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Poésie

Posts Tagged ‘idole’

Petite chapelle (Jules Laforgue)

Posted by arbrealettres sur 8 mai 2019



Petite chapelle

Peuples du Christ, j’expose,
En un ostensoir lourd,
Ce coeur meurtri d’amour
Qu’un sang unique arrose.

Ardente apothéose,
Mille cierges autour
Palpitent nuit et jour
Dans une brume rose.

Ainsi que, jour et nuit,
Se lamentent vers lui,
Comme vers leur idole,

Les coeurs crevés venus
Pour ces maux inconnus
Dont rien, rien ne console.

(Jules Laforgue)

Illustration: ArbreaPhotos

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Les après-midi d’automne (Jules Laforgue)

Posted by arbrealettres sur 25 avril 2019



Les après-midi d’automne

Oh! les après-midi solitaires d’automne!
Il neige à tout jamais. On tousse. On n’a personne.
Un piano voisin joue un air monotone;
Et, songeant au passé béni, triste, on tisonne.

Comme la vie est triste! Et triste aussi mon sort.
Seul, sans amour, sans gloire! et la peur de la mort!
Et la peur de la vie, aussi! Suis-je assez fort?
Je voudrais être enfant, avoir ma mère encor.

Oui, celle dont on est le pauvre aimé, l’idole,
Celle qui, toujours prête, ici-bas nous console!…
Maman! Maman! oh! comme à présent, loin de tous,

Je mettrais follement mon front dans ses genoux,
Et je resterais là, sans dire une parole,
À pleurer jusqu’au soir, tant ce serait trop doux.

(Jules Laforgue)


Illustration

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LES SONGES DE L’INANIMÉ (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 17 avril 2019




    
LES SONGES DE L’INANIMÉ

Le vagabond des millions d’années
l’Inanimé
s’efforce Il monte il trébuche à travers
le va-et-vient l’affiche lumineuse
des nuits et des jours.

ll s’approche il monte, l »Inanimé, le vagabond,
il heurte de son bâton
les bords du chemin éboulé
ll peine il gémit il s’efforce
d’être un jour ce qu’il rêve,
de prendre vie.,
de troquer l’insensible contre la douleur
d’échanger l’innombrable
contre l’unique,
contre un destin.

Futur empereur future idole
le caillou vagabond
limé couturé par l’embrun
veut gravir les degrés prendre figure
faire éclore sur sa face camuse
une bête qui brame
un philosophe qui bougonne
un saint qui se tait
un dieu qui souffre et qui meurt

(Jean Tardieu)

 

Recueil: L’accent grave et l’accent aigu
Traduction:
Editions: Gallimard

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Chanson d’exil (François Coppée)

Posted by arbrealettres sur 2 janvier 2019



 

Chanson d’exil

Triste exilé, qu’il te souvienne
Combien l’avenir était beau,
Quand sa main tremblait dans la tienne
Comme un oiseau,

Et combien ton âme était pleine
D’une bonne et douce chaleur,
Quand tu respirais son haleine
Comme une fleur !

Mais elle est loin, la chère idole,
Et tout s’assombrit de nouveau ;
Tu sais qu’un souvenir s’envole
Comme un oiseau ;

Déjà l’aile du doute plane
Sur ton âme où naît la douleur ;
Et tu sais qu’un amour se fane
Comme une fleur.

(François Coppée)

 

 

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Salut en l’immortalité ! (Baudelaire)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2018



 

Anne-Marie Zilberman  (26)

Salut en l’immortalité !

A la très chère, à la très belle
Qui remplit mon coeur de clarté,
A l’ange, à l’idole immortelle,
Salut en l’immortalité !

Elle se répand dans ma vie
Comme un air imprégné de sel,
Et dans mon âme inassouvie
Verse le goût de l’éternel.

Sachet toujours frais qui parfume
L’atmosphère d’un cher réduit,
Encensoir oublié qui fume
En secret à travers la nuit,

Comment, amour incorruptible,
T’exprimer avec vérité ?
Grain de musc qui gis, invisible,
Au fond de mon éternité !

A la très bonne, à la très belle
Qui fait ma joie et ma santé,
A l’ange, à l’idole immortelle,
Salut en l’immortalité !

