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Je suis parfois cet homme (Stanislas Rodanski)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2016



Je suis parfois cet homme

Je suis seul
Et j’aime la nuit d’être moi
Les lointains de mes sens
Ont une saveur d’aube ignorée des dieux

Au bout de mes bras
J’ai deux mains ouvertes
Au bout de l’inquiétude d’être au monde
J’ai la certitude d’être au regard des amis

Savez-vous bien ?
Nous sommes à fleur d’eau
À bout de bras levés sur notre aide
La main haute le visage ouvert l’oeil sec
Nous bâtissons une plage mouvante
Sur l’écume silencieuse de la marée humaine

Il y a aussi ces petits bars troublants
Et le songe cultivé de fil en aiguille
Il y a ces petites jeunes filles
Et ces grands yeux de larmes ouverts sur nos secrets
Il y a nos habitudes insolites
Et ce langage facile à parler juste

Et il y a surtout le hasard docile à réveiller
Des merveilles familières.

(Stanislas Rodanski)

Découvert ici: http://revuedepoesie.blog.lemonde.fr/

 

 

 

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Ce qui donne d’abord sa tension à la poésie (Cesare Pavese)

Posted by arbrealettres sur 31 mars 2016



Ce qui donne d’abord sa tension à la poésie
c’est l’anxiété de réalités spirituelles
ignorées pressenties comme possibles

(Cesare Pavese)

Illustration

 

 

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Elle était charmante ainsi (Guy de Maupassant)

Posted by arbrealettres sur 18 mars 2016



Konstantin Razumov  4ec_XXXL [800x600]

Elle était charmante ainsi,
et dans son regard fuyant
mille choses m’apparurent,
mille choses ignorées jusqu’ici.
J’y vis des profondeurs inconnues,
tout le charme des tendresses,
toute la poésie que nous rêvons,
tout le bonheur que nous cherchons sans fin.
Et j’avais un désir fou d’ouvrir les bras,
de l’emporter quelque part pour lui murmurer à l’oreille
la suave musique des paroles d’amour.

(Guy de Maupassant)

Illustration: Konstantin Razumov

 

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AUBADE (Francis Vielé-Griffin)

Posted by arbrealettres sur 11 février 2016



AUBADE

Suis vers l’aurore fauve et dorée
La sente herbue et qui court à l’orée,
Gai d’une heure remémorée,
Sans rêver la gloire laurée
— (La vie exulte en joie ignorée), —

Ne pense pas à l’avenir;
Nulles volontés n’en sont maîtresses,
Vis, ce lent jour, de souvenir;
La gloire, elle pourra venir,
Mais ne vaudra pas tes détresses
— (La mare luit autour du Menhir). —

Si ton âme déborde et s’épanche,
C’est que ta vie est pleine à jamais;
Si, lourde d’épis, la moisson penche,
Tes douleurs les avaient semés
— (Quelle âme pâlit dans l’aube blanche?) —

L’été te rie, Amour te ceigne
Du manteau léger de ses ailes;
Le frisson auroral t’étreigne
D’un unisson de chanterelles
— (Quel cygne en l’aurore chante et saigne?)

(Francis Vielé-Griffin)

Illustration: Lahitte

 

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EXCUSES (Raouf Raïssi)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2016




EXCUSES

Sur tes larmes,
En colonne par deux,
S’alignent les excuses
Des années perdues

Une salve de silence
Défonce les parois
De ton inutile paisible

Et les nuits brandissent
Des songes
Qui nous parlent encore
De possible ignoré

(Raouf Raïssi)

Illustration: Franco Fortunato

 

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Tout est parfois un prétexte pour que puisse surgir une forme nouvelle (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 14 octobre 2015



Tout est parfois un prétexte
pour que puisse surgir une forme nouvelle,
un complot pour que naisse
le miracle d’une autre formulation de l’ignoré.

Alors les couleurs qui meurent
vont teinter peu à peu une autre couleur,
les oiseaux se taisent
pour favoriser l’attente
et l’homme même appuie son oreille contre la terre
pour écouter le nouveau battement.

L’imminence se déprend
de son propre secret
et un bord du corps infini
se sépare telle une arête inaugurale,
pour alimenter le monde
comme si c’était la première fois.

(Roberto Juarroz)


Illustration: Île Nancy

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C’est lumière (Maître Eckart)

Posted by arbrealettres sur 24 août 2015


lumiere

C’est lumière, c’est clarté
c’est la ténèbre,
c’est innommé,
c’est ignoré,
libéré du début ainsi que de la fin,
Cela gît paisiblement,
tout nu, sans vêtement.
Qui connaît sa maison,
ah! qu’il en sorte!
et nous dise sa forme.

***

Us licht, us clâr,
us winster gâr,
us unbenant
us unbekant,
beginnes und ouch endes vrî,
us stille stât,
blôs âne wât.
wer weiz sîn hûs?
der gê her ûz
und sage uns, welich sîn forme sî.

(Maître Eckart)

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