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Poésie

Posts Tagged ‘ignoré’

MÉMENTO (George Bacovia)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2019



 

MÉMENTO

La neige flotte au loin, en errance,
A l’horloge du temps ont sonné
Sur les âmes mortes, les souffrances.
Mais tout cela n’est que du passé !

La neige flotte au loin, en errance,
De nouveaux amours s’en sont allés,
Les poètes peuplent le silence,
Mais tout cela n’est que du passé !

La neige flotte au loin, en errance,
Comme sur un rivage ignoré…
Tu es belle et à nouveau j’y pense,
Mais tout cela n’est que du passé !

(George Bacovia)

Illustration

 

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Accolés l’un à l’autre (Robert Mallet)

Posted by arbrealettres sur 26 août 2018



Illustration: Vincent Van Gogh
    
À l’attention de ceux qui se croient unis et de ceux qui ne croient pas pouvoir s’unir.

Accolés l’un à l’autre
soudés par tant de glus
hasardeuses
que figea l’ombre entre leurs chairs
calleuses

des abîmes
ignorés
les séparent

Mais ailleurs
l’un de l’autre si loin
séparés par de telles distances
visibles

un flux les noue
à l’impalpable corps
de l’espace
partagé

(Robert Mallet)

 

Recueil: Presqu’îles presqu’amours
Traduction:
Editions: Gallimard

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Caché (Anonyme)

Posted by arbrealettres sur 13 mai 2018



 

Caché
Comme une algue qui ondule
Au fond d’un courant,
Tel est mon amour,
Ignoré de celle que j’aime.

(Anonyme)

Illustration

 

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Cycle (Gottfried Benn)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2018



dent or

Cycle

La molaire solitaire d’une putain
morte ignorée
était aurifiée.
Les autres dents s’étaient détachées comme sur un accord tacite.
L’employé de la morgue arracha celle-là aussi,
la mit en gage et puis alla danser,
car, dit-il,
seule la terre doit retourner à la terre

(Gottfried Benn)

 

 

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La Gloriette-aux-Bambous (Wang Wei)

Posted by arbrealettres sur 26 janvier 2018




    

La Gloriette-aux-Bambous

Seul assis au milieu des bambous
Je joue du luth et siffle à mesure
Ignoré de tous au coeur du bois
La lune s’est approchée : clarté

(Wang Wei)

 

Recueil: L’Ecriture poétique chinoise
Traduction: François Cheng
Editions: du Seuil

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Elle avait quinze ans (Alexandre Blok)

Posted by arbrealettres sur 11 décembre 2017



Illustration: Richard S. Johnson
    

Elle avait quinze ans. Mais son coeur ne battait
Pas encore comme celui d’une fiancée.
Quand en riant je lui offris ma main,
Elle rit à son tour et partit.

C’était il y a longtemps. Depuis sont passés
Des années et des temps de tous ignorés.
Nos rencontres étaient rares, et si peu disertes,
Mais profonds étaient nos silences.

Par une nuit d’hiver, à mon songe fidèle,
Je quittai les salles peuplées et lumineuses,
Où des masques étouffants souriaient aux chansons,
Où mon regard avide allait l’accompagnant.

Alors, obéissante, elle me suivit,
Ignorant elle-même ce qui allait arriver,
Et seule la nuit noire de la ville
Vit passer les époux, passer et s’éclipser.

En un jour de givre, de soleil, de carmin —
Nous nous rencontrâmes dans le silence du temple :
De ces années muettes nous vîmes l’évidence,
Et ce qui s’accomplit — s’accomplit dans le ciel.

L’histoire de cette longue et bienheureuse quête
Déborde ma poitrine, et roule dans ce chant.
J’ai puisé dans ce chant pour bâtir l’édifice,
Quant aux autres chansons — c’est pour un autre jour.

(Alexandre Blok)

 

Recueil: Le Monde terrible
Traduction:Pierre Léon
Editions: Gallimard

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Qui donc vous a surpris… (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2017



Illustration: Luana Béatrice Lazar

    
Qui donc vous a surpris…

Qui donc vous a surpris, ô concert de parfums,
Musique résonnant comme au bord d’un abîme,
Vert chaleureux d’un pâtre en l’arc-en-ciel des cîmes,
Orage sombre pleurant sur nos bonheurs défunts.