(Baudelaire)

Illustration: Anne-Marie Zilberman

 

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Lorsque le palais de la nuit illuminera sa beauté (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 12 novembre 2018




lorsque le palais de la nuit
illuminera sa beauté
nous ferons jouer les miroirs
jusqu’à ce que nos visages chantent comme des idoles

(Alejandra Pizarnik)

Illustration: Paul Klee

 

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Laisse-nous pleurer (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2018



Carrie Vielle (5)

Laisse-nous pleurer

Toi qui ris de nos coeurs prompts à se déchirer,
Rends-nous notre ignorance, ou laisse-nous pleurer !
Promets-nous à jamais le soleil, la nuit même,
Oui, la nuit à jamais, promets-la-moi ! Je l’aime,
Avec ses astres blancs, ses flambeaux, ses sommeils,
Son rêve errant toujours et toujours ses réveils,
Et toujours, pour calmer la brûlante insomnie,
D’un monde où rien ne meurt l’éternelle harmonie !

Ce monde était le mien quand, les ailes aux vents,
Mon âme encore oiseau rasait les jours mouvants,
Quand je mordais aux fruits que ma soeur, chère aînée,
Cueillait à l’arbre entier de notre destinée ;
Puis, en nous regardant jusqu’au fond de nos yeux,
Nous éclations d’un rire à faire ouvrir les cieux,
Car nous ne savions rien. Plus agiles que l’onde,
Nos âmes s’en allaient chanter autour du monde,
Lorsqu’avec moi, promise aux profondes amours,
Nous n’épelions partout qu’un mot :  » Toujours ! Toujours !  »

Philosophe distrait, amant des théories,
Qui n’ôtes ton chapeau qu’aux madones fleuries,
Quand tu diras toujours que vivre c’est penser,
Qu’il faut que l’oiseau chante, et qu’il nous faut danser,
Et qu’alors qu’on est femme il faut porter des roses,
Tu ne changeras pas le cours amer des choses.
Pourquoi donc nous chercher, nous qui ne dansons pas ?
Pourquoi nous écouter, nous qui parlons tout bas ?
Nous n’allons point usant nos yeux au même livre :
Le mien se lit dans l’ombre où Dieu m’apprend à vivre.
Toi, qui ris de nos coeurs prompts à se déchirer,
Rends-nous notre ignorance, ou laisse-nous pleurer.

Vois, si tu n’as pas vu, la plus petite fille
S’éprendre des soucis d’une jeune famille,
Éclore à la douleur par le pressentiment,
Pâlir pour sa poupée heurtée imprudemment,
Prier Dieu, puis sourire en berçant son idole
Qu’elle croit endormie au son de sa parole :
Fière du vague instinct de sa fécondité,
Elle couve une autre âme à l’immortalité.

Laisse-lui ses berceaux : ta raillerie amère
Éteindrait son enfant… Tu vois bien qu’elle est mère.
À la mère du moins laisse les beaux enfants,
Ingrats, si Dieu le veut, mais à jamais vivants !

Sinon, de quoi ris-tu ? Va ! J’ai le droit des larmes ;
Va ! Sur les flancs brisés ne porte pas tes armes.
Toi qui ris de nos coeurs prompts à se déchirer,
Rends-nous notre innocence, ou laisse-nous pleurer !

(Marceline Desbordes-Valmore)

Illustration: Carrie Vielle

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Tel l’enfant (Alexandre Pouchkine)

Posted by arbrealettres sur 16 août 2018



Illustration
    
Tel l’enfant animé d’un espoir enchanteur,
Si je croyais que l’âme, après mille douleurs,
Emportait, échappant à la chair qui empeste,
La mémoire et l’amour vers l’abîme céleste,
J’aurais depuis longtemps quitté ce monde-ci,
J’aurais brisé la vie, idole sans merci,
Volant vers un pays de liberté, de fête,
Vers un pays sans mort, sans forme toute faite,
Où la pure pensée luit dans l’azur bleuté…
Mais je m’abuse en vain de ce rêve exalté,
Ma raison me poursuit, méprise toute ivresse :
A la mort, le néant est la seule promesse.
Quoi, rien ? ni la pensée, ni le premier amour ?
J’ai peur ! Et je retourne, avide, vers le jour,
Et je veux vivre, et vivre, et qu’une image chère
Se cache, vibre et brûle en mon âme éphémère.

