉTAT DE RÊVE

plein du plus délicieux trop-plein de vie —
sans repos, — aux effrayantes douleurs au-dedans, dans l’âme.—
Flamboie, brûle, grandit pour devenir combat, —
spasme au coeur.
Soupeser — et, follement, bouge d’un désir brûlant. —
Impuissante est la torture de la pensée,
vaine pour atteindre des idées. —
Parle la langue du Créateur et donne. —
Démons ! Brisez la violence ! —
Votre langue, — vos signes, — votre puissance.

AUTOPORTRAIT

***

EIN EWIGES TRÄUMEN

voll süßesten Lebensi berschuß —
rastlos, — mit bangen Schmerzen innen, in der Seele. —
Lodert, brennt, wachst nach Kampf —
Herzenskrampf
Wägen — und wahnwitzig rege mit aufgeregter Lust. —
Machtlos ist die Qual des Denkens,
sinnlos, um Gedanken zu reichen. —
Spreche die Sprache des Schöpfers und gebe. —
Dämone ! Brecht die Gewalt ! —
Eure Sprache, — Eure Zeichen, — Eure Macht.

SELBSTBILDNIS

(Egon Schiele)

 

Recueil: Moi, éternel enfant
Traduction:Nathalie Miolon
Editions: Comp’act

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JOIE ET PEINE (Harry Martinson)

Posted by arbrealettres sur 15 juin 2021




    
JOIE ET PEINE

Toute peine profonde a pour objet une joie perdue.
Ne perds pas cette idée de vue.
Ne laisse pas la peine oublier sa raison d’être.
La peine est le plus bel hommage à rendre à la joie.

(Harry Martinson)

 

Recueil: Le livre des cent poèmes
Traduction: Traduit du suédois par Caroline Chevallier et Philippe Bouquet
Editions: Cénomane

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Deux enfants dans un champ de blé (Harry Martinson)

Posted by arbrealettres sur 15 juin 2021




    

Deux enfants dans un champ de blé
jouent avec l’idée
de pouvoir, du regard,
grimper en haut des épis.
Leurs yeux s’en vont vite à l’aventure
sur les ondes du soleil dans ce lac de blé miroitant.
Marcher sur l’eau n’est certes pas facile
mais escalader des épis
qui brillent au soleil
c’est encore autre chose.
Or, pour y parvenir,
il suffit de promener le regard
et feindre d’être vent
ou papillon.

(Harry Martinson)

Recueil: Le livre des cent poèmes
Traduction: Traduit du suédois par Caroline Chevallier et Philippe Bouquet
Editions: Cénomane

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Ta chambre intérieure est un lieu de pauvreté (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2021



Il te faut de la pauvreté
Dans ton domaine.

C’est comme ce besoin qu’on peut avoir
D’un mur blanchi à la chaux.

Une richesse, une profusion
De mots, de phrases, d’idées

T’empêcheraient de te centrer,
D’aller, de rester

Là où tu veux,
Où tu dois aller

Pour ouvrir,
Pour recueillir.

Ta chambre intérieure
Est un lieu de pauvreté.

(Guillevic)

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Oui le travail qui se poursuit à l’intérieur de la forge (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 18 février 2021



Illustration:  Louis Toffoli
    
à Paco Ojeda

Oui
le travail qui se poursuit
à l’intérieur de la forge
ne doit jamais s’interrompre

entretenir le feu
lui fournir
ce qu’il lui faut
porter au rouge

pour assouplir
l’idée
faire éclater
la pierre des mots
pour obtenir
cette lave
où idées et mots
se rejoignent
se compénètrent

attente
ascèse
de la solitude

coulent les mots
qui s’agrègent
trouvent leur place
dans l’édifice

(Charles Juliet)

 

Recueil: Moisson
Traduction:
Editions: P.O.L.

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MÉTAPHYSIQUE (Nuno Jùdice)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2021




    
MÉTAPHYSIQUE

La tasse de café devant lui, il allume
une cigarette. Ne veut rien savoir de l’inspiration
des vers de hasard, des destinations aussi vagues
que le cours des fleuves. Il est probable
que le temps ne l’effraie pas; que la mort
ne soit, pour lui, pas davantage qu’une
idée sans réalité visible ; que
ses yeux ne laissent rien transparaître
qu’une vie abstraite coïncidant
avec l’âme. Parfois, il pense à répondre
aux questions qui lui sont posées. Mais
il ajourne ces moments. Il préfère maintenir
la silencieuse obstination du présent,
comme s’il durait, et que le café
n’avait pas refroidi dans sa tasse.

(Nuno Jùdice)

 

Recueil: Un chant dans l’épaisseur du temps suivi de méditation sur des ruines
Traduction: Michel Chandeigne
Editions: Gallimard

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Si seulement il y avait quelqu’un (Ishikawa Takuboku)

Posted by arbrealettres sur 30 décembre 2020



    

Si seulement il y avait quelqu’un
qui en pensant à moi me gronderait tant et plus.
Quelle idée, vraiment !

***

(Ishikawa Takuboku)

 

Recueil: Le jouet triste
Traduction: Jérôme Barbosa et Alain Gouvret
Editions: Arfuyen

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Quelle tablée (Ishikawa Takuboku)

Posted by arbrealettres sur 30 décembre 2020




    
Le mari tout à son idée de voyage !
l’épouse en colère, l’enfant en pleurs !
quelle tablée pour un matin !

***

(Ishikawa Takuboku)

 

Recueil: Le jouet triste
Traduction: Jérôme Barbosa et Alain Gouvret
Editions: Arfuyen

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