Plus parfaits, plus moelleux qu’un contour mélodique,
Vous parlez à notre âme et ravagez nos sens,
Et vous nous caressez, tels des doigts frémissants,
Gestes enténébrés qu’aucun devin n’explique.

L’accord des buis amers et des oeillets musqués
Nous verse des liqueurs aux sûres attirances,
Je percois à travers leurs subtiles fragrances
Le piège que nous tend le désir embusqué.

Au secret éternel seul accent qui déroge,
Les parfums sont des fleurs aux vases du Léthé;
Plus clairs que le reflet des ruisseaux enchantés,
Les magiques miroirs que mon coeur interroge.

Fruits blets des bois rouillés, feuillages des sureaux,
Il suffit qu’au flacon merveilleux je m’abreuve
Pour que tout ce qui dort épars en moi s’émeuve,
Que s’agitent des morts au fond de leurs tombeaux.

Plus loin que la raison vaine et la conscience,
Jusqu’aux instincts gisants à jamais ignorés,
Dieux qu’on a détrônés, parfums, vous pénétrez:
Vous êtes l’infini distillant son essence.

(Marie Dauguet)

 

 

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En pleine mer (Henri Cazalis)

Posted by arbrealettres sur 23 août 2017




    
En pleine mer, j’ai souvent pris plaisir à me perdre par la pensée dans le gouffre qui était sous moi,
à descendre en ces profondeurs insondables, où nagent des monstres inconnus,
où s’épanouissent des fleurs et des coquillages ignorés,
et où le remous par instants soulève de muets cadavres, débris d’anciens naufrages.

— La terre, comme un vaisseau, nous porte,
et, au-dessous, qui osera sonder l’abîme sans fond,horrible, silencieux,
où flottent tant d’éternités mortes, et d’antiques cieux naufragés ?

(Henri Cazalis)

 

Recueil: Le livre du Néant
Editions: Alphonse Lemerre

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Ne nous délaisse pas Toi le féminin (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 22 juillet 2017


Toi le féminin
Ne nous délaisse pas
Car tout ce qui n’est pas mué en douceur
ne survivra pas

Toi qui survivras
Révèle-nous ton mystère que peut-être
Toi-même tu ignores
sinon le mystère ne serait pas

N’est-ce pas que le printemps est empli
d’oiseaux dont l’appel se perd au loin
Que l’été nous écrase de son incandescence
dont la senteur nous poigne jusqu’aux larmes
Que l’automne nous laisse désemparés
par son trop-plein de couleurs, de saveurs
Que l’ultime saison rompt le cercle
Nous plongeant dans l’abîme
de l’inguérissable nostalgie
Mais en toi demeure le mystère que peut-être
toi-même tu ignores

En toi ce qui est perdu, ce qui est à venir :
Etang d’avant la pluie au furtif nuage
Colline après l’orage au contour plein

Ne nous délaisse pas
Toi le féminin
Hormis ton sein
quel lieu pour renaître ?

(François Cheng)

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LA SPHINGE (Lucie Delarue-Mardrus)

Posted by arbrealettres sur 8 juillet 2017



LA SPHINGE

Notre pensée intime est un vaste royaume
Dont le drame profond se déroule tout bas.
Toute chair emprisonne un ignoré fantôme,
Toute âme est un secret qui ne se livre pas.

Et c’est en vain, ô front ! que tu cherches l’épaule,
Refuge en qui pleurer, aimer ou confesser ;
L’être vers l’être va comme l’aimant au pôle,
Mais l’obstacle aussitôt vient entre eux se dresser.

Car au fond de nous tous, ennemie et maîtresse,
La sphinge s’accroupit sur son dur piédestal,
Et tout épanchement de cœur, toute caresse,
Soudain se pétrifie à son aspect fatal.

Sa présence toujours aux nôtres se mélange,
Sa croupe désunit les corps à corps humains ;
Au fond de tous les yeux vit son regard étrange,
Ses griffes sont parmi les serrements de mains.

Et lorsque nous voulons regarder en nous-même
Pour nous y consoler et nous y reposer,
La sphinge est là, tranquille en sa froideur suprême,
L’énigme aux dents et prête à nous la proposer.

(Lucie Delarue-Mardrus)

 

 

 

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