(Alexandre Pouchkine)

 

Recueil: Le soleil d’Alexandre Le Cercle de Pouchkine
Traduction: André Markowicz
Editions: Actes Sud

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La chose même est Tout, qui n’est pas (Roger Munier)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2018



La chose même est Tout, qui n’est pas :
la chose. Qui n’est qu’en n’étant pas la chose.
La pierre est Tout qui n’est :
la pierre qu’en se voilant de soi.
Mais cela, tu l’atteins en atteignant : la pierre.

Car le voile est la pierre même,
si la pierre n’est que le voile.
Il est la chose même si la chose est le voile.
Car elle est voile, mais de soi.

Ce galet de la plage, comme s’il était seul au monde,
à lui seul le monde, le Seul.
Parfaite idole.
Dans la tempête, Il y a beaucoup plus que la tempête,
et dans le jour serein qui suit,
beaucoup plus que le jour serein.

(Roger Munier)

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Vierge-de-la-mer (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 30 juillet 2018



La floraison du bâton

[ 22]
Mais l’hôte, Simon, pensa,
il faut se fixer une limite quelque part ;

il avait vu quelque chose de semblable
sur une image païenne

ou à l’entrée d’un temple marin interdit,
sculpté sur le portail en pierre ;

on appelait la créature
ainsi représentée,

assise au bord de la mer
ou sur un rocher, une Sirène,

une vierge-de-la-mer, mer-maid ;
d’aucuns disaient que cette sirène chantait

et que le chant d’une sirène était fatal
et que des épaves jonchaient le sillage de tels cheveux ;

elle n’était pas invitée,
il se pencha pour chuchoter

à l’oreille de son Convive,
je ne la connais pas.

[23]
Toujours une foule attendait devant chaque porte
par laquelle son Convive était entré ;

il ne voulait pas créer une scène,
il demanderait à quelqu’un de l’expulser discrètement

Simon, bien que tendu et excité,
avait pris note de tous ses convives ;

tout s’était très bien passé jusqu’à présent,
mais ceci était embarrassant ;

elle était en fait en train de baiser Ses pieds ;
Il ne comprend pas ;

ils l’appellent Maître,
mais Simon questionna :

s’il était prophète, il saurait bien qui est,
et quelle est cette femme qui le touche.

[24]
Simon l’ignorait mais Balthasar
ou Melchior aurait pu lui expliquer,

ou mieux encore, Gaspar ou Kaspar,
qui, dit-on, apporta la myrrhe ;

Simon voulait éviter une scène
mais Kaspar savait que la scène était inévitable

et déjà écrite sur une étoile
ou une configuration d’étoiles

qui revient rarement, peut-être une fois
en un peu plus de deux mille ans.

[25]
Simon pouvait dire, oui,
elle avait l’air d’une image

païenne ou idole sculptée
dans un temple marin interdit ;

et Simon avait peut-être entendu
que cette femme de la ville,

était accablée de démons ou l’avait été ;
mais Kaspar pouvait appeler

les diables daemons,
et pouvait même nommer les sept

dans sa barbe, car techniquement
Kaspar était un païen ;

il pouvait chuchoter tendrement, ces noms
sans crainte de la damnation éternelle,

Isis, Astarté, Cyprus
et les quatre autres ;

il pouvait les renommer,
Ge-meter, De-meter, mère-terre

ou Vénus
dans une étoile.

[26]

Mais il n’est pas juste de comparer
Kaspar à Simon ;

ce Simon n’est pas Simon Pierre, évidemment,
ce n’est pas Simon le Zélote, le Cananéen

ni Simon, de Cyrène
ni le Simon plus tardif, le sorcier,

ce Simon est Simon le lépreux ;
mais Simon faisant partie de la bande,

était, l’on suppose, guéri de ce fléau,
guéri dans son corps, tandis que l’autre,

la sirène peu virginale, Marie de Magdala
était guérie dans son âme ; d’elle, le Maître

avait chassé sept démons ;
mais Simon, bien que guéri dans son corps,

n’était pas préparé pour savoir
que ces diables eux-mêmes ou daemons,

comme les aurait appelés Kaspar,
faisaient dorénavant définitivement partie du table

ils avaient pénétré séparément ou ensemble
la belle jeune fille, peut-être sans lubricité,

mais en franchissant le seuil
de ce temple pas si désagréable,

ils désiraient peut-être rendre hommage,
tout comme l’avaient fait Kaspar,

et Melchior
et Balthasar.

