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Poésie

Posts Tagged ‘identique’

AVENTURE (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 17 avril 2019




    
AVENTURE

Était-ce hier ou clans un temps lointain ?

La vibration de l’air à peine on l’entendait
(C’était le cri de l’alouette invisible)

J’étais seul, habité par une multitude muette
où grondait la colère des mauvais jours.

Dans cette large plaine coulait sans doute un fleuve
et au-delà pâlissaient les montagnes mais on ne les voyait pas

Le reflet de ma peine
identique à ma joie
plongeait dans les ténèbres vides.

Quelqu’un passa, ou quelque chose
« Qui est là ? » — demandai-je

Nul ne répondit.
Mais une feuille tomba

et le rideau s’entrouvrit
sur le paisible abîme de mes jours.

(Jean Tardieu)

 

Recueil: L’accent grave et l’accent aigu
Traduction:
Editions: Gallimard

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Fleurs (Fernando Pessoa)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2018




Fleurs que je cueille, fleurs que je laisse,
Identique est votre destin.

Chemin que je fraie, tu t’achèves
Où je m’achèverai, je ne sais où.

Nous ne sommes rien qui vaille –
Et ce rien est moins que rien.

(Fernando Pessoa)

 

 

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Soyez ce que vous voudriez avoir l’air d’être (Lewis Carroll)

Posted by arbrealettres sur 28 juin 2018




    
Soyez ce que vous voudriez avoir l’air d’être ;
ou, pour parler plus simplement :

Ne vous imaginez pas être différente
de ce qu’il eût pu sembler à autrui
que vous fussiez ou eussiez pu être
en restant identique à ce que vous fûtes
sans jamais paraître autre que vous n’étiez
avant d’être devenue ce que vous êtes.

(Lewis Carroll)

 

Recueil: Alice au Pays des Merveilles / De l’autre côté du Miroir
Traduction:
Editions: Folio

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Qui je peux bien être ? (Lewis Carroll)

Posted by arbrealettres sur 28 juin 2018




    
Est-ce que, par hasard,
on m’aurait changée au cours de la nuit ?

Réfléchissons :
étais-je identique à moi-même lorsque je me suis levée ce matin ?

Je crois bien me rappeler
m’être sentie un peu différente de l’Alice d’hier.

Mais, si je ne suis pas la même,
il faut se demander alors
qui je peux bien être ?

Ah, c’est là le grand problème !

(Lewis Carroll)

 

Recueil: Alice au Pays des Merveilles / De l’autre côté du Miroir
Traduction:
Editions: Folio

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Dans le temps il est un autre temps (Octavio Paz)

Posted by arbrealettres sur 21 avril 2018



Dans le temps il est un autre temps
immobile
sans heures ni ombre ni poids
sans passé ni futur
seulement vivant
comme le vieux du banc
unique identique perpétuel
Jamais nous ne le voyons
C’est la transparence

(Octavio Paz)

Illustration

 

 

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Les sénégalis (Pierre Garnier)

Posted by arbrealettres sur 14 avril 2018



Illustration  
    
les sénégalis
identiques aux violettes,
aux myosotis, aux étoiles.

(Pierre Garnier)

 

Recueil: Ornithopoésie
Traduction:
Editions: Des Vanneaux

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Nocturne entre les musaraignes (Luis Cernuda)

Posted by arbrealettres sur 29 décembre 2017



&

Illustration: Antoine Picard
nbsp;   
Nocturne entre les musaraignes

Corps de pierre, corps triste
Entre laines comme murs d’univers,
Identique aux races à leur anniversaire,
Aux édifices les plus innocents,
Aux cataractes les plus pudiques,
Blanches comme la nuit, tandis que la montagne
Déchiquète des formes en folie
Déchiquète comme doigts les douleurs,
Les joies comme des ongles.

Ne savoir où aller, où revenir,
En quête de vents pieux
Détruisant les rides du monde,
Bénissant les désirs coupés à la racine
Avant de donner leur fleur,
Leur fleur grande comme un enfant.

Les lèvres désirent cette fleur
Dont le poing, baisé par la nuit,
Ouvre les portes de l’oubli lèvre après lèvre.

