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Posts Tagged ‘ignorance’

Prête aux baisers résurrecteurs (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2017



Prête aux baisers résurrecteurs

Pauvre je ne peux pas vivre dans l’ignorance
Il me faut voir entendre et abuser
T’entendre nue et te voir nue
Pour abuser de tes caresses

Par bonheur ou par malheur
Je connais ton secret pas coeur
Toutes les portes de ton empire
Celle des yeux celle des mains
Des seins et de ta bouche où chaque langue fond

Et la porte du temps ouverte entre tes jambes
La fleur des nuits d’été aux lèvres de la foudre
Au seuil du paysage où la fleur rit et pleure
Tout en gardant cette pâleur de perle morte
Tout en donnant ton coeur tout en ouvrant tes jambes

Tu es comme la mer tu berces les étoiles
Tu es le champ d’amour tu lies et tu sépares
Les amants et les fous
Tu es la faim le pain la soif l’ivresse haute

Et le dernier mariage entre rêve et vertu.

(Paul Eluard)

 Illustration: Pablo Picasso

 

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L’Aurore (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2017




L’Aurore est l’effort
De la Face Céleste
Pour à Nos yeux feindre
L’Ignorance du parfait.

(Emily Dickinson)

Illustration

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Comme Feuilles – Il Se déplie – Et puis – Il se referme – (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2017



Comme Feuilles – Il Se déplie –
Et puis – Il se referme –
Puis se perche sur la Capeline
De Quelque Bouton d’Or –

Puis dans sa course Il heurte
Et renverse une Rose –
Et puis il ne fait Rien –
Puis plus loin sur un Foc – Se pose –

Et balance, Grain de Poussière
Dans Midi suspendu –
Entre – revenir Ici-bas –
Ou migrer vers la Lune –

De Lui qu’adviendra-t-il la Nuit –
L’Ignorance borne
Le privilège de le dire –
De Lui qu’adviendra-t-il – Le Jour –

Où le Gel – étreindra le Monde –
Des Vitrines – le montrent –
Un Sépulcre en curieuse Soie floche –
Une Abbaye – un Cocon –

***

He parts Himself- like Leaves –
And then – He closes up –
Then stands opon the Bonnet
Of Any Buttercup –

And then He runs against
And oversets a Rose –
And then does Nothing –
Then away opon a Jib – He goes –

And dangles like a Mote
Suspended in the Noon –
Uncertain – to return Below –
Or settle in the Moon –

What come of Him at Night –
The privilege to say
Be limited by Ignorance –
What come of Him – That Day

The Frost – possess the World –
In Cabinets – be shown –
A Sepulchre of quaintest Floss –
An Abbey – a Cocoon –

(Emily Dickinson)

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On voudrait dire c’est le paradis (Anne Perrier)

Posted by arbrealettres sur 25 janvier 2017



campanile 05 [800x600]

On voudrait dire c’est le paradis
Tellement cette pauvre apparence
Est douce à notre ignorance
Le temps marque midi
La lumière des campaniles
Entre en nous comme une couleuvre
Plus besoin de preuve
Mourir est inutile

(Anne Perrier)

Illustration

 

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Transpoésie (Michel Camus)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2016



S’ouvrir et attendre que s’écrive,
non pas un poème,
mais ce qui traverse et dépasse
l’homme troué
qui n’est pas quelqu’un,
mais une goutte de lumière,
un grain de silence,
un noyau fermé sur soi
de transpoésie inconnue:
quelque chose d’infiniment ouvert
seulement vers l’intérieur,
quelque chose d’abyssal à quoi
quelque chose à sa lumineuse ignorance
il se sent véritablement relié.

On ne naît pas troué
on le devient à l’instant même
où l’on meurt à soi-même

Fulgurance de l’Ouvert.
Joie de la fulgurance.
Jubilation des sangs.

Chemin sans chemin
où l’Eveil est sans fin…

Révélation de la Toute-Présence
de la transcendance immanente
à laquelle on est relativement
jamais absolument
présent.