[27]
Et Kaspar (car évidemment le marchand était Kaspar)
tout d’abord ne la reconnut pas ;

elle était frêle et svelte, ne portait ni bracelet
ni autre ornement, et avec ce foulard

enveloppant sa tête, drapant ses épaules,
elle était impersonnelle, pas une servante

envoyée faire une course mais, pour ainsi dire,
une confidente, envoyée par quelque grande dame ;

elle était la discrétion même
dans sa robe et sa coiffure sombres ;

Kaspar ne la reconnut
qu’une fois que son foulard eût glissé à terre,

et alors, non seulement il reconnut Marie
comme l’avaient dit les étoiles (Vénus à l’ascendant

ou Vénus en conjonction avec Jupiter,
ou tout autre nom qu’il donnait à ces feux errants),

mais quand il vit la lumière dans ses cheveux
pareille à un clair de lune sur une rivière perdue,

Kaspar
se rappela.

[28]
Et Kaspar entendit
l’écho d’un écho dans un coquillage,

en elle étaient pardonnés
les péchés des sept démons chassés d’elle ;

et Kaspar vit comme dans un miroir,
une autre tête découverte et deux têtes couronnées,

l’une d’un simple tortil, l’autre d’un tortil de gemmes
que même lui n’aurait pu nommer ;

et Kaspar, maître des caravanes,
avait connu des splendeurs que peu ont connues,

et vu des joyaux taillés ou non qui changeaient
comme l’eau au lever et au coucher du soleil,

et des pierres de sang et des saphirs ;
point besoin d’énoncer de détails quant au savoir précis de Kaspar

ni d’inventaire de ses propres possessions,
tout ce qu’il nous faut savoir est que Kaspar

en savait plus sur les pierres précieuses que quiconque,
davantage encore que Balthazar ;

mais son coeur était plein d’une extase plus exaltée
qu’aucun expert devant une nouvelle teinte de rose ou de gris fumé

sur une opale ou une perle indienne ; c’était Kaspar
qui vit comme dans un miroir,

une tête sans couronne et une autre avec un simple tortil
puis une tête avec un tortil de gemmes d’une couleur inimitable ;

elles étaient bleues et pourtant proches du violet,
pourtant très bleues ; si on vous demandait de les décrire,

vous diriez que c’étaient des pierres bleues
d’une taille carrée étrange et serties de sorte que la lumière

surgissait comme du dedans ; les facettes intérieures semblaient
miroiter et lancer d’incalculables angles de lumière,

ce bleu traversé de violet ;
comment exprimer ce qu’il ressentait ?

il vit comme dans un miroir; distinctement, oh très distinctement,
un tortil de pierres taillées carré sur la tête d’une dame,

et ce qu’il vit mit tant de bonheur dans son coeur
que ce fut comme s’il souffrait,

son coeur peinait tellement
avec son extase.

[29]
Ce n’était pas uniquement du fait de la beauté
bien que cela eût aussi compté,

c’était la découverte, la découverte qui l’exaltait
car il savait que la vieille tradition, la vieille, vieille légende,

son père l’avait eue de son grand-père
et son grand-père de son arrière grand-père (et ainsi de suite),

était vraie ; on n’en parlait jamais, même en chuchotements secrets ;
la légende était contenue dans de vieux signes et symboles,

et seule la plus pénible application pouvait les déchiffrer;
et seuls quelques-uns pouvaient même tenter de le faire,

après une enfance et une jeunesse dédiée
aux plus rigoureuses séances de concentration

et l’étude du thème et de la loi
des relations de temps et de la rétention de mémoire ;

mais pour finir, Kaspar aussi reçut le titre de Magian
(il est traduit dans l’Écriture, Homme Sage).

***

But Simon the host thought,
we must draw the line somewhere;

he had seen something like this
in a heathen picture

or a carved stone-portal entrance
to a forbidden sea-temple ;

they called the creature,
depicted like this,

seated on the sea-shore
or on a rock, a Siren,

a maid-of-the-sea, a mermaid;
some said, this mermaid sang

and that a Siren-song was fatal
and wrecks followed the wake of such hair;

she was not invited,
he bent to whisper

into the ear of his Guest,
I do not know her.

There was always a crowd hanging about outside
any door his Guest happened to enter;

he did not wish to make a scene,
he would call someone quietly to eject her;

Simon though over-wrought and excited,
had kept careful count of his guests;

things had gone excellently till now,
but this was embarrassing;

she was actually kissing His feet;
He does not understand;

they call him a Master,
but Simon questioned:

this man if he were a prophet, would have known
who and what manner of woman this is.