***

Nocturno entre las musarañas

Cuerpo de piedra, cuerpo triste
Entre lanas con muros de universo,
Idéntico a las razas cuando cumplen años,
A los más inocentes edificios,
A las más pudorosas cataratas,
Blancas como la noche, en tanto la montaña
Despedaza formas enloquecidas,
Despedaza dolores como dedos,
Alegrías como uñas.

No saber donde ir, donde volver,
Buscando los vientos piadosos
Que destruyen las arrugas del mundo,
Que bendicen los deseos cortados a raíz
Antes de dar su flor,
Su flor grande como un niño.

Los labios quieren esa flor
Cuyo puño, besado por la noche,
Abre las puertas del olvido labio a labio.

(Luis Cernuda)

 

Recueil: Un fleuve, un amour
Traduction: Jacques Ancet
Editions: Fata Morgana

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La conscience identique (Philippe Omsil)

Posted by arbrealettres sur 27 octobre 2017



Le coeur d’enfant
est du coeur d’arbre
la même extase.

L’un, cette obstination de courage vain
à détourner le cours de la vie,
à renouveler sans cesse son étincelle.

L’autre, cet abandon à la nuit
de tout songe sans un cri,
sans même un murmure.

La conscience identique.

(Philippe Omsil)


Illustration

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À LA MÈRE (Mario Luzi)

Posted by arbrealettres sur 13 septembre 2017



Illustration: Guy Baron
    
UNE LIBATION

À LA MÈRE

Peut-être, rompu le mystère, dans la lueur
de mon souvenir paraîtras-tu une ombre,
un rien vêtu de douleur.
Toi, la même, toi comme jamais :

le paysage seul changera de couleur.
Dans une nuée de cendre et de soleil,
identique, mais proche de la blancheur
du ciel tu passeras sans un mot.

Je te verrai subsister dans le vague
des regards le soir, dans le retard
des feux qui s’éteignent en une aiguille
de lumière rouge où tremble le regard.

***

UN BRINDISI

ALLA MADRE

Forse, infranto il mistero, nel chiarore
del mio ricordo un’ombra apparirai,
un nonnulla vestito di dolore.
Tu, non diversa, tu come non mai :

solo il paesaggio muterà colore.
In un nembo di cenere e di sole
identica, ma prossima al candore
del cielo passerai senza parole.

Io ti vedrò sussistere nel vago
degli sguardi serali, nel ritardo
dei fuochi che si spengono in un ago
di luce rossa a cui trema lo sguardo.

(Mario Luzi)

 

Recueil: Dans l’oeuvre du monde
Traduction: Philippe Renard, Bernard Simeone
Editions: Editions Unes

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Jour de réconciliation (Gerrit Achterberg)

Posted by arbrealettres sur 16 mars 2017



Jour de réconciliation

Le saint survient. J’ai touché
les frontières de Dieu et de l’homme et de l’animal.
Le voile se fend. Le saint est là.
Le saint des saints s’éveille

Je suis rendu identique à vous.
Vie et mort ne sont plus entrebâillés.
Les parois des quatre régions célestes
pivotent et s’ouvrent. Vous êtes décrochée

du papier qui vous tenait liée
aux lettres, qui étaient rassemblées
pour ce qu’elles savent de vous diversement ;

jeu par soi-même animé en bruissant
jusqu’à tant de feu, que nulle fibre ne reste
entre ce qui est et ce qui écrit là-dessus.

***

Verzoendag

Het heilige gebeurt. Ik heb graakt
grenzen van God en mens en dier.
Voorhangsel scheurt. Het heilige is hier.
Het heilige der heilige ontwaakt.

Ik word geheel met u gelijk gemaakt.
Leven en dood staan niet meer op een kier.
De wanden draaien open van de vier
hemelgewesten. Gij zijt losgehaakt

van het papier, dat u gebonden hield
aan lettertekens, die tesamen stonden
om wat zij wisselend van u bevonden ;

spei door zichzelve ritselend bezield
tot zoveel vuur, dat er geen vezel blijft
tussen wat is en wat er over schrijft.

(Gerrit Achterberg)

Illustration : Sandrine Genet

 

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