(Michel Camus)

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Accorder le corps et l’âme (Lao Tseu)

Posted by arbrealettres sur 9 novembre 2016



Accorder le corps et l’âme
afin qu’ils voguent à l’unisson
et ne se séparent pas.
Concentrer sa force vitale
et la rendre docile
comme celle du nouveau-né.
Au-delà du réel,
scruter le miroir
poli par le regard de l’âme
et se laisser aspirer
par la lumineuse obscurité.
Ménager le peuple
sans intervenir.
Rester serein,
comme la femme,
lorsque s’ouvrent et se referment
les portes de l’existence.
Garder son ignorance
et voir les choses
dans leur lumière.
Donner la vie
et la protéger.
Produire sans s’approprier.
Agir sans rien attendre.
Diriger sans dominer.
Tel est le chemin
de la mystérieuse perfection.

(Lao Tseu)

Illustration: Cristina Pérez de Villar

 

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Rien ne m’habite que le vide (Jean-Claude Pirotte)

Posted by arbrealettres sur 14 octobre 2016



rien ne m’habite que le vide
mais le vide peut occuper
aucune parole aucun sourire
occupé je suis latitant

voudrais-je nourrir l’habitant
de ma seule haleine putride
et que me soit compté l’effort
d’enfin me vouer au silence

dans l’obscur de la chambre forte
riche de pure ignorance

(Jean-Claude Pirotte)

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Dans l’ignorance où je suis (Jean-Claude Pirotte)

Posted by arbrealettres sur 14 octobre 2016



dans l’ignorance où je suis
de ce que devient la vie
comme de ce qu’elle fut
je traîne le long des rues

grâce à la pluie je m’absente
je fuis les ombres passantes
rien ne me retient ici
ailleurs non plus, je ne vis

jamais où le soleil luit
peut-être un dieu quelque part
m’attend mais comment savoir
s’il est l’Autre ou s’il est Lui

(Jean-Claude Pirotte)

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De quelle lumière de quelle ombre? (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 10 octobre 2016



Tu n’es pas seule en toi-même
En toi, il y a deux, trois, peut-être quatre

Je t’épelle – et accrois mon ignorance
Je te lis – et accrois mon éloignement

Ta peau enfantine
Demande:
D’où viens-tu?
De quelle lumière de quelle ombre?

(Adonis)

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Pourquoi l’azur muet et l’espace insondable (Arthur Rimbaud)

Posted by arbrealettres sur 4 octobre 2016




– Pourquoi l’azur muet et l’espace insondable ?
pourquoi les astres d’or fourmillant comme un sable ?
Si l’on montait toujours, que verrait-on là-haut ?
Un Pasteur mène-t-il cet immense troupeau
De mondes cheminant dans l’horreur de l’espace ?
Et tous ces mondes-là, que l’éther vaste embrasse,
Vibrent-ils aux accents d’une éternelle voix ?
Et l’Homme, peut-il voir ? peut-il dire : Je crois ?
La voix de la pensée est-elle plus qu’un rêve ?
Si l’homme naît si tôt, si la vie est si brève,
D’où vient-il ? Sombre-t-il dans l’Océan profond
Des Germes, des Foetus, des Embryons, au fond
De l’immense Creuset d’où la Mère-Nature
ressuscitera, vivante créature,
Pour aimer dans la rose, et croître dans les blés ?…

Nous ne pouvons savoir ! Nous sommes accablés
D’un manteau d’ignorance et d’étroites chimères !
Singes d’hommes tombés de la vulve des mères,
Notre pâle raison nous cache l’infini !
Nous voulons regarder : le Doute nous punit !
Le doute, morne oiseau, nous frappe de son aile…
Et l’horizon s’enfuit d’une fuite éternelle !…

Le grand ciel est ouvert ! les mystères sont morts
Devant l’Homme, debout, qui croise ses bras forts
Dans l’immense splendeur de la riche nature !
il chante… et le bois chante, et le fleuve murmure
Un chant plein de bonheur qui monte vers le jour !…
C’est la Rédemption ! c’est l’amour ! c’est l’amour !…

(Arthur Rimbaud)

 

 

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