Simon did not know but Balthasar
or Melchior could have told him,

or better still, Gaspar or Kaspar,
who, they say, brought the myrrh;

Simon wished to avoid a scene
but Kaspar knew the scene was unavoidable

and already written in a star
or a configuration of stars

that rarely happens, perhaps once
in a little over two thousand years.

Simon could say, yes,
she looked like a heathen

picture or carved idol
from a forbidden sea-temple;

and Simon might have heard
that this woman from the city,

was devil-ridden or had been;
but Kaspar might call

the devils daemons,
and might even name the seven

under his breath, for technically
Kaspar was a heathen;

he might whisper tenderly, those names
without fear of eternal damnation,

Isis, Astarte, Cyprus
and the other four;

he might re-name them,
Ge-meter, De-meter, earth-mother

or Venus
in a star.

But it is not fair to compare
Kaspar with Simon;

this Simon is not Simon Peter, of course,
this is not Simon Zelotes, the Canaanite

nor Simon of Cyrene
nor the later Simon, the sorcerer,

this Simon is Simon, the leper;
but Simon being one of the band,

we presume was healed of his plague,
healed in body, while the other,

the un-maidenly mermaid, Mary of Magdala
was healed of soul; out of her, the Master

had cast seven devils;
but Simon, though healed of body,

was not conditioned to know
that these very devils or daemons,

as Kaspar would have called them,
were now unalterably part of the picture;

they had entered separately or together
the fair maid, perhaps not wantonly,

but crossing the threshold
of this not un-lovely temple,

they intended perhaps to pay homage,
even as Kaspar had done,

and Melchior
and Balthasar.

And Kaspar (for of course, the merchant was Kaspar)
did not at first know her;

she was frail and slender, wearing no bracelet
or other ornament, and with her scarf

wound round her head, draping her shoulders,
she was impersonal, not a servant

sent on an errand, but, as it were,
a confidential friend, sent by some great lady;

she was discretion itself
in her dark robe and head-dress;

Kaspar did not recognise her
until her scarf slipped to the floor,

and then, not only did he recognise Mary
as the stars had told(Venus in the ascendant

or Venus in conjunction with Jupiter,
or whatever he called these wandering fires),

but when he saw the light on her hair
like moonlight on a lost river,

Kaspar
remembered.

And Kaspar heard
an echo of an echo in a shell,
in her were forgiven
the sins of the seven
daemons cast out of her;

and Kaspar saw as in a mirror,
another head uncovered and two crowned,

one with a plain circlet, one with a circlet of gems
which even he could not name;

and Kaspar, master of caravans,
had known splendour such as few have known,

and seen jewels cut and un-cut that altered
like water at sun-rise and sun-set,

and blood-stones and sapphires;
we need no detailed statement of Kaspar’s specific knowledge

nor inventory of his own possessions,
all we need to know is that Kaspar

knew more about precious stones than any other,
more even than Balthasar;

but his heart was filled with a more exalted ecstasy
than any valuer over a new tint of rose or smoke-grey

in an Indian opal or pearl; this was Kaspar
who saw as in a mirror,

one head uncrowned and then one with a plain head-band
and then one with a circlet of gems of an inimitable colour;

they were blue yet verging on purple,
yet very blue; if asked to describe them,

you would say they were blue stones
of a curious square cut and set so that the light

broke as if from within; the reflecting inner facets
seemed to cast incalculable angles of light,

this blue shot with violet;
how convey what he felt?

he saw as in a mirror, clearly, O very clearly,
a circlet of square-cut stones on the head of a lady,

and what he saw made his heart so glad
that it was as if he suffered,

his heart laboured so
with his ecstasy.

It was not solely because of beauty
though there was that too,

it was discovery, discovery that exalted him
for he knew the old tradition, the old, old legend,

his father had had from his grandfather
and his grandfather from his great-grandfather (and so on),

was true; this was never spoken about, not even whispered in secret;
the legend was contained in old signs and symbols,

and only the most painful application could decipher them,
and only the very-few could even attempt to do this,

after boy-hood and youth dedicated
to the rigorous sessions of concentration

and study of the theme and law
of time-relation and retention of memory;

but in the end, Kaspar, too, received the title Magian
(it is translated in the Script, Wise Man).

(Hilda Doolittle)

Illustration: Frederic Leighton

 

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